Six by Seven - Level 42


En deux temps et trois mouvements, entendez par là deux albums et trois petites années, les cinq de Nottingham  ont fait leur place à grands coups de singles retentissants et de concerts explosifs, relatés par une presse britannique dithyrambique à leur égard. Après avoir créé leur propre label, "MFS", en 97, sur lequel ils sortent un single tiré à 500 exemplaires, six by seven est promptement désigné comme révélation de l'année. Suivent tournées en première partie de Ash, Manic Street Preachers, Placebo, en Angleterre et à travers l'Europe, pour porter la bonne parole d'un groupe sans look tape à l'œil ni héritage revendiqué, si ce n'est les groupes punks de leur enfance et des modernes comme Spiritualized ou Mercury Rev. The closer you get is the better to hear, feel and vibrate with them. 10 places to die ? Anywhere is alright, but with you. Go !
Interview parisienne avec James Flower (claviers) et Paul  Douglas (basse).


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- D'où vient le nom Six By Seven ?
- James: Il vient du téléscope Hubble, la vitesse à laquelle les étoiles s'éloignent de nous correspond à 6 x 7. Nous avons pensé que c'était un bon nom.
- Paul: Il n'y a aucune référence à la musique, c'est juste un nom, mais nous avons pensé que la référence à l'expansion de l'univers était intéressante.
- Vous avez sorti un nouvel album, "The closer you get", à votre avis, quelle est la différence entre celui-ci et le premier ?
- P: D'une certaine manière, le dernier ets beaucoup plus agressif. Nous avons capturé l'atmosphère, nous avons écrit et enregistré simultanément, peu de chansons étaient écrites avant l'enregistrement. Nous étions tous très frustrés et en colère en général à propos de l'état de la société, de la musique, etc. Nous avons enregistré live.
- J: On voulait un album avec un plus gros son, plus féroce que le premier. Je crois qu'on y est parvenu.
- Pensez-vous que le titre du premier morceau de l'album décrit la pop anglaise actuelle ?
- P: Oui, c'est assez général en fait. En Grande-Bretagne, les médias, la TV, la radio, etc., sont très conformistes et conservateurs. C'est très difficile pour des groupes comme nous, qui sont agressifs et essaient de dire quelque chose au lieu de se contenter de jouer de jolies chansons. Ce morceau résume notre attitude à ce propos. Il en va de même pour le son et les textes. C'est essentiellement une explosion de frustration et de colère.
- Comment la composition est-elle répartie au sein du groupe ?
- P: Parfois, le chanteur a une idée générale ou on se base sur un riff de guitare. Parfois, quelqu'un passe un disque ou on commence à taper un bœuf. Il existe de nombreuses possibilités, tout le monde contribue à l'écriture.
- J: Chris écrit tous les textes.
- D'où vient votre inspiration ?
- P: Elle vient du monde, de notre environnement. Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la musique, c'était le punk, exubérant, jeune, quelque chose que vos parents n'aimaient pas et qui vous permettait de vous évader de votre vie normale et ordinaire. Nous faisons la même chose aux gens, c'est important d'acheter un disque, ce n'est pas simplement quelque chose à passer en arrière-plan. Nous sommes totalement passionnés par la musique.
- J: Ca n'a jamais été un choix de carrière. Nous aimons simplement la musique.
- Quels groupes vous ont influencés ?
- J: Comme je l'ai dit, au début, c'était le punk, mais ça a évolué ensuite. Paul et moi avons rejoint le groupe plus tard, c'était initialement le son de Chris, qui était très fan de Mercury Rev, Spiritalized, Basement 3, etc. Il adore aussi Neil Young et la musique des sixties. On s'est également intéressés à la musique électronique, comme Aphex Twin. C'est très vaste et difficile à définir. Nous voulons juste avoir notre propre son, même si nos influences sont présentes, mais le but est que notre style soit unique.
- Vous dites être principalement influencés par le musique américaine, bien que dfe nombreux groupes soient fiers de leur identité britannique. Vous sentez-vous plutôt britanniques ou internationaux ?
- P: Totalement internationaux. Nous venons de Grande-Bretagne, mais l'origine de la musique n'est pas ce qui compte le plus. Evidemment, notre origine nous influence, mais nous ne nous considérons pas comme un groupe "britannique". Nous sommes juste un groupe originaire de Grande-Bretagne.
- J: Chris est à moitié allemand et, mêem au sein de la GB, nous ne venons pas tous de la même région.
- P: Nous ne sommes pas très pointilleux sur nos origines.
- Une seule année s'est écoulée entre vos deux premiers albums. L'écriture du nouvel album a-t-elle été très rapide ?
- P: Nous avions quelques idées, assez peu nombreuses. Maintenant, nous avons des chansons pour le prochain album. Le nouveau single comprendra 2 nouveaux morceaux. Nous écrivons tout le temps et très rapidement. En fait, nous aurions pu sortir cet album l'année dernière, nous en avions terminé une version l'été dernier et il devait sortir en septembre - novembre, mais cela n'a pas pu se faire, alors nous avons ajouté quelques morceaux.
- J: Je crois qu'on doit progresser. Quand je vois ces groupes qui prennent 5 ans pour sortir un album, je me demande ce qu'ils foutent entre-temps...
- P: Je crois que c'est dû au fait que nous sommes 5. Nous nous entraînons les uns les autres, il ne s'agit pas d'une seule personne qui travaille pendant que les autres attendent qu'il ait terminé d'écrire. Tout le monde compose et ça maintient notre rythme.
- Il n'y a pas vraiment de leader dans 6 x 7...
- P: Non, nous sommes un groupe. Nous voulons continuer à écrire et à nous améliorer et plus on travaille, plus ça devient rapide.
- Vous habitez à Nottingham. Est-ce un choix délibéré et êtes-vous contents d'échapper à la pression d'une vie à Londres ?
- P: Oui, d'une certaine manière, cela aurait été plus facile pour nous d'habiter à Londres. Nous avons emménagé à Nottingham assez tôt et c'est là que le groupe s'est rencontré. La vie y est bon marché, c'est uen ville ni trop petite ni trop grande.
- J: Il n'existe aucune infrastructure en termes d'industrie du disque à Nottingham. Manchester et Liverpool sont célèbres pour cale, mais il n'y a pas de vraie scène ni de pression à Nottingham.
- P: Nous pourrions emménager à Londres si nous voulions, nous sommes internationaux, et nous ne voulons pas nécessairement rester au même endroit toute notre vie.
- Comment avez-vous rencontré John Leckie et qu'avez-vous apprécié chez lui ?
- P : En fait, il est venu nous voir jouer à Londres, il nous a rencontré dans les coulisses. Je ne l'avais jamais vu, je connaissais seulement son nom. Il a dit que nous pourrions travailler ensemble, mais nous avions déjà commencé à enregistrer et John avait quelque chose d'autre à faire. Alors qu'on en était aux trois quarts de l'album, il nous a annoncé qu'il avait du temps libre. Il est venu travailler pendant 12 jours environ. Nous avons fait 4 morceaux. Il est très gentil et expérimenté. Evidemment, il a un nom connu, mais l'autre producteur qui a travaillé sur l'album est aussi très bon.
- Vous avez créé votre propre label, MFS, en 1997: pourquoi et comment ?
- P: Nous avions joué un peu partout en Grande-Bretagne. Nous voulions passer à l'étape suivante et enregistrer. Nous avons été aidés par Beggars Banquet, qui nous a distribués et s'est occupé du design. Nous avos enregistré 2 morceaux, qu'ils ont sortis. Le nom est un jeu de mots sur le label d'easy-listening, MFP, Music for pleasure. Nous avons juste joué avec le logo. Les chansons ont reçu un bon accueil critique. Nous avons été signés par Beggars après cela et avons voulu conserver le nom parce que cela nous plaisait.
- Regrettez-vous de ne plus avoir votre propre label ?
- P: Nous ne l'avons pas eu longtemps, parce que nous avons été signés très rapidement. Nous n'avons pas eu beaucoup d'expérience de gestion d'un label. Je crois que cela serait une situation géniale pour un groupe, mais il faut aussi être soutenu.
- Comment vivez-vous votre succès et êtes-vous satisfaits de votre parcours actuel ?
- P: Ca va de mieux en mieux. Je crois que tant qu'on remarque une progression, tout va bien. D'une certaine manière, nous avons parcouru un long chemin en peu de temps. Nous avons sorti 2 albums en 2 ans, joué à Londres devant 1200 personnes. Depuis que nous avons un site Web, nous avons eu beaucoup d'interactions.
- Quels sont vos projets pour l'avenir ?
- P: Nous sommes en tournée, les premières dates se terminent en juin, nous parcourons l'Europe, puis nous allons aux USA. A notre retour, nous ferons quelques festivals européens. Je crois qu'on sortira un single à la fin de l'été et un album vers la fin de l'année, avant de repartir en tournée. C'est essentiellement des tournées, mais les concerts ont été fantastiques jusqu'à présent.

(Propos recueillis par JP Coillard et Mister X, photos : Christophe Valette)



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