-Votre nouvel album, ‘Loud like nature’, vient de sortir : quelles sont à tes yeux les principales différences avec les disques précédents ? Davantage de parties vocales ?
A : Il y a des différences, oui : je pense que cet album est beaucoup plus structuré, que la réalisation en a été beaucoup plus chirurgicale. Je pense pas que le fait que l’on y trouve plus de parties vocales est quelque chose que l’on avait prévu à l’avance, on n’a suivi aucun rail, aucun chemin en ce sens, c’est arrivé comme ça. Je crois que nous avaons atteint un palier qui est juste au coeur de l’expérimentation, la musique à l’intérieur à partir de laquelle on peut dériver vers d’autres aspects, et je sais que, lorsque nous avons débuté, aucun de nous n’était vraiment musicien, on expérimentait juste les sons et les bruits et, petit à petit, des morceaux de cet environnement structurel musical se sont détachés pour devenir plus intéressants, et pour nous, c’est davantage de l’expériimentation, vraiment, d’essayer de capturer un son et d’essayer de le structurer d’une façon plus concise, plus directe, un véhicule pour le bruit lui même.
-‘Loud like nature’ a été enregistré et composé dans différents endroits, chacun de vous restant près de chez lui ou se promenant dans des studios : comment cela s’est il déroulé ?
A : Nous vivons tous dans des endroits différents, séparés géographiquement, alors ce qui s’est passé, c’est qu’on s’est demandé comment on allait bien pouvoir faire. Sur l’album précédent, il y avait deux morceaux qu’on avait fait séparément et ça semblait avoir bien fonctionné alors on a dit d’accord, parce que nous vivions dans des lieux éloignés, faisons un album d’Add n to X de la façon que l’on a toujours fait, c’est à dire trois idées différentes finissant par atterrir une dans l’autre, comme un accélarateur de particules ou un accident de la route, toutes ces choses qui ne devraient pas marcher ensemble et pour lesquelles il faut trouver un moyen que ça colle en fin de compte, et ce fut toujours un défi, sinon, ça n’aurait présenté aucun intérêt pour nous. Nous avons surement realisé cet album avec cela en tête, et si nous avions fait des albums solos, nous aurions fait différemment, parce qu’il existe une sorte de quatrième membre du groupe, appelons ça un genre de juridiction autour de tout le projet : tu sais que tu dois être fidèle à l’ensemble du processus, de l’esprit de l’entreprise, et c’est ça l’important. Ainsi, tu travailles toujours avec ça en tête, tu dois donner le meilleur de toi même, tu dois te défier toi même constamment, essayer de battre les autres mais sans aucun esprit de compétition, et en même temps tu dois t’ assurer que ce que tu fais est assez bon pour le projet d’ensemble. On travaille toujours sur la même chose, aussi, lorsqu’on se réunit, tu ne peux vraiment pas dire qui a fait quoi dans certains morceaux, mais on y trouve une complète interaction , ce qui est surprenant et pas vraiment tout à la fois, parce que nous savions tous où nous voulions aller.
-Et que se serait il passé si une partie composée par l’un d’entre vous n’avait pas plu aux autres ? Vous auriez recommençé ad vitam eternam ?
A : Non, parce que quand ca ne marche pas, si ça arrive, on le sort pas. C’était une partie de l’expérience, et ça nous met un peu plus sur la corde raide tout en le rendant plus intéressant pour nous. Je pense qu’il n’y a qu’un seul morceau de l’album avec lequel j’ai vraiment eu des problèmes, mais avec le temps, j’ai changé d’avis à son sujet et maintenant, en certaines circonstances, je l’aime vraiment. C’est le morceau qui s’appelle ‘Pink light’: c’est drôle, quand on est interviewé par des filles, elles l’adorent alors que les garçons le détestent, c’est très bizarre! Mais je suis toujours ambigu à son sujet : je ne sais toujours pas si c’est un truc génial ou du bidouillage pur et simple, mais c’est assurément un truc très particulier, c’est pourquoi je ne dirais jamais que ce n’est pas bon. En fait, on a écrit chacun huit ou neuf morceaux et on a donc du en éliminer quelques uns, soit parce qu’ils ne fonctionnaient pas, soit parce qu’ils deviennent des faces b. C’est dommage quand on voudrait que tout soit diffusé, surtout maintenant qu’Ann a pété les plombs et disparu : ç’aurait été super de rassembler tout ce qu’on avait fait et aimé.
-Peut être un double album aurait été indiqué ?
A : Oui, mais, dans un sens, la chose perd de son impact. On trouve déjà pas mal de choses sur ce disque, et je pense que tout s’emberlificote plutôt bien.
-Avez vous l’intention de travailler de cette façon pour le prochain disque ?
A : Non, Je ne crois pas, je pense qu’on fera un album live. Je pense aussi qu’on va apprendre les morceaux en live et ensuite les mettre sur un huit pistes, très low tech, and peut être qu’ensuite nous en ferons de nouveaux arrangements sur ordinateur , ca dépend. Nous voudrions l’enregistrer live , ce que nous faisons plus ou moins déjà en studio pour cet album. On travaille toujours comme ça, on utilise rarement le MIDI parce que les synthtizeurs analogiques ont un tas de limites, ils ne sont pas MIDI. J’adore les outils que les musiciens modernes n’arrivaient pas à maitriser, ce qui est aussi une bonne chose parce que si on possède trop de contrôle, ça limite ce qui peut arriver durant le processus créatif des morceaux. C’est trop facile d’utiliser les sons qui sont là tout prêts pour toi parce qu’il en existe des centaines qui n’ont jamais été programmés par personne. Sur un synthétizeur analogique, tu crée le son au fur et à mesure que tu avances, tu l’inventes, personne ne l’a jamais entendu auparavant, et il y a bien trop de paramètres pour que tu puisses recréer à l’identique ce qui a été fait précédemment. Même si tu as écrit tous ces sons, ce n’est jamais tout à fait pareil, c’est un problème, mais aussi ce qui est beau avec ces machines.
-Vous partagez vous les rôles au sein du groupe ? Qui joue et compose quoi ?
A : Non, on ne procède pas comme ça, sauf pour deux morceaux, et là, je me contredis moi même ! J’ai travaillé sur deux morceaux d’Ann : j’ai écrit les vocaux de ‘Large number’, les textes et les parties vocales, et j’ai également aidé Ann à produire ‘Electric village’, il s’est trouvé une interaction sur ça et elle a travaillé dans un tas d’endroits, j’ai travaillé dans huit studios différents, elle dans trois ou quatre, et Barry dans trois lui aussi, je suis allé à New York. C’était très intéressant, et pourtant tout est relativement homogène. Le truc à propos d’Add n to X est peut être que les albums précédents sonnaient un peu schizo, en dépit des circonstances dans lesquelles ils ont été faits, c’est à dire tous ensemble, parce que chaque morceau s’est développé de lui même. Certains débarquent avec des concept albums, et je crois quant à moi que les gens ne produisent des concept albums que lorsqu’ils sont à court d’idées et doivent sortir un disque pour leur label, mais pour nous, chaque morceau développe sa propre identité, son propre paysage, son propre environnement, aussi ce n’est jamais surprenant pour moi que l’on fasse un disque dans lequel tout sonne différemment parce que les morceaux dictent eux mêmes leur propre loi. Tu ne peut pas imposer ta marque à quelque chose d’aussi volatile qu’un synthétizeur analogique, ils ont tendance à faire des conneries et habituellement, c’est une catalyse pour le processus de création musicale.
-Chacun de vous joue-t-il de plusieurs instruments ?
A : Nous avons toujours refusé ça parce que nous jouons tous uniquement des synthés et parfois nous utilisons des voix et d’autres choses, quelque fois c’est moi, ou alors c’est Ann, mais je crois que maintenant la chose se situe moins au niveau de quel instrument tu joues mais plus au niveau de ton approche de la musique : Ann est très automatique, elle arrive dans un environnement quelconque, elle ne prépare rien du tout, elle n’essaye pas d’apprendre comment jouer sa partie, elle rentre juste en studio, fait un truc fantastique en une seule prise, et d’ailleurs ça lui prend un moment ensuite pour réapprendre ce qu’elle a fait, à cause de cet automatisme,et elle est très explosive. Je suppose que les mélodies m’intéressent et que je possède une approche davantage basée sur la création de chansons tandis que Barry possède cette facilité de coller les sons, de piquer des bouts partout, comme dans une brocante, piquant des tas de trucs d’une brocante et les assemblant pour créer un nouvel environnement. Je pense donc que nous avons trois rôles distincts mais avec tout un tas d’interactions, et, essentiellement, nous trouvons une joie immense dans le fait de jouer des synthés analogiques.
.-La formule du trio est elle la meilleure possible pour Add n to X ? Je suppose que vous l’étendez quand vous jouez live ?
A : Oui, on l’a fait pour cette tournée, parce qu’Ann n’est pas là, mentalement elle n’est pas bien du tout, elle ne peut pas affronter ça en ce moment. Il reste encore à voir si elle va pouvoir faire front après six ans de cette sorte de folie et d’alcool qui a atteint sa conclusion logique et illogique. Elle n’est pas là, mais nous avons quelques personnes avec nous. L’expérience de la scène est très différente de celle du studio de toutes façons, c’est en prise directe avec le public, tandis que le studio est bien plus un environnement passif.
-Une grosse surprise sur ‘Loud like nature’ est la présence de Kim Fowley : qu’apprécies tu chez lui?
A : C’est un extra terrestre, comme l’était Bob Moog et tous les gens qui ont inventé les premiers synthétizeurs. C’était des individus possédés par une sorte de vision mais qui ne savaient pas vraiment comment la concrétiser, et Kim Fowley était au dehors du grand mécanisme. Kim Fowley, par quelque procédé que ce soit, a toujours travaillé en marge du mécanisme du mainstream musical. Dans le même ordre d’idées, il a inventé le synthé analogique et nous avons toujours été très attirés par ce genre de caractère périphérique, peut être nous considérons nous comme ça, parce que nous ne nous considérons pas comme des musiciens accomplis. On ne comprend pas vraiment ce que vuet dire ‘faire partie d’une scène’, je ne comprend pas l’electro clash ni aucun genre en particulier, et on ne se sent pas le besoin de faire partie d’un groupe ou d’un mouvement quelconque parce que ça voudrait que tu reconnais ce que tu fais et nous ne reconnaissons pas ce que nous faisons comme étant quoi que ce soit, chaque morceau, comme je te l’ai dit précédemment, ayant sa vie propre. C’est un genre de miroir de notre environnement et nous essayons d’utiliser ces machines avec notre plus grande habileté pour l’interprèter, digérer notre environnement et ensuite le manifester, et là, tu l’acceptes ou pas. Le reste du boulot se fait lors de l’écoute, quand le travail est terminé. On ne peut pas boucler un morceau et dire qu’il est génial, qu’on l’adore, qu’on va le sortir. On l’abandonne juste à l’extérieur et on dit : ‘Je ne sais rien, toi, dis moi’. Tu peux dire si tu préfères celui çi ou celui là, mais tu ne sais pas pourquoi et c’est là qu’il se libère et sort dans le monde. Après, ça devient le boulot de quelqu’un d’autre de nous dire ça.
-N’aurais tu pas aimé que Kim Fowley produise entièrement ?
A : Nous allons aux Etats Unis dans deux semaines, et je pense que nous le verrons, mais c’est un homme très indépendant et je pense que ça pourra être problématique. Mais peut être, je ne sais pas. Pour la production de cet album, c’est déjà fait, mais de toutes façons nous ne voulons pas travailler comme ça, nous voulons nous produire nous mêmes, on fonctionne comme ça, on fait juste appel à quelques éléments extérieurs pour bosser sur certaines choses précises.
-Parles nous des autres invités : Richard Hawley, de Pulp...
A : En fait, Richard était dans le studio à ce moment là et je l’ai enregistré alors qu’il jouait un peu de guitare, mais il ne s’en est même pas rappelé : il nous a appelé et demandé : “ Ais je vraiment joué sur un disque d’Add n to X ? ” Alors, je lui ai envoyé une copie ! C’est comme ça que ça s’est fait ! Mais ensuite, nous avons eu Alison Goldfrapp et Rowan Oliver de Goldfrapp qui a fait pas mal de percussions sur les morceaux sur lesquels je travaillais et Barry a bossé avec Kim Fowley et Ann a bossé avec moi. Elle a travaillé avec deux autres personnes qui l’ont vraiment foutue en l’air et on vraiment abusé d’elle et je crois que c’est ce qui l’a conduit à sa crise actuelle. Elle travaillait avec ces gens qui ont ensuite réclamé cinquante pour cent de tout ce qu’elle avait écrit, alors qu’en fait on a fait qu’enregistrer. C’était une sale situation et ça aurait du être maitrise autrement, mais voilà, c’est fait.
-Quelles furent en fin de compte tes plus grandes influences sur le plan musical ?
A : Je ne sais pas, on a vraiment écouté de tout, mais, comme on nous pose souvent la question de nos influences, je pense que probablement la meilleure chose à faire est de remonter à notre enfance, car Barry et moi écoutions les diques de nos pères Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Little Richard et tout ça. C’est ce que j’aimais. Ils écoutaient les Beatles aussi, mais je n’ai jamais été fou des Beatles. Et la cornemuse, j’adore vraiment la cornemuse. J’aime l’odeur du pétrole, j’adore toutes ces choses , et toutes semblent pertinentes aujourd’hui, quand je pense à la façon dont j’écris. Tout ça semble plus en accord avec moi même que lorsque je déclare adorer Scott Walker, bien qu’on y trouve quand même une influence, mais aussi du garage comme le MC5, du ragga et un peu de hip hop, en fait tout ce qui est issu de la pauvreté, des gens créant quelque chose au sein de paramètres, et si tu penses que tu travailles au milieu de restrictions, c’est là que tu peux être le plus créatif : d’habitude, plus fort est le budget que l’on possède, pire et désamorçé se retrouve le résultat, ce qu’on peut constater chez des metteurs en scène comme Peter Greenaway, par exemple, ou Wim Wenders : plus le budger d’un film est important, plus il devient éparpillé et je pense que lorsque tu regarde le ragga ou le hip hop, on voit bien d’où ça vient.
-Et Frank Zappa ?
A : Je ne connais vraiment aucun truc de Frank Zappa. Je n’ai jamais été très fan de tout ça, bien que tout le monde nous dise qu’on a été influençés par lui, et par Wire, et par d’autres, mais je n’ai jamais entendu un disque de Wire ! Alors, je devrais sortir et aller en acheter. Nous sommes bine plus influençés par des gens comme Jacques Brel, par exemple, que je trouve fantastique, et Kurt Weill, ce genre de choses. Sur la face b du single, j’ai utilisé une poésie dadaïste allemande enregistrée en 1928. Pour nous, c’est comme le présent, il n’y a rien de rétro dans le fait d’utiliser ça. On est toujours désignés comme "retro futuristes", quoique ça veuille dire. Nous sommes très pragmatiques, complètement dans notre époque, nous agissons dans un environnement concret et actuel, nous sommes réalistes, et il me semble toujours curieux que les gens disent qu’on essaye de créer un monde fou et fantastique. Nous voulons créer une psycho geographie, nous évader dans la musique, ce qui je suppose nous rapproche des situationnistes.
-Que penses tu d’un groupe comme Suicide ?
-A : J’adore Suicide, ils sont géniaux, mais jusqu’à ce que j’entre dans Add n to X, j’en avais seulement entendu parler. Je pense que tout ce truc new wave et post punk ou survenu à l’époque du punk, comme Pere Ubu ou des choses comme ça, que j’écoute en fait surtout maintenant, peut être Wire aussi, c’était une époque très intéressante et beaucoup d’entre eux, comme Cabaret Voltaire, Throbbing Gristle ou Suicide ont été vraiment négligés. J’avais seulement entendu parler d’eux. Je pense que toute cette new wave est supposée est plus proche de nous, et si nous étions là à l’époque, alors une association aurait été possible, mais nous avons été influençés par le hip hop aussi, comme nous le sommes par Suicide, alors on ne peut pas faire de connection directe, il y a bien tous ces arbres généalogiques musicaux et affiliations, mais c’est trop disparate pour ça.
-Si ADD N to X était un film, quel serait il?
A : Oh, il y a un film qui s’appelle ‘The bedsitting room’, fait en Angleterre dans les années soixante, et je ne sais pas si tu as jamais entendu parler de ‘The Goons’ by Spike Mulligan, à propos de ces comédiens qui ont surgi après la guerre in Angleterre ; je suppose qu’ils représentaient notre vision du surréalisme mais ils étaient aussi comédiens et je pense qu’ils ont donné naissance aux Monty Pythons et à tous ces gens là. Ils étaient toute une bande d’écrivains désillusionnés, d’acteurs et de musiciens qui se sont rassemblés après la guerre. Je crois qu’ils n’étaient que comédiens, mais ils ont aussi fait des films, dont ‘The bedsitting room’ qui est une vue bizarre et décalée du future mais aussi ancrée dans le présent, mais très à l’ancienne mode en même temps. Ca mixe pas mal de choses, une sorte de commentaire politique sur l’Angleterre de l’époque, et je pense que ce film, avec tout son côté ridicule, possède néanmoins en lui l’humour et la violence et une note de sérieux aussi, et je crois que tout ce que nous espérons faire incorpore ce genre de choses. Ce film, oui, mais certainement pas ‘Star Wars’ !
-Aimerais tu composer une bande originale ?
A : Oui, mais déjà, une de nos musiques a été utilisée par Wendy Carlos , pour un film pour lequel elle rassemblait des morceaux. On a aussi crée quelques paysages musicaux pour ses publicités et qui n’ont pas servi. Je crois qu’il faudrait mieux faire d’abord un film, et ensuite la musique, non ?
-AS tu l’intention de sortir un DVD de vos morceaux, et cela représenterait il une bonne extension pour eux ?
A : Si tu peux te procurer le single, on trouve la video dessus, mais on est en pourparler en ce moment avec un gars en France à propos d’ un film qui pourrait se monter, un gars du magazine Crash. C’est important pour nous, car la pochette et les videos sont comme la musique, on ne peut les séparer.
-Un peu comme un univers commun ?
A : Oui, c’est pour ça qu’on a fait celle là (pour ‘Take me to the leader’), avec la video, les photos de presse, le livret etc, tout ça au même endroit.
-Es tu un grand utilisateur d’Internet?
A : En fait, on vient juste de rejoindre le vingt et unième siècle, on a eu des ordinateurs que l’année dernière, mais on est très proche de notre site internet, que l’on a complété la semaine dernière. C’est bien dommage que l’on ne puisse plus voir l’ancien à présent. Je deviens de plus en plus accro, mais je ne veux pas que ceci décrive mon monde, je suis plutpot réticent à suivre cette voie et je ne pense pas que je pourrais le faire. Nous sommes tous trop fascinés par le physique, alors le virtual est un super outil, mais je connais des gens qui font tout à partir de leur clavier : ils font leurs courses, leur musique, ils verifient leurs chiffres de ventes, ils téléchargent des instruments, ils n’ont plus besoin d’aller nulle part, ce dont je suis quelque part envieux parce que je ne suis pas encore très capable de m’en servir, je trouve ça un peu effrayant de s’alièner à tel point à quelque chose. J’adore sortir pour vivre dans les bois de temps en temps, et c’est exactement ce que fait Ann en ce moment : elle est vraiment accro à la nature, elle tue des pigeons et les mange.
Elle est devenue folle !
(propos recueillis à Paris, le 25 octobre 2002 par Jean Paul Coillard)
Trad : Jean Paul Coillard et Marie Lecocq)


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