Adema jacta est





© JP Coillard


Nouveau venu de ce qu’il est convenu d’appeler la « scène de Bakersfield », qui engendra Orgy et Korn notamment, Mark Chavez étant le demi frère de Jonathan Davis, Adema, après un certain nombre de concerts et tournées aux USA, notamment en première partie de Staind et de Linkin Park, débarque en Europe en compagnie des deuxièmes de ces énormes vendeurs phénoménaux susmentionnés. Se démarquant le plus possible de leurs aînés, Adema propose un metal mélodique et puissant, des chansons calibrées pour le live et le passage radio, l’éclate friendly et l’accroche évidente, aux forts relents européens 80’s et 90’s mâtinés d’un esprit musical ricain non négligeable et surtout, par rapport au bruit et à la fureur, l’écriture de véritables chansons… Eclairage avec Mark Chavez et Tim Fluckey.


-Que signifie le nom Adema ?

MC : Il provient du terme médical oedème ("edema"), qui provoque un gonflement de la peau semblable à un bleu ou un tatouage, on a décidé de l'utiliser à cause de sa sonorité : un ami, qui travaillait à la morgue, a dit ce terme et j'ai pensé qu'il sonnait comme un nom de fille. On a remplacé le "e" par un "a". En fait, Adema est un nom qui nous représente tous les 5, notre musique et tout ce en quoi nous croyons.

-Quelles étaient vos influences au début de votre carrière ?

-MC : U2, Jane’s addiction, Red Hot chili Peppers, Massive Attack, Queens of the stone age, Stone temple pilots, surtout, et Nirvana, et aussi les Beatles, pour les mélodies, ce qui nous distingue des groupes de néo-metal. On écrit de varies chansons, on ne se contente pas de hurler et de faire du bruit : les gamins aiment ça, mais je veux prendre ma musique plus au sérieux, je veux dire des choses et que les gens les entendent !

-Votre premier album s'appelle simplement Adema : comment le décririez-vous ?

-MC : C'est un compte-rendu de ma vie et du travail que nous avons accompli pour faire de la bonne musique pendant l'enregistrement de l'album.

-Vous avez choisi Alan Moulder pour le mixage, il a produit Depeche Mode, Jesus and the Mary Chain et beaucoup d'autres groupes des 80s. Pourquoi lui plutôt qu'un producteur de metal ?

-MC : On le cherchait depuis un moment, parce qu'on avait besoin d'un mixage special pour cet album. On avait utilisé beaucoup de sons et on voulait quelqu'un qui puisse les mixer agréablement. Or, Alan Moulder avait travaillé sur certaines de mes albums préférés, comme Nine inch Nails et « Siamese dream », mon album préféré des Smashing pumpkins. On savait qu'il réussirait à bien mélanger l'électro, les grosses guitares, les percussions et les vocaux, il a fait un très bon boulot.

-Votre producteur a joué avec les Wallflowers, le groupe du fils de Bob Dylan. Pourquoi ce choix ?

-MC : Je lui ai donné une démo, qui l'a intéressé. On a refait une démo avec lui, on a été signés et, comme tout se passait si bien, on a décidé de le garder.

-Pour toi, Mark, était-ce une chance ou un handicap d'être le demi-frère de Jonathan Davis ?

-MC : Je crois que cela m'a aidé : certains veulent imiter Korn, mais quand on les voit en live, on voit tout de suite la différence ! Pour les gens qui sont cyniques ou se posent des questions, je dirai simplement qu'ils écoutent l'album, qu'ils viennent nous voir en live et se fassent une opinion : si vous l'aimez, c'est bien, sinon, ne l'achetez pas, je m'en fous !

-Parle-moi de la scène de Bakersfield, qui comprend Adema, mais aussi Orgy et Korn.

-MC : Pour être honnête, je crois que c'était une coïncidence, il n'y a pas vraiment de scène à Bakersfield.

Le seul élément favorable, c'est que beaucoup de gens s'y ennuient et n'ont rien d'autre à faire que d'écrire de la musique, donc cela crée des groupes. La ville est plus connue pour la country que pour le rock. Des groupes comme Orgy et Korn sont de bons amis. Je ne crois pas que l'on tente de suivre leurs traces musicalement, mais on aimerait avoir leur succès. On veut réussir pour pouvoir faire d'autres disques.

-Avez-vous été déçus pour l'échec de Videodrone, et en avez-vous tiré des leçons ?

-MC : Je n'ai jamais été fan, je ne les comprenais pas, la seule chose que j'aimais dans le groupe était Chris, qui est maintenant notre batteur. Trop expérimental, trop bizarre, pas assez accrocheur ; il y a des trucs chouettes dessus, mais ils étaient trop expérimentaux pour le grand public.

- TC: Chris est plus à l'aise avec nous qu'avec eux. Il est plus dans son élément.

-Vous décrivez votre musique comme "radio friendly" : recherchez-vous les hits ?

-MC : Comme je l'ai dit, on écrit des chansons pour les gens et pas pour les murs, des chansons qui accrochent. Je me souvient de chansons que je détestais au premier abord, mais qui passaient tout le temps à la radio et me trottaient dans la tête et finalement je me disais que ce n'était pas mal. C'est la même chose pour nous : on ne cible pas les radios, mais je crois qu'on écrit des chansons qui, à notre époque, sont "radio friendly".

-Que penses-tu des "clean versions" des albums aux USA ?

-MC : Je les déteste ! On doit le faire à cause de la culture américaine : on doit avoir un certain âge pour voir la réalité, etc.

-TC : C'est assez ridicule, parce que dans la rue, à 4 ans, on entend des mots comme fuck, shit. Ils sont trop protecteurs. C'est idiot.

-MC : En fait, ça a l'effet inverse. Les gens qui ne sont pas censés dire ces choses se rebellent et font des conneries. En Europe, on voit beaucoup moins de gamins saoûls qu'aux USA.

En ce qui concerne les clean versions, ils suppirment simplement certains mots.

-TC : « Fuck » sonne comme fffffff !

-Comment est la tournée avec Linkin Park, qui a vendu 4 millions d'albums, et Staind aux USA ?

-MC : On est bons amis. C'est bien de travailler avec des gens qu'on apprécie, ça rend les choses plus faciles.

-J'ai aussi entendu que vous avez vendu plus d'albums que Linkin Park la semaine de sa sortie...

-MC : On a vraiment beaucoup travaillé avant l'enregistrement, on a joué dans les clubs. Ces choses sont payantes parce que les gens qui vous voient parlent de vous à leurs amis, etc. Le rock repose sur le bouche-à-oreille, la pop sur la TV. Il suffit d'être beau et d'avoir un chanson idiote.

- TC : Le rock a toujours reposé sur les concerts.

-Quels sont vos souhaits pour l'avenir ?

-MC : Continuer à tourner, faire des disques et avoir des fans dans le monde. Rester nous-mêmes.

-TC: ON travailler à notre prochain album et on veut faire mieux.

Interview par JP Coillard à Paris





Retour au Sommaire