
Amen - Quasi chaos on earth

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Attention les yeux et les oreilles, Casey Chaos et sa bande (deux ex Snot et un ex Ugly Kid Joe) débarquent en ville, fort d'un show ahurissant et d'un deuxième album qui débouche fortement les écoutilles. " We've come for your parents ", c'est son nom. Méprisant les gloires actuelles du néo metal et de la scène américaine en général, Amen s'en prend également au " punk de vieux ", qui sont en fait précisément les " punks de jeunes " : Blink 192, Offspring, Green Day and co ne sont en effet à leurs yeux que d'aimables branleurs, amuseurs des pré pubères et donc avalisés par leurs parents. A ceux çi, Amen se reconnaît davantage dans l'esprit punk des origines, de Clash aux Sex Pistols en passant par le hard core ricain de Black Flag et les Stooges, pavé d'envergure dans la mare baba cool. Dead boys are alive and well : Punk rules ok !
Rencontre avec Casey Chaos.
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- D'abord, pourquoi avez-vous choisi pour nom " Amen ", synonyme de bénédiction ?
- C'est une sorte de pied de nez à la culture américaine, c'est aussi universel. C'est un mot très courant, compréhensible par tous.
- Virgin - Etes-vous heureux d'être sur le label des Sex Pistols ?
- (Rires) Evidemment. C'est le meilleur label du monde, nous en sommes très contents. Ils nous ont très bien traités, nous avons beaucoup de chance.
- Quelles sont les principales différences entre " Coma America " et " We've come for your parents " ?
- J'ai écrit la majeure partie du premier avec un autre batteur, mais il a quitté le groupe et une grande partie des morceaux ne correspondaient pas à son style. Le dernier est beaucoup plus concis. On a pu enregistrer 20 morceaux en 30 jours. L'album a été fini en 6 semaines, à l'ancienne. Cette fois, nous avions une idée préconçue. Pour le premier, on s'est contentés d'entrer en studio et d'enregistrer.
- Est-ce qu'Amen mène un combat politique, à l'instar de Clash, Dead Kennedys ou Black Flag à leur époque ?
- Dans une certaine mesure, on est plutôt concernés par des sujets sociaux généraux, contrairement à Clas, qui s'opposait au gouvernement. Pour nous, la politique, c'est le sexe, la religion, la vie dans la société américaine, ce qui est plus proche des Dead Kennedys que de Clash.
- Quel a été l'apport de Ross Robinson à votre travail ?
- Je crois qu'il tire le meilleur des artistes. Son rôle est différent avec chaque groupe et il n'est pas intéressé par le son, ce que j'apprécie beaucoup.
- On a parlé d'une collaboration entre Iggy Pop et toi pour un album à produire par Robinson ?
- J'ai écrit 14 morceaux pour lui. Avec Ross, j'ai rencontré Iggy et Ross voulait que j'écrive un album pour Iggy et que je lui trouve un nouveau groupe. Alors, j'ai écrit 14 chansons et j'en ai fait des démos dans le garage. J'ai joué toutes les parties de guitare et de basse, sans vocaux évidemment, et le lendemain, je les ai jouées à Ross, qui a dit : "Mec, c'est génial !!! Ajoute des vocaux pour voir ce que ça donne." Le lendemain, j'ai chanté sur 7 des 14 songs morceaux, parce que je n'ai pas pu en faire plus. C'était juste des idées brutes. Le jour suivant, on me dit que je peux les garder parce qu'elles ne correspondent pas aux souhaits d'Iggy. On essayait de persuader Iggy de se trouver un nouveau groupe, parce que Ross croit vraiment en lui, comme moi évidemment, on pense juste que les musiciens qui l'accompagnent ne sont pas vraiment à sa hauteur. On voulait avoir Johnny Ramone, Cheetah Chrome des Dead Boys, des gens inspirés par lui, mais aussi du sang neuf, des gens qui jouent avec passion. Alors, on a gardé 7 des morceaux. L'un est "Dead on the Bible", sur le nouvel album, et il y en a un autre. Alors, je ne sais pas ce qui va se passer. Un jour, on travaillera sûrement ensemble. On a pas mal discuté, il m'a dit qu'il était fan du premier album et ça m'a troué le cul.
- A propos d'Iggy, a-t-il été une grande influence pour toi ?
- Bien sûr. Quand j'étais môme, on n'entendait que Bon Jovi. C'est tout ce que je connaissais du rock'n'roll. Ensuite, un beau jour, alors que j'étais très jeune, on m'a donné une cassette de Black Flag. Je me suis dit, "Putain, qu'est-ce que c'est ? Il existe un autre genre de musique et je peux m'y reconnaître." Alors, je suis devenu un fan de hardcore et j'ai acheté tous les disques. J'ai commencé à retracer l'histoire jusqu'à l'explosion de '77, avec les Pistols, les Damned, etc. Je me suis davantage intéressé aux Ramones, à Patti Smith, à Television, aux New York Dolls et puis, pour moi, l'œil du cyclone, c'était les Stooges et MC5. C'est le cœur de la musique qui me nourrit, parce que, pour créer ce type de musique, en pleine époque "peace and love", c'était incroyable. Je ne peux pas imaginer comment c'était d'enregistrer "Funhouse"en '69 et de le sortir en '70. J'en ai parlé à Iggy et il a dit, "Ben, J'ai été déclaré ennemi de l'Etat". (Rires) Pour moi, c'est l'enregistrement le plus important de l'histoire de l'humanité, une référence.
- On m'a dit que tu étais aussi fan de PJ Harvey et Nick Cave.
- Oh oui. Le point commun est qu'ils sont tous authentiques. Ils ne font pas de la musique pour l'argent, elle vient du cœur comme Iggy, Tom Waits, etc. Je crois que le business est essentiellement dominé par des hommes, mais quend une femme le fait bien, elle est 10 fois meilleure que les hommes, comme PJ Harvey et Patti Smith. J'aime Bjork et je la respecte, mais ce qu'elle fait sonne comme du cabaret et je n'écoute pas vraiment ce genre de chose. Mais j'aime Emiliana Torrini.
- Parle-nous de ta brève collaboration avec Christian Death ?
- Je me suis installé en Californie à 18 ans, le groupe voulait que je joue de la basse avec eux. J'ai grandi en les écoutant, alors j'ai trouvé ça génial. J'ai joué à un show et puis, c'est devenu une grande tournée et un album live, j'ai aussi travaillé avec Rozz.
- L'opposition entre parents et enfants est-elle importante dans tes textes ?
- C'est la dernière chose authentique aux USA. Tout le reste a été récupéré, alors j'essaie toujours d'utiliser l'imagerie pour représenter l'album et, pour une raison quelconque, pour le 2e album, j'ai été influencé par John Hartfield, qui était un auteur de collages de propagande de la 2e guerre mondiale. Il a inspiré une grande partie des illustrations.
- Avez-vous beaucoup de problèmes censure aux USA?
- Oui. "La pays de la liberté" (rires). Par exemple, on a tourné une vidéo pour "Price of reality", on l'a envoyée en Europe et tout le monde a adoré. MTV America l'a reçue et a dit qu'on pouvait tout couper, sauf la performance du groupe. L'Amérique est hypocrite : il y a le rap, des gens matérialistes, tout parle d'argent, de dealers, etc., mais ils avaient des problèmes avec une vidéo qui ne comportait rien de choquant pour moi.
- Tes problèmes de santé influencent-ils ton écriture ?
- Oui, parce que je dois toujours transporter un sac de médicaments et je prends des pilules toute la journée. Je suis comme un junkie sans possibilité de choix. Je dois prendre des cachets le matin pour pouvoir respirer, puis d'autres pour neutraliser les effets secondaires, ça devient un cercle vicieux. Alors, quand on se réveille sans pouvoir respirer, on a parfois envie d'écrire. J'ai un dysfonctionnement pulmonaire.
- Blink 182 et Green Day sont des punks d'opérette : vous définiriez-vous comme de vrais punks, comme les Pistols ou Clash ?
- Dans la culture moderne, on utilise beaucoup le mot "punk", pour des groupes comme Offspring et Green Day. Je pense que ce sont de bons groupes pop, mais ils sont aux antipodes du punk. Ma mère aime Blink 182 !!! Elle fredonne leurs chansons. Je ne crois pas que la mère de quiconque aurait pu aimer Iggy à l'époque. Tout ce qui est vraiment punk ne peut pas être vraiment accepté socialement. Dans un certain sens, ça doit être presque inaudible. Ca doit être choquant, pas juste pour le plaisir de choquer, mais par l'intensité de la musique.
- Penses-tu que toute cette énergie peut être destructrice pour le groupe ?
- Oui, on va s'auto-détruire. Si on s'emmerde, on arrêtera.
- Penses-tu que les Pistols, qui se sont séparés après 2 ans, ont eu une carrière idéale ?
- Oui. Je crois que c'était le bon moment, il y avait beaucoup d'autre groupes, comme les Damned, et tout le monde avait une carrière prolifique, mais les Pistols ont manifestement eu un grand impact. Ils avaient tout : le charisme, le manager, la propagande.
- As-tu vu le film "The filth and the fury" (L'obscénité et la fureur) ?
- Oui, je l'ai beaucoup aimé.
- Amen pourrait-il venir d'un autre pays que les USA ?
- Je crois que la culture américaine nous a amenés où nous sommes. La vie dans la société américaine alimente notre musique. Un jour, je m'installerai à Amsterdam. J'aime beaucoup cette ville.
- Veux-tu parler des élections américaines ?
- Je m'en fous, il n'y a pas de choix, je ne veux pas m'impliquer dans une farce. (Rires) C'est vraiment embarrassant. C'est le genre de choses qui me rend honteux d'être Américain. J'aime vivre aux USA maintenant, j'y ai beaucoup d'amis et j'aime ce que ce pays représente, mais je hais ce qu'il devient.
- Est-ce que tu as l'impression d'être un ennemi public aux USA, comme Manson ?
- J'adore Manson. Je crois que c'est plutôt un show, très théâtral. Je crois qu'il essaie beaucoup de provoquer, c'est du shock-rock. Je crois qu'Iggy l'a très bien expirmé, je lui ai demandé s'il était pote avec Bowie et il a dit, "Disons que David n'a plus vraiment besoin de moi." Je lui ai demandé de s'expliquer et il a dit "David peut se débrouiller seul. Il peut épouser un top model, dîner avec la reine, faire plaisir aux journalistes, je ne peux pas faire ça, ce n'est pas mon genre !!!" (Rires) Je crois que, dans un sens, c'est le même genre de scénario. Je crois qu'on est un peu plus dérangés, on a un peu plus de problèmes. On est aussi plus violents.
- Vous sentez-vous seuls aux USA, en refusant de vous vendre pour le succès ?
- Oui, on est isolés, on n'essaie pas de prendre le train en marche ni de suivre le mouvement rap-rock. On est seuls, mais fiers de l'être.
- Quels sont vos prochains projets ?
- Normalement, un EP va sortir dans 2 semaines avec 6 morceaux qu'on n'a pas mis sur l'album. Si tout va bien, j'aimerais sortir un album tous les 8 mois.
Ne vous agenouillez pas devant Amen , vous risqueriez de vous faire botter le cul. Alleluiah !
(Propos recueillis par Jean Paul Coillard et Mister Xcommunicated)


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