BLEEDING THROUGH : Cent pour sang hardcore


Sur la pochette, un coeur percé d’un couteau de cuisine. Un sang noir, épais sale, plein d’humeurs mauvaises. Sur la platine, ‘This is love, this is murderous’, dernier album en date de Bleeding Through, chef de rang des nouveaux groupes du label ricain Truskill, distribué en France par Roadrunner. Du hardcore metal comme s’il en pleuvait, une pêche incroyable tant que disque que sur scène, et la présence rare d’une claviériste au sein du combo fichtrement teigneux et efficace que l’on espère fortement grossir et arpenter les grandes scènes du monde entier d’ici peu, car ils le méritent.

Rencontre avec Derek, batteur saignant, lors de leur concert parisien.




-Tout d’abord, comment est né le groupe?

-D : Bleeding Through a démarré il y a quatre ans : j’étais déjà pote avec quelques uns des membres du groupe, mais à ce moment là, ils avaient déjà un batteur. Aussi, quand il est parti pour faire autre chose, j’ai pris le train en marche parce que je voulais vraiment jouer avec eux. J’étais copain avec Scott et Brandans, et Brian était une de nos connaissances, qui a rempli le rôle de guitariste. On a rencontré Marta à Seattle il y a deux ans : on avais besoin d’un clavier et elle était prête à rejoindre un groupe. Et puis enfin Ryan, qui vient d’Orange County, qui est venu à nos concerts et qui nous a été présebté par des amis communs. On s’est donc principalement rencontré lors de concerts. Nous avons été dans des groupes différents avant de jouer ensemble, on a commençé par des concerts, puis des sorties le week end, ça s’est passé comme ça en gros.

-Quels groupes t’ont influençé à la base?

D : Mon père était batteur : il m’a appris à jouer, m’a montré différents styles de musique que j’écoute encore aujourd’hui, des groupes anciens comme Led Zeppelin ou Black Sabbath, et donc je lui doit tout mon passé musical : lorsque j’écoute les batteurs de ces groupes, ce qu’ils font est totalement intégré à mon esprit comme lorsque j’avais douze ans et que j’allais aux concerts de hard core et de punk, avec des groupes comme Minor Threat, the Misfits, Agnostic Front. J’ai tout pris en pleine poire, ce qui a donné l’idée à un gamin de treize ans de monter un groupe et faire des concerts. Depuis, régulièrement, ce genre de scène grandit aussi bien que le metal et c’est une super opportunité.

-Et qu’écoutes tu aujourd’hui ?

-D : J’écoute pas mal de choses très différentes, du moment que ça ne se situe pas dans la mollesse : par exemple, Cult Of Luna, le groupe avec qui l’on tourne, sont formidables, ils font un super show tous les soirs et ce sont des types vraiment très cool. J’adore Mastodon et Isis aussi, ce genre de groupes, et je pense, tout comme Slayer et Pantera qui furent une grande influence pour nous, qu’ils possèdent l’intégrité du hardcore. J’écoute plein d ‘autres trucs aussi ! ,

-A propos de Pantera, que ressens tu à la mort de Dimebag Darrell, et les gens ont ils à présent un peu peur de se présenter sur scène?

-D : Dimebag Darrell est un des pionniers de notre genre musical, et beaucoup de gens parlent de cette époque où le métal était à son niveau le plus bas, mais était toujours là, portant la torche pour un tas de groupes et de choses qui n’étaient pas là pour le faire. C’est tragique : nous étions en tournée lorsqu’on l’a appris, avec Cradle of Filth, et on était pas si loin que ça ; ce fut un grand choc, on imaginerait pas qu’un truc comme ça puisse arriver, surtout pour quelqu’un comme lui. C’était un très brillant guitariste, un musicien merveilleux qui a définitivement laissé son empreinte sur ce genre de musique et qui sera éternellement regretté. Je ne pense pas que les gens aient plus peur d’aller sur scène, parce que c’est quelque chose à laquelle on ne s’attend pas : ce type qui a fait ça était dérangé dans son esprit, et c’est plutôt rare que ce genre de choses arrive. Je peux me tromper, mais je ne pense pas qu’une telle chose se reproduise mais tu retiens quand même l’idée, coincée quelque part au fond de ton cerveau, lorsqu’un évènement de ce genre surgit. Mais je n’y pense pas trop. C’est comme quand tu prend l’avion, tu ne peux pas t’empêcher de penser au fait que l’avion puisse s’écraser ou que des terroristes soient à bord, mais bon...

-‘This is love, this is murderous’ est votre premier Lp a être distribué en France, par Roadrunner : je suppose que tu en es très content ?

-D : Oui, c’est extra. Nous avons tourné en Allemagne et en Hollande et les gens de Roadrunner sont venus aux concerts, ils nous supportent énormément et travaillent très dur pour nous, nous aidant de tout un tas de façons, comme pour ce show radio que l’on fait demain pour la BBC. Pour la distribution, c’est génial de voir nos disques partout, sans que les gens soient obligés de les payer au prix de l’import ou autrement.


-A propos des textes, peut on y toruver des thèmes forts ou plutôt une idée, une inspiration générale ?

-D : Je n’écris pas les textes, mais je pense qu’ils sont résolument sincères, qu’ils viennent de la vie même et dont les gens peuvent se sentir proches, de choses se passant réellement, toute une gammme d’émotions et tout un tas d’histoires d’amour.

-Etant proches des groupes de hard core, te sentirais tu de faire des choses artistiquement plus engagées, comme System Of A Down ou Ministry le font ?

-D : Ce n’est pas vraiment dans notre caractère, je pense, du fait que nous sommes davantage focalisés sur l’émotion personnelle, mais ça n’empêche pas que certains sujets nous touchent profondément, et lorsque les gens nous questionnent, nous y répondons...mais pas dans les textes !

-Ulrich Wild a produit ce LP : comment l’avez vous choisi ?

-D : On l’a rencontré à L.A, nous avions quelques connaissances en commun, comme notre manager et d’autres personnes, et nous avions vraiment aimé ce qu’il a fait avec les Deftones, Static X ou Pantera en tant qu’ingé son également. Bien sûr, comme il s’agit de notre premier ‘grand’ disque, on était très excités à l’idée de bosser avec lui.

Il a fait un super boulot avec nous, et c’est vraiment super d’enregistrer avec quelqu’un qui est vraiment du métier et qui a participé à tant de choses.

-Pensez vous travailler avec lui pour votre prochain disque?

-D : Non, en fait, on va bosser avec le producteur du dernier Cradle of Filth et d’Agony Scene, entre autres, Rob Caggiano, car nous avons vraiment été impressionnés par son travail. Generalement, le groupe participe à la plupart des choses, écrit tout lui même, prend des décisions et, d’une certaine façon, est aussi impliqué dans la production.

-Peux tu citer quelques disques ayant changé ta vie, ou au moins t’ayant donné l’envie de monter un groupe ?

-D : Voyons, je dirais ‘Paranoid’ de Black Sabbath en premier, et puis tout ce que les Misfits ont jamais fait, surtout ‘Static age’ mais aussi Black Flag, mais pour moi la pièce maîtresse reste ’Master of Puppets’ de Metallica : quand j’ai grandi et découvert le metal et le reste, c’est la première chose dont j’ai été dingue.

-Si ton groupe ou toi même étiez un film?

-D : En coulisses, on pourrait ressembler à ‘Big Lebowsky’, ou quelque chose comme ça, mais musicalement, en tant que groupe, je crois que ce serait un film d’horreur, comme ‘Texas Chainsaw Massacre’ : c’est comme ça que je voudrais être décrit, je pense !

-Et la prochaine étape ? Un nouvel album en préparation ?

-D : Oui, il sortira à l’automne, on en est au milieu de son écriture. On est aussi au milieu de cette tournée et, après ça, on rentre à la maison et on fini d’écrire en studio. Et celui çi devrait sortir en même temps en Europe et aux USA.

-A quoi peut on s’attendre?

-D : On pousse toujours plus loin à la recherche de trucs nouveaux, et la grande discussion à propos de ce nouvel album tournait autour du fait que nous voulions créer notre propre son, que quelqu’un mettant un disque sur sa platine puisse dire que c’est du Bleeding Through. Mais sinon, ce n’est pas si éloigné de ce que nous avons déjà fait, simplement c’est mieux, d’une plus grande intensité, c’est mieux écrit, et j’en suis très fier : ce n’est pas un changement drastique pour nous, mais une progression incontestable, et on est très excités par ces nouveaux morceaux. Cette tournée, depuis un an et demi, durant laquelle nous avons pas mal écrit a permis à chacun de nous de stocker des idées au fond de son crâne tout le temps, et donc je pense que ça nous aider énormément à finir d’écrire ces nouveaux morceaux une fois la tournée finie. On avait fini cinq morceaux en à peine un mois, et tout s’est passé sans difficulté parce que nous avions tous pleins d’idées et qu’on a subi l’influence de tout ce que nous avons pu entendre, des gens que nous avons rencontré et de tous les endroits où l’on a été.




Propos recueillis le 9 février 2005 à Paris.

Merci à Karine et Sabrina, de Roadrunner France.








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