Camille Montrose : plume noire


Musicienne au sein de Hora Nocturna et chroniqueuse littéraire chez Metal Impact, Camille Montrose revêt une nouvelle fois sa casquette d'écrivain à l'occasion de la sortie de son deuxième recueil de nouvelles, "Des petits riens", aux éditions Edilivres, après "Lupus Est Homo Homini". Camille nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions par e-mail.






Peux-tu me citer cinq termes pour te définir ?

Hello ! Cinq termes qui me définissent ? Je dirai réservée, respectueuse, passionnée, impatiente, hésitante...

-Comment es-tu venue à l’écriture ?

J'ai commencé à écrire vers l'âge de 13 ans, des histoires de Science-Fiction sans grand intérêt. J'ai toujours eu une imagination débordante ; à l'époque j'ai eu envie de mettre sur papier ces histoires qui m'habitaient.  Vers 19 ans, j'ai posé ma plume, faute de temps et d'inspiration. Pour finalement la reprendre il y a un peu plus de deux ans maintenant et donner corps à mon premier recueil, Lupus Est Homo Homini. Cette nouvelle envie d'écrire découle d'un déclic soudain ; j'ai enfin compris qui était mon « moi » littéraire. L'envie de dire, dénoncer, certaines choses qui m'indignaient... De confronter ma plume à l'appréciation d'un éventuel lectorat... J'avais enfin mûri ! (sourire)

 -Tu es à la fois auteur mais aussi musicienne au sein de Hora Nocturna : quel est pour toi l’apport mutuel de la musique à la littérature ? (Hora Nocturna)

La musique et la littérature m'apportent énormément ! Je ressens beaucoup de choses en écoutant un morceau ou en lisant tel ou tel livre. Les deux me sont nécessaires pour être en phase avec mes émotions et cultiver mon imaginaire ! On s'évade aisément avec l'un ou l'autre, tu ne trouves pas ??  Je trouve ça génial de pouvoir se laisser pénétrer ainsi. Par ailleurs, l'écoute d'un morceau peut m'inspirer une histoire, tout comme jouer au sein d'un groupe, composer mes lignes de basse, me permet de faire fonctionner mon imagination autrement. C'est un exercice intéressant ! 

-Si tu avais à choisir aujourd’hui entre musique ou littérature, que ferais-tu ?

C'est une question difficile !! Choisir ?? Je suis en manque dès que je ne peux pas écouter de musique une journée et deviens dingue quand il ne me reste que deux livres dans ma pile de lecture (rires) !! Je ne peux pas choisir, on ne devrait jamais avoir à choisir ! (sourire)

-Tu as également été chroniqueuse pour Metal Impact : as-tu envie de renouveler cette expérience ?

J'ai en effet été chroniqueuse littéraire ! C'était une expérience super ! De belles opportunités de lectures, de nouvelles découvertes, des rencontres également ! A l'heure actuelle, je n'ai pas envie de renouveler l'expérience, mais, me connaissant, j'y reviendrai peut être un jour !

-As-tu rencontré autant que difficultés pour faire publier tes écrits que dans la nouvelle ‘Ma prostitution ?

En ce qui concerne mes deux recueils, les difficultés ne se sont pas posées. Edilivre est relativement ouvert à tous types de littérature. C'est une chance extraordinaire de voir ses écrits publiés ainsi !!! J'ai actuellement un roman que je cherche à faire éditer. C'est lui qui m'a inspiré cette histoire car les difficultés sont nombreuses et les éditeurs peu loquaces. On ne sait donc jamais ce qu'on vaut, s'il faut persévérer ou non... Et la concurrence est rude ! Soit on se bat, soit on abandonne ! (sourire)

-Dans « Memento Mori », tu cites Jules verne et Céline : mais quels sont tes auteurs favoris ?

Outre ces deux là, j'ai un troisième coup de cœur pour les écrits d'Amélie Nothomb ; son univers me parle !  J'adore également l'auteur japonais Akyuki Nosaka ! Il a un style « trash » qui me plait bien ! On m'a aussi fait découvrir récemment l'auteur italien Erri de Luca : sa plume est juste sublime, imprégnée de vérités toutes simples qui nous font réfléchir, sans prétention... Je suis une grosse dévoreuse de bouquins, mes auteurs favoris sont nombreux, mais ceux-là sont vraiment les plus importants !

-Y’a-t-il d’autres groupes favoris que ceux cités dans ton Facebook ? (Rammstein, Dimmu Borgir, Emperor, Cradle of Filth, Faith, No More, Fields of The Nephilim, Waltari, ASP, Therion, Tool, A Perfect Circle, Opeth, SexMachineGuns, Beethoven, John Lee Hooker, Yngwie Malmsteen, etc.)

Ah là là ! Ici aussi, mes groupes favoris sont nombreux (rires) ! D'autant plus que mes goûts évoluent régulièrement ! Dans ceux cités précédemment, j'écoute beaucoup Waltari, Tool et Faith No More. A cette liste, on peut rajouter Pendulum, Bauhaus et Shaka Ponk, groupe récemment découvert qui explose le cerveau en une symphonie de bonne humeur totale (sourire)

-Le corbeau de la nouvelle “les corbeaux”, justement, est il le reflet de personnes comme toi-même ou ton entourage, que le look rend ‘suspects’ aux yeux des autres, et qui observe les gens avec un regard moqueur ou vengeur?

Ce corbeau-ci n'est que le reflet de ce que sont les gens (comme moi ou non) face à une rixe, une agression ou autre... Nous nous transformons en véritables vautours, qu'une curiosité morbide attire irrésistiblement. C'est cela que j'ai voulu décrire dans cette histoire.

-Es tu toi-même, comme dans ‘GPS’ ou  ‘Tout ce que tu n’auras pas connu’,  ‘aux prises’ avec les affres de la technologie ?

Hum, j'avoue que par moment – souvent même – je ne suis plus dans le coup ! (rire) Tout cela évolue trop vite et dans le mauvais sens ! Tout est fait pour faciliter la vie des gens au quotidien ! Tout est automatisé, électrisé... Que ferions-nous si nous n'avions plus d'électricité comme dans l'excellent livre de Barjavel, Ravage ? Ce livre est passionnant et il fait réfléchir quant au risque de trop se reposer sur ces nouvelles technologies... Continuons à réfléchir et agir par nous-mêmes et ne laissons pas un GPS mener la danse ! La chute pourrait être douloureuse...

Et en proie à la nostalgie (même nouvelle, ainsi que ‘Les Vitrines’ ?)

Oui, je suis nostalgique de certaines choses. Comme tout un chacun je suppose... Ce qui me manque le plus : le temps où les gens observaient le monde qui les entoure autrement que via un écran d'ordinateur ou de téléphone... Dans la rue, ils ont tous le nez collé à leur téléphone, dans le cas où ils louperaient le dernier « twit » sensationnel sur untel ou unetelle à l'autre bout du monde ! Il se passe pourtant tellement de choses à côté de nous ! (sourire)

-As-tu l’idée d’un troisième recueil ?

Pas dans l'immédiat...

-Nouvelle, poème, théâtre : laquelle te plait le plus ?

Je ne saurais pas trop te dire... (sourire) Les trois genres me plaisent car ils me permettent d'explorer plus de pistes. Je pense toutefois être plus à mon aise dans l'écriture de nouvelles... Aux lecteurs de me dire dans quel style ils préfèrent me retrouver !!

-Tenteras tu l’aventure du roman ?

Oui oui, j'ai des idées qui germent ! Mais j'ai décidé de prendre mon temps. Alors, patience...

-Peut on dire que ‘Homo Homini Lupus’ est le pendant de ‘Lupus Est Homo Homini ‘du premier recueil?

C'est tout à fait cela !!  A l'origine, ce deuxième recueil devait d'ailleurs s'intituler Homo Homini Lupus. Mais le titre actuel me plait mieux et correspond plus à l'idée générale que je voulais faire ressortir : à savoir ces fameux « petits riens qui font l'être humain ».

-Parmi ces formes d’exclusion que tu décris, laquelle te touche le plus ? 

L'homophobie. Il paraît que les mentalités ont évolué ; dans ce cas pourquoi sommes nous insultés lorsque l'on se promène main dans la main avec son ou sa partenaire ? Pourquoi un homme est agressé, violé, torturé parce qu'il sort d'une boîte gay ? Et pourquoi nous refuse-t-on le droit d'être parents ? Serions-nous plus mauvais parents qu'un couple hétérosexuel ? D'ailleurs, pourquoi demande-t-on a une personne ouvertement homosexuelle si elle l'est ? Je ne crois pas que cette question soit posée à une personne prétendument hétérosexuelle... La sexualité ne devrait pas être un problème et on ne devrait jamais parler de « différences ». Je ne suis pas différente (sourire).

-Que t’apporte l’écriture ?

C'est une thérapie ! (rire) Etant très introvertie, j'ai souvent du mal à m'exprimer. L'écriture permet de me libérer et de dire ce que je pense, ressent, etc.

-Si tu étais un personnage de roman, lequel serait ce ? (idem pour le cinéma…)

J'ai toujours rêvé être le Capitaine Nemo... Libre, sans attaches, aventurier, courageux... De plus, il possède le Nautilus ! (rire) Pour le cinéma, je ne vois pas... Plus difficile de s'imaginer être un personnage de cinéma car la physionomie de l'acteur ou actrice est bien réelle. Un personnage de roman laisse plus de place à l'imagination donc à l'identification !

-Quelle question (s) ne t’ais je pas posé(és) et que tu voudrais que je te pose, et donc tu peux y répondre aussi!

Sincèrement, je ne vois pas d'autres questions... Je te remercie infiniment pour le temps consacré à cette interview ! Je conclurai juste en disant : gardez le sourire quoi qu'il arrive ! A bientôt !

 

Interview réalisée par e-mail par JP Coillard.

Un grand merci à Camille et à Edilivre.

 




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