The Cavalera Conspiracy: return of the blood brothers


Ca faisait plus de onze ans qu’on avait pas revu ensemble, en studio en tous cas, les frangins Cavalera, en fait depuis la fin de Sepultura en tant que tel, à la fin de la tournée 96, et que Igor a quitté lui-même à son tour en 2006. Déjà réunis sur scène l’année dernière, Max et Igor récidivent et persévèrent avec The Cavalera Conspiracy et ‘Inflikted’, leur premier album en commun depuis le célébrissime « Roots », en compagnie de Joe Duplantier, chanteur/ guitariste de Gojira et Marc Rizzo, gratteux de Soulfly. Les voici à Paris en duo pour en parler en duo, l’occasion n’est pas commune, tout comme les réalisations des deux hommes, accompagnés entre autres, sur l’album, par Joe et Richie, les fils de Max. On peut donc vraiment parler de Cavalera Conspiracy. Roots, bloody roots, they say…




-D’où est né ce nom de Cavalera Conspiracy, qui au départ devait se nommer Inflikted ?

-Max : en fait, ‘Inflikted’ était le titre du premier morceau que l’on a écrit, et on s’est dit pourquoi pas l’utiliser pour un nom d’album ? Mais ensuite, pour éviter les problèmes, on l’a changé en ce nom ci, qui semblait plus ouvert. Inflikted a déjà été utilisé plusieurs fois


-Onze ans après votre séparation, quelles sont les différences que vous avez pu noter chez l’un ou chez l’autre, sur le plan musical ?

-Max : je ne me pose pas la question en ces termes, faisant le bilan par rapport à ce qu’on a pu vivre auparavant. Tout ce qui compte, c’est que l’alchimie entre nous opère toujours, et semble plus vivace que jamais. Ce qu’on peut dire, en revanche, c’est qu’on jouait plus vite que les autres, et qu’ils ont du s’adapter pour nous suivre !

-Igor : J’étais plutôt inquiet la première fois qu’on est remonté sur scène ensemble, mais tout a bien marché, et en studio, c’était presque encore meilleur. Je me demandais, au début, si je serai à la hauteur, mais très vite, la question ne s’est plus posée.


-Prévoyez vous, on peut rêver, un autre album de Nailbomb dans le futur ?

-Max : Nailbomb est mort définitivement, même si on le voulait. Quand tous les membres d’un groupe sont encore vivants, il y a peut être une possibilité, mais quand quelqu’un est mort, on ne peut le faire revenir chez les vivants ! Mais on pourra cependant en faire quelques reprises sur scène, pourquoi pas ?


-Parlez nous de la participation de Rex Brown, bassiste de Pantera, puis de Down ?

-Rex joue sur le morceau ‘Ultraviolent’, et il a tout de suite répondu présent. Nous nous connaissons depuis longtemps, parce que Pantera et Sepultura ont plusieurs fois tourné ensemble, dans le passé, et on a toujours partagé la même vibration, le même amour du metal. Il est venu, il a fait son truc à la basse pendant une heure et tout était en boîte sans problème.


-Et celle de Joe Duplantier ?

Gloria et Marc Rizzo connaissaient Gojira, et depuis, on avait joué avec eux l’année dernière. Ce qui m’a plu avec Joe, c’est qu’il était étranger, comme pas mal de gens jouant sur mes disques. Il avait donc une vision plus globale que locale de la chose, ce qui est vraiment un bien. Igor aime beaucoup les groupes français, pensant qu’ils sont pleins de possibilités, et ils ont vu de quoi ils étaient capables. Joe est guitariste à la base, et le premier choix avait été Jean Michel Labadie, de Gojira, mais celui avait un emploi du temps très encombré. On a donc contacté Joe, qui s’est avéré être un fan de longue date de Sepultura, depuis ‘Arise’ en fait, et tout a collé de suite. Sauf qu’il a échangé sa guitare contre une basse, et que là, ça a marché encore mieux ! Il chante sur un morceau, il l’a enregistré en France, chez lui, par la suite, et nous l’a envoyé. Ca c’est fait sur ma demande, parce que je n’y arrivais pas, sur ce morceau là, ce qui m’arrive parfois, et dans ce cas, je fais appel à quelqu’un d’autre.



-The Cavalera Conspiracy est il un groupe véritable, ou plutôt un side project pour vous ? Allez vous tourner pour cet album, et sera-t-il suivi d’un autre ?

-Nous allons certainement tourner, on adorerait le faire, et un autre album aussi, mais nous ne voulons pas brusquer les choses, et par-dessus tout nous voulons conserver l’élément de fun dans ce qui se passe, au lieu de plonger dans la routine des groupes. Nous ne souhaitons pas ‘épuiser’ la chose avec les problèmes habituels de tournées, de promo, d’enregistrement, de composition à tire-larigot, comme en rencontrent l’énorme majorité des groupes. En fait, nous avons retrouvé cette notion punk de notre travail, entrer en studio et jouer, sans se prendre la tête pour des bêtises tels que les hôtels ou la bouffe ou quoique ce soit d’autre, en ne conservant que la musique et l’envie de la jouer ensemble. D’ailleurs, je ne veux plus faire de disques que comme ça. Et puis, nous avons tous nos projets parallèles, Soulfly pour moi, Gojira pour Joe, Marc Rizzo Band, et Igor travaille aussi pour d’autres trucs, comme DJ Mixhell, avec sa femme Laima.


Composé en même temps que l’album de Soulfly, qui ne devrait cependant pas voir le jour avant un certain temps, ‘Inflikted’ n’a pas provoqué d’interactions fâcheuse, car pour Max, tout était clair à la base, et les deux choses restent bien séparées. Au contraire, la famille à présent reconstituée, dont les deux parties s’emboîtent à nouveau parfaitement, est un moteur essentiel dans le quotidien humain et artistique de Max et Igor.


Joe et Richie Cavalera apparaissent également sur l’album, mais Max tient bien à préciser qu’il ne faut pas y voir une extension de son groupe, plutôt une série d’occasion, de ci de là. Il désire surtout que ses fils suivent le même trajet que lui, et ne prennent pas tout ce qui leur arrive pour acquis, mais qu’ils apprennent à devenir de vrais membres de groupes, avec toutes les galères inhérentes, comme l’argent, les labels ou la logistique. Il rappelle que le rêve des jeunes Sepultura était d’avoir un van pour tourner, alors qu’ils devaient se contenter de bus ou ils côtoyaient des gens et des poulets dans des paniers, leur matériel étant dans la soute !


-La première vidéo du groupe, pour le titre ‘Sanctuary’, vient d’être réalisée à Paris…

-Oui, ça vient de moi, je trouve que ce qui se passe en France en ce moment au point de vue musical est très intéressant, et je ne parle pas que de Gojira et de Joe. Je m’y donc intéressé et suis entré en contact avec cette boite de prod, Surface 2 Air, un collectif très professionnel et chaleureux, et de plus fan de Sepultura depuis longtemps, ce qui a également penché en leur faveur. Une équipe organisée comme sur un plateau de cinéma, ou tout était en place, et qui va également s’occuper de la pochette de l’album. Contrairement à la plupart des réalisateurs, on ne nous a pas demandé de changer, car ils voulaient capturer vraiment ce qu’est le groupe à l’image.


Premier album enregistré à L.A depuis ‘Roots’ et le premier album de Soulfly, ‘Inflikted’ voit la signature de Logan Madder, ex Machine Head et Soulfly, à la prod, bien que le dernier mot reste toujours à Max. Igor et lui tiennent les rênes de Cavalery Conspiracy avec ‘Inflikted’, basé sur l’instinct, la spontanéité et l’amour retrouvé.

Interview réalisée par JP Coillard à Paris.

Merci à Karine et Bérangère, de Roadrunner, et bien sûr à Max et Igor.






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