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-D’où est né ce nom
de Cavalera Conspiracy, qui au départ devait se nommer
Inflikted ?
-Max : en fait, ‘Inflikted’
était le titre du premier morceau que l’on a écrit,
et on s’est dit pourquoi pas l’utiliser pour un nom d’album ?
Mais ensuite, pour éviter les problèmes, on l’a
changé en ce nom ci, qui semblait plus ouvert. Inflikted a
déjà été utilisé plusieurs fois
-Onze ans après votre
séparation, quelles sont les différences que vous avez
pu noter chez l’un ou chez l’autre, sur le plan musical ?
-Max : je ne me pose pas la
question en ces termes, faisant le bilan par rapport à ce
qu’on a pu vivre auparavant. Tout ce qui compte, c’est que
l’alchimie entre nous opère toujours, et semble plus vivace
que jamais. Ce qu’on peut dire, en revanche, c’est qu’on jouait
plus vite que les autres, et qu’ils ont du s’adapter pour nous
suivre !
-Igor : J’étais
plutôt inquiet la première fois qu’on est remonté
sur scène ensemble, mais tout a bien marché, et en
studio, c’était presque encore meilleur. Je me demandais, au
début, si je serai à la hauteur, mais très vite,
la question ne s’est plus posée.
-Prévoyez vous, on peut
rêver, un autre album de Nailbomb dans le futur ?
-Max : Nailbomb est mort
définitivement, même si on le voulait. Quand tous les
membres d’un groupe sont encore vivants, il y a peut être une
possibilité, mais quand quelqu’un est mort, on ne peut le
faire revenir chez les vivants ! Mais on pourra cependant en
faire quelques reprises sur scène, pourquoi pas ?
-Parlez nous de la participation de
Rex Brown, bassiste de Pantera, puis de Down ?
-Rex joue sur le morceau
‘Ultraviolent’, et il a tout de suite répondu présent.
Nous nous connaissons depuis longtemps, parce que Pantera et
Sepultura ont plusieurs fois tourné ensemble, dans le passé,
et on a toujours partagé la même vibration, le même
amour du metal. Il est venu, il a fait son truc à la basse
pendant une heure et tout était en boîte sans problème.
-Et celle de Joe Duplantier ?
Gloria et Marc Rizzo connaissaient
Gojira, et depuis, on avait joué avec eux l’année
dernière. Ce qui m’a plu avec Joe, c’est qu’il était
étranger, comme pas mal de gens jouant sur mes disques. Il
avait donc une vision plus globale que locale de la chose, ce qui est
vraiment un bien. Igor aime beaucoup les groupes français,
pensant qu’ils sont pleins de possibilités, et ils ont vu de
quoi ils étaient capables. Joe est guitariste à la
base, et le premier choix avait été Jean Michel
Labadie, de Gojira, mais celui avait un emploi du temps très
encombré. On a donc contacté Joe, qui s’est avéré
être un fan de longue date de Sepultura, depuis ‘Arise’ en
fait, et tout a collé de suite. Sauf qu’il a échangé
sa guitare contre une basse, et que là, ça a marché
encore mieux ! Il chante sur un morceau, il l’a enregistré
en France, chez lui, par la suite, et nous l’a envoyé. Ca
c’est fait sur ma demande, parce que je n’y arrivais pas, sur ce
morceau là, ce qui m’arrive parfois, et dans ce cas, je fais
appel à quelqu’un d’autre.
-The Cavalera Conspiracy est il un
groupe véritable, ou plutôt un side project pour vous ?
Allez vous tourner pour cet album, et sera-t-il suivi d’un autre ?
-Nous allons certainement tourner, on
adorerait le faire, et un autre album aussi, mais nous ne voulons pas
brusquer les choses, et par-dessus tout nous voulons conserver
l’élément de fun dans ce qui se passe, au lieu de
plonger dans la routine des groupes. Nous ne souhaitons pas
‘épuiser’ la chose avec les problèmes
habituels de tournées, de promo, d’enregistrement, de
composition à tire-larigot, comme en rencontrent l’énorme
majorité des groupes. En fait, nous avons retrouvé
cette notion punk de notre travail, entrer en studio et jouer, sans
se prendre la tête pour des bêtises tels que les hôtels
ou la bouffe ou quoique ce soit d’autre, en ne conservant que la
musique et l’envie de la jouer ensemble. D’ailleurs, je ne veux
plus faire de disques que comme ça. Et puis, nous avons tous
nos projets parallèles, Soulfly pour moi, Gojira pour Joe,
Marc Rizzo Band, et Igor travaille aussi pour d’autres trucs, comme
DJ Mixhell, avec sa femme Laima.
Composé en même temps que
l’album de Soulfly, qui ne devrait cependant pas voir le jour avant
un certain temps, ‘Inflikted’ n’a pas provoqué
d’interactions fâcheuse, car pour Max, tout était
clair à la base, et les deux choses restent bien séparées.
Au contraire, la famille à présent reconstituée,
dont les deux parties s’emboîtent à nouveau
parfaitement, est un moteur essentiel dans le quotidien humain et
artistique de Max et Igor.
Joe et Richie Cavalera apparaissent
également sur l’album, mais Max tient bien à préciser
qu’il ne faut pas y voir une extension de son groupe, plutôt
une série d’occasion, de ci de là. Il désire
surtout que ses fils suivent le même trajet que lui, et ne
prennent pas tout ce qui leur arrive pour acquis, mais qu’ils
apprennent à devenir de vrais membres de groupes, avec toutes
les galères inhérentes, comme l’argent, les labels ou
la logistique. Il rappelle que le rêve des jeunes Sepultura
était d’avoir un van pour tourner, alors qu’ils devaient
se contenter de bus ou ils côtoyaient des gens et des poulets
dans des paniers, leur matériel étant dans la soute !
-La première vidéo du
groupe, pour le titre ‘Sanctuary’, vient d’être réalisée
à Paris…
-Oui, ça vient de moi, je trouve
que ce qui se passe en France en ce moment au point de vue musical
est très intéressant, et je ne parle pas que de Gojira
et de Joe. Je m’y donc intéressé et suis entré
en contact avec cette boite de prod, Surface 2 Air, un collectif très
professionnel et chaleureux, et de plus fan de Sepultura depuis
longtemps, ce qui a également penché en leur faveur.
Une équipe organisée comme sur un plateau de cinéma,
ou tout était en place, et qui va également s’occuper
de la pochette de l’album. Contrairement à la plupart des
réalisateurs, on ne nous a pas demandé de changer,
car ils voulaient capturer vraiment ce qu’est le groupe à
l’image.
Premier album enregistré à
L.A depuis ‘Roots’ et le premier album de Soulfly, ‘Inflikted’
voit la signature de Logan Madder, ex Machine Head et Soulfly, à
la prod, bien que le dernier mot reste toujours à Max. Igor et
lui tiennent les rênes de Cavalery Conspiracy avec ‘Inflikted’,
basé sur l’instinct, la spontanéité et l’amour
retrouvé.
Interview réalisée par JP Coillard à Paris.
Merci à Karine et Bérangère,
de Roadrunner, et bien sûr à Max et Igor.


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