-Rudement content de vous revoir, les gars! Mais quand avez vous décidé de reformer le groupe, après tant d’années? Lorsque vous vous êtes revus en 1999?
M: C’est arrivé en I999 lorsque Noise Records a ressorti nos quatre albums remasterisés, C’était la première fois depuis des années que Tom et moi nous retrouvions ensemble, parlions du passé et nous posions les questions que nous avions en tête: avions nous eu du succès parce qu’on est arrivé au bon moment, au bon endroit, ou bien l’alchimie que nous avions, et qui était très importante, encore aujourd’hui, aurait pu provoquer des étincelles s’envolant pour allumer le feu qui a consumé Celtic Frost pendant des années. Bien sûr, nous n’avons pas eu le temps en 99 d’en parler, parce que Tom était occupé avec Apollonian Sun. Mais lorsque nous nous sommes revus, en 2OO1, il est venu me trouver et m’a demandé si je désirais ou oserais prendre le risque de reformer Celtic Frost : j’ai dit oui!
-J’ai lu que tu possédais et t’occupais d’un bar: tout le côté scénique et studio et la vie de groupe te manquaient ils ?
M: La scène me manquait beaucoup, jouer en public était quelque chose qui me manquait énormément, mais enregistrer, oui et non, c’est un domaine où je ressentais beaucoup de pression, contrairement à la scène. Tu sais, je ne me suis pas seulement occupé d’un bar, je que je fais encore, mais je fais partie de plusieurs entreprises, plusieurs bars : après Celtic Frost, j’ai du prendre un peu de temps à moi pour savoir qui j’étais et quel était le problème avec le groupe, le tout m’ayant assez cramé les ailes. J’ai commencé à organiser des concerts et des manifestations artistiques durant ces quinze dernières années, quelque chose comme six ou sept cent concerts, et je suis donc, d’une certaine façon, resté dans le business, j’ai juste changé de style, ce n’est pas quelque chose que j’avais complètement perdu de vue, j’y étais encore impliqué, à un certain niveau.
-‘Monotheist’ sort sur Century Media, après Sanctuary: qu’est ce qui vous a attire vers ce nouveau label?
M: Sanctuary n’était pas un label que nous avions choisi, c’est arrive parce que Noise Records a été vendu à Sanctuary, et en fait, ils avaient les mêmes droits que Noise Records avait auparavant, ce qui signifie que tout ce que nous avons enregistré dans les années 8O, tous les classiques de Celtic Frost appartiennent désormais à Sanctuary jusqu’à soixante quinze ans après notre mort…ce qui est très long ! La raison pour laquelle nous avons signé avec Century Media est que, d’abord, nous voulions produire cet album par nous-mêmes et prendre le temps que nous voulions pour le faire, de la façon que nous voulions, et ensuite trouver notre partenaire idéal. Et, avec Century Media, nous avons trouvé ce partenaire, vraiment intéressé par notre album, nous avons commencé à négocier et ce fut aussi leur enthousiasme qui a aide à finaliser le deal, parce que nous avons réalisé qu’ils désiraient accéder à bon nombre de requêtes que nous formulions et auxquelles ils n’auraient pas dit oui s’ils n’avaient pas aimé autant le disque. Nous sommes des partenaires égaux : Ils nous ont en licence, et nous sommes vraiment très heureux de travailler avec eux, parce qu’ils ont très cool et très professionnels.
-‘Monotheist’ est le premier disque de Celtic Frost en I3 ans: quelle en a été, au point de vue des textes, l’inspiration, et l’inspiration du groupe a-t-elle changé au cours de son évolution ?
M: Je ne pense pas qu’il y ait une réelle évolution, mais depuis ce temps là, nous avons grandi, en âge et en maturité, mais je ne pense pas qu’on soit devenus plus sages, tout au moins au point de la façon dont nous réagissons l’un envers l’autre. Je pense cependant que
Nous l’avons abordé d’une manière bien plus personnelle et intime. On nous pose souvent la question des thèmes à l’intérieur des textes, et nous sommes bien plus culottés aujourd’hui dans notre for intérieur et dans nos pensées profondes, ce qui se reflète peut être au travers des histoires historiques ou fantastiques que l’on raconte. Tom chante à propos de lui-même désormais.
-Ce titre peut être pris comme une critique de la résurgence de toutes ces religions à travers le monde en ce moment?
M: Ca a certainement quelque chose à voir avec ça, mais je pense que c’est ouvert à l’interprétation, parce que premièrement, ‘Monotheist’, qui signifie une personne croyant en un dieu, mais on ne dit pas en lequel et on ne dit pas qui, est délibérément ouvert à l’interprétation, et peut être pris en tant que critique. Mais nous nous référons naturellement
au système Chrétien de pensée monothéiste, et c’est pourquoi nous avons également utilisé la croix dans le titre lui-même, même si celle-ci est inversée, car la croix inversée est aussi la croix de Saint Pierre, la croix personnelle du pape, parce que, si l’on en croit les textes, saint Pierre, le tout premier pape, le rocher sur lequel Jésus a tenté de bâtir l’église, fut crucifié la tête en bas, et donc, avant d’être un symbole Sataniste, c’est toujours un symbole chrétien !
-A propos de son, comment avez-vous choisi Peter Tagtgren pour co-produire, enregistrer et mixer l’album?
M: Nous cherchions un producteur et avons parcouru une liste de gens avec qui nous pourrions produite l’album, qui connaisse le groupe et nous connaisse en tant que groupe, sache d’où nous venons, et nous avons réalisé que ce que nous cherchions à accomplir là était une tâche bien difficile. Peter Tagtgren nous a été suggéré par notre management, et, lorsque nous l’avons rencontré, le déclic s’est fait immédiatement, nous avons très vite réalisé que c’était la bonne personne parce que d’abord, il connaît parfaitement notre histoire, tous nos disques, il était fan à la base, en les écoutant, et ensuite c’est lui-même un musicien accompli ainsi qu’un créateur, qui écrit des morceaux, chante, joue de la guitare, possède deux groupes, connaît parfaitement tout le processus et ses difficultés, il peut se mettre à la place d’un instrumentiste à l’exact moment où il le faut, il sait comment ça rendra sur un album et toute la pression que l’on peut ressentir dans une telle situation. Et troisièmement, c’est un technicien accompli, au point de vue de la technologie des studios: il a contruit le sien, Abyss Studios, et il y a produit quelques classiques du death et du black metal. Il était donc la personne idéale, et tout s’est idéalement déroulé en studio, parce que ce n’était pas facile de travailler avec nous. Peter n’a pas seulement pris du bon temps là bas, il y avait beaucoup de pression, et on était parfois un peu rude les uns envers les autres, et il a fallu quelqu’un comme Peter, avec sa grande connaissance et son côté sécurisant pour traverser ça, pour nous guider durant cette période ou pour nous confronter avec nous-mêmes et nos idées propres que nous voulions développer sur ce disque.
-Etiez vous inquiets de l’accueil des fans pour ce nouvel album, ou bien l’avez vous fait avant tout pour vous-mêmes?
M: Nous l’avons fait pour nous-mêmes avant tout, et c’est pourquoi il nous a pris quatre ou cinq ans, pourquoi nous nous isolés des gens comme nous l’avons fait, mais je pense que c’est déjà ce que nous avons fait dans le passé : si nous avions peur des réactions du public, il n’y aurait jamais eu d‘Into the Pandemonium’, de ‘Morbid Tales’ ou même un disque comme ‘Cold Lake’. Cette fois, peut être encore davantage, nous nous sommes dit que ce disque devait être le nôtre, qu’on devait être capable de le réaliser seuls et dire ce qu’on voulait vraiment, ce qu’on sentait vraiment à travers lui, avant de le sortir. On a compris au même moment que bien sûr l’attente était importante, très importante même, parce que ce groupe possède un passé et a grandi d’après lui. C’est une grande chance pour nous que de pouvoir revenir après quinze ans et trouver autant de gens intéressés par le groupe. Mais, d’un autre côté, ça ne rend pas les choses plus faciles. On le savait, et on savait aussi qu’une fois le disque sorti, ce ne serait plus à nous de le juger, ce serait à quelqu’un comme…toi, Jean Paul, c’est toi qui va décider si cet album de Celtic Frost est bon ou pas. On le pense, mais, à la fin, il n’est plus le nôtre, dès qu’il est sorti.
-Mi-février, Erol Unala a quitté le groupe, pour raisons familiales semble-t-il: comment allez vous vous débrouiller maintenant, en trio avec Franco Sesa?
-M: C’est une question que nous nous posons également: quatre ou cinq ans ont été nécessaires pour former le groupe, pour devenir unique, et Erol était aussi une grande part de ça, une grande part créative, qui a sa place dans le moindre recoin de "Monotheist", qui est autant le sien que le nôtre, mais nous sommes aujourd’hui dans des mondes différents. Lorsque nous avons commencé à enregistrer cet album, nous n’étions que nous trois, Tom, Erol et moi. Nous avons demandé à Reed St Mark, qui avait déjà enregistré avec nous ‘Into the Pandemonium’ et ‘To Mega Therion‘ s’il voulait se joindre à nous, mais, pour plusieurs raisons, il ne le pouvait pas, si ce n’avait été que nous trois, nous n’aurions jamais pu mener notre entreprise à bien. A la fin de l’enregistrement, Erol était dans un état d’esprit totalement différent : il s’est marié alors que le groupe s’est formé, et quatre ans après, il a eu deux enfants, ce qui est une responsabilité très différente. On se demande bien comment nous allons trouver un nouveau guitariste et prendre la route avec lui dans deux mois. Il peut prendre du temps avant de trouver quelqu’un qui puisse être vraiment un membre du groupe. On auditionne des guitaristes, et on pense qu’un ou deux d’entre eux pourraient nous rejoindre ou du moins être capable de jouer avec nous, ce qui fait qu’on pourrait se retrouver à nouveau à quatre, la difficulté étant qu’une partie du matériel que nous avons écrit, surtout pour ‘Into the Pandemonium’ et ‘Monotheist’ est écrit pour deux guitares, mais on pense aussi rester en trio, parce que la majorité des titres de ‘Morbid Tales’, ‘Into the Pandemonium’, ‘To Mega Therion’ et même une partie de ‘Monotheist’ peu facilement être joué comme ça. On n’a encore rien décidé.
-On peut trouver deux bonus tracks ‘Monotheist’, un pour l’édition limitée en digipack, ‘Temple of Depression’, et l’autre ‘Incantation against you’, pour la version vinyle…
M: Ils n’avaient pas leur place au sein du projet principal construit finalement autour de cet album, mais nous avons pensé tous deux que c’était des morceaux intéressants, de bons morceaux, des morceaux peut être forts également, que les gens pourraient apprécier, que l’on voulait faire entendre, et naturellement on voulait faire une sorte de cadeau à ses gens qui sont des accros du vinyle et pour cela achètent des morceaux bonus qui leur coûtent cher: c’est un double album vinyle qui contient 7O minutes de musique, il coûte plus cher, et nous avons pensé rendre l’ensemble plus équitable en y ajoutant ce morceau. Au point de vue du
digipack, dans l’emballage cristal normal, tu trouves une jaquette et un livret, de seize pages à peu près, ce qui est le maximum que tu peux utiliser pour de l’illustration et pour montrer ta version graphique de ta musique, ce qui explique pourquoi nous offrons ce morceau pour le digipack, qui est très épais, et à nouveau nous offrons un morceau supplémentaire parce que le digipack sera plus cher et nous pensons que ceux qui l’achèteront seront les fans de la première heure, ceux qui veulent vraiment ce disque, et donc pourquoi ne pas leur offrir quelque chose ? Si quelqu’un achète le vinyle seulement pour le morceau supplémentaire, on pourra le télécharger, on va le mettre sur Internet, n’achetez pas le vinyle si vous n’en n’avez aucun autre, simplement pour avoir ce morceau : si quelqu’un se plaint d’avoir à acheter plusieurs pour simplement avoir ces morceaux, c’est ce que je ferais moi-même ! Si vous êtes de vrais fans et voulez quelque chose quelque chose de vraiment super, achetez le digipack, vous aurez tout ce qu’il vous faut. Ce morceau, ‘Temple of the Depression’, fut l’un des premiers morceaux que nous avons écrit, en 2OO1 ou 2OO2, alors que, n’ayant pas de batteur, nous travaillions en trio. On bossait avec une boîte à rythmes, une batterie synthétique, et on pourrait dire qu’il y a un petit côté industriel à l’album, peut être plus orienté ‘Appollyon Sun’ dans ce cas, ce que je ne pense pas, parce que l’album a été construit sur des riffs, pas sur quelque chose de programmé comme ça. Et ‘Incantations against You’ est exactement l’opposé, c’est le premier morceau à capella qu’ait jamais fait le groupe, et qui requérait un chœur mâle, à cause des basses, mais aussi une chanteuse. Le thème est basé sur les rituels anciens de punition, mis sous une forme chantée : on voulait essayer de conserver ce sentiment que l’on peut penser qu’il a été enregistré il y à deux mille ans aussi bien que maintenant, ce genre de sentiment intemporel, et bien sûr travailler avec des voix humaines pour obtenir cette sensation parce que, même à l’âge de pierre, quand les gens communiquaient seulement au travers de la voix, le premier instrument fut probablement celle-ci, en chantant. Même avant que les gens ne soient capables de parler, de communiquer, d’adopter un langage, ils chantaient les uns aux autres, pour communiquer leurs sentiments. On pensait donc qu’il fallait conserver ça.
-A propos de ‘Temple of depression’, Ravn, de I349, groupe de black metal au sein duquel on retrouve Frost, de Satyricon, assure des parties vocales sur ‘Monotheist’: quels groupes apprécies tu aujourd’hui?
M: Je suis vieux! Et si je parle de Morbid Angel, je parle aussi du passé, et beaucoup de gens trouverait ça vieux aussi, si tu vois ce que je veux dire. J’écoute un tas de choses très différentes. Au cours des quinze dernières années, beaucoup de choses sont arrivées, plein de grands groupes, à mon avis, comme Paradise Lost, My Dying Bride ou Morbid Angel, Unleashed, Entombed, et des grands groupes de la scène norvégienne de black metal: Gorgoroth a sorti de grands disques, comme Satyricon, et je considère ‘Volcano’ comme un fantastique album de metal et même de rock tout court. Bien sûr des groupes comme Nile, qui est aussi technique et chargé d’émotion que le death metal peut l’être, je crois. Et aussi Electric Wizard, du label de Lee Dorian; Rise Above, Downfall, les plus grands disques de doom jamais sortis, et quelques groupes expérimentaux comme Sunn O, ou le Jesu de Justin Broadrick, et un groupe nommé Bohren and der Club of Gore, c’est comme du jazz doom, la rencontre de Chet Baker et de Saint Vitus, prenant un max de drogues et jouant le plus lentement possible ! Ce groupe est super. Et Tool aussi, j’attends le nouvel album avec impatience. Egalement un groupe allemand, Dark Fortress, une super musique atmosphérique qui élargit définitivement les limites du black metal, et leur usage des arrangements classiques est de très haute qualité. Il y a un tas de styles différents, et je me fiche de savoir si c’est du black ou du death ou une forme quelconque de metal aussi longtemps que ça me touche émotionnellement.
-Comment ressens tu le fait d’être une telle influence pour beaucoup de groupes de metal extrêmes, depuis tes débuts avec Hellhammer jusqu’à aujourd’hui?
M: Eh bien, c’est une question à laquelle j’avais l’habitude de répondre en faisant gaffe, mais aujourd’hui, je m’en contrefous! On n’a pas fait tout ça parce qu’on voulait influencer les gens, pour commencer, et, soyons clairs, notre premier disque, ‘Morbid Tales’, était un flop complet, on a vraiment reçu une bonne douche de la part d’une grande partie de la presse : Kerrang ne nous a accordé qu’un seul K, ce qui veut dire en fait totale merde. On n’a influencé personne à l’époque, mais on ne le faisait pas pour ça de toutes façons. Je me fiche des influences. A quoi servent elles, bordel? Je n’en sais rien. Si Peter Tagtgren a été influencé par Crazy Frog pour créer ‘Roswell 467" et du même coup un morceau de death metal épique géant, tant mieux si le morceau est bon, je me fous de savoir par qui il a été influencé. Souvent, aujourd’hui, je pense que les influences servent à dire aux gens d’où tu viens et que cache ton style et comment il fonctionne, mais je m’en fous. Si les gens sont influencés par quelque chose et sont capables d’en ressortir quelque chose de personnel, tout va bien. Autrement, je m’en contrefous !
-En passant, quels groupes vous ont influencé avant que vous formiez Hellhammer?
M: Lorsque nous avons commencé à faire de la musique, on doit considérer plusieurs aspects à cela: Pour Tom, qui est plus âgé que moi de trois ans, les grandes influences furent Black Sabbath et les Who, Pete Townsend et Tommy Iommi, au point de vue de la guitare. Pour moi, étant plus jeune, j’ai démarré avec Motorhead et Judas Priest pour le heavy metal, mais AC/DC fut le premier groupe de rock que j’ai jamais entendu, avec ‘Highway to Hell’. On est là en I978, j’avais onze ans. Mais la grande chose, lorsque nous nous sommes tous les deux intéressés au metal fut la New Wave of British Heavy Metal, avec Iron Maiden, Angel Witch, Witchfinder General, Raven, Tygers of Pan Tang, mais un groupe, notre grande influence majeure, sans laquelle il n’y aurait pas eu de Hellhammer ni le reste, fut Venom avec ‘Welcome to Hell’, avec lequel tout a vraiment démarré. Quand tu écoutes Hellhammer, et même quand tu écoutes Celtic Frost après coup, tu n’entends pas Venom, malgré tout le respect que je leur dois. Nous n’avons pas été le seul groupe influencé par eux, sans eux il n’y aurait pas eu de Bathory, ni de Sodom, ni un tas d’autres groupes. Mais je pense que Bathory, Sodom et d’autres ont crée leur propre musique à partir de là, et c’est tout le propos.
-Peter Tagtgren a produit plusieurs fois Dimmu Borgir, et ceux-ci affirment que vous êtes essentiels pour eux. Ils ont même enregistré un de vos morceaux sur un tribute album: que penses tu de leur musique et de leur style?
M: J’aime bien. Je ne dis pas que ce sont mes préférés, mais j’aime beaucoup leur musique, j’aime vraiment leur dernier disque et la vidéo qui l’accompagne, et je pense qu’ils ont atteint un nouveau palier de théâtralité, mais je pense qu’il y a parfois trop de choses dans un même morceau : on a essayé d’aller, avec cet album, dans la direction exactement opposée, en dépouillant au maximum les morceaux, pour atteindre un certain minimalisme. Pourquoi trois notes dans un même riff, quand on peut n’en placer qu’une ? Pourquoi trois riffs, alors que tu peux n’en utiliser qu’un ? Pourquoi se servir d’une section entière de cuivres alors qu’un seul violon t’apporterait l’atmosphère désirée, quand tu veux obtenir ce genre de choses ? Il y a aujourd’hui un tas de grands groupes, avec un propos et des styles différents, ce qui serait une autre réponse à la question de pourquoi Peter Tagtgren a produit tant de grands disques, que j’ai beaucoup écouté, et qui sont la raison principale pour laquelle nous lui avons dit oui, comme le ‘Sons of Northern Darkness’ d’Immortal, un disque majeur de black et de metal tout court, plein de morceaux épiques ressemblant à un Judas Priest qui aurait tourné véritablement diabolique et se retrouvant dans un monde infernal. C’est un disque unique en son genre, avec une atmosphère très sombre et un même temps un néant épique, Gargantuesque, un genre de pays du néant qu’ils auraient crée. Un grand disque d’Immortal, que ce ‘Sons of Northern Darkness’.
-Avec le recul, Celtic Frost regrette-t-il d’avoir sorti un album comme‘Cold Lake’, qui a totalement changé le fond et la forme de Celtic Frost?
M: Avec le recul, il n’y pas d’étape normale, parce que ce groupe n’est pas vraiment normal dans sa façon d’évoluer, je dirais. Je peux comprendre pourquoi Tom a fait ça, parce que je sais d’où ça vient, c’était l’état de Celtic Frost partant en morceaux après ‘Into the Pandemonium’ : musicalement déjà, tu peux sentir que tout se défaisait sur cet album. On était très proches de la folie et on se perdait dans les expérimentations pour ce disque, et tu retrouves vraiment ces éléments qui furent ensuite dans ‘Cold Lake’, un morceau comme ‘Iron Death’ est du metal mélodique, avec ce refrain un peu ‘neuneu’. Mais, à nouveau, je sais d’où ça vient. Je pense qu’il a été surproduit et qu’on n’y a pas assez accordé d’attention. C’était un suicide commercial à l’époque : tout le monde a dit que le groupe s’était vendu, mais c’était exactement le contraire, c’était un vrai suicide commercial ! Comment veux tu choquer, comment t’éloigner le plus possible de gens de la scène black et de la scène death? En créant un album comme ‘Cold Lake’!!!
-Avez vous l’intention de tourner une vidéo pour cet album, et peut être un DVD ensuite?
M: Oui, on a prévu une vidéo, et bien sûr, on sera impliqués dans la réalisation d’un DVD, comme beaucoup de gens nous le demande. Mais on va prendre notre temps, comme pour l’album. Le vidéo clip va se tourner dans les deux mois qui viennent, parce qu’on en a aussi besoin pour promouvoir l’album. Mais on veut trouver la bonne personne pour le réaliser, et on compulse donc traitements, listes et catalogues de réalisateurs et de boîtes de production. Ce DVD serait le premier pour Celtic Frost, et on veut vraiment prendre notre temps, pas comme s’il s’agissait juste d’enregistrer un ou deux concerts et les coller sur un support. On pense à comment cela pourrait être fait et comment on pourrait traiter l’histoire de Celtic Frost sur notre premier DVD que nous voudrions sortir. Je ne sais donc pas quand cela arrivera pour l’instant.
-Comment vois tu le futur pour Celtic Frost? Je suppose qu’après ça, vous allez continuer?
M: Oui! Et c’est pourquoi nous avons pris notre temps, pourquoi on a bossé si longtemps dessus, et pourquoi on va prendre la route pour le jouer sur scène: nous avons 55 dates confirmées pour les USA jusqu’ici, et une tournée européenne est pratiquement mise au point. Après, si tout marche bien, si on s’entend toujours vraiment bien entre nous, si cette unité que nous avons tenté de créer durant ces quatre ou cinq dernières années est assez forte pour survivre à une tournée et tout le reste, et si cette alchimie entre Tom et moi ne finit pas en explosion, je pense qu’alors il y aura un autre album, qui arrivera bien plus vite et se fera plus facilement qu’auparavant, parce que nous avons formé ce groupe, on sait ce qu’on fait et on possède une base solide de travail en tant qu’artistes, et j’espère donc sincèrement, vraiment, qu’on pourra faire un autre disque ensemble.
-Tom a déclaré que ‘Necronomicon’ serait le titre de l’ultime album de Celtic Frost : quand est survenu ce choix?
M: C’était après ‘Morbid Tales’, ‘To Mega Therion’ et ‘Into the Pandemonium’, ç’aurait été notre quatrième album et le dernier du groupe, ce qui n’est pas arrive. Au contraire, nous voici à nouveau, et quelqu’un devra nous forcer d’enregistrer ‘Necronomicon’ pour nous faire taire et qu’on soit incapables de jamais revenir!!!
(Après son concert au Hell fest en juin prochain, Celtic Frost reviendra en Europe entre janvier et mars 2OO7 pour une série de concerts en tête d’affiche. Infos : www.celticfrost.com)
Propos recueillis au téléphone le 2O avril 2OO6.
Trad : JP et Marie Lecocq
Photo: Jozo Palkovits
Merci à Valérie Reux pour son efficacité et sa gentillesse.
Merci à Celtic Frost de s’être rappelé enfin du chemin de la maison !!!


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