Christmas Chimaira


En juin dernier, Mark et Rob venaient à Paris pour la promo du nouvel album de Chimaira, intitulé sobrement ‘Chimaira’. Depuis, du son a coulé des amplis, et le groupe est enfin là, sur scène, pour défendre de son mieux un album qui par ailleurs parle tout à fait de lui-même. Tournées intensives, side projects multiples et variés, dont la participation au ‘All-star sessions’ de Roadrunner, la traditionnelle Ozzfest et une bordée de dates Européennes et Américaines sont au programme d’une chimère décidément infatigable. Mark Hunter revient sur tout cela avec sa gentillesse habituelle. Pour l’heure, le monstre est en repos. Mais il ne dort que d’un œil…





-Dis moi deux mots de ces fameuses ‘All-Star sessions’, et ce morceau enregistré avec Dino, ‘The Enemy’…

-Mark : En fait, j’ai su par notre manager que Dino voulait que je sois sur un morceau avec lui sur ce nouveau projet, devant arriver dans le courant de l’année. Ca me plaisait beaucoup de jouer un morceau avec Dino. Ensuite, il m’a appelé pour me dire qu’il voulait former une troupe avec Andreas de Sepultura, Paul de Slipknot et Roy de Soulfly, pour ‘The enemy’, et ça devrait être sévère ! Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème, qu’il m’envoie le morceau, je le ferai. Il me l’a envoyé deux jours plus tard, et j’étais très excité parce qu’au départ, je pensais que cela allait sonner comme du Fear Factory, mais non, et j’ai donc dû repenser le morceau. Ensuite, deux jours plus tard, j’ai reçu un appel de Rob Flynn, qui me dit qu’il voulait que je chante sur son morceau. Je lui ai dit que je ne pouvais pas, qu’on avait droit qu’à un seul chant. Ca m’ennuie beaucoup parce que Ron est aussi un super pote, mais Dino m’a demandé en premier, et je suis donc bien sûr resté avec lui. J’ai passé quelques heures à bosser dessus, dans un hôtel, la veille du jour où on était supposé l’enregistrer. J’ai pratiquement attendu la dernière minute, la pression était donc à son comble. Mais, le lendemain, je suis allé en Floride avec Jason Sucoff, on a bossé ensemble sur le DVD, et il est drôle : j’enregistrais une prise, et il arrivait par exemple en me demandant quelque chose de ridicule comme : ‘Combien de gens dans le monde aujourd’hui écoutent encore Cannibal Corpse ? Peut être seulement cinq !’ Je ne pouvais même pas me concentrer ! C’était une session d’enregistrement très intéressante, pour dire le moins, et j’ai été très heureux quand les parties vocales ont été mises en boîte, parce que c’est l’une des choses les plus brutales que je n’ai jamais faites, et Dino voulant que ce morceau soit le plus fort de l’album, il valait mieux s’en assurer ! Je pense que j’ai perdu, Glen Benton a gagné, parce que personne n’est aussi heavy que Glen Benton, (chanteur de Deicide) mais je pense être le second sur le coup ! C’était très cool !

-J’ai lu qu’il allait se produite un concert spécial à New York, le 25 décembre prochain : Y-a-t-il une chance de voir ça en Europe ?

-Mark : Non, c’est un évènement unique, un seul soir, et je ne serai même pas là, parce que je serai encore ici, et ce parce que je pense que c’est plus excitant d’être en Europe. On n’y vient pas très souvent, mais c’est toujours avec Roadrunner !

-A propos de l’Europe, tu était récemment en tournée en Angleterre, avec ce nouvel album : comment étais ce

-Mark : Sans aucun problème ! J’étais inquiet au début par le fait de jouer ces morceaux parce que certains sont plus longs et je me demandais comment ils allaient s’intégrer dans la set list, mais parfois ils ont l’air plus courts que les anciens, ce qui est très bizarre : l’énergie est toujours là, je pense, sinon davantage, et ces morceaux fonctionnent vraiment très bien. Les concerts en Angleterre étaient grandioses, la plupart étaient complets, et on a même donné notre second meilleur show de tous temps à Londres, et c’est très rare que je dise ça, parce que je trouve qu’à chaque show quelque chose cloche : hier était vraiment un échauffement pour vous, les gars !

-Je suppose qu’à présent KevinTalley est totalement intégré au groupe : avec lui, venant de la scène death metal, quel changement principal vois tu sur scène ?

Mark : Crois le ou pas, je pense que c’est un changement positif : il insiste vraiment sur le fait de jouer les morceaux à leur propre tempo, ce qui est très différent pour nous car, dès le début, notre précédent batteur ne jouait pas aussi vite. On devait donc ralentir avant tout, et on pensait que ce n’était pas la bonne méthode, mais on s’y était habitués et, quand on regarde les vidéos ou les shows que l’on filme maintenant, tout sonne bien, en place, propre. Kevin

est également excellent sur scène, jusqu’au niveau de l’attitude, ce qui est génial…même si je le hais les vingt trois autres heures de la journée ! (C’est une blague, of course !)

-Juste avant, tu as tourné aux States avec Danzig, pour le ‘Blackest of the black tour’…

-Mark : Je n’étais pas un immense fan, mais assez cependant pour connaître les morceaux. C’était une tournée plutôt chiante. D’habitude, on traîne toujours avec les autres groupes, mais les gars de Danzing devaient se sentir trop vieux, ils se ne sentaient pas trop pour aller traîner, et, de plus, chaque groupe avait son van et devaient quitter les lieux du concert sitôt qu’ils avaient joué, ce qui était super casse couilles. Normalement, on ne fait jamais la même chose chaque soir, mais là on était coincés dans notre tour bus chaque nuit, seuls, et on s’emmerdait vraiment, on se mettait à boire, c’est devenu un festival de lever de coudes. Je ne me rappelle pas tout, et d’ordinaire je ne bois même pas comme ça, mais je me faisais tellement chier que j’y suis venu !

-Ton nouvel lp, ‘Chimaira’, est ressorti avec un bonus CD, comprenant des morceaux live et deux reprises : peux tu nous en dire deux mots ?

-Mark : Les reprises sont là parce qu’on ne voulait juste avoir un amas de morceaux : nous avons travaillé du sur chacun et, au bout du compte, Roadrunner nous a dit qu’ils en voulaient davantage, pour des jeux vidéo ou autres. Ce devait donc être des reprises parce qu’on n’avait pas le temps d’écrire quelque chose de nouveau. J’ai repensé au groupe précédent de Matt DeVries, ‘Ascension’, qui avait de bons morceaux, que j’appréciais, et j’ai demandé si l’on pouvait en réenregistrer quelques uns, parce qu’ils sonnaient très bien. On a donc décidé de faire ça à la dernière minute, j’ai appris les morceaux en une journée et je n’ai rien enregistré d’autre. Je ne sais pas si les fans apprécieront ces morceaux, mais je m’en fiche parce qu’ils n’étaient pas destinés à être écoutés de toute façon. C’était très sympa de faire ça et j’espère que les gens aimeront. Mais, sinon, je m’en fous !

-A côté de Chimaira, l’année qui se termine a été très occupée pour toi, a commencé par cet enregistrement avec Years of Fire…

-Mark : Tout le monde est au courant de tout, par ici ! C’est un nouveau groupe de Cleveland. Le guitariste, Jason Hagar, a commencé avec nous, et il est parti pour élever son fils. Celui-ci est assez grand maintenant, et il a donc pu recommencer à faire de la musique. Il est venu nous voir, sachant qu’on était à la maison pour une semaine ou deux, et m’a demandé de venir enregistrer pour lui quelques parties vocales. J’ai dit oui, suis allé là bas et chanté ce morceau. C’était cool de traîner de nouveau avec eux, et ce groupe va tourner avec nous pour ces quelques dates en fin d’année. Un bon groupe, très heavy.



-Et ensuite, quelques chose avec Stemm, pour leur e-card (’13 years’…)

-Mark : Oui, les membres de ce groupe sont aussi de bons amis, et leur chanteur, PJ, a été un de nos roadies, avant de démarrer son propre groupe. On est resté très potes et c’était fun parce que tout le groupe est vraiment fan de Chimaira et surtout de moi-même, ce qui fut parfois un peu angoissant parce que l’un des gars a failli pleurer en studio lorsque je chantais ! C’était plutôt zarbi, je n’ai pas l’habitude de ce genre de truc. Je pensais que ce serait plutôt une affaire de traîner ensemble et de taper le bœuf, mais ça s’est révélé très…émotionnel !

-As-tu d’autres projets au point de vue des participations ?

-Mark : Non, rien à part le fait que Chris et moi voudrions fonder un groupe à la Rammstein, mais je suis sûr que ce serait très mauvais ! On va essayer. Je ne vais pas chanter en allemand. Plutôt en français. Mais il faut que je l’apprenne d’abord !


-J’ai vu, sur le site de Chimaira, que tu as composé un morceau pour un jeu vidéo ?

-Mark : Celui dans lequel j’apparais ? Oui, ça s’appelle ‘Infected’, c’est un jeu au cours duquel on tue des zombies à New York. La compagnie voulait le morceau ‘Powertrip’ pour ce jeu, et nous avons donné notre accord. On a rencontré le gars qui avait conçu ce jeu, on a bu quelques verres et la dernière chose qu’il a faite fut de me demander si je voulais être dans le jeu, en faire partie. Etre celui qui tue les zombies ? Ok ! J’ai donc pris une photo de moi-même et la lui ai envoyée. J’ai pensé qu’il était bourré sur le moment, qu’il ne se rappellerait plus de moi et que je ne serai jamais dans le jeu mais, dans l’avion qui nous a amené ici, Chris m’a montré que j’y étais bel et bien : je me suis vu tuer des zombies avec deux flingues ! C’est la première fois que je suis dans un jeu vidéo, et j’ai plutôt l’air d’un mongolo, mais je pense que ça me…ressemble quand même !!!

-Es tu toi-même un grand fan de jeux vidéos ?

-Mark : Oh oui, mais je ne peux pas y jouer autant que je voudrais ! J’adore les jeux basés sur des films, comme ‘Matrix’, ‘Terminator’, ‘Star Wars’. Mon film favori de tous temps est ‘Haute tension’, un film français totalement époustouflant (D’alexandre Aja avec le grand Philippe Nahon, note du traducteur). Je l’ai avec moi en ce moment sur la tournée. La vidéo de ‘Nothing Remains’ est très influencée par ce film que j’aime par-dessus tout.

-Comment se passera ton Noël, ces deux concerts exceptés ? Es tu un ‘Christmas guy’, avec des réjouissances familiales ? Quel est ton film de Noël favori ?

-Mark : Oui, ‘National Lampoon X-mas vacation’ : Mais, quand je viens en Europe, je regarde ‘European vacation’, c’est la même chose pour Vegas et quand je tourne aux States je regarde le ‘normal’ : c’est si…vrai ! Nous allons donner deux concerts locaux pour Noël, et ensuite on se fera un break, je passerai du temps avec ma famille, avant de retourner au boulot. En fait, on a rien du tout en janvier et février. On a besoin de ça, en fait : On a tourné si longtemps cette année, avec seulement trois semaines de pause : mais ce n’est pas assez, c’est un temps qu’on passe juste à dormir ! Avant, quand on tournait et qu’on avait une pause pour rentrer chez nous, au bout d’une semaine, je ressentais ce besoin de repartir en tournée. Maintenant, quand on repart sur la route, je suis très excité mais, la semaine suivante, j’ai besoin de rentrer ! On fait ça depuis sept ans maintenant, et parfois j’en ai assez, quand on est toujours sur la route, sauf quand on alterne tournée/pause/tournée/pause, c’est plus facile, et c’est ce qu’on fait à présent.



-Cela a-t-il a voir avec la taille grandissante des salles où vous jouez ?

-Mark : Non, j’aime beaucoup jouer dans des grandes salles, la pression y est moindre pour moi, mais le problème est au niveau des 2O autres heures du jour, je m’emmerde. Aujourd’hui, c’est bien parce que la pression est moindre, et la journée se déroule pas mal. Demain, nous allons à Eurodisney, on a un day-off.

-As-tu déjà écrit de nouveaux morceaux ?

-Mark : On a travaillé sur de nouveaux trucs, et on va passer un certain temps, en janvier et février, à bosser sur du nouveau matériel. Entre aout et septembre, on verra bien ce qui va se passer, mais on aimerait bien entrer en studio. Mais, avant ça, on sera de retour en Europe pour quelques festivals.

Propos recueillis à Paris, le 6 décembre 2OO5.

Merci à Karine et Emilie, de Roadrunner France.



LIVE REPORT : Trabendo , 6 décembre 2OO5.

Encore tout chaud de sa très récente tournée Anglaise en headliner finissant la veille, Chimaira, l’un des nouveaux poids lourds du metal ricain est à Paris, au Trabendo, pour délivrer en live toute la fureur et l’énergie que ‘Chimaira’, l’album, avait déjà communiqué à nos platines. Combattant le froid piquant de décembre, le gang de Mark Hunter, auquel nouveau batteur Kevin Talley, ex-Dying Fetus, s’est totalement intégré, offre ce soir un show tout en puissance, un genre de rouleau compresseur entamé avec ‘Nothing Remains’ et leur faisant pressentir un avenir des plus brillants. Véritable best of de leurs trois albums, le concert, largement axé sur leur nouvel LP est, après un Hatesphère fort sympathique et un Dark Tranquility au son catastrophique, n’en déplaise à leur grand talent musical, un grand moment de metal lourd, traversé de jouissives interventions de guitares et soutenu par une rythmique implacable, sur laquelle s’envole la voix puissante de Mark Hunter. Un léger problème de son entame le troisième morceau, réduisant la puissance sonore à un pet de souris, mais bien vite, tout rentre dans l’ordre et la charge repart de plus belle, mettant l’assistance K.O par successions de coups portés en pleine cafetière. No bullshit. No prisoners…





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