-Il y a quelques temps est sorti votre second album, ‘The impossibility of reason’ : qu’est ce qui se cache derrière ce titre ?
-Mark : En fait, je regardais le film’Platoon’, et il y a une scène où Charlie Sheen est au Vietnam et il écrit une lettre à sa grand mère au pays, disant : ‘Quelqu’un a un jour écrit que l’Enfer était l’impossibilité de la raison, et c’est ça que cet endroit à l’air’. Pour quelque raison, alors que je regardais le film, la phrase avec l’impossibilité de la raison restait gravée dans ma tête, je la trouvais très intéressante, cette idée de ce gars qui se trouve dans le pire endroit au monde où il puisse être, et pourtant il le rend meilleur pour lui en se rappelant des choses comme sa maison et en prenant le temps de se faire sortir comme il peut d’une terrible situation. J’ai senti que le contenu de mes textes devait ressembler à ça : si les choses vont mal parce qu’un tas de choses déconnent dans la vie, dans le monde ou dans quoique ce soit, et au lieu de rester sur son cul et de se plaindre, faisons quelque chose de positif. C’est de là que vient le titre.
-Je suppose que vous étiez davantage confiants pour cet album, après deux ans de tournée et le succès du premier?
-Mark : Oui, absolument : lorsque nous avons enregistré ce premier disque, nous venions juste de signer et ils ont dit qu’is allaient faire notre disque en une semaine ! Nous n’avions que quelques morceaux de prêts, nous avons tout bricolé, nous sommes allés très vite et, comme nous n’étions pas très organisés, les choses ne se sont pas passées comme nous l’aurions voulu, mais cette fois çi nous avons pris tout le temps que nous avons voulu, nous avons du tout faire par nous mêmes et ce fut bien mieux pour nous de faire comme ça.
-Quelles sont à tes yeux les principales différences avec ‘ass out of existence’ ?
-Mark : Eh bien, comme je le disais, c’est surtout le fait que nous avons pu avoir le temps d’écrire ce que nous voulions écrire sans avoir à nous presser pour pondre quelque chose : on prend son temps et tout sera mieux. Nous avions une vision, deux mois déjà avant que notre premier album ne sorte, et nous avons commençé à écrire celui çi parce que nous savions que ça serait encore mieux. Nous avions une vision, des idées, tout s’est donc assemblé.
-Pour ce disque, vous avez choisi Ben Schiegel (Switched singer, too) comme producteur : étais ce dans le but avoué d’obtenir un son plus dur et plus brut ?
-Mark : Oui : Ben a enregistré les différents membres de Chimaira alors même qu’ils étaient dans d’autres groupes, et donc il nous connait tous très bien, il sait le son qu’on veut, la vibration qu’on recherche, et quand on a démarré ce groupe, il a enregistré nos démos pour Roadrunner. Cette fois, avons nous mêmes produit nos démos pour l’album et ils se sont demandé pourquoi il ne faisait pas l’album, parce que c’était pour eux notre son idéal, ce avec quoi nous étions totalement d’accord. C’est la personne qui peut rendre notre son aussi honnête que l’on a besoin de l’avoir.
-Donc, vous allez retravailler avec lui?
-Mark : Oui, absolument. Je ne peux pas dire aujourd’hui comment tout va se dérouler, et je pense que je veux bosser d’un bout à l’autre avec Colin Richardson, mais je pense aussi que quelque chose que nous ferons avant d’entrer en studio sera de lui soumettre nos compositions pour qu’il nous dise ce qu’il en pense, parce qu’il a un énorme impact sur nos morceaux.
-Slayer eut une grande influence sur vous?
-Mark : Je suis un fan de Slayer depuis que j’ai huit ans, j’en ai vingt six à présent, ce qui fait un bail ! On a tourné avec eux, et le simple fait de les regarder jouer tous les soirs, ce ne fut pas simplement leurs morceaux qui nous ont influençé, c’était leur musicalité, leur grand professionalisme, la façon dont ils nous ont traités en tant que groupe de première partie : comme si on était des vedettes, ce qui est plutôt rare, et maintenant nous sommes bons amis, c’est super chouette. On voudrait bien tourner encore ensemble, and si possible à l’étranger au lieu des Etats Unis. C’est vraiment trop tôt pour en parler car on est totalement en discordance, au point de vue de l’emploi du temps, en ce moment !
-Je suppose que tu es heureux d’assister à la fin du Nu metal ?
-Mark : Je n’avais pas vraiment compris ce qu’était le nu metal avant que l’on soit collé dans cette catégorie aux States, et alors j’ai eu envie de leur dire : ‘Qu’avons nous en commun avec Papa Roach, Linkin Park, Disturbed, Smack ou Static X, on n'a rien à faire avec ces groupes !’C’est très frustrant pour nous, et, lorsque nous avons fait cet album, nous voulions être surs que personne ne pourrait nous catégoriser comme ça à nouveau!
-Pour la pochette de ce disque, vous avez choisi un motif très clair pour contraster avec la noirceur de la musique : que représente-t-il?
-Mark : En fait, c’est un logo que nous avons crée nous mêmes. L’idée d’origine et le concept viennent de l’époque médiévale, le Chaos. Lorsque nous avons démarré Chimaira, nous étions très différents en temps que musiciens, ce qui revenait un peu à bosser dans le chaos. Nous avons pris ce vieux logo médieval pour nous mêmes pour que nos fans le reconnaissent tout de suite, qu’ils trouvent immédiatement notre nouveau disque à sa simple vue mais aussi pour ceux qui pourraient devenir de nouveaux fans, s’ils vont dans un magasin de disques, je peux garantir que cette pochette va attirer beaucoup de monde, les rendant curieux et voulant savoir ce que c’est. Il ya plein de raisons pour ce choix.
-Sepultura s’en est servi il y a assez longtemps...
-Mark : Oui, pour Chaos A.D, mais le nôtre est assez different.
-J’ai lu que vos textes ont été influençé également par le cinéma, surtout Kubrick et Clive Barker ?
-Mark : En quelque sorte, et plutôt Stanley Kubrick, pour ‘Shining’ : les images sonores dans la pièce dorée : je ne regardais pas le film, mais j’avais un stylo et du papier devant moi pendant que j’écoutais et enregistrais mes propres visions. Bien que j’ai vu le film un million de fois et sache ce qui se passait, j’essayais de me mettre dans un état d’esprit différent, mais ne pas regarder mais juste entendre et écrire quelque chose basé là dessus, c’est très fun !
-Je suppose donc que tu aimerais beaucoup composer une musique de film ?
-Mark : Oui, j’ai toujours composé de la musique par moi même, et en studio j’ai joué du noisy, du hardcore, tout seul, en jouant de tous les instruments. J’ai rencontré de ma ville, Cleveland, qui est en train de réunir l’argent pour tourner un film d’horreur et qui m’a demandé d’en faire la musique. Alors, si tout se goupille bien, je le ferai, et je crois que ce serait vraiment quelque chose. Mais je n’ai pas le temps, en ce moment, d’offrir mes services et écrire quelque chose, je suis concentré sur le groupe et je ne pense pas que je serai le faire avant deux ans peut être, ce qui n’est pas vraiment demain!
-Davantage un score ou des morceaux ?
-Mark : J’aimerais inclure un morceau du groupe auquel j’appartiens, mais aussi du score instrumental.
-A propos de films, vous avez rencontré James Gandolfini, de la série ‘Sopranos’, sur le tournage de votre dernière vidéo, quand tout a brûlé ?
-Mark :Oui, c’était en mars de cette année, on tournait une vidéo pour ‘Down again’ et, si tu l’as déjà vue, c’est comme une tombe faite de gaze, comme des bandages enroulés, et la lumière a fait exploser un des appareils d’éclairage, une étincelle a touché la gaze et tout s’est mis à flamber! L’endroit où nous tournions était un vrai plateau de cinéma, avec pleins de studios autour, et James Gandolfini bossait sur un film juste à côté, un truc avec ben Affleck qui a quelque chose à voir avec Noël. Et donc il est sorti, toutes les voitures de pompiers étaient là et il a dit : « Je savais que j’avais chié un bon coup, mais je ne pensais pas en avoir fait autant ! » Il est cool et sympa, on a pris des photos de lui, il nous a laissé faire et on était vraiment contents !
-Si Chimaira était un film?
-Mark : ‘Freddy versus Jason’, qu’on a déjà fait : j’ai attendu ce film pendant dix ans, alors, quand j’ai su qu’ils finissaient par le faire, j’ai dit que nous devions être sur la bande originale. Et les deux advinrent ! C’est très cool, et je pense que quoique ce soit ayant trait aux films d’horreur, je voudrais en faire partie, parce que notre musique n’est pas faite pour coller à American Pie ou ce genre de merdes. Avec les films d’horreur, on peut toujours vraiment s’évader.
-Peux tu citer quatre disques qui ont changé ta vie ?
-Mark : ‘Dirt’ d’Alice in chains, ‘Reign in blood’ de Slayer, ’ Kill them all’ de Metallica et, c’est un spécial, Portishead ‘Live in New York City’ !
-Et un album auquel tu aurais rêvé de participer?
-Mark : ‘Alice in chains’ d’Alice In Chains, le dernier qu’ils aient sorti.
-Que penses tu d’Internet en temps que média et parle moi du site Web du groupe ?
-Mark : L’ Internet représente le pourquoi du fait que je sois assis là aujourd’hui avec toi, parce que lorsque nous avons débuté, il y avait cette histoire avec Napster qui subissait un tas de pressions et était en voie de démantelement aux States : on se demandait pourquoi tous les musiciens se liguaient contre Napster et pourquoi on ne bâtissait pas sa propre carrière grâce à ça, en s’en servant, et alors on a envoyé des tas d’E-mails aux gens leur demandant de télécharger notre music en allant voir sur Napster, et les kids ont pensé que c’était vraiment cool de voir que quelques groupes leur disent qu’ils pouvaient les télécharger. Je ne connais personne qui ne soit pas en ligne, aujourd’hui : c’est si important, plus même que les magazines ; ça nous a aidé à être signés, et donc c’est très important. On veut s’assurer que les gens influents du Net sachent toujours ce que l’on fait, et donc on envoie d’énormes listes de contacts, de gens qui parlent des nouveaux groupes : on envoie tout.
-Ce qui est super, c’est de recevoir Internet partout dans le monde, alors que parfois les magazines sont durs à trouver, même dans leur pays d’origine!
-Mark : Oh oui ! J’essaie toujours de trouver les mags dans lesquels on est ! Quand on n'est pas en tournée, je suis parfois en ligne jusqu’à douze heures par jour !
Propos recueillis le 13 octobre 2003 à Paris
Merci à Karine, Anne Claire et Alex !
Visitez le site officiel de Chimaira : www.chimaira.com
|