The game of death : Boulevard de la mort


De Quentin Tarantino, avec Kurt Russell, Zoe Bell, Sydney Poitier, Rose Mc Gowan, Rosario Dawson, Eli Roth…



Les grindhouse étaient des cinémas des grandes villes des provinces américaines, comme Detroit ou Chicago, proposant dans les années soixante et soixante dix des double programmes de films d’action, séries B et Z, cinéma d’exploitation alliant castagne, poursuites, soft sex avec gros bras et poupées en pleine possessions de leurs moyens et musique allant des rythmes latinos au jazz, au rock sixties garage et psychédélique en vogue. A propos de garage, on entre à pleins pots dans le vif du sujet avec ce ‘Boulevard de la mort’, glissant d’essence, de gnôle et d’hémoglobine, dernière pelloche en date du génial metteur en scène des ‘Kill Bill’, de ‘Pulp Fiction’ et de ‘Reservoir Dogs’. Première partie du dyptique par ailleurs partagé avec le ‘Planet of terror’ de Robert Rodriguez, celui-ci propose une action, elle-même en deux parties bien distinctes, mettant en scène Stuntman Mike, le cascadeur, superbement interprété par Kurt Russell, coursant à l’aide de son engin de mort, une Cherry Nova 71, les donzelles éméchées et motorisées, à dominance black mes si les blondes ont plus de fun, et qui auront eu le malheur de croiser sa route, la nuit, à Austin. Se retrouvant à l’hôpital, il réitère ses exploits l’année suivante dans le Tennessee et suivra jusqu’au bout son destin, son, motorpsycho nightmare à lui, quand il trouvera une cascadeuse (Zoe Bell, doublure d’Uma Thurman dans les ‘Kill Bill’ et parfaite incarnation de la fille forte et sexy Tarentinoise) sur son parcours tourmenté. Loser et dinosaure d’une époque où il cascadait en série, Mike trouve donc désormais sa raison de vivre, tuant, au volant de son terrible engin de travail, désormais au rencart, ce qui était déjà le cas dans cet autre opus monstrueux des seventies, ‘Texas Chainsaw Massacre’. De nombreuses références émaillent le film, de ‘Vanishing Point’ de Richard Sarafian au ‘Faster Pussycat, Kill kill’ de Russ Meyer. Mélange terrifiant de slasher et de pop culture, avec des guests réjouissants comme Eli Roth ou Tarentino lui-même, néo western où la bagnole a remplacé le cheval mais où les coups de pétard sont toujours bien présents, ce ‘Boulevard de la Mort’ décidément bien rock’n’roll et jouissif possède cependant le talon d’Achille de plusieurs films de Tarentino, accentué ici en raison de sa durée relativement courte, 1 h 3O, mais version longue par rapport aux Etats-Unis, à savoir les scènes, nombreuses, de parlotes entre les demoiselles par ailleurs plus que portées sur le gros mot, qui plombent véritablement l’action. Pour le reste, tout y est, du gros grain aux fausses rayures de l’image, de l’ambiance poisseuse aux shorts moulants et aux tenues sexy, du bruit étourdissant de la course poursuite folle, totalement organique, en référence à ‘Bullitt’ et aux films de Peckinpah et de Don Siegel, sans un poil de virtuel. Serial killing ayant fait un four aux Etats-Unis, ce qui n’est pas un mince compliment au pays de Friends, Tom Hanks et Michael Bay, n’est hélas pas accompagné de ses démentes bandes annonces. On attend vraiment le gros DVD avec chips, pétards, cocktails et nanas tout partout autour de soi, en bikini ou sans. Une sacrée soirée. Crash by night.


Jean Paul Coillard





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