-Depuis notre dernière rencontre, en 2002, beaucoup de choses sont arrivées à Drowning Pool, mais je pense que le principale fut le décès de Dave Williams, il y a deux ans ?
-Oui, bien sûr : sitôt après que cela se soit passé, on est retournés à Dallas, on a loué quelque chose tous les trois et on s’y est pratiquement enfermés pendant des mois, on a rien fait pendant pas mal de temps, sans voir grand monde ni parler à beaucoup. Ensuite, probablement après cinq ou six mois, on a recommencé à faire des choses, à répéter et à écrire de nouveaux morceaux, et c’était très thérapeutique de faire ça ensemble, mais, après que trois nous soyons remis ensemble, ça nous a pris longtemps pour amener des chanteurs a auditionner. C’est pour ça que tout a pris tellement de temps : deux ans avant que l’on puisse se retrouver tous à pouvoir faire des choses ensemble. D’abord, on a donc amené là bas des gens pour passer des auditions, mais tous ces pauvres gars n’avaient pas une chance, parce que nous n’étions pas prêts nous mêmes, et donc ces gars venaient, on jouait avec eux et ça ne pouvait pas marcher. Ca nous a pris longtemps pour être à nouveau nous mêmes et ensemble, malheureusement, mais j’espère que les choses vont s’améliorer pour nous à partir de maintenant.
-A ce moment là, étiez vous décider à continuer Drowning Pool ou a plutôt à vous disperser dans d’autres groupes ?
-Non : d’abord , Dave venait de mourir et nous trois étions les plus proches que l’on peut être, et de ne plus pouvoir jouer avec Dave, la denière chose que je voulais était de ne plus pouvoir le faire avec Mike et VJ non plus, et donc nous avons tous trois décidé de rester ensemble, et nous avons discuté du fait de savoir si nous devions conserver ce nom ou pas. Automatiquement, il tomba sous le sens que si nous changions de nom, cela aurait sonné la fin de tout ce que nous avions fait avec Dave. Nous avons donc décidé de garder ce nom pour l’honorer. Il y a juste deux ans qu’il est mort, et, parce que nous avons gardé ce nom les gens en parlent toujours, nous faisons toujours des interviews où les gens parlent de lui, aussi, pour nous, c’est comme garder son nom vivant. Certains pourraient ne pas être d’accord avec cette façon de faire, mais c’est notre décision, qui n’appartient qu’à nous !
-L’année dernière, vous avez sorti un DVD, ‘Sinema’, avec l’intention de recueillir des fonds pour acheter une nouvelle maison aux parents de Dave : y êtes vous parvenus ?
-Wind Up, notre label aux USA, a donné de l’argent aux parents de Dave pour acheter cette nouvelle maison : je pense, la dernière fois que je leur ai parlé, une semaine avant que nous partions, qu’ils étaient prêts à entamer les travaux. Je ne sais pas combien de temps ça prend pour construire une maison, mais je suis impatient de la voir ! Ils la construisent sur une terre qu’ils possèdent déjà, et donc, avec l’argent qu’ils ont reçu, ils devraient pouvoir se bâtir un vraiment chouette endroit.
-Et ensuite, Jason est arrivé : comment cela s’est il passé ?
-Eh bien, nous avions un tas d’amis en commun qui nous ont dit beaucoup de bien de lui, et ensuite nous avons de lui une cassette, que nous avons beaucoup aimé, et c’est ainsi que nous avons décidé de le faire venir à Dallas pour auditionner, ce qui pour nous voulait dire ceci : il arriva un soir, nous avons fait quelques chansons sur lesquelles nous étions tous d’accord, et ensuite nous l’avons emmené dans un club de strip de Dallas, on l’a vraiment saoulé, il ne savait plus où il était et l’avons fait lever le lendemain, venir et tout rechanter pour être sur qu’il en était capable, et il s’en est vraiment bien sorti, et tout était donc réuni. On lui mène toujours la vie dure : c’est le petit nouveau, et on ne doit pas le ménager, il doit être dur ! Il doit même hair ça !
-A présent sort votre nouvel album, ‘Desensitized’ : quelle en est la principale inspiration, au niveau des textes, de la musique, et la principale différence pour toi d’avec ‘Sinner ?
-Il y a déjà une grosse différence : quand on a fait notre premier disque, on était juste un groupe de bar de Dallas, ne jouant que les week ends, se faisant pratiquement payer en consos. On a fait ce premier disque à L.A, et donc on a passé la moitié de notre temps en studio et l’autre à faire la fête sur le Strip, ca a été dingue. Quand on en est arrivé à faire le second, on avait tourné autour du monde pendant deux ans et un tas de choses nous étaient arrivées, comprenant bien sur la mort de Dave, et donc ce deuxième disque est truffé d’expériences vécues . En plus, on l’a enregistré à Chicago, au milieu de l’hiver, avec moins vingt degrés au dehors, et donc on a passé toute la gestation du
disque en studio, on n’avait le temps de glander comme auparavant. Chaque instant de ce disque a été travaillé et analysé encore et encore, histoire d’être sur que c’était ce qu’on pouvait faire de mieux à ce moment là. On se l’est passé des millions de fois, et le résultat est que c’est le top de ce que nous pouvions faire. Ce que nous avons traversé est ce qui transparait dans cet album, aussi personne ne peut dire que ce CD est mauvais : on ne peut pas vraiment dire ça, à moins qu’on l’ai vécu. C’est ce que j’ai à dire à tous ceux qui voudraient critiquer notre album.
-Comment le choix s’est il porté sur Johnny K pour la prod ?
-Nous avions une liste de quatre ou cinq gars que nous aimions vraiment, et ce fut davantage une question de temps qu’autre chose : de ces quatre ou cinq gars, il était celui qui était disponible tout de suite. Les planètes s’étaient alignées pour que nous allions avec Johnny et j’en suis très heureux. C’était super de bosser avec lui. Il possède un loft et un studio et nous avons tous vécu dedans, lui bossant dix huit heures par jour sur notre disque, et donc nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir bossé avec lui : c’est un type super !
-Comment avez vous choisi la fille de la pochette et que signifie ce titre ?
-Ce titre ,’Desintisized’, traduit exactement ce que nous ressentions à l’époque, totalement étranger à tout ce qui pouvait se passer autour de nous. La fille sur la pochette est celle du clip de ‘Step up’, que nous avons tourné avant de faire une pochette pour le disque. C’est une fille super et on a vraiment eu de chouettes moments en bossant avec elle, elle est tellement belle ! La photo de la pochette ressemblerait à un genre de flashback sur les années 80, si tu te rappelle la pochette du ‘Cherry pie’ de Warrant, mixé avec Motley Crue, c’est le pourquoi des pentagrammes : totale
vibration eighties ! Nous sommes des enfants des années 80, on ne peut pas s’en empêcher !
-En parlant de ça, vous semblez attirés par les musiques de films : d’abord, vous avez enregistré ‘The man that you fear’, avec Rob Zombie, pour la B.O de Daredevil : a-t-il été question à moment donné qu’il devienne chanteur de Drowning Pool ?
-Non, c’était juste pour ce morceau ! J’ai aussi eu vent de cette rumeur, mais Rob a sa propre carrière, pourquoi voudrait il nous rejoindre ? Il nous a juste fait une faveur. Nous étions de toutes façons en train de faire ce morceau avant la mort de Dave, c’était la dernière chose que nous avons faite lorsque dave est mort. Nous voulions garder notre concentration pour cette B.O, juste histoire de faire quelque chose, pour passer le temps, parce que soudainement, on s’est retrouvés sur notre cul à la maison. Ca nous a donné l’opportunité de travailler un peu et d’essayer de prendre du bon temps. Et c’ était fun, c’ était cool, Rob était super.
-Et aujourd’hui, vous avez ce morceau, ‘Step up’, pour le soundtrack du film ‘Punisher’ : d’autres projets doivent ils suivrent ?
-Oui, toujours, c’est la chose à faire : quand tu es dans un groupe, être sur un B.O de film est la meilleure chose qui
puisse t’arriver parce que les producteur des films payent plutôt bien pour les chansons, et faire partie d’un groupe de rock ne signifie pas que tu amasses un maximum d’argent en vendant tes disques malheureusement, on doit vraiment en vendre beaucoup pour en tirer quelque chose, mais ces bandes originales t’assurent un bon chèque au final. Nous devons payer notre management et nos avocats, et du coup, c’est plus que chouette de recevoir une petit chèque venant du cinéma ! Mais aussi , c’est fun à faire, d’essayer de modeler ton morceau pour qu’il s’insère dans le cadre d’un film, c’est une façon différente d’écrire les morceaux, c’est un changement agréable, et puis ça permet de lançer des défis pour aller au mieux. Ecrire une musique de film serait une lourde responsabilité, mais un grand projet ! Mais, dans le futur, ce pourrait être une grande entreprise !
-Peux tu citer quelques disques qui ont changé ta vie ?
-Motley crue, ‘Shout out the devil’ : la première fois que j’ai entendu ce disque, j’avais douze ou treize ans et, à ce moment de ma vie, je n’avais écouté que les Beatles, qui étaient mon groupe favori. De moins point de vue, c’était la seule musique qui se devait d’exister. Lorsque j’ai eu cet âge, un ami m’a offert ‘Shout out the devil’, qui m’a troué au bon moment, et je suis tombé amoureux de Motley Crue. ‘Master of puppets’ de Metallica fut très important pour moi, ainsi que le premier Alice In Chains.
-Qu’as tu découvert récemment ?
-Avant de partir en tournée, j’ai découvert le nouvel album d’In Flames, le plus récent. Et un tout nouveau groupe nommé Shine Down.
-Que penses tu d’Internet ?
-Je m’en sers beaucoup, je dois aller là dessus et vérifier qu’ils ne disent pas de mal de moi ! J’y vais assez souvent, autant que je peux, bien qu’on ait un dial-up service dans le bus. Mais je ne m'y connais pas beaucoup en informatique : je sais taper une adresse d’E-mail, celle d’un site Web, mais c’est le mieux que je puisse faire !
Propos recueillis à Paris, le 31 mai 2004
Merci à Marion, de Sony / Epic
Photos : Dr.
Trad : JPC et Marie Lecocq
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