-Lorsque l’on s’est rencontrés, Burton et toi, « Digimortal » n’était pas encore sorti : quelques mois après, aujourd’hui donc, quel a été l’accueil pour cet album?
-C : très bon, en fait nous n’avons jamais entendu de critique négative, les concerts ont été super et l’on a fait quelques bons festivals cet été, tout ça démarre très bien. Pour « Obsolete », on a du tourner deux fois plus longtemps. En 10 mois, nous avons vendu davantage de « Digimortal » que d’ »Obsolete » et de plus, on ne se voit pas refaire toutes ces tournées dans ce but : on préfère se concentrer sur le prochain album.
-Avec le recul, qu’y changerais tu si tu pouvais ?
-C : Rien du tout, parce que c’était comme ça à ce moment là, et, si je voulais changer quelque chose maintenant, ce serait comme essayer de modifier le passé...
-Depuis un ou deux ans, on assiste à un large développement du format DVD ; en fait, le votre sort en décembre : peux tu nous en parler un peu?
-C : Ce sera un survol des onze années de Fear Factory, avec des vidéos, des images backstage, tout un tas de trucs. On ne voulait pas laisser un trop grand espace vide entre maintenant et le prochain album : quand on ne tourne pas, les gens, parfois, ont un peu tendance à vous oublier !
-Et qu’en est il de cette idée de film ?
-C : Le script est pratiquement écrit et terminé. On a juste besoin de quelqu’un qui mettra en images la saga de Fear Factory. Ce qui est sur, c’est que ça sortira en DVD.
-Le DVD et le multimédia en général représentent ils le futur pour les artistes ?
-C : C’est déjà le futur, tous ces nouvelles technologies : formats audio, MP3, musique sur Internet, tout a changé de manière si drastique que tu te dois de t’en servir à ton avantage. Tu es obligé d’apprivoiser celle nouvelle technologie, sinon tu vas droit dans le mur !
-Depuis quelques années, les labels semblent avoir changé d’avis à propos des clips : ils ne semblent plus penser que c’est de l’argent foutu en l’air pour MTV mais bel et bien un outil de promotion important...
-C : IL est très important de toujours sortir des vidéos et des singles ,mais il existe beaucoup d’autres façons pour les gens de connaître ta musique, comme le Net, par exemple. Auparavant, on devait envoyer des cassettes, maintenant, on se sert MP3. C’est vraiment plus simple.
-Et toi même, es tu un internaute acharné ?
-C : Tout à fait : on se doit de se tenir au courant.
-Le site du groupe est donc important pour Fear Factory?
-C : Oui, certainement, parce que les gens y trouvent ce qu’ils veulent savoir sur le groupe et son actualité : c’est un outil indispensable.
-Tu participe à un side project, Kush, avec des membres de Cypress Hill ?
-C : En fait, il s’agit de moi même avec Stephen Carpenter des Deftones à la guitare, Raymond Herrera à la batterie et B.Real pour les parties vocales. On a fini l’enregistrement et ça sortira l’année prochaine.
-Vous prévoyez une tournée dans la foulée ? ?
-C : Peut être, je n’en sais rien, on ne sait jamais : si l’album se vend bien, alors on partira en tournée!
-En ce moment, vous tournez avec Godflesh, et ils doivent faire un morceau avec vous sur scène ; vous avez dit qu’ils représentaient une grosse influence pour FF. Peux tu nous en parler ?
-C : On n’a pas encore joué ce morceau, parce que tout le monde est malade, aussi on en a plus parlé, mais les discussions portaient sur « Dark day sunrise », alors on verra. C’est surtout une grosse influence pour Burton.
-Et aucun projet d’enregistrement en vue?
-C : On ne sait jamais ! Ca discute sec, à l’arrière du tour bus !
-Le concept derrière « Digimortal » n’était plus l’homme contre la machine mais avec elle...
-C : Oui, l’homme et la machine fondu en un seul bloc. Ils doivent apprendre à vivre et travailler ensemble.
-Mais, à l’instar de Machine Head et de Slayer, vous refusez de faire le jeu des terroristes et continuez de tourner en Europe?
-C : Si je vois un terroriste dans un avion, je le descendrai moi même. Si notre équipe et les gens qui bossent avec nous avaient été dans l’avion du onze septembre, c’aurait été un bain de sang. Ce pays va en baver, merde aux Talibans. Ils ont entamé une guerre avec nous et leur pays est foutu. J’ai vu un documentaire qui montre qu’il sont un stade dans lequel ils tuent leurs propres compatriotes. Je ne dis pas que l’Amérique est la panacée en matière de pays, mais on a tout de même beaucoup plus de liberté qu’eux. Chacun peut avoir sa religion ou ce en quoi il croit, mais pourquoi tuer des innocents au nom de cette croyance ? Les gens sont les esclaves de la société, et c’est de ça que parle Fear Factory, de l’individualisme. L’album « Fear Factory » parlait de la rébellion contre la machine, celle-ci signifiant la machine gouvernementale. Ce pays est comme ça, ils tuent les leurs parce qu’ils ne croient pas ce en quoi ils sont supposés croire. On se croirait au temps des premiers chrétiens, avec le romains et les lions. Je haïssais la religion quand j’ai grandi, j’ai été élevé en temps que catholique, mais j’ai fait mon propre choix lorsque j’ai grandi. Je crois d’abord en moi même et en ceux qui m’ont crée : ma mère est mon Dieu!
Tout les monde aux USA est si patriote ! Durant la seconde guerre mondiale, la même chose est arrivée avec les Allemands, ils sont venus ici et ont tout contrôlé. Merci pour les USA qui ont débarqué et ont permis de retrouver la civilisation de l’ouest que vous avez ici. Beaucoup de gens sont contre la guerre et la guerre n’est jamais bonne, tuer des gens n’est jamais bon, mais certains ne comprennent pas vraiment ce qui se passe. Tout tourne autour de l’argent, au bout du compte, et c’est assez nase, mais je préférais être pauvre et en bonne santé que riche et malade.
Là, c’est plutôt complètement chamboulé, une sorte de troisième guerre mondiale en quelque sorte, parce que tout le monde est impliqué, et donc nous nous devons de venir en Europe pour tourner. Je pense que la sécurité aurait du être renforcée dès le début. La seule organisation que je ne sens pas et les compagnies aériennes : J’ai peur de voler, mais les compagnies aériennes n’ont que ce qu’elles méritent vu la façon dont ils naviguent et traitent les passagers comme des pigeons ou des poulets dans un camion autour du monde, aussi je ne les plains pas, je plains les gens qui sont morts. Tout le monde aux USA en a ras le bol et le patriotisme est intense. C’est comme pour Rage Against the machine : ils se sont séparés avant, heureusement pour eux, parce qu’ils sont si anti gouvernementaux et en ce moment, tout le pays est si patriotique... J’espère seulement que les européens de l’ouest vont voir les choses d’une manière claire et ne pas transformer ça en une guerre de profit. C’est d’une revanche dont il s’agit, plus que de tout autre chose.
propos recueillis par Jean Paul Coillard à Paris, le 12 novembre 2001.
Traduction : JP Coillard et Marie Lecocq
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