Fear Factory - For whom the Bell tolls


© JP Coillard

-J'ai entendu dire que B Real, de Cypress Hill, avait participé au concept de « Digimortal »...

-Burton Bell : Il n'a pas participé au concept, uniquement au son et aux textes, qui se sont très bien insérés dans ce concept de « Digimortality » ; il n'y a pas de ligne conductrice sur cet album, mais un collage d'imageries, tous les sons correspondent à des collages d'images. Les textes de B Real sont très sombres et nous partageons les mêmes idées sur la vie et la force nécessaire pour survivre...

-Vous vouliez essayer quelque chose de nouveau, peut-être du crossover ?

- Christian : Ce morceau devait être une face B. Il a été enregistré en fin de session et il était très bon, tout le monde l'aimait, alors on a décidé de le mettre sur l'album.

-J'ai entendu dire que Fear Factory n'oppose plus l'homme et la machine, mais englobe l'homme avec la machine...

- BB : L'évolution de Fear Factory se poursuit et l'humanité change sans cesse. Je crois que l'avenir dont nous parlons oppose l'homme et la machine, qu'il s'agisse de la machine technologique ou sociale, et on a pensé que quelque chose devait changer et évoluer, tout comme le concept ; on a alors trouvé le titre « Digimortal », qui associe digital et mortalité, technologie numérique et mortalité humaine, parce que l'homme et la machine ont besoin l'un de l'autre pour exister. Ainsi, Fear Factory évolue sans cesse...

-Le processus de création était-il très difficile ou spontané, après 3 albums ?

-BB : On a beaucoup réfléchi à la composition sur cet album, c'est une chose qui devait également évoluer avec Fear Factory, notre son et la composition devaient évoluer. On devait avoir l'esprit ouvert et travailler différemment. Si cela se traduisait en faisant appel, pour la première fois, à quelqu'un d'externe pour nous aider à trouver une nouvelle formule, nous l'avons fait et c'était très important. On a gardé les meilleurs éléments de Fear Factory et abandonné les excès. On a écrit des chansons compactes, précises et directes. La composition devait absolument évoluer...

-C'est pourquoi certaines chansons sont très courtes !

-Christian : Oui, on est allés droit au but...

-BB : Avant, on avait des morceaux de six ou sept minutes et généralement, en live, elles passaient au-dessus de la tête du public, contrairement à des chansons comme « Replica », qui l'emballaient directement. On a réfléchi à cet aspect live, parce que Fear Factory est vraiment un groupe live, au moins autant qu'un groupe de studio. Alors, on a tenu compte de cet élément et on a enregistré différemment, en gardant les concerts à l'esprit, et ensemble pour la première fois. On a tous les quatre essayé de préserver l'aspect immédiat de l'enregistrement.

-Cette fois, vous avez utilisé une vraie batterie...

-BB : Oui, cette fois, Raymond a tout joué. Mais on a vraiment exploité l'aspect numérique. Pendant l'enregistrement, on a tout mis immédiatement sur ordinateur grâce à un programme appelé « Pro Tools », qui permet de modifier parfaitement tous les instruments : basse, guitares, batterie, voix, tout a été fait sur « Pro tools », et c'était beaucoup plus facile pour Rhys, le producteur, qui effectue la programmation. Tout était déjà numérique, et il n'a pas dû effectuer de conversion analogique, tout était automatique et l'enregistrement était très rapide.

-Christian : Nous étions très bien préparés cette fois.

-Vous n'avez pas fait appel à Dave McKean pour la pochette ?

-BB : Non. On avait commence à travailler ensemble, mais il n'était pas en phase avec nos idées, alors on a trouvé ce Suisse, Tom Jermann, qui vit près de chez moi à LA. Il a tout de suite compris ce que nous voulions et l'a produit très rapidement. C'est dommage que ça n'aie pas fonctionné avec Dave McKean cette fois, c'est un grand artiste.

-Que pensez-vous de Giger ?

-BB : Giger est un artiste fantastique, j'adore son imagerie de structures biogénétiques, à la fois très techniques et très organiques. On aimerait faire appel à lui, mais il est trop riche et populaire !

-Christian : J'ai entendu dire qu'il avait eu de mauvaises expériences avec des groupes et qu'il ne voulait plus le faire.

-BB : De nombreux artistes de bande dessinée font un super travail ! J'aime beaucoup Akira et les personnages de manga. L'imagerie est géniale et les histories très intéressantes, mais ce n'est pas pour Fear Factory. Matrix a été une grande source d'inspiration sur cet album.

-Ferez-vous des remixes ?

-BB : Absolument, ce sera très rapide puisque tout est déjà sur ordinateur !

- Si l'on examine votre carrière, on voit que votre musique peut être répartie en deux catégories : l'aspect mécanique et thrash et les atmosphères avec des claviers : pensez-vous que l'aspect mécanique a atteint ses limites, que tout a été exploré entre « Obsolete » et « Demanufacture » et qu'il serait difficile d'aller plus loin dans ce domaine ?

-BB : On a beaucoup fait progresser notre son, on a exploré tous ces aspects, mais sur cet album, on a enfin trouvé LE son Fear Factory et on veut poursuivre sur cette voie, parce que c'est ce que nous sommes. On continue à apprendre en faisant de la musique, en vieillissant, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Il y a toujours le metal et l'ambient, mais on peut apporter beaucoup plus.

-Christian : Il y a beaucoup de choses sur cet album que nous n'avions jamais fait, comme jouer ensemble en studio, Dino qui joue de la guitare claire, moi qui joue de la basse claire, sans distorsions ! Raymond a joué avec plus de groove, et c'est Presque devenu plus heavy.

-BB : La clé de cet album est la simplicité : tout ne doit pas être très chaotique pour être heavy.




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