Fear Factory : Natural born again killers...


2002 fut une année très dure pour Fear Factory : Burton C. Bell quitta le groupe pour s’en aller oeuvrer sur ses propres projets, ce que firent Christian, Simon et Dino lorsque FF splitta quelques temps plus tars. Mais, à la surprise générale, le groupe se reforma l’année suivante, ...sans Dino Casares, membres originel et mentor de toute une flopée de groupes de metal Californiens. Byron Stroud, de Strapping young lad, le remplace donc et FF entre en studio pour donner naissance à ‘Archetype’, probablement leur meilleur album à ce jour. Burton et Christian était à Paris pour nous en parler. FF est de retour pour le meilleur, et pour notre plus grand plaisir.





-En mars 2002, tu as annoncé ton départ de FF. Aujourd’hui, le groupe est réuni à nouveau sous la bannière de Fear Factory : quel est l’état d’esprit du groupe en ce moment ?

Burton : C’est un état d’esprit très positif, nous sommes très excités et avons un excellent feeling à propos de cet album, qui montre ce que nous sommes vraiment. Nous en sommes très fiers et sommes anxieux et impatients d’en parler en donnant des interviews !

-Une seule question à propos de ça, mais les tensions entre Dino et vous se sont elles apaisées ou êtes vous encore en mauvais termes ?

-Burton : Je n’ai pas parlé avec lui depuis mars 2002. Parfois, les amis viennent, et puis s’en vont !

-Qu’en est il de vos différents side projects, ‘Kush’ et ‘ Ascension of the watchers’ ?

-Christian : Après le split, nous avons poursuivi nos propres projets, avec Raymond. Nous étions en passe d’être signés chez Sony, et c’est alors que j’ai reçu une lettre de Roadrunner disant que nous devrions tout arrêter, que nous étions sous contrat avec eux, etc. C’est pourquoi nous devions trouver un moyen de sortir du label. Nous y pensons toujours.

-Burton : John et moi même avons commençé notre propre projet, ‘Ascension of the watchers’, et il est toujours en phase de développement, encore un nourrisson. Nous avons écrit quelques trucs, qu’il faut maintenant développer ; nous allons enregistrer une nouvelle démo, avec un meilleur son, on y travaille toujours, mais Fear Factory est de retour à présent, et c’est comme une boule de neige, dans le bon sens du terme, quelque chose qui va générer un tas de choses positives pour nous et nous aider: si Fear Factory a du succès, on pourra l’utiliser comme outil pour nos projets parallèles. Je vois tout ça comme quelque chose de très positif. Je pourrai toujours travailler dessus et, avec un peu de chance, les gens pourront l’entendre, et idem pour ‘Kush’.

-Ces morceaux que vous avez écrits pour vos projets, n’auraient pas collé au sein de Fear Factory ?

-Christian : Absolument pas, ils étaient écrits vraiment pour ces projets.

-Burton : La musique que nous avons écrit appartient vraiment à une vibration différente, un feeling différent. Je ne l’ai pas écrite pour Fear Factory, mais pour cet autre projet, et je pense que la musique que Christian et moi avons écrit pour Fear Factory est parfaite pour le groupe, c’est vraiment ce dont il a besoin.

-Christian, comment étais ce de bosser avec Cypress Hill ? qu’est ce que cela t’a apporté?

-Christian : Ca m’a appris à travailler dans un environnement très différents, avec d’autres gens ; ils étaient de très bons amis à nous et ce fut une grande expérience de travailler avec eux. A travailler avec des artistes et des musiciens différents, tu apprend énormément, tu dois coopérer avec d’autres personnes, d’autres mentalités...

-Burton : Je sais que Christian a beaucoup muri en tant qu’artiste et en tant que personne aussi. Il a travaillé avec tant de gens différents que cela a fini par produire une interaction : Christian a beaucoup évolué. Il se sent plus à l’aise, la musique qu’il écrit est très bonne, c’est un vrai professionnel aujourd’hui, c’est très cool !


-Il y a un nouveau membre dans FF, Byron Stroud, de Strapping young lads : Qu’apporte-t-il à Fear Factory?

-Burton : Lorsqu’il a été décidé qu’il nous fallait un bassiste, nous avons fouillé nos mémoires et nos collections de disques, à la recherche de bassistes que nous aimions, de groupes que nous aimions, et qui devrait coller avec Fear Factory. Nous ne pouvions imaginer que trois personnes, et des trois, Byron était celle que nous apprécions le plus. Nous pensions qu’il serait parfait et nous l’avons appelé. Byron Stroud est un type super, et nous devions trouver quelqu’un que nous apprécions déjà, c’était une part très importante du deal lorsqu’on en arrive au côté relationnel, on doit tous s’aimer les uns les autres et il doit y avoir une raison pour avoir envie de bosser avec quelqu’un. Il n’était pas juste un autre bassiste mais aussi un type super et c’est à cause de ce fait, qu’il est aussi bon à la basse qu’il est cool en tant que personne, que nous l’avons choisi, choix dont nous nous félicitons aujourd’hui. Il n’est pas un membre permanent du groupe, mais c’est quand il veut !

-Et que penses tu Devin Townshend ?

Burton : Devin Townshend est un type très chouette, un de mes bons amis. Je le connais depuis longtemps, et c’est toujours un veritable tourbillon autour de lui !

-Vous avez produit cet album vous mêmes : étais ce votre intention ? N’auriez vous pas été intéressés par travailler avec quelqu’un comme Devin ?

-Christian : Devin produit sa propre musique et ca donne du Devin Townshend, pareil pour Strapping young lads, c’est un son qui leur est propre. Nous n’avons besoin de personne pour venir parmi nous et nous apporter un son, nous sonnons comme Fear Factory et ne voulons personne d’autre, parce que nous avons déjà notre son...

-Burton : C’est un grand producteur, il a produit beaucoup de groupes, il a son style, mais nous voulons garder le notre, cette spontanéité que nous avons crée during le processus d’écriture, cette énergie, et donc nous produire nous mêmes était le seul choix possible.

-En parlant de ça, vous avez travaillé avec Ken Marshall, ingénieur du son qui a également bossé avec Skinny Puppy, entre autres : pourquoi ce choix?

-Burton : Skinny Puppy a toujours été un de mes groupes préférés ! En fait, Ken était en train de travailler sur le nouveau quand on était en studio, peaufinant les détails : Ken est un super mec et un grand ingé son, il peut capturer le son que vous possédez déjà, et, comme il comprend Skinny Puppy, il a compris Fear Factory, et donc tout a été très simple, car il est très efficace.

-Pensez vous sortir un autre album de remixes, comme vous l’avez déjà fait par deux fois?

-Christian : Oui, on y travaille...

-Burton : On est en train de faire une liste de tous les artistes à qui on voudrait demander de le faire dès maintenant, et donc ça va se faire, mais ‘Archetype’ doit sortir d’abord et on doit le bosser en priorité. Quand ce sera fait, on planifiera le reste, on l’espère vers la fin de l’année ou le début de l’année prochaine, dans le meilleur des mondes !

-Quelqu’un de très important dans l’art des samples et des claviers pour Fear Factory depuis un moment est John Bechdel : pourrait il devenir un véritable cinquième membre de Fear Factory?

-Christian : John est vraiment en quelque sorte notre cinquième membre, et il est avec nous depuis 98, ce qui commence à faire un moment.

-Burton : Il n’a rien écrit pour cet album, il est très occupé, il a une famille, il travaille beaucoup mais c’est un type super, en scène aussi, on adore qu’il soit avec nous, et donc, s’il en veut davantage, j’aimerais bien l’entendre ! Comme Byron, c’est quand il le sent !

-Sur cet album, tu joues à la fois de la basse et de la guitare, mais dorénavant, il ne te reste que la guitare : regrettes tu ton instrument originel ?

-Christian : Non, non ! Je n’y suis pas attaché à ce point ! Ca n’a pas d’importance, tant que je peux jouer dans ce groupe : basse ou guitare, quelle importance ?

-Burton : Il n’a pas l’air de regretter sa basse quand on le voit sur scène!

-Vous avez récemment tourné en Australie avec Korn et Static X : quelle a été la réception des nouveaux morceaux et, pour vous, sont ils aussi super sur scène que lorsque vous les avez enregistrés?

-Burton : C’était mieux que ce que j’aurais cru. Dans cette tournée en Australie, nous n’avons fait qu’un seul nouveau morceau parce que c’est tôt par rapport à la sortie du disque pour jouer plein de nouveaux morceaux, ça jeterait la confusion dans le public.C’aurait pu être intéressant, mais nous voulions juste faire une sorte de test, nous n’avions que quarante minutes sur scène, et c’était plus le faire de clamer que Fear Factory était là, qu’il y avait des anciens et des nouveaux morceaux et que tout sonnait bien. Les fans étaient très positifs, la réaction super, mieux que ce à quoi je me serait attendu.

-Toujours pour cet album, peut on parler d’un retour de Fear Factory à ses propres origines, metal et machines, contrairement à ‘Digimortal’ ?

-Burton : ‘Digimortal’ était trop programmé...

-Christian : Et surproduit!

-Burton : ‘Archetype’ est exactement ce qu’il doit être, tous les morceaux d ‘Archetype’ représentent ce que Fear Factory a toujours été, lourd, aggressif, propulsé par la mécanique, et par une haute énergie. Tout est là, tout ce que nous avons toujours été : le son agressif, les mélodies, mais l’album est comme un pas en avant dans le sens de la maturité. Cette fois, nous savions exactement ce que nous voulions, tout est plus concentré, plus direct, et nous y avons fait ce que nous faisons le mieux.

-A propos des textes en général, d’où vient votre inspiration principale : la télé, les journaux ? Ou des évènements plus personnels?

-Burton : Au niveau des textes, j’ai été davantage inspiré par tout ce qui nous est arrivé au cours des années précédentes. Ca a influençé ma vie, et nous avons traversé des époques très émotionnelles, entre le split lui même et tous les problèmes légaux, c’était une époque très difficile : ce disque a été notre thérapie. Au point de vue des textes, j’ai écrit ce que j’ai ressenti. Je ne me suis pas assis pour écrire une espèce d’histoire au concept futuriste, parce que l’un de nous me pressurait, et je ne voulais pas y penser si fort, j’ai vraiment écrit ce que je ressentais, comme je l’ai toujours plus ou moins fait. J’ai en fait écrit l’histoire de ce que nous avons affronté dans les années précédentes. C’est une bien meilleurs histoire que d’essayer d’en inventer une : c’est une histoire de conflits, entre des individus, avec l’industrie, la société en général, il y a tant de conflits reflétés dans ce disque ! Et Fear Factory a toujours parlé de ça, de ce conflit entre l’homme et la machine, les hommes et les machines,et le concept pour ce disque est la réalité, ce qui se passe vraiment : c’est une histoire vraie, et c’est bien mieux que d’en inventer une!

-On peut trouver une reprise de Nirvana, ‘School’, sur ‘Archetype’ : pourquoi ce morceau et pourquoi ce groupe?

-Christian : Nous avons toujours fait des reprises par le passé,et on s’est dit : ‘Eh bien, faisons une reprise’ ! Mais ca devait être quelque chose de spécial, plutôt qu’une autre reprise de metal ou de punk, et alors, on s’est dit, pourquoi pas une reprise de Nirvana? Ca, c’est spécial ! J’ai tout de suite pensé que ce devait être du premier album, et je savais que ‘School’ serait parfait : c’est un morceau facile pour les gens et un honneur de rendre hommage à un grand groupe.

-Burton : Juste du pur respect ! C’est cool de faire des reprises, et nous étions fans Nirvana avant même de commencer Fear Factory, et à présent c’est l’anniversaire de la mort de Kurt Cobaïn, ce que j’ai seulement réalisé quand quelqu’un m’a dit que c’était le dixième anniversaire de sa mort. Dix ans : mince ! Je me rappelle comment j’étais, en 94, on tournait avec Sepultura, à Denver, une tournée de fous ! Du pur respect, Nirvana était un très grand groupe, c’est pourquoi nous avons fait cette reprise !

-si FF était un film, lequel cela pourrait il être?

-Burton : Un mix ‘Matrix’ avec ‘Tetsuo Iron Man’, deux styles différents car ‘Tetsuo’ est plus organiquement industriel et ‘Matrix’ plus électroniquement. Comme ‘Akira’ : Akira pourrait être Fear Factory, peut être !

-Quand vous verra-t-on en France ?

-Christian : Nous allons jouer au the Fury Fest ( Le Mans, fin juin, avec quelque 63 autres groupes !) (renseignements : www.furyfest.com)

Propos recueillis à Paris, le 10 mars 2004.

Photo : Jean Paul Coillard.






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