Fifth amendment ne garde pas le silence





© JP Coillard



- Aux Etats-Unis, le 5e amendement concerne le droit de garder le silence, pourquoi choisir ce nom, étant donné que vous êtes assez bruyants ?
- Exactement pour cette raison (rires). La contradiction. Non, en fait, on cherchait un nom et aucun ne paraissait bien, alors on a allumé la TV et c'était l'affaire OJ Simpson. Le détective plaidait le 5e amendement. On a pensé que ce serait un nom génial pour le groupe, parce que tout le monde le connaît déjà et beaucoup de gens connaissent déjà sa signification. On trouvait aussi qu'il sonnait bien. (elle commence à chanter : fiiiifth amen-dment). On l'a choisi pour toutes ces raisons.

- As-tu une approche politique dans tes texte ?
- Non, j'ai seulement un point de vue moral personnel, je n'ai aucune approche politique. J'écris sur certains problèmes, il est donc inévitable qu'un aspect politique apparaisse. Mais je ne veux absolument pas utiliser mes texte pour faire une grande déclaration politique. Nous ne sommes pas Rage against the machine, on ne fait pas de campagne politique, juste une campagne musicale.

- Pourquoi votre premier single est-il sorti en édition limitée ? Etait-ce votre décision, celle du label ou était-ce seulement dû aux circonstances ?
- D'abord, nous n'avions presque pas d'argent, alors on ne pensait pas pouvoir vendre tous les exemplaires. Ensuite, on a fabriqué la pochette nous-mêmes à la main. Je l'ai dessinée moi-même car j'aime beaucoup ce qui est visuel. J'aimais beaucoup ce carton et je pensais qu'on pouvait en fabriquer un paquet respectueux de l'environnement, sans colle. Il se plie seulement sur lui-même. Le petit sac dans lequel se trouve le CD est une enveloppe de photographe. C'était notre tout premier disque et je voulais faire quelque chose de vraiment spécial. On s'est vraiment battus avec le label, parce qu'il ne s'agissait pas d'un conditionnement standard, ils ne tiendraient pas sur les étalages, alosr j'ai dit : "OK, on va le faire nous-mêmes." Et on l'a fait. Pendant 2 semaines, mon appartement a été transformé en usine et le groupe ne m'a jamais pardonné de leur avoir fait ça. (rires) Mais je l'adore, il ressemble à un petit cadeau.

- Quelles étaient vos influences aux débuts du groupe ?
- Aux débuts du groupe, mes influences étaient Nirvana, Soundgarden, Stone temple pilots, le groupe les adorait. Avant ça, j'étais plutôt influencée par les chanteurs soul, comme Stevie Wonder, Marvin Gaye, j'allais dans des clubs funk/soul, jamais des clubs rock. Ensuite, Nirvana a tout changé pour moi. Mon groupe adorait Led Zeppelin, Iron Maiden, etc. Quand on a formé le groupe, il y avait cette vague britpop et je n'avais rien en commun avec ça. A cette époque, j'adorais les groupes américains. Mais j'aime beaucoup de groupes de rock britanniques, comme Raging Speedhorn, qui sont super heavy, Sona Fariq. Je les adore, parce que beaucoup de groupes britanniques essaient de faire du nu-metal, et je crois que les Américains le font beaucoup mieux, alors que Sona Fariq fait juste un mélange de beaucoup de choses.

- Que pensez-vous d'êtres comparés à Garbage et Skunk Anansie ?
- Ca arrive tout le temps en Angleterre. Ca ne m'ennuie plus, parce que je l'ai accepté. Au début, j'étais très en colère et sur la défensive, mais maintenant, je comprends que nous sommes un nouveau groupe et que les journalistes doivent faire des comparaisons. Le problème est qu'aucun groupe ne nous ressemble. C'est très difficile de nous comparer à un autre groupe, mais on peut nous comparer vaguement à Skunk Anansie parce que, sur scène, j'ai peut-être une personnalité assez semblable à celle de Skin. Et je crois que la production de notre album est assez semblable à celle de Garbage. Mais on n'est absolument pas semblable à ces groupes.

- Te sens-tu proche de quelqu'un comme Ruby ?
- C'est drôle parce que mon management s'occupait de Ruby. Je n'ai jamais connu Silverfish, j'aurais aimé les voir, parce que les gens disent que nous sommes comparables et je crois que ça pourrait être vrai. J'aime assez Ruby.

- On vous voit tous les quatre sur la pochette du LP : est-ce une volonté d'être considérés comme un groupe à part entière et non une chanteuse avec des musiciens ?
- Tout à fait. Je n'ai pas seulement l'impression d'être dans un groupe, mais plutôt dans un gang. Persone n'a un rôle défini, on chanhe d'instruments tout le temps. On est juste un gang de personnes qui aiment ce qu'elles font. Il n'y a pas de hiérarchie dans le groupe.

- Vous êtes parfois décrit comme un groupe pop et parfois comme un groupe metal, qu'en pensez-vous ?
- J'aime offrir aux gens un voyage émotionnel. C'est bien de provoquer différentes réactions. J'écris sur la vie, sur ce que je vois aux actualités et c'est ça qui détermine le ton de la chanson. Nous ne sommes pas le genre de groupe qui n'écrit que des morceaux metal, jusque parce que c'est un groupe de metal.

- Avez-vous eu cette idée d'associer guitares et machines dès le début ?
- Oui, parce que mon groupe a passé 5 ans dans les raves, alors an a toujours su qu'on travaillerait avec beaucoup de machines. Ils aiment le heavy rock et l'électronique hardcore. On a toujours travaillé avec des samples et des boucles, on n'écrit pas vraiment des chansons avec basse, batterie et guitares. On écrit parfois directement à partir de l'électronique. Mais sur le prochain album, j'aimerais utiliser des instruments traditionnels pour produre des sons électroniques.

- 4 LP qui ont changé ta vie ?
- "Inner vision" de Stevie Wonder, mais aucun album n'a vraiment changé ma vie, peut-être ma perception de certaines choses, mon humeur, ou certains m'on provoquée ou touchée, mais rien n'a vraiment changé ma vie. Et je n'avais pas vraiment l'intention de devenir chanteuse, alors aucun groupe ne m'a donné envie d'être musicienne, pour mon groupe, je sais que c'est Led Zeppelin. "Melancholy" de Smashing Pumpkins était un album qui m'a beaucoup touchée, "Nevermind" de Nirvana, évidemment, mais pour être honnête, peut-être qu'il a vraiment changé ma vie.

- Comment vois-tu l'avenir et quels sont tes projets ?
- Je suis assez superstitieuse et je n'aime pas prévoir l'avenir. Je travaille avec d'autres personnes et d'autres groupes. Je crois que c'est super quand des groupes d'une même scène travaillent ensemble. Je ne pourrais pas chanter de soul avec le groupe et ce que je compose à la guitare est très différent de ce que le groupe joue.

Propos recueillis par Mr. X et JP Coillard, photos de JP Coillard
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