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Après la méga claque de
‘Devil’s Rejects’, Rob Zombie s’attaque ici, comme il ferait
pour un classique du rock, au remake du film culte de John Carpenter.
Revisitant l’Halloween’ de 1978, d’ailleurs tourné au
même endroit, Rob Zombie y amène bien évidemment
sa patte, sa touche personnelle, sa démesure et son casting
maison, sans quoi la chose n’aurait été au final pour
lui qu’un simple exercice de style ou un énième
avatar de plus dans la filmographie déjà chargée
d’un genre fort encombré, pour un film sérieux et
froid, réaliste, avec les quelques petites pointes d’humour
indispensables, sans aucun rapport de fond ni de forme avec ses
réalisations précédentes. Pour Rob Zombie,
renâclant à la base, sous peine de redite navrante, il
fallait trouver un angle neuf, et c’est chose faite avec ces trois
âges de Michael Myers, à savoir l’enfance,
l’adolescence en prison, et la suite. On plonge donc, tête la
première, dans les racines du mal, et l’on voit, en dehors
de tout jugement moral, que le jeune Michael a finalement ‘toujours
aimé ça’, faisant leur fête aux animaux du
quartier mais aussi à ceux de la maison, mais également
que l’irruption de ce beau père, alcoolique, violent et
fainéant, en a été le parfait déclencheur.
C’est d’ailleurs lui, interprété par Bill Forsythe,
le shérif de ‘Devil’s Rejects’ à la tête
d’une filmographie impressionnante depuis les seventies, qui
inaugure la série du grand nettoyage. Ensuite, après un
joyeux massacre, le jeune homme prometteur est collé en prison
pour des années. Malgré tous les efforts de sa mère
et de ce bon vieux toubib Samuel Loomis, incarné par Malcolm
McDowell qu’on ne présente plus, passant de l’orange à
la citrouille, Myers s’évade, et la saga continue, jusqu’à
la fin à tiroir, propre aux séries. Venger sa mère,
Debbie, superbe Sherry Moon, égérie et muse de Rob,
protéger sa petite sœur où qu’elle soit, envers et
contre tous, tel est le credo qu’il suit lorsqu’il ne zigouille
pas tout ce qui croise son chemin. On retrouve également Brad
Dourif en shérif Leigh Brackett, mais aussi avec plaisir les
vieux complices Sid Haigh en fossoyeur désabusé et Bill
Moseley en flic : avec Sherry Moon, le trio infernal des films
précédents est à nouveau réuni, même
s’ils ne se croisent jamais et que leurs apparitions sont
relativement courtes, tout comme celles de Danny Trejo, en gardien de
prison amical. Sans être omniprésents, ils apparaissent
ici lors de courtes interventions, histoire de rappeler que l’ami
Rob adore travailler en famille. C’est aussi le cas d’Andy Gould,
producteur à l’impressionnant palmarès de ses films
mais aussi de ses disques, ainsi que de ceux du défunt Pantera
et de bien d’autres depuis les seventies, dans la lointaine
Angleterre. Cette discrétion des seconds rôles n’est
évidemment pas le cas du héros principal, héros
aux deux visages, derrière son masque signé Wayne Toth,
par ailleurs maquilleur pour Rob Zombie sur ses films mais aussi sur
ses clips musicaux. Le jeune Myers , Daeg Faerch, aux cheveux longs
qui lui bouffent la figure, légèrement costaud, en
adoration devant sa mère, danseuse dans un cabaret minable,
semble le mix parfait de Damien et d’un des ados d’Elephant’ ou
de ‘Gummo’ à la sauce psycho killer à la colère
rentrée. Tyler Mane incarne le terrible, l’impitoyable Myers
adulte. Cet acteur de quelque deux mètres de haut avait déjà
été remarqué dans des films comme ‘Troie’ ou
‘X-Men’ et apporte un contrepoids terrifiant au gamin déjà
inquiétant qu’il fut jadis, ainsi qu’un rappel de la
sinistre scène d’ouverture de ‘Devil’s Rejects’, alors
que Tiny traîne dans la poussière une des innombrables
victimes de la famille. Notons bien sûr que le film, outre
Gould et RZ, est produit par Malek Akkad, fils de Mustapha Akkad qui
avait produit tous les films de la série, bouclant ainsi la
boucle de la nouveauté dans la tradition -de même que le
plus que fameux leitmotiv musical- délivrant à Rob
Zombie une carte blanche pour des nuits en noir et rouge, dont il
sait à la perfection faire jouer tous les sinistres reflets.
Dans citrouille, on retrouve bien le mot trouille. ‘Halloween’
n’est pas qu’un simple exercice de steel, mais la nouvelle marque
d’un metteur en scène sans concessions, définitif,
perfectionniste, totalement jouissif. Trick or threat.
Jean Paul ‘Astro Creep’ Coillard
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