-Comment êtes vous venue à l’écriture ?
-LH : J’ai toujours été prolifique au point de vue de la rédaction de courrier et, lorsque j’ étais étudiante, j’ai vécu avec un poète pour qui je tapais à la machine et envoyais ses oeuvres à divers magazines. Je me suis du coup intéressée à tout le processus de l’écriture et, surmontant mes craintes, décidais de tenter moi même l’aventure. J’ai ainsi certains de mes affreux poèmes publiés dans des magazines. Puis je suis allée avec un ami à une lecture du magazine Rebel Inc, et j’ai été impressionnée par le réalisme et les voix des participants, voix auxquelles je pouvais m’identifier. J’ai alors décidé d’essayer d’écrire une histoire et de la soumettre à Kevin Williamson, éditeur de Rebel Inc. Il accepta de la publier dans le magazine, et n’a cessé dès lors d’encourager mes écrits, cautionnant abondamment « Nails » et mon roman » Born free » jusqu’à l’impression finale de Rebel Inc.
-Question basique : quels furent et sont vos auteurs d’influence ?
-LH : En même temps que trouvant le courage d’écrire à propos d’Edimbourg et de l’Ecosse en usant des dialectes et dialogues réalistes, Irvine Welsh, James Kelman, Alasdair Gray furent des influences énormes. J’ai toujours aimé Raymond Carver et ses histoires pour leur structure, les petits détails de la vie ordinaire et leurs puissants personnages. Patricia Highsmith aussi, dont le style intense et psychologique d’écriture, ainsi qu’un merveilleux ouvrage de référence qui est « bâtir et écrire une histoire de fiction à suspense », m’ont également beaucoup influençé. Mais aussi Zola, Charles Bukowski, Dan Fante, DH Lawrence, Hanif Kureishi, John Fowles, Ian McEwan, et quelques milliers d’autres. Plus des centaines d’écrivains en herbe qui peuplent les anthologies. J’adore découvrir des choses superbes, inspirantes et non publiées. J’adore aussi les scénaristes comme Alan Bleasedale, Jimmy McGovern, Todd Solondz, Mike Leigh, Shane Meadows, Paul Laverty, Alan Benett, etc.
-Peut on parler d’une école Ecossaise moderne d’écrivains, d’un avant et d’un après Irvine Welsh, par exemple ?
-LH : Mis à part la fiction Ecossaise classique, Burns, Stevenson, Muriel Spark, etc, mon premier contact réel avec la fiction contemporaine de cette région se fit au travers des écrits de James Kelman, Alasdair Gray, Janice Galloway et Agnes Owen à la fin des 70’s et au début des 80’s. Des livres comme « Hines, le conducteur de bus » et « 1982 Janine » furent les premières occasions au cours desquelles je pouvais me retrouver totalement dans des personnages Ecossais au sens moderne du terme. Je vois en ces auteurs particulièrement la responsabilité de la force du processus qui déboucha finalement sur cette génération moderne et géographiquement diversifiée d’écrivains : Ian Banks (Fife), Welsh (Edinburgh), Alan Warner (Argyll), Al Kennedy (Dundee), Ali Smith (Aberdeen), Duncan McLean (Orkney), Gordon Legge (Grangemouth). Les médias adorent regrouper les écrivains modernes, prétendant par exemple qu’ils représentent « L’école d’écriture d’Edimbourg », mais en fait, La littérature Ecossaise est diverse et variée et les auteurs, bien qu’étant solidaires les uns des autres, ont tendance à travailler en autonomes.
-Pourquoi au départ ce choix de la nouvelle ?
-LH : J’ai commençé par écrire des nouvelles : j’aime leur format et le fait que l’on possède un produit fini assez rapidement, sur lequel on peut revenir ensuite. C’est aussi une façon d’expérimenter différents voies et styles d’écriture. J’aurais trouvé beaucoup trop intimidant de m’embarquer d’abord sur un roman, car c’est un procédé beaucoup plus introspectif et qui prend énormément de temps. Je voulais d’abord apprendre mon métier, et les nouvelles permettent l’apprentissage.
-La nouvelle est l’art de la concision : plus que « faire de la littérature », votre propos semble davantage est de taper du poing sur la table ?
-LH : Mes premières histoires, avec le recul, manquaient probablement de subtilit é, mais, comme je l’ai dis précédemment, c’était surtout des tirs d’essai. Si je devais revoir ces histoires à présent, je trouverais surement d’autres façons d’exprimer certains choses plutôt que de sauter automatiquement à la gorge. D’un autre côté, j’aime ce façon brute et franche. J’ai tendance à préférer lire des choses qui te crient à la figure, pour ainsi dire, et de les écrire, par la même occasion.
-D’où vous vient l’inspiration : de l’expérience personnelle ? Des histoires des amis et de la famille ? De l’actualité ?
-LH : Tout, en fait : les choses du passé, mes amis, mes connaissances et ma famille, un article de journal, les films, la musique, les incidents aperçus depuis le bus, les rêves, et aussi partager la vie de mes personnages une fois que je les ai crées !
-Ces histoires sont plutôt violentes en général, virtuellement ou dans les faits : comment réagissez vous au sein de ce débat dans lequel les artistes, écrivains, cinéastes, musiciens, sont accusés de répandre la violence à travers leur oeuvre ?
-LH : La violence est répandue partout dans notre vie, appelez là guerre, ou toute forme d’attaque, verbale, émotionnelle, psychologique : c’est un fait reconnu, et ça se produit lorsque la frustration, l’ignorance, la peur et la colère débordent. Les artistes reflètent cette violence dans leurs oeuvres, ils ne l’incitent pas. C’est leur rôle, quelque part, car, pour chaque personne commettant un crime supposé du à l’influence d’une chanson, d’un livre ou d’un film, il en existe des milliers qui achèvent leur catharsis au travers de cette même oeuvre.
-Et l’écrivain a-t-il donc un rôle social, et si oui lequel ?
-LH : Le role de décrire le monde tel qu’ils le voient, y compris toutes choses effacées ou ignorées par les historiens, mais aussi d’encourager et de promouvoir les autres à lire et à écrire...
-Autrefois, l’écrivain public traduisait des idées et des pensées d’autrui sur commande, et davantage au niveau de l’amour et des affaires que de celui çi de la politique. Aujourd’hui, n’est il pas devenu plutôt un bouc émissaire pour les majorités et les minorités silencieuses, celui qui prend les risques pour les autres ?
-LH : Je pense que pendant des siècles, l’écriture fut crée par les privilégiés pour les privilégiés, le principal obstacle étant que peu de monde pouvait se permettre d’obtenir une éducation correcte. A présent c’est plus ouvert, et je pense personnellement que c’est un obligation que de donner leur voix à ceux qui ont été ignorés dans le passé. Les grands thèmes tels que l’amour, les affaires et la politique ont été disséqués, analysés et ont perdu cette mystique qu’ils dégageaient, à tel point que c’est difficile à présent d’écrire à leur propos en des termes aussi élogieux que par le passé, ou sans y ajouter des aspects bien plus cyniques !
-On trouve 10 nouvelles dans ce recueil, autour que d’ongles dans les deux mains ou les deux pieds, et très diverses : pas seulement des femmes, mais des hommes, des enfants des deux sexes en sont les principaux personnages : étais ce un choix délibéré ou bien cela c’est trouvé comme ça ?
-LH : Ce ne fut pas une décision consciente, comme je vous l’ai dit, je n’y avais jamais vraiment pensé avant. L’éditeur a décidé d’appeler la collection « Ongles ». Dans la nouvelle « Ongles », les choses évoluent librement et l’héroïne n’a aucun contrôle sur elles, elle ne sait vraiment pas ce qui lui arrive, elle ne sait pas non plus quoi en penser...
-Quels sont, pour vous, les personnages les plus sympathiques et les plus ignobles de votre histoires et pourquoi ?
-LH : Je crois que c’est surtout au lecteur de décider ça. J’ai de la sympathie et de l’affection pour tous les personnages, car je les ai crées et qu’ils sont du coup comme des enfants terribles à mes yeux. Même les plus méchants et salopards d’entre eux, comme la femme dans « Des chats et des femmes », et la mère, Angie, dans « Born free », je les sens bien, et, honnêtement, j’adore jouer au monstre lorsque je les écris !
-Et desquels vous sentez vous la plus proche ?
-LH : Chaque personnage reflète une partie de ma personnalité. En ce moment, plutôt le gamin de « Routes », qui voyage en bus pour éviter les problèmes familiaux et regarde le monde au travers d’une vitre d’autobus. Il essaie de s’enfuir, mais il a peur d’aller trop loin. Acerbe comme un moyen d’auto préservation.
-Quel serait le lien entre toutes ces histoires ?
-LH : Les personnages, je suppose, sont tous dans des situations qui échappent à leur contrôle, ou qu’ ils ne peuvent surmonter. Ils sont tous un peu aliénés à leur façon, généralement en se laissant aller et se retrouvant de ce fait dans ces situations. La plupart d’entre eux se servent de l’humour pour traverses leurs heures les plus sombres, et je pense que c’est un élément très fort du caractère Ecossais. Ils possèdent aussi une dualité qui les entrainent d’un extrême à l’autre, ce qui est aussi très Ecossais !
-James Ballard, l’auteur anglais de science fiction, m’a dit un jour que le meilleur regard que l’on pouvait avoir sur une sociét é passait par sa fiction, et à plus forte raison par sa science fiction, plutôt que par des écrits réalistes : qu’en pensez vous ?
-LH : Il existe beaucoup de façons d’étudier notre société, et diff érentes sortes de fiction sont parmi elles. Nous possédons aussi la musique, le cinéma, la télévision, les journaux et les magazines, l’expérience vécue et la liberté de voyager et de découvrir par nous mêmes, l’internet, la publicité, le téléphone...Aucun média n’est meilleur qu’un autre. La société possède de multiple façettes, et donc autant de façons de choisir de l’interpréter.
-Peut être entendait il par là que les désirs exacerbés et la violence et la révolt sont plus évidents à faire ressortir de cette façon, et que l’on peut par ce biais dire davantage de choses sans être interrompu par des débats ou de la censure...
-LH : Je suis d’accord, mais il existe beaucoup d’autres domaines ou la censure et les débats ne sont pas des fins en soi. La fiction peut provoquer le débat, et devrait toujours le faire.
-Quel fut l’accueil de « Nails » en Grande Bretagne ?
-LH : Il fut très bien reçu. J’ai fait un certain nombre de lectures et d’ateliers depuis, et j’ai pu ainsi rencontrer beaucoup de mes lecteurs, qui semblent l’apprécier, mais aussi des gens dans la rue qui m’ont dit qu’il l’avait aimé, des gens qui ne lisent pas d’habitude, ce que j’ai trouvé très flatteur.
-Pouvez nous dire deux mots de ce roman, non encore traduit, « Born free » ?
-LH : C’est une série de monologues-le père, la mère, le fils, la fille, racontés dans des chapitres consécutifs sur les effets d’une mère alcoolique sur le reste de la famille.
-Ce roman, « Born free », va être adapté à la télévision Ecossaise : comment le vivez vous et pensez vous que les différents médias sont complémentaires ou plutôt ennemis ?
-LH : Canongate, mon éditeur, a été en contact avec plusieurs boites de production pour discuter de la possibilité de l’adapter au cinéma ou à la télévision mais rien n’a encore été décidé. J’ai discuté avec d’autres auteurs à propos de leurs expériences de leurs livres devenant des scénarios, et ils sont unanimes sur le fait que c’est un processus sauvage et choquant, lorsque l’on voit les moments les plus importants à leurs yeux finir à la poubelle et les moments les moins intéressants montés en épingle au point de signifier parfois l’exact contraire de l’idée de départ. Je pense que les livres qui deviennent des scénarios pour la télé finissent par colporter le message voulu par les producteurs, et parfois fort différent de celui des auteurs...
-Quel serait le rôle de la télévision par rapport au livre ? Toucher un maximum de gens ?
-LH : Votre travail est diffusé pour un plus grand nombre de gens et la télé n’est pas si élitiste, dans le fait qu’elle soit accessible à tous. Elle remplit les blancs de l’imagination que laisse le livre, et je ne toruve pas que ce soit une particulièrement bonne chose, car l’imagination du lecteur est en général beaucoup plus vive et colorée.
-Et en plus, ça trahit donc souvent la pensée de l’auteur...
-LH : C’est ce qui est le plus horrible, même si ça arrive communément. Je pense que c’est une arme à deux tranchants : l’argent est un facteur essentiel, comme le paiement des droits télé pour un livre peut permettre à un écrivain une certaine sécurité financière pour deux ou trois ans. D’un autre côté, une adaptation calamiteuse pour du même coup détruire sa carrière.
-Aujourd’hui, « Nails « est traduit en français au Serpent à Plumes, premier volume de la collection « Désordres » : cela vous semble-t-il approprié ? Cela colle-t-il bien à vous et votre livre ?
-LH : Je suis ravie qu »Ongles » ait été choisi pour démarrer la collection Désordres, j’ai d’autant été ravie et enchantée par la passion et la détermination que mon éditeur français, Laurence Viallet a mis dans la traduction du livre, après l’avoir lu quelques années auparavant. Sans son dur labeur, la traduction aurait pu ne jamais voir le jour et je lui suis donc infiniment débitrice. De plus, en visitant Paris, j’ai trouvé en Laurence une véritable âme soeur. Je suis aussi très flattée et excitée de faire partie du Serpent à plumes, car leur liste d’auteurs est remplie d’auteurs aussi diversifiés que talentueux. Tous les gens de cette maison possèdent une verve réelle et un enthousiasme pour l’écriture, ce qui me rend encore plus heureuse. Et enfin, la cerise sur le gâteau fut d’être traduite par Alain Defosse, traducteur très respecté d’entre autres : « American psycho ».
-Une des dernières histoires du livre, à propos de ce terrifiant soldat, est peut être la pire de toutes, bien que la dernière ne soit pas mal non plus ; généralement, la première et la dernière histoire d’un recueil donnent la tendance générale d’un livre et de son auteur, un peu comme un disque aussi : êtes vous d’accord avec ceci pour « Ongles » ?
-LH : J’ai rencontré mon éditeur britannique Kevin Williamson pour discuter de l’ordre d ‘apparence des nouvelles, mais franchement, je ne rappelle plus trop ce qui s’est décidé ce jour là. J’étais toujours dans un rêve d’incrédulité comme quoi j’allais être publiée et, comme dans un rêve, il y a des passages dont je ne me souviens plus ! Dans la version anglaise, l’histoire du soldat est la denrière. Peut être que si un lecteur lit ceci en premier, ça lui filerait la frousse et lui ôterait l’envie de lire le reste du livre ! Je pense que les éditeurs savent plus le bon ordre pour rendre les nouvelles plus efficaces que les auteurs, qui sont probablement trop proches de leur livre pour décider.
-Que feriez vous si vous n’étiez pas écrivain ?
-LH : Avant de l’être, j’ai fait pas mal de boulots dans les bureaux, l’administration, un magasin de disques classiques, d’autres magasins aussi, effectuant des sondages pour les centre des impôts, et de l’intérim. Si je n’étais pas écrivain, je prendrais sans doute des voix différentes : j’adorerai être cuisinière !
-Quels sont pour finif vos goûts en matière musicale ?
-LH : Mes goûts en musique sont divers et variés, un pot-pourri de toute la musique que j’ai aimé durant ma vie. Enfant, ma mère m’amenait voir des opéras, des ballets, des comédies musicales, j’ai étudié la piano, aussi, jusqu’à l’âge de dix ans, j’ai surtout aimé le classique. Les premières cassettes que j’ai achetées étaient soit du classique soit des musiques de films-John Barry, la musique des « Dents de la mer », des compilations de B.O, des orchestrations de musique populaire. Ma mère louait une chambre à des étudiants, et j’écoutais leur musique à travers les murs en pensant que ce n’était guère que de l’ignoble boucan. Je réalise à présent qu’ils écoutaient les Stones, Queen et tous les groupes classiques des années 70 que j’adore à présent. J’ai perdu ma « Virginité pop » avec Abba. Je les ai vus gagner le concours de l’Eurovision avec respect et n’ai jamais changé d’avis depuis. La « Fièvre du samedi soiré arriva tôt après, et m’a introduite aux Bee Gees et plus généralement à la dance music des années 70. A ce moment là, mon oncle m’a offert mon premier disque des Beatles. Dès lors, j’ai collectionné compulsivement les 45 tours et albums, rattrappant le temps perdu. J’ai développé la même obsession pour pas mal de groupes, et de fait acquéri l’ensemble de leur discographie, mais aussi les démos, les promos, les picture discs colorés, avec l’argent de poche de ma distribution quotidienne de journaux. J’ai suivi les vagues au fur et à mesure de leur apparition-le punk, la new wave, le ska, le reggae, le hard rock. Arriva l’adolescence, et, de ce jour, pour toutes les personnes dont je suis tombée amoureuse ou en admiration, j’ai assimilé leurs goûts musicaux, ce qui me donna successivement accès à des tas de gens dont je n’aurais jamais connu l’existence autrement, dans pas mal de styles : jazz, blues, Tom Waits, Ella Fitzgerald, Eartha Kitt, heavy metal, rock, folk, country, rap, dance moderne, Bob Dylan, Franck Zappa, etc etc. ET les groupes que j’aimais, j’écoutais aussi la musique qui les avait eux mêmes influençés. Durant huit ans, j’ai travaillé tous les samedi dans une boutique de disques classiques, le plus long petit job sans doute répertorié !, et par ce biais, je développais encore mon amour pour le classique, grâce aussi à la réduction de prix pour le personnel ! Et, de fil en aiguille, mon goût musical s’est affermi, et ce sera comme ça jusqu’à ma mort ! Je trouve toujours que les meilleurs façons de découvrir des musiques nouvelles sont les amis, les amants, les gens que j’admire et qui me parlent de leurs goûts ,les musiques de films, les juke boxes, les gens que je rencontre, les endroits que je découvre. Et puis, grâce aux progrès du CD, je rachète toute ma collection d’anciens disques, plus les musiques d’autres décades, que l’on trouve pour pas cher. J’aime la nature organique du goût musical. J’adore sa façon d’exprimer des émotions précises et personnelles, et en même temps, des milliers de gens peuvent dire que c’est « leur » chansons, sans contrainte de culture ou de nationalité que ce soit. Ca traverse tous les clivages. Ca fait les gens se sentir un seul et même individu, et je crois que c’est le medium le plus puissant. C’est la seule chose qui, de par sa nature même, fait sa propre publicité : elle est son propre jingle !
-Etes une fan de musique ? Allez vous aux concerts, par exemple ?
-LH : Je n’aime pas les foules, alors, ça ne m’a pas incité à aller à autant de concerts que j’aurais
aimé. Si un groupe ou un chanteur que j’aime vraiment passe, alors je ferai un effort. J’aime beaucoup les concerts, ce sont des expériences uniques. En prenant de l’âge, c’est une joie de rencontrer des gens nouveaux et découvrir que vous étiez au même concert des années auparavant. Et aussi, lorsque les groupes jouent de nouveaux morceaux avant de les enregistrer, on est au concert en tant que partie de l’expérience, et, une fois les morceaux gravés, je me sens comme étant un peu partie de leur création.. je me suis forçé à aller voir plus de concerts récemment, et les ai tous appréciés. Comme lors des matchs de foot, le public est une part importante de l’expérience. Une superbe nouvelle salle s’est ouverte à Edimbourg, l e « Corn Exchange », qui est très spacieuse et parfait pour quelqu’un souffrant de claustrophobie ! Aussi, j’ai tendance à systématiquement y aller quand quelqu’un que j’aime y passe. De plus, c’est au bout de ma rue, ce qui est un plus certain ! Mais, hélas, la plupart de mes groupes favoris se sont séparés ou ne tournent pas très souvent. J’adore voyager pour un week end avec un bon concert à la clé.
-Quels sont vos prochains projets ?
-LH : En ce moment je travaille sur une nouvelle série de ...nouvelles ainsi qu’un roman, commandés par Canongate, mais aussi un certain nombre d’histoire pour divers anthologies, et un projet de scénario en partenariat avec le festival WOW de Liverpool avec Jimmy McGovern, Irvine Welsh, Chrissie Glazebrook et Kevin Sampson.
-Comment êtes vous venue à l’écriture ?
-LH : J’ai toujours été prolifique au point de vue de la rédaction de courrier et, lorsque j’ étais étudiante, j’ai vécu avec un poète pour qui je tapais à la machine et envoyais ses oeuvres à divers magazines. Je me suis du coup intéressée à tout le processus de l’écriture et, surmontant mes craintes, décidais de tenter moi même l’aventure. J’ai ainsi certains de mes affreux poèmes publiés dans des magazines. Puis je suis allée avec un ami à une lecture du magazine Rebel Inc, et j’ai été impressionnée par le réalisme et les voix des participants, voix auxquelles je pouvais m’identifier. J’ai alors décidé d’essayer d’écrire une histoire et de la soumettre à Kevin Williamson, éditeur de Rebel Inc. Il accepta de la publier dans le magazine, et n’a cessé dès lors d’encourager mes écrits, cautionnant abondamment « Nails » et mon roman » Born free » jusqu’à l’impression finale de Rebel Inc.
-Question basique : quels furent et sont vos auteurs d’influence ?
-LH : En même temps que trouvant le courage d’écrire à propos d’Edimbourg et de l’Ecosse en usant des dialectes et dialogues réalistes, Irvine Welsh, James Kelman, Alasdair Gray furent des influences énormes. J’ai toujours aimé Raymond Carver et ses histoires pour leur structure, les petits détails de la vie ordinaire et leurs puissants personnages. Patricia Highsmith aussi, dont le style intense et psychologique d’écriture, ainsi qu’un merveilleux ouvrage de référence qui est « bâtir et écrire une histoire de fiction à suspense », m’ont également beaucoup influençé. Mais aussi Zola, Charles Bukowski, Dan Fante, DH Lawrence, Hanif Kureishi, John Fowles, Ian McEwan, et quelques milliers d’autres. Plus des centaines d’écrivains en herbe qui peuplent les anthologies. J’adore découvrir des choses superbes, inspirantes et non publiées. J’adore aussi les scénaristes comme Alan Bleasedale, Jimmy McGovern, Todd Solondz, Mike Leigh, Shane Meadows, Paul Laverty, Alan Benett, etc.
-Peut on parler d’une école Ecossaise moderne d’écrivains, d’un avant et d’un après Irvine Welsh, par exemple ?
-LH : Mis à part la fiction Ecossaise classique, Burns, Stevenson, Muriel Spark, etc, mon premier contact réel avec la fiction contemporaine de cette région se fit au travers des écrits de James Kelman, Alasdair Gray, Janice Galloway et Agnes Owen à la fin des 70’s et au début des 80’s. Des livres comme « Hines, le conducteur de bus » et « 1982 Janine » furent les premières occasions au cours desquelles je pouvais me retrouver totalement dans des personnages Ecossais au sens moderne du terme. Je vois en ces auteurs particulièrement la responsabilité de la force du processus qui déboucha finalement sur cette génération moderne et géographiquement diversifiée d’écrivains : Ian Banks (Fife), Welsh (Edinburgh), Alan Warner (Argyll), Al Kennedy (Dundee), Ali Smith (Aberdeen), Duncan McLean (Orkney), Gordon Legge (Grangemouth). Les médias adorent regrouper les écrivains modernes, prétendant par exemple qu’ils représentent « L’école d’écriture d’Edimbourg », mais en fait, La littérature Ecossaise est diverse et variée et les auteurs, bien qu’étant solidaires les uns des autres, ont tendance à travailler en autonomes.
-Pourquoi au départ ce choix de la nouvelle ?
-LH : J’ai commençé par écrire des nouvelles : j’aime leur format et le fait que l’on possède un produit fini assez rapidement, sur lequel on peut revenir ensuite. C’est aussi une façon d’expérimenter différents voies et styles d’écriture. J’aurais trouvé beaucoup trop intimidant de m’embarquer d’abord sur un roman, car c’est un procédé beaucoup plus introspectif et qui prend énormément de temps. Je voulais d’abord apprendre mon métier, et les nouvelles permettent l’apprentissage.
-La nouvelle est l’art de la concision : plus que « faire de la littérature », votre propos semble davantage est de taper du poing sur la table ?
-LH : Mes premières histoires, avec le recul, manquaient probablement de subtilit é, mais, comme je l’ai dis précédemment, c’était surtout des tirs d’essai. Si je devais revoir ces histoires à présent, je trouverais surement d’autres façons d’exprimer certains choses plutôt que de sauter automatiquement à la gorge. D’un autre côté, j’aime ce façon brute et franche. J’ai tendance à préférer lire des choses qui te crient à la figure, pour ainsi dire, et de les écrire, par la même occasion.
-D’où vous vient l’inspiration : de l’expérience personnelle ? Des histoires des amis et de la famille ? De l’actualité ?
-LH : Tout, en fait : les choses du passé, mes amis, mes connaissances et ma famille, un article de journal, les films, la musique, les incidents aperçus depuis le bus, les rêves, et aussi partager la vie de mes personnages une fois que je les ai crées !
-Ces histoires sont plutôt violentes en général, virtuellement ou dans les faits : comment réagissez vous au sein de ce débat dans lequel les artistes, écrivains, cinéastes, musiciens, sont accusés de répandre la violence à travers leur oeuvre ?
-LH : La violence est répandue partout dans notre vie, appelez là guerre, ou toute forme d’attaque, verbale, émotionnelle, psychologique : c’est un fait reconnu, et ça se produit lorsque la frustration, l’ignorance, la peur et la colère débordent. Les artistes reflètent cette violence dans leurs oeuvres, ils ne l’incitent pas. C’est leur rôle, quelque part, car, pour chaque personne commettant un crime supposé du à l’influence d’une chanson, d’un livre ou d’un film, il en existe des milliers qui achèvent leur catharsis au travers de cette même oeuvre.
-Et l’écrivain a-t-il donc un rôle social, et si oui lequel ?
-LH : Le role de décrire le monde tel qu’ils le voient, y compris toutes choses effacées ou ignorées par les historiens, mais aussi d’encourager et de promouvoir les autres à lire et à écrire...
-Autrefois, l’écrivain public traduisait des idées et des pensées d’autrui sur commande, et davantage au niveau de l’amour et des affaires que de celui çi de la politique. Aujourd’hui, n’est il pas devenu plutôt un bouc émissaire pour les majorités et les minorités silencieuses, celui qui prend les risques pour les autres ?
-LH : Je pense que pendant des siècles, l’écriture fut crée par les privilégiés pour les privilégiés, le principal obstacle étant que peu de monde pouvait se permettre d’obtenir une éducation correcte. A présent c’est plus ouvert, et je pense personnellement que c’est un obligation que de donner leur voix à ceux qui ont été ignorés dans le passé. Les grands thèmes tels que l’amour, les affaires et la politique ont été disséqués, analysés et ont perdu cette mystique qu’ils dégageaient, à tel point que c’est difficile à présent d’écrire à leur propos en des termes aussi élogieux que par le passé, ou sans y ajouter des aspects bien plus cyniques !
-On trouve 10 nouvelles dans ce recueil, autour que d’ongles dans les deux mains ou les deux pieds, et très diverses : pas seulement des femmes, mais des hommes, des enfants des deux sexes en sont les principaux personnages : étais ce un choix délibéré ou bien cela c’est trouvé comme ça ?
-LH : Ce ne fut pas une décision consciente, comme je vous l’ai dit, je n’y avais jamais vraiment pensé avant. L’éditeur a décidé d’appeler la collection « Ongles ». Dans la nouvelle « Ongles », les choses évoluent librement et l’héroïne n’a aucun contrôle sur elles, elle ne sait vraiment pas ce qui lui arrive, elle ne sait pas non plus quoi en penser...
-Quels sont, pour vous, les personnages les plus sympathiques et les plus ignobles de votre histoires et pourquoi ?
-LH : Je crois que c’est surtout au lecteur de décider ça. J’ai de la sympathie et de l’affection pour tous les personnages, car je les ai crées et qu’ils sont du coup comme des enfants terribles à mes yeux. Même les plus méchants et salopards d’entre eux, comme la femme dans « Des chats et des femmes », et la mère, Angie, dans « Born free », je les sens bien, et, honnêtement, j’adore jouer au monstre lorsque je les écris !
-Et desquels vous sentez vous la plus proche ?
-LH : Chaque personnage reflète une partie de ma personnalité. En ce moment, plutôt le gamin de « Routes », qui voyage en bus pour éviter les problèmes familiaux et regarde le monde au travers d’une vitre d’autobus. Il essaie de s’enfuir, mais il a peur d’aller trop loin. Acerbe comme un moyen d’auto préservation.
-Quel serait le lien entre toutes ces histoires ?
-LH : Les personnages, je suppose, sont tous dans des situations qui échappent à leur contrôle, ou qu’ ils ne peuvent surmonter. Ils sont tous un peu aliénés à leur façon, généralement en se laissant aller et se retrouvant de ce fait dans ces situations. La plupart d’entre eux se servent de l’humour pour traverses leurs heures les plus sombres, et je pense que c’est un élément très fort du caractère Ecossais. Ils possèdent aussi une dualité qui les entrainent d’un extrême à l’autre, ce qui est aussi très Ecossais !
-James Ballard, l’auteur anglais de science fiction, m’a dit un jour que le meilleur regard que l’on pouvait avoir sur une sociét é passait par sa fiction, et à plus forte raison par sa science fiction, plutôt que par des écrits réalistes : qu’en pensez vous ?
-LH : Il existe beaucoup de façons d’étudier notre société, et diff érentes sortes de fiction sont parmi elles. Nous possédons aussi la musique, le cinéma, la télévision, les journaux et les magazines, l’expérience vécue et la liberté de voyager et de découvrir par nous mêmes, l’internet, la publicité, le téléphone...Aucun média n’est meilleur qu’un autre. La société possède de multiple façettes, et donc autant de façons de choisir de l’interpréter.
-Peut être entendait il par là que les désirs exacerbés et la violence et la révolt sont plus évidents à faire ressortir de cette façon, et que l’on peut par ce biais dire davantage de choses sans être interrompu par des débats ou de la censure...
-LH : Je suis d’accord, mais il existe beaucoup d’autres domaines ou la censure et les débats ne sont pas des fins en soi. La fiction peut provoquer le débat, et devrait toujours le faire.
-Quel fut l’accueil de « Nails » en Grande Bretagne ?
-LH : Il fut très bien reçu. J’ai fait un certain nombre de lectures et d’ateliers depuis, et j’ai pu ainsi rencontrer beaucoup de mes lecteurs, qui semblent l’apprécier, mais aussi des gens dans la rue qui m’ont dit qu’il l’avait aimé, des gens qui ne lisent pas d’habitude, ce que j’ai trouvé très flatteur.
-Pouvez nous dire deux mots de ce roman, non encore traduit, « Born free » ?
-LH : C’est une série de monologues-le père, la mère, le fils, la fille, racontés dans des chapitres consécutifs sur les effets d’une mère alcoolique sur le reste de la famille.
-Ce roman, « Born free », va être adapté à la télévision Ecossaise : comment le vivez vous et pensez vous que les différents médias sont complémentaires ou plutôt ennemis ?
-LH : Canongate, mon éditeur, a été en contact avec plusieurs boites de production pour discuter de la possibilité de l’adapter au cinéma ou à la télévision mais rien n’a encore été décidé. J’ai discuté avec d’autres auteurs à propos de leurs expériences de leurs livres devenant des scénarios, et ils sont unanimes sur le fait que c’est un processus sauvage et choquant, lorsque l’on voit les moments les plus importants à leurs yeux finir à la poubelle et les moments les moins intéressants montés en épingle au point de signifier parfois l’exact contraire de l’idée de départ. Je pense que les livres qui deviennent des scénarios pour la télé finissent par colporter le message voulu par les producteurs, et parfois fort différent de celui des auteurs...
-Quel serait le rôle de la télévision par rapport au livre ? Toucher un maximum de gens ?
-LH : Votre travail est diffusé pour un plus grand nombre de gens et la télé n’est pas si élitiste, dans le fait qu’elle soit accessible à tous. Elle remplit les blancs de l’imagination que laisse le livre, et je ne toruve pas que ce soit une particulièrement bonne chose, car l’imagination du lecteur est en général beaucoup plus vive et colorée.
-Et en plus, ça trahit donc souvent la pensée de l’auteur...
-LH : C’est ce qui est le plus horrible, même si ça arrive communément. Je pense que c’est une arme à deux tranchants : l’argent est un facteur essentiel, comme le paiement des droits télé pour un livre peut permettre à un écrivain une certaine sécurité financière pour deux ou trois ans. D’un autre côté, une adaptation calamiteuse pour du même coup détruire sa carrière.
-Aujourd’hui, « Nails « est traduit en français au Serpent à Plumes, premier volume de la collection « Désordres » : cela vous semble-t-il approprié ? Cela colle-t-il bien à vous et votre livre ?
-LH : Je suis ravie qu »Ongles » ait été choisi pour démarrer la collection Désordres, j’ai d’autant été ravie et enchantée par la passion et la détermination que mon éditeur français, Laurence Viallet a mis dans la traduction du livre, après l’avoir lu quelques années auparavant. Sans son dur labeur, la traduction aurait pu ne jamais voir le jour et je lui suis donc infiniment débitrice. De plus, en visitant Paris, j’ai trouvé en Laurence une véritable âme soeur. Je suis aussi très flattée et excitée de faire partie du Serpent à plumes, car leur liste d’auteurs est remplie d’auteurs aussi diversifiés que talentueux. Tous les gens de cette maison possèdent une verve réelle et un enthousiasme pour l’écriture, ce qui me rend encore plus heureuse. Et enfin, la cerise sur le gâteau fut d’être traduite par Alain Defosse, traducteur très respecté d’entre autres : « American psycho ».
-Une des dernières histoires du livre, à propos de ce terrifiant soldat, est peut être la pire de toutes, bien que la dernière ne soit pas mal non plus ; généralement, la première et la dernière histoire d’un recueil donnent la tendance générale d’un livre et de son auteur, un peu comme un disque aussi : êtes vous d’accord avec ceci pour « Ongles » ?
-LH : J’ai rencontré mon éditeur britannique Kevin Williamson pour discuter de l’ordre d ‘apparence des nouvelles, mais franchement, je ne rappelle plus trop ce qui s’est décidé ce jour là. J’étais toujours dans un rêve d’incrédulité comme quoi j’allais être publiée et, comme dans un rêve, il y a des passages dont je ne me souviens plus ! Dans la version anglaise, l’histoire du soldat est la denrière. Peut être que si un lecteur lit ceci en premier, ça lui filerait la frousse et lui ôterait l’envie de lire le reste du livre ! Je pense que les éditeurs savent plus le bon ordre pour rendre les nouvelles plus efficaces que les auteurs, qui sont probablement trop proches de leur livre pour décider.
-Que feriez vous si vous n’étiez pas écrivain ?
-LH : Avant de l’être, j’ai fait pas mal de boulots dans les bureaux, l’administration, un magasin de disques classiques, d’autres magasins aussi, effectuant des sondages pour les centre des impôts, et de l’intérim. Si je n’étais pas écrivain, je prendrais sans doute des voix différentes : j’adorerai être cuisinière !
-Quels sont pour finif vos goûts en matière musicale ?
-LH : Mes goûts en musique sont divers et variés, un pot-pourri de toute la musique que j’ai aimé durant ma vie. Enfant, ma mère m’amenait voir des opéras, des ballets, des comédies musicales, j’ai étudié la piano, aussi, jusqu’à l’âge de dix ans, j’ai surtout aimé le classique. Les premières cassettes que j’ai achetées étaient soit du classique soit des musiques de films-John Barry, la musique des « Dents de la mer », des compilations de B.O, des orchestrations de musique populaire. Ma mère louait une chambre à des étudiants, et j’écoutais leur musique à travers les murs en pensant que ce n’était guère que de l’ignoble boucan. Je réalise à présent qu’ils écoutaient les Stones, Queen et tous les groupes classiques des années 70 que j’adore à présent. J’ai perdu ma « Virginité pop » avec Abba. Je les ai vus gagner le concours de l’Eurovision avec respect et n’ai jamais changé d’avis depuis. La « Fièvre du samedi soiré arriva tôt après, et m’a introduite aux Bee Gees et plus généralement à la dance music des années 70. A ce moment là, mon oncle m’a offert mon premier disque des Beatles. Dès lors, j’ai collectionné compulsivement les 45 tours et albums, rattrappant le temps perdu. J’ai développé la même obsession pour pas mal de groupes, et de fait acquéri l’ensemble de leur discographie, mais aussi les démos, les promos, les picture discs colorés, avec l’argent de poche de ma distribution quotidienne de journaux. J’ai suivi les vagues au fur et à mesure de leur apparition-le punk, la new wave, le ska, le reggae, le hard rock. Arriva l’adolescence, et, de ce jour, pour toutes les personnes dont je suis tombée amoureuse ou en admiration, j’ai assimilé leurs goûts musicaux, ce qui me donna successivement accès à des tas de gens dont je n’aurais jamais connu l’existence autrement, dans pas mal de styles : jazz, blues, Tom Waits, Ella Fitzgerald, Eartha Kitt, heavy metal, rock, folk, country, rap, dance moderne, Bob Dylan, Franck Zappa, etc etc. ET les groupes que j’aimais, j’écoutais aussi la musique qui les avait eux mêmes influençés. Durant huit ans, j’ai travaillé tous les samedi dans une boutique de disques classiques, le plus long petit job sans doute répertorié !, et par ce biais, je développais encore mon amour pour le classique, grâce aussi à la réduction de prix pour le personnel ! Et, de fil en aiguille, mon goût musical s’est affermi, et ce sera comme ça jusqu’à ma mort ! Je trouve toujours que les meilleurs façons de découvrir des musiques nouvelles sont les amis, les amants, les gens que j’admire et qui me parlent de leurs goûts ,les musiques de films, les juke boxes, les gens que je rencontre, les endroits que je découvre. Et puis, grâce aux progrès du CD, je rachète toute ma collection d’anciens disques, plus les musiques d’autres décades, que l’on trouve pour pas cher. J’aime la nature organique du goût musical. J’adore sa façon d’exprimer des émotions précises et personnelles, et en même temps, des milliers de gens peuvent dire que c’est « leur » chansons, sans contrainte de culture ou de nationalité que ce soit. Ca traverse tous les clivages. Ca fait les gens se sentir un seul et même individu, et je crois que c’est le medium le plus puissant. C’est la seule chose qui, de par sa nature même, fait sa propre publicité : elle est son propre jingle !
-Etes une fan de musique ? Allez vous aux concerts, par exemple ?
-LH : Je n’aime pas les foules, alors, ça ne m’a pas incité à aller à autant de concerts que j’aurais
aimé. Si un groupe ou un chanteur que j’aime vraiment passe, alors je ferai un effort. J’aime beaucoup les concerts, ce sont des expériences uniques. En prenant de l’âge, c’est une joie de rencontrer des gens nouveaux et découvrir que vous étiez au même concert des années auparavant. Et aussi, lorsque les groupes jouent de nouveaux morceaux avant de les enregistrer, on est au concert en tant que partie de l’expérience, et, une fois les morceaux gravés, je me sens comme étant un peu partie de leur création.. je me suis forçé à aller voir plus de concerts récemment, et les ai tous appréciés. Comme lors des matchs de foot, le public est une part importante de l’expérience. Une superbe nouvelle salle s’est ouverte à Edimbourg, l e « Corn Exchange », qui est très spacieuse et parfait pour quelqu’un souffrant de claustrophobie ! Aussi, j’ai tendance à systématiquement y aller quand quelqu’un que j’aime y passe. De plus, c’est au bout de ma rue, ce qui est un plus certain ! Mais, hélas, la plupart de mes groupes favoris se sont séparés ou ne tournent pas très souvent. J’adore voyager pour un week end avec un bon concert à la clé.
-Quels sont vos prochains projets ?
-LH : En ce moment je travaille sur une nouvelle série de ...nouvelles ainsi qu’un roman, commandés par Canongate, mais aussi un certain nombre d’histoire pour divers anthologies, et un projet de scénario en partenariat avec le festival WOW de Liverpool avec Jimmy McGovern, Irvine Welsh, Chrissie Glazebrook et Kevin Sampson.
(propos recueillis par Jean Paul Coillard)
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