
L'auberge rouge : "Hostel"

d’Eli Roth, avec Jay Hernandez, Derek Richardson, Eythor Gudjonsson, Barbara Nedeljakova, Jan Vlasak, Takashi Miike…
Prod : Mike Fleiss, Eli Roth, ChrisBiggs. Prod exécutifs : Boaz Yakin, Scott Spiegel, Quentin Tarantino. Musique: Nathan Barr.USA, couleurs, 2OO6. 1h35.
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Tourné en 4O jours fort éprouvants, ‘Hostel’, deuxième long métrage d’Eli Roth après le fameux ‘Cabin Fever’, est ce que l’on peut véritablement appeler une synthèse de l’horreur pure. Partant du démarrage classique dans le genre d’un groupe, ici un trio, de jeunes gugusses crétins en goguette ouvrant à leurs dépens la boîte de Pandore, Roth se tient tout au long de l’histoire à un contexte de réalité encore plus effrayant que les monstres de synthèse où tous leurs avatars virtuels pour ados auxquels on est maintenant, hélas, habitués. Et c’est cette réalité de l’inhumain qui rend la chose tout à fait insupportable, cette usine de la mort liée à l’argent et au crime mafieux, renfermant des horreurs sans nom, pour lesquelles certains paient des fortunes. Ces ’clients’, blasés et revenus de tout, ne prennent leur pied, et le reste, tout le reste, qu’en torturant et massacrant des victimes qu’on leur apporte pieds et poings liés. Comme nos trois anti-héros, victimes de leur quéquette, le film, à mi parcours, s’enfonce bientôt, puis de plus en plus rapidement, sur le chemin savonneux de l’innommé sans retour. Macabre, malsain à souhait, ‘Hostel’ est de plus parfaitement construit, filmé, mis en scène et habillé d’une image et d’une musique rendant au mieux la violence inouïe et les aspects crapoteux de la chose. Co-produit par un Tarentino enthousiaste, cet ex assistant de David Lynch a de nouveau parfaitement réussi son coup pour provoquer chair de poule et tachycardie. Un caméo du grand Takashi Miike montre bien également la référence au nouveau cinéma d’horreur japonais, dont la dernière partie est une sorte d’hommage vibrant, en plus de films comme ‘Maniac’ ou ‘Massacre à la tronçonneuse’. Critique à la fois du tourisme narco-sexuel et des réseaux criminels fortement implantés, ‘Hostel’ devrait faire réfléchir à deux fois avant de suivre à l’aveuglette les belles inconnues peu farouches. Comme récemment en région parisienne, ça peut devenir plus que du cinéma. Raw Nerve, la boîte de prod de Roth et de ses complices Yakin et Spiegel, a de nouveau frappé, et cette fois un grand coup. Laissé passer par une censure focalisée sur la guerre en Irak, ‘Hostel’ propose ici une infinité de chambres froides, avec de la place pour tous. Comme quoi, mourir dans son lit n’est pas forcément le plus agréable. Hell awaits…
Jean Paul Coillard
 
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