Hostel: Part II


d’Eli Roth, avec Lauren German, Bijou Philips, Heather Matarazzo, Roger Bart, Richard Burgi…Ecrit par Eli Roth. Produit par Mike Fleiss, Eli Roth et Chris Briggs. Producteur exécutif: Quentin Tarentino. Music: Nathan Barr. USA, 2007, couleurs.



Il ne fait décidément pas bon baguenauder à l’est, en ce moment, quand on est touriste, et surtout jeune, avenant et américain. On y disparaît, facilement, sous l’œil complice de la population locale, puis on est transporté dans une usine désaffectée, férocement gardée, cauchemardesque, transformée en enfer sur la terre, où l’on paie pour tuer : qui a dit que le crime ne payait pas ?

Pendant du précédent, ‘Hostel 2’, mais allant cent fois plus loin, dans l’action, l’humour et la critique, met en scène cette fois-ci un trio de donzelles qui n’ont pas froid aux yeux, mais qui s’apprêtent à avoir chaud partout ailleurs. En parallèle, on assiste à une exploration de l’immonde organisation et des paris organisés pour remporter, aux enchères téléphoniques, le gros lot, hors de prix, qui attendra, ficelé et bâillonné, l’heureux gagnant. Ici, le client est roi. Mais, parfois, il arrive aux têtes couronnées de fouler la poussière, sans que l’on sache forcément d’où vienne le coup.

Influence plus grande encore du producteur exécutif Quentin Tarentino, ses victimes féminines se transformant de rejetons sous McDo en harpies jaillies de ‘Faster Pussycat, Kill Kill’ de Russ Meyer, furies vengeresses, dans la grande tradition des ‘Kill Bill’ et autres ‘Grindhouse’ (Lauren German prenant la suite d’Uma Thurman) dont Roth a par ailleurs signé l’une des fausses bande-annonces. D’autres hommages se retrouvent ici, comme la comtesse Bathory et ses fameux bains de sang (les clients sont d’ailleurs aussi parfois des femmes), ou ‘Le retour des morts vivants’ de Dan O’Bannon ou encore le ‘Silence des agneaux’. Apparition, justement, de Ruggero ‘Cannibal Holocaust’ Deodato, dans une scène croquignolette où il pratique son art culinaire sur fond de musique d’opéra. Pellicule teintée d’un humour macabre et d’un mauvais goût tout à fait réjouissant, qu’on ne peut s’empêcher de suivre, et qui finalement se révèle salvateur pour l’estomac du spectateur, mais aussi regard dénué de toute condescendance envers l’impérialisme américain sur le reste du monde, devenu terrain de jeu et de profit, de par les deux ignobles gagnants, le faux dur et le père tranquille se révélant être le pire bourreau, tous deux issus de ‘Desperate housewives’. ‘Hostel 2’, tourné en Islande, fait décidément chambre à part dans le paysage du film d’horreur moderne, à l’image de son réalisateur, le déjanté Eli ‘Cabin Fever’ Roth, par ailleurs ancien assistant de David Lynch. Ultra violent, choquant, drôle, si, si, féministe, comme l’était d’ailleurs, si on regarde bien, ses précédents films, intelligent, savamment dosé et contrôlé, c’est d’une pelloche furieusement rock’n’roll, ou plutôt totally groovy death metal dont on parle ici, tout comme les dernières productions Lion’s Gate, ‘Saw’ et ‘Devil’s rejects’.

Hey, you wan’ a room, pal? Tout le confort moderne! Prix spécial pour les groupes! Fuck…


Jean Paul Coillard









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