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Il ne fait décidément pas
bon baguenauder à l’est, en ce moment, quand on est
touriste, et surtout jeune, avenant et américain. On y
disparaît, facilement, sous l’œil complice de la population
locale, puis on est transporté dans une usine désaffectée,
férocement gardée, cauchemardesque, transformée
en enfer sur la terre, où l’on paie pour tuer : qui a
dit que le crime ne payait pas ?
Pendant du précédent,
‘Hostel 2’, mais allant cent fois plus loin, dans l’action,
l’humour et la critique, met en scène cette fois-ci un trio
de donzelles qui n’ont pas froid aux yeux, mais qui s’apprêtent
à avoir chaud partout ailleurs. En parallèle, on
assiste à une exploration de l’immonde organisation et des
paris organisés pour remporter, aux enchères
téléphoniques, le gros lot, hors de prix, qui attendra,
ficelé et bâillonné, l’heureux gagnant. Ici, le
client est roi. Mais, parfois, il arrive aux têtes couronnées
de fouler la poussière, sans que l’on sache forcément
d’où vienne le coup.
Influence plus grande encore du
producteur exécutif Quentin Tarentino, ses victimes féminines
se transformant de rejetons sous McDo en harpies jaillies de ‘Faster
Pussycat, Kill Kill’ de Russ Meyer, furies vengeresses, dans la
grande tradition des ‘Kill Bill’ et autres ‘Grindhouse’
(Lauren German prenant la suite d’Uma Thurman) dont Roth a par
ailleurs signé l’une des fausses bande-annonces. D’autres
hommages se retrouvent ici, comme la comtesse Bathory et ses fameux
bains de sang (les clients sont d’ailleurs aussi parfois des
femmes), ou ‘Le retour des morts vivants’ de Dan O’Bannon ou
encore le ‘Silence des agneaux’. Apparition, justement, de
Ruggero ‘Cannibal Holocaust’ Deodato, dans une scène
croquignolette où il pratique son art culinaire sur fond de
musique d’opéra. Pellicule teintée d’un humour
macabre et d’un mauvais goût tout à fait réjouissant,
qu’on ne peut s’empêcher de suivre, et qui finalement se
révèle salvateur pour l’estomac du spectateur, mais
aussi regard dénué de toute condescendance envers
l’impérialisme américain sur le reste du monde,
devenu terrain de jeu et de profit, de par les deux ignobles
gagnants, le faux dur et le père tranquille se révélant
être le pire bourreau, tous deux issus de ‘Desperate
housewives’. ‘Hostel 2’, tourné en Islande, fait
décidément chambre à part dans le paysage du
film d’horreur moderne, à l’image de son réalisateur,
le déjanté Eli ‘Cabin Fever’ Roth, par ailleurs
ancien assistant de David Lynch. Ultra violent, choquant, drôle,
si, si, féministe, comme l’était d’ailleurs, si on
regarde bien, ses précédents films, intelligent,
savamment dosé et contrôlé, c’est d’une
pelloche furieusement rock’n’roll, ou plutôt totally groovy
death metal dont on parle ici, tout comme les dernières
productions Lion’s Gate, ‘Saw’ et ‘Devil’s rejects’.
Hey, you wan’ a
room, pal? Tout le confort moderne! Prix spécial pour
les groupes! Fuck…
Jean Paul Coillard
  
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