-Peux tu nous présenter brièvement le nouvel album d’Ill Nino, ‘Confessions’ : quelles sont pour toi les grandes différences d’avec ‘Revolution, revolucion’ ?
-Laz : Avec cet album, on voulait surtout passer à l’étape supérieure dans la carrière et la vie d’Ill Nino, et, lorsque l’on a commençé à parler d’écrire ce nouvel album, on savait tous que nous devrions passer à un autre niveau dans notre musique et notre vie : on voulait davantage de mélodies, mais Ill Nino reste néanmoins un groupe de metal et le sera toujours : on désirait incorporer davantage de mélodies, de percussions, beaucoup d’idées plus définies, et je pense que ce nouvel album est plus concentré, autant que faire se peut, sur ce que nous voulions réellement exprimer : le groupe traversait une période d’évolution et, ces trois dernières années, quand vint le moment d’écrire l’album, nous avions rassemblé toute l’inspiration nécessaire et toutes ces idées qui on traversé nos vies, et, les deux dernières années, nous avions tout ce qu’il fallait : monte le volume et laisser jaillir la musique ! Et voilà le résultat.
-Le fait de tourner intensément pendant deux ans a surement du influencer votre façon de composer ?
-L : Oh, absolument, bien sur : d’abord, quand tu tournes, tu es loin de chez toi tout le temps, et c’est une sensation très profonde pour beaucoup d’entre nous que c’est la première fois que l’on passe une si longue période loin de chez soi, et il faut s’occuper, tout en étant loin, de tout ce qui peut s’y passer alors que tu es parti : c’est parfois difficile et ça change un petit peu une personnalité en changeant ta façon de penser ; on se distancie de certaines choses et aussi on devient plus proche des gens avec qui on est tout le temps, et du coup, ces dernières années, on s’est beaucoup rapprochés, on a developpé la confiance les uns dans les autres et aussi dans notre capacité musicale et dans notre écriture, et du coup tout le monde dans le groupe s’est senti plus à l’aise les uns avec les autres lorsqu’arriva le moment d’écrire ‘Confession’, qui fut vraiment écrit comme un groupe, ce qui était très rassurant sur le fait que nous pouvions le faire ! Lorsque notre premier disque est sorti, on avait meme pas le temps d’y penser, on devait juste se depecher et continuer. Il y a un tas de choses que j’aurais voulu changer sur cet album lorsqu’il est sorti, mais, en regardant en arrière, je crois qu’il est parfait comme il est, je n’y changerai plus rien, et maintenant le nouveau est là, ce qui a donné l’opportunité d’y mettre ce que l’on voulait : aujourd’huin on sait comment se dépeindre soi meme et ce disque possède un peu de l’individualité de chacun d’entre nous.
-C’est un super album, et on peut bien sentir la progression entre les deux disques...
-Laz : Oh, merci! Nous avons déjà des échos positifs sur l’album, et c’est très valorisant, lorsque ton dur labeur a été apprécié. C’est un sentiment très agréable.
-Un nouveau membre est apparu au sein d’Ill Nino, Ahrue Lester de Machine Head : comment est ce arrivé ?
-Laz : Nous étions déjà amis avec Ahrue, et meme potes avec tous les membres de Machine Head : nous avons fait deux tournées avec eux, une aux Etats Unis et une en Europe, et au travers de ces tournées s’est devéloppée une amitié et un fort respect pour la musique des autres, en tant que musician et en tant que personnes, ce qui est plus important. Donc nous étions de ‘vieux amis’ et, quand nous avons découvert que Mark ne resterait pas dans le groupe pendant l’enregistrement, on a simplement appelé Ahrue car nous savions qu’il avait quitté Machine Head et qu’il était libre : on lui a demandé s’il ne voudrait pas venir taper le boeuf ici avec nous, ce dont nous n’étions pas vraiment sur parce qu’il était sur la cote ouest et nous sur la cote est. Il a dit qu’il viendrait une semaine et verrait comment les choses se passent. IL est venu pour cette semaine...et n’est jamais reparti ! Musicalement, il nous savait embetés, et, comme il a toujours été fan du groupe et que nous avons toujours été fan du sien, tout a été très cool et ce fut vraiment quelque chose de spécial de le voir débarquer avec nous.
-Musicalement, qu’apporte-t-il au groupe ?
-Laz : En fait, il est arrivé assez tard, alors que l’album était pratiquement écrit, et du coup nous n’avons guère eu de temps pour etre créatifs ensemble mais nous avons pris celui de l’intégrer au disque. Mark a commençé à fabriquer l’album, huit morceaux, et ensuite nous avons pu raccrocher Ahrue à la queue du train pour faire les derniers morceaux, ainsi que Jardel, notre guitariste, et donc je pense que c’était très important qu’il pose ses marques sur ce disque.
-Comment s’est porté le choix sur Bob Marlette ?How did you choose Bob Marlette to produce the lp ?
-Laz : Bob voulait travailler avec le groupe pour notre premier disque, ce qui est déjà quelque chose, et, quand le nom Bob Marlette est revenu sur le tapis, il a redit son souhait de bosser avec nous. C’est quelqu’un qui aime vraiment Ill Nino, meme avant que l’on sorte des disques, en fait carrément depuis le début. IL était fan bien avant que l’on ait du succès, alors voyons ce que ça donne ! Alors on s’est rencontré, juste une semaine au début pour juger du feeling entre les uns et les autres, et il a semblé etre la bonne personne. IL possède cette capacité à se fondre dans le groupe, à entrer dans notre monde et devenir une part de notre cercle, contrairement à quelqu’un qui serait vraiment extérieur, comme d’autres producteurs à qui nous avons parlé, qui restaient davantage en retrait pour regarder dedans. ET puis aussi nous respectons beaucoup Bob Marlette, qui est aussi un musicien et un compositeur, qui peut jouer d’un tas d’instruments et qui possède une grande faculté de mélanger les choses entre elles et je pense qu’il a fait un super boulot, je suis heureux que nous l’aillions choisi. C’était aussi un plaisir de l’avoir avec nous, c’est un type adorable et on a vraiment pris du bon temps. Bien sur, Dave Chavarri a co produit avec lui et il a meme produit certaines choses tout seul, ce qui advint quand, vers la fin de l’enregistrement, on s’est senti inspirés pour continuer : on a appelé le label, Bob Marlette devait déjà partir pour un autre projet et nous l’avions déjà retenu longtemps. Le label a dit : “ On ne peut pas garantir que ces nouvelles choses seront sur l’album mais on vous donne deux semaines supplémentaires et, si ca fonctionne vraiment bien, on en reparlera ”. C’était très sympa de la part de notre label de nous donner cette chance, et ces deux semaines ont donné de super morceaux, qui se sont retrouvés sur le disque, avec celles que Dave avait produit.
-Ill Nino est également le nom d’un cyclone, mais l’album contient il d’autres sujets spéciaux que vous auriez à ...confesser ?
-Laz : Eh bien, le sujet entier de l’album revient à confesser nos propres histoires, et sur ce disque, je pense que Cris Cris exprimait des choses qu’il ne partageait avec personne, mais s’est senti à l’aise pour les partager avec nos fans, des choses dont il ne parlerait normalement à personne, mais il a commençé a pas mal exposer sa vie, ce qui finit par une confession : au lieu d’aller voir un pretre, il est allé voir nos fans, ce qui est l’idée première de tout cela, et avec une certaine sincérité car ce ne fut pas longtemps après que le disque ait été écrit que l’on a trouvé que notre vie y ressemblait, tout ce dont nous n’avions jamais parlé avant, et on le confesse vis à vis des fans, et du coup je trouve que c’était plutot cool.
-Envisagez vous de chanter davantage en Espagnol ?Would you consider to sing more in Spanish ?
-Laz : Oui, et on trouve déjà des versions Esapgnoles sur nos disques, mais uniquement en Espagne et en Amérique du sud. Donc, on fait toujours des versions, pas l’album entier, ce qui serait super, mais nous n’avons pas atteint ce niveau où nous pouvons nous permettre d’appeler notre label pour leur dire que nous voudrions faire une version Espagnole de notre album. Nous n’avons pas l’opportunité d’avoir ce type de bugdet, et d’ailleurs la demande n’est pas si forte.
-Vous avez un morceau sur la B.O du film ‘Freddy versus Jason’ : peux tu m’en dire plus ?
-Laz : On était en studio et on avait déjà fait deux morceaux que l’on a envoyé à Roadrunner : ils ont écouté et pensé que ce serait une super idée d’utiliser le titre phare de l’album. Et on a pensé, lorsqu’ils nous ont parlé de Freddy contre jason, que les derniers films de Jason et de Freddy s’étaient écrasés lamentablement et tout le monde semblait s’en foutre aujourd’hui, mais on a quand meme trouvé ça cool parce qu’on a grandi avec ces personnages, tous les gens qu’on connaissait regardaient ces films d’horreur. Alors, on l’a fait en pensant juste que c’était cool et on y a plus guère pensé. Le morceau était pret pour le film, les gens du label trouvaient qu’il était parfait pour le film, et ensuite on a entendu que le film était premier au box office la semaine dernière aux Etats Unis! Tout le monde nous appelait, et du coup c’est devenu une grosse histoire aux Etats Unis, ce film d’horreur devenant numéro un dans le pays! Donc, je pense que ça a marché ; c’est un peu plus spécial que l’on l’avait imaginé. J’adorerais écrire une bande sonore pour un film mais je n’en ai pas encore eu l’occasion. Dans le future, ce serait dément !
-Si Ill Nino était un film ?
-Laz : Probablement un film appelé ‘The warriors’ ( en Français : ‘Les guerriers de la nuit’ , ndlr), qui parlait des gangs de New York des années 80.
-Peux tu citer quelques disques qui ont changé ta vie ?Could you tell some records which changed your life at a time ?
-Laz : The Ramones furent très important dans ma vie, et ‘Rock’n’roll high school’ fut un des premiers disques que j’ai jamais acheté ; Iron Maiden à une époque, quand j’étais gosse ; les groupes hardcore New Yorkais comme Agnostic Front et the Cro Mags, les Bad Brains, et plus tard Jane’s Addiction.
-Un disque auquel tu aurais adoré participer ?
-Laz : L’album de Jane’s Addiction ‘Nothing shocking’ : je pense que c’est leur meilleur et j’adore la façon de l’approche dont le disque est basé sur l’écriture de la basse : celle çi ne se contente pas de soutenir le rythme, elle est aussi un élément important du morceau, les mélodies des morceaux sont aussi beaucoup basés sur la basse, je trouvais ça génial, et j’aurais adoré meme juste joué un concert ou un morceau ! Le groupe était super, les musiciens étaient super, les morceaux aussi, et jusqu’à la pochette.
-Le site web du groupe est il important pour toi ? Que penses tu de ce média ?
-Laz : Internet est devenu l’une de nos principales sources d’information : on ne garde plus d’encyclopédies à la maison de nos jours, on va sur le Net pour trouver les choses. Je pense que c’est très important et nous essayons de nous occuper davantage de notre site aujourd’hui, on est d’ailleurs dans un processus de refonte, l’améliorant et le rendant un peu plus spécial :tout le monde est en ligne à présent, ça augmente sans cesse, c’est une façon d’obtenir des infos sur les groupes et surtout sur nous, et d’entendre des trucs à propos d’eux, l’accès est facile et pas très dur à trouver, on a qu’à taper le nom du groupe et un tas de sites apparaissent. C’est aussi très important pour la musique : il existe un débat actuellement pour savoir si cela tue l’industrie du disque : moi, je pense que ça aide les groupes à grandir et prendre de l’ampleur. Le gros truc, avec l’industrie du disque, est que les albums sont téléchargés et les labels ont l’impression de perdre de l’argent, mais j’ai le sentiment que lorsque les fans aiment vraiment quelque chose, ils l’achèteront de toute façon, et s’ils n’aiment pas, ils n’achèteront de toutes façons pas. Et aussi, les kids peuvent accèder à la musique meme s’ils n’ont pas les moyens d’acheter, parce qu’ils ont des potes qui ont des ordinateurs, et je préfère que ces gamins aient notre musique par ce biais plutot qu’ils ne l’ait pas du tout. Mais j’ai le sentiment que lorsque les fans aiment vraiment quelque chose, ils se le procureront : si tu es fan d’un groupe, tu économises et te paies le truc total, ce que voudraient tous de toutes façons. Donc, je pense que ça aura été utile. On dit qu’il y a une chute des ventes de disques, et c’est aussi une bonne chose parce qu’ainsi les compagnies de disques ne peuvent plus vendre de mauvaise musique : maintenant, tu vas en ligne, tu écoutes et tu sais que tu n’en veux pas !
Mais si au contraire c’est bon, ce sera ok. C’est une tradition dans les labels de suivre les tendances : s’ils voient un Linkin Park, ils vont se mettre à signer tout ce qui sonne comme Linkin Park. Qu’advient il de l’originalité du départ? On est censé démarrer de nouvelles choses, et maintenant, tu as 29 groupes qui sonnent comme Linkin Park et que tu ne peux différencier, c’est scandaleux ! Et tout ça par gout du lucre. Mais c’est un commerce, ils ont leur point de vue, et c’est très dommage, car pour nous, c’est de l’art.
Ne manquez pas le Roadrage Tour 2003, le 13 octobre à l’Elysée Montmartre avec Ill Nino, Chimaira
et Spineshank.
Visite the Ill Nino Website : www.illnino.com.
Propos recueillis à Paris par Jean Paul Coillard.
Trad : JP et Marie Lecocq


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