Impaled Nazarene


Le pal, finalement, c’est un truc que Mika et sa bande connaissent bien : crucifiés sur l’autel d’un prétendu nazisme, les Finlandais subissent depuis toujours les mêmes attaques, s’intensifiant même depuis quelques années, au point de les mettre pratiquement hors la loi. Une fois de plus, Impaled revient de loin : menacé, interdit, fauché, volé, perdant un membre dans la bagarre, I.N crache son nouveau cri de désespoir à la face du monde. Une fois de plus, un des groupes les plus importants de la scène extrême internationale se voit mis à l’index, alors qu’il sort, au plus fort de ses blessures, l’un de ses meilleurs albums, ‘Manifest’. Mais, comme les 300, s’ils meurent dans la bataille pour n’avoir pas voulu plier, ils entreront dans la légende. Si Impaled est devenu un parfait bouc émissaire pour les uns et pour les autres des grands penseurs de notre époque, il faudrait ne pas oublier que c’est également une foutue machine de guerre, un très grand groupe de rock’n’roll, quel que soit le nom ou l’étiquette qu’on lui donne. Fuck off and die, as they say…


-La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, la tournée prévue semblait fort compromise: que s’est il passé finalement?

-M : On est bien partis en tournée, mais celle-ci a viré au cauchemar sorti du plus profond des enfers. Les concerts ont été annulés en Allemagne, en France, en Pologne, en Autriche, en Suisse. Notre tourneur a fait faillite entretemps et on s’est retrouvés avec une tonne de dettes. On peut suivre toute l’histoire dans le détail sur notre site, www.campnazarene.com


-Après ça, le matériel du groupe a été volé, Tuomio a perdu sa guitare en Angleterre et le tourneur a fait faillite: penses tu que ce groupe soit damné?

- Oui, absolument. Mais nous n’abandonnerons pas, nous nous battrons jusqu’au bout!!!


-Reçois tu toujours des menaces via Internet?

- Ici en Finlande, comme tu l’as probablement vu dans les journaux, il y a eu cette histoire de tireur fou. Naturellement, ce trou du cul abruti était un de nos fans. Du coup, il se trouve des gens ‘normaux’ pour nous écrire quotidiennement que nous sommes dangereux et devrions être interdits et que c’était notre faute si le gars avait tué huit personnes avant de se suicider.


-Après tout ça, Tumio a quitté Impaled: peux tu nous parler de son remplaçant?

- Tuomio est parti après l’enregistrement de Manifest, il a joué sur l’album et a aussi composé dessus. Notre nouveau guitariste s’appelle UG, et on le connaît depuis sept ans. Il a été notre technicien pour la guitare et notre guitariste de session depuis des années. Sa première tournée a été celle qu’on a faite en France pour Nihil. Ce fut un changement de line up très facile, UG connaissant déjà nos morceaux, il n’avait rien à apprendre. C’est un type super ainsi qu’un grand guitariste.


-As tu de vrais plans pour tourner dans un avenir proche?

-On ne peut rien planifier avant de savoir si l’on pourra jouer en Allemagne ou pas, c’est la triste réalité. On vient juste d’apprendre que le show qu’on devait donner là bas fin décembre, pour le Devil´s Revenge festival n’aura pas lieu parce qu’on y est à nouveau proscrits. L’avenir ne semble guère radieux.


-Parlons à présent de ton nouvel album, ‘Manifest’: c’est le plus varié depuis Suomi Finland Perkele. Y a-t-il une raison?

- C’est arrivé comme ça, on ne prévoit jamais rien à l’avance. On n’écrit jamais ‘en tant que groupe’, on écrit chacun chez soi, puis on se rencontre en répétition et on décide de ce qu’on garde ou pas. On n’a pas travaillé comme ça depuis 1996. Ce disque est plus varié et plus dynamique et j’en suis très heureux. On ne fait jamais deux fois le même disque.


-Sur deux morceaux, tu chantes d’une façon inhabituelle: pourquoi, et est ce là un nouveau chemin à explorer pour toi ?

- Ces morceaux avaient besoin d’un petit ‘extra’ de ma part, et j’ai donc décidé de travailler certains vocaux death et grind pour ce faire, pour épicer le truc. Je ne suis pas un très grand chanteur, je ne peux pas faire de chant clair du tout, aussi, je dois me cantonner dans le cadre de mes possibilités.

-Tu n’as pas écrit grand-chose sur cet album, je suppose donc que tu as un tas de matériel pour le suivant ?

- Je pense sérieusement que mes morceaux ne cadrent pas avec le son actuel d’Impaled, aussi peut être ferais je un album solo un de ces jours, parce que je veux vraiment les sortir.

-La colère est une énergie, mais aujourd’hui, te sens tu davantage en colère ou déçu de toutes ces attaques perpétuelles envers le groupe?

-Je suis toujours fichtrement énervé. On a perdu beaucoup d’argent et des tas de super concerts. Dommage aussi pour les fans. Il n’y a vraiment rien que l’on puisse faire contre toute cette merde, nous sommes un petit groupe sur un petit label et on n’a pas les moyens de se défendre au tribunal, malheureusement.


Propos recueillis par e-mail en novembre 2007 par Jean Paul Coillard.

Merci à Nicolas d’Osmose et à Mika, of course.






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