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-‘Sense of purpose’ vient après
un ‘Come Clarity’ davantage basé sur les guitares que le
précédent, sans ballades comme ‘Evil in a closet’ :
mais quelles sont à tes yeux les principales différences
d’avec ‘Come Clarity’?
-B: Pour nous, c’est toujours
assez difficile de voir la différence, parce que nous écrivons
nos albums de la même façon. Par contre, ce qui change à
chaque fois, ce sont les arrangements et la manière dont on
aborde les différents sujets. Cette fois, également,
tout le monde est impliqué dans l’écriture et la
conception de l’album, pas seulement Anders et moi. Tout le monde y
a mis son grain de sel, et tout est vraiment mieux comme ça.
De plus, nous travaillons maintenant dans notre propre studio, ce qui
facilite pas mal les choses et détend beaucoup l’atmosphère,
vu qu’il est situé près de chez nous. On peut donc
rentrer à la maison tous les soirs, et c’est impeccable !
-Tu considérais ‘Come
Clarity’ comme une sorte de best of du groupe. Comment définirais
tu celui-ci?
-B: Je ne veux pas catégoriser
cet album, surtout parce que les gens ont trop tendance à le
faire à notre place! Disons simplement que ce disque est comme
un sampler de ce que nous sommes à ce moment précis,
dans le présent, humainement et musicalement. Nous avons
énormément tourné, et on a beaucoup appris au
cours de ce processus, ce qui influe véritablement sur
l’écriture et les arrangements de nos morceaux, nourris de
nos expériences.
-Vous avez tourné l’année
dernière avec Slayer, au sein de l’Unholy Alliance tour :
comment étais ce?
-B: Nous sommes fans de Slayer
depuis pratiquement leurs débuts, et on a bien sûr
sautés sur cette opportunité de partager la scène
avec un grand groupe comme eux, doublé, en plus, de gars super
sympas. C’est quelque chose qui ne se refuse pas ! On avait
déjà tourné avec eux, et on recommencera si on
nous le propose.
-Vous deviez être épuisés
après ça! Et vous voilà repartis pour en
remettre un coup, avec le Gigantour et Megadeth!
-B: Oui, on a été
ravis d’accepter, parce qu’on adore Megadeth, surtout moi, en
tant que guitariste. Je suis pote avec Marty Friedman depuis
longtemps, et même s’il ne fait plus partie du groupe, on
aime toujours ce qu’ils font, c’est un groupe de musiciens, par
un chanteur avec un backing band. Je crois qu’avec le Gigantour,
Dave Mustaine veut créer comme une alternative à la
Ozzfest, qui monopolise un peu l’attention générale.
De plus, comme il y a moins de groupes, on pourra jouer plus
longtemps, ce qui est rarement le cas dans les festivals.
-Vous êtes séparés
durant de longues périodes de vos familles: la production,
d’autres groupes serait elle une solution pour toi dans le future,
pour pallier à ce manque?
-B: Oui, peut être, un
jour, en effet. J’adore être en studio. J’ai travaillé
sur la production de l’album de Degraded, et je m’y suis impliqué
à tous les niveaux. J’aime vraiment ça. Mais j’espère
qu’In Flames durera le plus longtemps possible, même si ce
n’est pas pour encore quinze ans !
-Jesper et toi
jouiez dans All Ends, et Anders avait son side project, Passenger. Il
a dit qu'il lui avait permis de prendre confiance dans ses capacités
de chanteur. En est-il de même pour toi ?
-B: All Ends était un
side-project monté uniquement pour le plaisir, mais aussi faut
il avoir le temps de s’en occuper sérieusement! En fait,
j’ai surtout écrit pour eux, et tâté des
manettes, pas vraiment joué. Ce qui était intéressant,
c’était de voir une façon de travailler différente
d’avec nous. Mais In Flames restent notre priorité : on
a tous que vingt quatre heures par jour !
-Derek Hess à signé la
pochette et le livret de ‘Come Clarity’: cette fois, c’est au
tour d’Alex Pardee, qui a brillamment bossé avec, entre
autres, The Used. Qu’apprécies tu
dans son travail?
-B: Ce que j’apprécie
vraiment, outre les dessins en eux-mêmes, c’est sa facilité
à brosser tout ce qu’il veut, mais aussi à réussir
à traduire la musique d’un groupe au travers de ses dessins,
ce qui n’est vraiment pas évident. On peut argumenter sur le
fait que la pochette de « Sense of Purpose » ne
soit pas vraiment metal, mais on s’en fout, on l’aime vraiment
comme ça, on la trouve très fun et elle est très
belle.
-Anders a dit que la majorité
des membres du groupe sont père de famille, mais qu’In
Flames est en quelque sorte un autre bébé, de qui l’on
doit s’occuper tout autant: lequel est le plus jaloux de l’autre
quand il se sent délaissé?
-B: C’est un problème
très aigu : on est musiciens, et on est obliges de les quitter
pour nous en aller jouer partout. C’est toujours une question de
temps, et comment le partager. La vie sur la route est très
dure : on attend énormément, on est transbahutés
dans des tour bus, dans des avions, on poireaute backstage, mais la
contrepartie est lorsque l’on monte sur scène. Là,
c’est magique, et ça fait oublier tout le reste.
-A nouveau, vous avez vous-mêmes
produit cet album?
-B: Oui, avec l’aide de Toby
Wright, qui a mixé l’album. Nous savons tout à fait
ce que nous voulons nous même, au niveau de la prod, mais nous
avons fait appel à lui pour voir comment un américain
pouvait nous faire sonner. Pas pour ressembler à des
Américains, mais parce qu’il savait comment donner une
certaine atmosphère acoustique à nos morceaux, et ça
a très bien marché. Là encore, Daniel Bergstrand
est venu nous donner un coup de main pour enregistrer les parties de
batterie et les vocaux.
-Les textes, cette fois, semblent
plus positifs, notamment dans des morceaux comme ‘I’m the
highway’ ou ‘The chosen pessimist’
-B: Je ne dirais pas qu’ils
sont si positifs que ça, mais plutôt qu’ils sont
encourageants, comme tu l’as dit. Ils sont davantage cyniques que
positifs, les choses ne sont pas dites d’une façon
charmante. Mais l’intérêt est d’encourager
l’auditeur à agir et réagir dans ce qu’on pourrait
appeler le bon sens, se prendre en charge, par exemple, et ne pas
gober tout ce que l’on entend partout.
-Que penses tu de la reformation
d’At The Gates et de Carcass?
-B: Je suis moins fou de Carcass
que d’At the Gates. Ces derniers sont de vieilles connaissances, et
ils ont été une énorme influence pour nous à
nos débuts, et je pense que « Slaughter of the
Souls » est le meilleur album qui soit sorti de ce que
l’on appelle la scène de Gothenburg. C’est un mélange
parfait, tant au niveau de l’enregistrement que de la qualité
des morceaux. Même dans cette forme d’extrême, ils
arrivent à trouver ce que j’appellerais malgré tout
un certain sens mélodique, ce qui est très fort. J’ai
vraiment hâte de les voir cet été. J’ai entendu
dire qu’ils pourraient faire une tournée plus longue par la
suite.
-"Come clarity” est sorti
avec un DVD en bonus: cela sera-t-il le cas à nouveau cette
fois ci? Vous n’aviez pas l’air très
contents du précédent…
-B: Ce qui s’est passé,
c’est qu’au départ, il n’était prévu que
pour donner quelque chose en plus aux journalistes, pour qu’ils
voient le plaisir qu’on a pu prendre en studio et en jouant. Par la
suite, le label, sans vraiment nous consulter, à décider
de l’incorporer à l’album en bonus, et les gens se sont
mépris sur la qualité de l’objet qui, à la
base, n’était pas prévu pour être largement
diffusé. On va très probablement en mettre un pour ce
nouvel album, mais là, il sera fait dans cette optique, il n’y
aura plus de malentendus !
-15 ans après tes débuts
avec In Flames, comment juges tu le chemin parcouru?
-B: Je suis très
satisfait par tout ce qui s’est passé et tout ce que nous
avons fait, même si, bien sûr, comme tout le monde, il y
a certaines contraintes. C’est le meilleur job que l’on puisse
rêver ! Regarde, hier j’étais à Londres,
aujourd’hui à Paris, demain en Allemagne, il fait beau, et
dans deux jours, je reverrai ma famille et mes amis. J’ai une
chance énorme. De plus, nous avons pris de l’ampleur
graduellement, ce qui nous a permis de conserver les pieds sur terre.
J’ai vraiment adoré notre parcours et je continue !
Propos recueillis le 12 février
2008 à Paris.
Merci à Valérie et
Nuclear Blast


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