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Quels sont, avec le recul, les bons
et les mauvais souvenirs des années Sentenced?
-S.S: Il y en a bien sûr un
paquet, vu que le groupe a existé pendant seize ans. La
plupart sont de bons souvenirs, surtout vers la fin. Je pense que
nous avons réussi à mettre fin au groupe
d’une façon unique et d’une
manière qui collait avec tout ce que nous avons fait durant
toutes ces années et avec tous nos disques. Sortir un ‘album
funéraire’ et faire une tournée d’adieu pour dire
au revoir, tout cela était vraiment parfait.
En dépit du fait de fonder
Kypck, as tu été déçu par le split de
Sentenced?
-Non, la déception n’a
rien à voir avec ça. Nous pensions au split deux ans
avant de prendre la décision finale, et je crois que nous
l’avons assumé à cent pour cent, sans aucun regret.
KYPCK est quelque chose de vraiment différent, né deux
ans après l’enterrement de Sentenced.
Cette idée de Kypck / Kursk,
ou tout au moins d’un nouveau groupe, est née dès
1999, alors que vous travailliez sur l’album “Crimson”: auriez
vous travaillé sur deux groupes en même temps, à
ce moment là, si vous l’aviez pu ?
-Personellement, je suis le
genre à me concentrer sur un seul groupe à la fois,
sinon, avec moi, ça ne marcherait pas. Peut être est ce
pour cette raison que j’ai mis huit ans à fonder ce groupe.
Nous avions un emploi du temps très chargé, et nous
n’aurions pas pu donner à nouveau groupe toute l’attention
qu’il nécessita
Qui est à l’origine du
concept du groupe?
-Hiili et moi avions cette vision de
mettre un jour sur pied un groupe qui jouerait de la musique très
extrême, assez doom, mais toujours unique. Le partage de cette
vision présida à la naissance de KYPCK, et, comme tu
l’as dit, c’était déjà en 1999.
Comment est venu ce choix de chanter
en russe?
- Nous voulions quelque chose qui rende
le groupe vraiment unique dès le début. Dès
les premières demos, on s’est rendu compte que tout collait
parfaitement. L’idée est nouvelle et le langage lui
même sonne super dans le paysage sonore doom du groupe.
Tout cela n’aurait put être
possible sans Erkki, qui a travaillé et étudié
en Russie, et qui à présent enseigne le russe en
Finlande?
-Cette idée de chanter en
russe avait l’air plutôt radicale tout d’abord, même
pour nous, mais on a décidé d’essayer quand même.
A l’origine, on pensait chercher un chanteur Russe, mais, en moins
d’une semaine, on avait déjà trouvé Erkki –
un Finlandais chanteur de metal et parlant russe couramment. C’était
une superbe coïncidence, alors que l’écriture d’un
disque et son enregistrement auraient vraiment été
galère avec quelqu’un vivant à l’étranger.
Jusqu’en 1945, la Finlande était
une province russe: cette situation historique, aussi bien que
géographique, a-t-elle encouragé votre style de
musique ?
-C’était en fait en
1917: pendant la première guerre mondiale, la Russie et la
Finlande était ennemis. Les faits historiques provoquent
toujours des tensions entre les nations, mais les deux pays
travaillent aussi ensemble pour un tas de choses. Je pense que l’on
commence à être loin de la seconde guerre mondiale et de
s’en servir comme carburant pour l’art. Peut être
parviendrons nous, au travers de l’art, à faire se
rapprocher les nations ?
Etes vous fascines par la Russie, ou
bien représente-t-elle plutôt une menace pour vous ?
-Nous sommes fascines par l’art, l’histoire et la culture de
la Russie, ce qui inclut nombre de choses très
impressionnantes, et nous en faisons mention dans les morceaux de
KYPCK. La Russie doit toujours représenter une menace pour un
tas de gens, mais visiblement pas pour ce groupe. Sinon, on
aurait choisi un autre langage.
Cherno, un autre nom ou un diminutif
pour Tchernobyl?
-Non, ce titre signifie ‘aussi
noir’, ‘d’une façon dépressive”, et d’une
façon triste’.
Vu que les morceaux sont chantés
en russe, peux tu les expliquer un peu?
- On pourra trouver des traductions en
anglais de tous les textes dans le livret de l’album, nous avons
pensé que les gens voudraient savoir de quoi nous parlons. Les
thèmes de l’album varient de morceau en morceau, et l’on
trouve des sujets comme la trahison, l’agonie, la guerre,
l’athéisme, un tas de choses différentes. Mais la
tonalité de l’ensemble est plutôt négative,
déjà que la musique n’est pas très gaie non
plus !
Parle nous un peu de cette vidéo
pour ‘1917’
-Le morceau lui même
raconte l’histoire de l’arrière grand père de
Hiili, qui a travaillé à St. Petersburg en 1917,
pendant la révolution. Il s’est enfui du pays, d’abord en
Finlande, puis de nouveau en Russie. Il a continué d’envoyer
de l’argent à sa famille pendant un temps, mais soudain,
plus personne n’a entendu parler de lui, personne ne sait ce qu’il
est devenu. Cette vidéo est le point de vue du réalisateur
sur cette histoire.
Comptez vous tourner d’autres
vidéos pour cet album?
- Je pense que nous tournerons une
vidéo pour le second album. On n’a rien de prévu à
ce propos pour ‘Cherno’, sauf peut être quelques tournages
live.
Le site web du groupe et les visuels
sont super, vraiment dans la continuité de la musique : qui en
est responsable?
-C’est cool à entendre!
La pochette de l’album et les photos du livret sont l’oeuvre de
Vesa Ranta. Et je suis seul responsable des visuels du site web.
Quelles ont été les
influences pour votre musique actuelle? Par exemple, un album comme
« Monotheist » de Celtic Frost, a-t-il eu un
impact sur ‘Cherno’
-Je n’en n’avais pas pris
conscience avant que l’album ne soit fini, mais je pense qu’ici
et là on peut trouver des influences de groupes comme Type O
Negative, Rammstein et Celtic Frost, et pas seulement leur magnifique
dernier album. Manifestement, notre disque est grandement influencé
par toute la scène doom. Mais je ne vois pas les influences
comme quelque chose de négatif, parce que le son et le style
sonnent comme quelque chose de vraiment personnel.
Avez vous déjà joué
en Russie? Quand tournerez vous en Europe?
-Pas encore, parce que l’album n’est
toujours pas sorti là bas. Ce sera fait fin août, et
nous y ferons nos débuts sur scène en novembre. Des
concerts européens sont aussi prévus, mais rien n’est
confirmé pour l’instant. On te préviendra quant on en
saura plus !
Propos recueillis par JP Coillard via e-mail en
septembre 2008.
Merci à Valérie et à S.S.


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