M83 : THE STARS WE ARE...



Qualifiés d’espoirs puis de révélations pour leur premier album , ‘M83’ sur le label parisien Goom Records, M83, duo éclectique de deux jeunes Antibois persiste, signe et enfonce le clou avec ‘Dead Cities, RedSeas and lost ghosts’, nouveau bébé bien vivant sorti cette fois par Labels / Virgin : sous une magnifique pochette se cache le pavé, de longues plages électroniques somptueuses en forme de paysages digne de l’Europa de Lars Von Trier et d’autres instruments, basse, guitare, batterie, et des chanteurs et des chanteuses en guests, à l’aide desquels, jeu de mots faciles, Anthony et Nicolas explorent à tous crins de nouvelles voies avec des voix amies. Disque de voyage, album intemporel, ‘Dead cities...’ passe tout à trac du crépuscule à la lumière, du noir au blanc, du space au noise, en toute humilité artistique. Petit poisson deviendra grand...

-Pouvez vous tout d’abord nous présenter ce nouveau disque ?

-Par rapport au premier, il est un peu plus péchu, un peu plus rock, un peu plus pop aussi, avec des chansons format pop et moins de plages atmosphériques, mains néanmoins dans la lignée de ‘M83’, avec une évolution normale.

-On voulait garder le même son avec l’idée de faire quelque chose de plus rentre dedans.

-Parlons genèse de M83, qu’écoutiez vous ? Vous ratissiez large ?

-On écoutais de tout, ou presque : de l’ambiant comme des vieux trucs allemands des années 70 , Ash Ra temple, Tangerine Dream, et des choses plus rock comme Sonic Youth, Mogwai et de l’électro...

-J’ai entendu parler de choses plus métalliques...

-Ah oui : ‘Screaming for a vengeance’ de Judas Priest, c’est vraiment de la balle ! J’aimais beaucoup le hard rock mélodique...

-Avant, j’étais très fan d’Iron Maiden !

-Sinon, j’ai adoré récemment ‘Isis’, sur le label de Mike Patton, je trouve ça vraiment génial. Et Neurosis aussi. Mais sinon, on est moins au courant aujourd’hui, et puis je crois que la scène hardcore est en train de bouffer le reste, non ?

(euh, non, pas encore ! ndlr)

-Je crois que le summum pour moi reste ‘Terminal spirit disease’ d’At The Gates : j’ai réussi à placer ça une fois en interview durant ma vie ! ! !

-Et entre vos deux albums, qu’avez vous découvert musicalement parlant ?

-On écoute pas mal de choses de la nouvelle scène hip hop, Electralane, un groupe Américain. En fait, il se passe toujours pas mal de choses.

-Pour cet album, vous êtes retournés à Antibes : un havre de paix pour vous, pour mieux composer ?

-Il y a moins de pression, on est plus tranquilles là bas, dans ma chambre, on peut sortir fumer une clope dans le jardin, avec le soleil, les oiseaux chantent à côté, ça le fait. C’est beaucoup plus paisible que de rester cloîtrés dans un appartement à Paris.

-Quelque chose de très important pour cet album est l’apport des voix : pensez vous que ce soit le signe d’une évolution certaine de M83 ?

-Je pense que c’est quelque chose qui vient petit à petit, et qu’il y aura de plus en plus de voix dans nos morceaux, mais on gardera toujours ces espèces longues plages instrumentales, combiner les deux. IL y a plus de voix que sur le premier, mais ça reste encore très limité.

-Des vidéos sont elles prévues ?

-On vient de tourner un clip pour le troisième morceau, ‘Run into flowers’ par Laurent Fetis. Pour les concerts, pas encore, mais plus tard on aimerait bien y ajouter des diapos, des projections, mais il faut que ce soit bien fait, parce que souvent, c’est fait à l’arrache et ca donne pas terrible...

-Davantage quelque chose comme Nine Inch Nails ou Neurosis ?

-On est tout à fait partant, mais apparemment ça coûte assez cher et c’est assez risqué parce que ça se fait beaucoup et après il faut se démarquer de ça.

-Le nom de M83 ?

-C’est celui d’une galaxie : ca sonnait bien, c’est pas plus compliqué que ça, et la galaxie en phot est très jolie !

-Le principe du duo est il quelque chose auquel vous êtes très attachés, en studio tout au moins ?

-Pour l’instant, ça nous convient tout à fait, mais pour le côté scénique, on va avoir deux personnes en plus. Au niveau de la composition, on a pas besoin d’être plus.

-Et puis il y a les collaborations : Morgan , de Mills, Villeneuve aussi, ce qui est toujours intéressant. Ou sinon il faut trouver quelqu’un sur Antibes qui aime bien le foot et la play station ! Mais pour l’instant, une structure étendue du groupe ne nous branche pas vraiment.

-Personne n’en a parlé, mais dites moi deux mots de l’artiste responsable de cette superbe pochette ?

-C’est une photo de Justine Kurland, une photographe Américaine, de qui on avait vu un recueil de photos et on avait flashé sur celle là. On l’a contacté, on lui a fait écouter notre musique, on lui a demandé de pouvoir l’utiliser, elle a dit oui. Cette photo est un coup de coeur. Je trouve qu’elle va bien avec le disque.

-Comme beaucoup de musiques intrumentales, votre album évoque immédiatement une bande originale de film : avez vous des projets en ce sens ?

-Oui, on aimerait bien, mais pour l’instant, ce n’est pas une priorité : on essaie de faire de la scène, des albums, mais pourquoi pas ensuite, surtout avec des réalisateurs qu’on aime bien.

-Votre panthéon des compositeurs ?

-Badalamenti, John Barry, Morricone : rien de très original !

-C’est bien, surtout à l’heure où la plupart des B.O sont juste des recueils de chansons plus ou moins bonnes balançées par les labels...Et, à propos, si M83 était un film ?

-Américan Pie ! ! ! Non, en fait, plutôt ‘THX’, le premier Georges Lucas...

-La facilité serait de citer des choses plus SF ; moi je dirais peut être un Dario Argento...

-Allez, un mix entre ‘THX’ et ‘Suspiria’, avec des bouts de ‘Twin Peaks’ !

-Et le futur de M83 ?

-On va pas mal tourner cet été, avec le festival des Inrocks, où il y aura notamment Eighties matchbox Disaster pour quatre ou cinq dates, et d’autres festivals, dont Dour avec Mike Patton ! En attendant d’autres dates à la rentrée.


On a réussi à ne pas parler de My Bloody valentine, ni des Chemical brothers, ni de Black Sabbath : comme quoi, en interview, on peut parfois s’attendre à tout!


Propos recueillis à Paris le 22 mai 2003.

‘Dead cities, red seas and lost ghosts’ est disponible sur Goom / Labels records.





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