MACHINE HEAD : THE EMPIRE STRIKES BACK...


Nouveau tangage, nouveau roulis sur le navire Machine Head, avec le départ d’Ahrue Lester pour Ill Nino, la courte période en trio et l’arrivée de Phil Demmel à la guitare, ancien complice de Rob Flynn chez Violence, groupe extrême dont le duo fit partie autrefois : résultat, ‘Through the ashes of the empire’, un nouvel album carrément tonique, enlevé, avec des nouveautés comme de la guitare acoustique, du jamais vu chez le quatuor de L.A. Rob nous en dit plus.




-Vous avez sorti un nouvel album, ‘Through the ashes of the empire’, votre premier album studio depuis le départ d'Ahrue : que s'est-il passé, en quelques mots ?

-Rob : Ahrue ne voulait plus jouer de metal, il voulait se diriger vers un style de musique plus soft, il n'aimait plus jouer des morceaux comme ‘Davidian’, et nous pensions qu'il ne serait plus productif pour lui de rester dans le groupe. Ce n'était pas un problème d'ego, c'est juste que nous allions dans des directions différentes, alors il est parti, mais ce n'était pas un grand drame...

- Phil Demmel l'a remplacé : est-ce l'arrivée de sang neuf pour Machine Head ?

-Rob : Absolument. On a alors décidé de jouer à 3 et c'est à 3 qu'on a composé jusqu'en avril dernier. C'est à ce moment-là que Phil nous a rejoint et c'était cool, c'est un super guitariste. On a commencé à comprendre qu'on pourrait être beaucoup plus musicaux il a amené cette passion pour le metal et Machine Head et c'était très stimulant.

-Avant Machine Head, tu étais avec Phil dans un groupe appelé Violence. As-tu eu l'impression de boucler la boucle avec lui, que vous deviez vous rencontrer à nouveau ?

-Rob : Oui, tout à fait, c'est super de l'avoir avec nous, d'autant plus qu'on a partagé beaucoup de choses, on a fait des tournées à 7 dans un van, avec tout l'équipement et les bagages, en dormant par terre, on a traversé beaucoup d'épreuves et c'est cool de l'avoir avec nous.

-A-t-il participé à l'écriture de l'album ?

-Rob : Phil a participé à deux morceaux : ‘In presence of my enemies’ et ‘Days turn blue to grey’.

-A propos de la production : as-tu assumé ce rôle aussi ?

-Rob : Oui ! Au début, le premier jour, Andy Sneap est venu nous aider avec Mark Keaton, ingénieur chez Shark bite studios, à Auckland, où on a tout enregistré. Andy et moi avons échangé des idées, il sait comment utiliser la technique et les ordinateurs, j'ai eu une vision globale des choses et lorsque cela a été mon tour, il m'a vraiment guidé, c'était super. Colin Richardson a mixé, et c'était excellent. Andy Sneap a aussi masterisé l'album. Je ne voulais pas le produire moi-même, on voulait avoir Colin, mais il travaillait sur autre chose et il a dû annuler en dernière minute, alors on a essayé d'avoir d'autres personnes, comme Andy, mais il était aussi occupé, alors finalement, on a dû le faire nous-mêmes, c'est resté dans la famille. Je produis nos démos depuis 96, et on les a enregistrée tant de fois que ce n'était pas étrange, ce que nous avons fait était dans le prolongement.

-Y a-t-il un concept général pour cet album ?

-Rob : Non, c'est un album assez sombre. Il y a des chansons enthousiasmantes, sur la colère, la mort, la façon de faire face à sa propre mortalité et à la mort en tant que renouveau. C'est peut-être un thème, je ne sais pas, je n'y ai jamais réfléchi comme ça !

-Que pouvons-nous attendre du nouvel album ? Un nouveau groupe, avec beaucoup d'énergie ?

-Rob : Nous sommes heureux de faire la musique que nous aimons, qui nous stimule, difficile à jouer, certains des riffs sont très compliqués et c'est un challenge pour nous d'écrire des chansons aux structures très complexes, pour que ce soit de nouveau marrant d'être un musicien. On a fait des choses totalement inédites, comme de la guitare acoustique, des morceaux plus longs, de 7-8 minutes.

-En ce qui concerne l'album live, peut-il être considéré comme une sorte de bilan dans la carrière de Machine Head ?

-Rob : Ce qui est super dans le live, c'est que la scène nous a permis de réinventer des morceaux de ‘Supercharger’ et

‘Burning red’, dont la production n'était pas très bonne, c'est ce qu'on voulait à l'époque, mais elle étouffait parfois un peu l'énergie des chansons. En tournée, les gens nous disent qu'ils n'aimaient pas beaucoup ces morceaux de ‘Supercharger’, mais qu'en live, ils sont terribles ! Cela nous a permis de les présenter différemment, ainsi que d'autres versions, même pour ‘Ten ton hammer’.

-Dans un tout autre registre, que penses-tu de la séparation de Pantera ?

-Rob : Je ne sais pas encore vraiment à quoi elle est due, mais c'était l'un de mes groupes préférés, j'espère qu'à l'avenir, ils pourront refaire quelque chose.

-C'est parfois mieux de se séparer que de continuer comme ça..

-Rob : Je suppose que c'est ce qu'ils voulaient faire.

-Si Machine Head était un film, lequel serait-il ?

-Rob : C'est difficile : peut-être ‘The road warrior’, mélangé à ‘La liste de Schindler’ avec un soupçon de ’Happy Gilmore’ !

-Peux-tu citer des disques qui ont changé ta vie ?

-Rob : ‘We sold our souls for rock’n’roll’ de Black Sabbath, 'Ride the lightning' de Metallica et ‘South of Heaven’ de Slayer.

Puis, NWA : ‘Straight out of Compton’.

-A quel album aurais-tu aimé participer ?

-Rob : Je ne sais pas si j'aurais pu y participer, car cela aurait changé la dynamique de l'album et il aurait été différent.

-Quelque chose à ajouter ?

-Rob : Rendez-vous en tournée, avec bière et vodka !


Propos recueillis par Jean Paul Coillard, à Paris, le 5 septembre 2003






Retour à la table des matières