-Comment êtes vous venu à l’écriture ?
-JMcI : J’ai écris des histoires depuis aussi longtemps que je me souvienne, depuis que j’étais enfant, et quand j’étais au collège j’ai commençé à écrire de la poésie, puis ensuite à l’université je découvris un tas de romanciers : James Joyce, Hemingway, Fitzgerald, et j’ai commençé à m’intéresser à la fiction. En Amérique, la nouvelle est davantage une forme d’art qu’en France, même si peut être l’un des premiers grands auteurs de nouvelles est Maupassant, mais après Maupassant, on ne retrouve guère cette tradition ici. Hemingway, Fitzgerald, des gens comme Raymond Carver ont élevé la nouvelle au rang de l’art. J’ai commencé donc à écrire des histoires, et la première qui fut publiée le fut dans un magazine appelé ‘The Paris review’. Après celle-ci, j’ai senti que je voulais en raconter d’autres, qui devinrent un roman, par bonne fortune mon premier roman, ‘Bright lights, big city’. Après ça, j’ai écrit à nouveau des nouvelles, qui devenaient de plus en plus longues et se transformaient en romans, mais durant les années 90 je suis en quelque sorte retourné à la nouvelle, et toutes les nouvelles de ce livre furent écrites à cette période, entre deux romans généralement. Il y en a eu une vingtaine en tout, mais dix sont là aujourd’hui, que je voulais préserver.
-Vous avez beaucoup voyagé étant enfant, avec vos parents, et plus tard ensuite, vous avez passé deux ans au Japon : quelle influence tout cela a-t-il eu sur votre découverte des livres, et plus tard sur votre propre écriture?
-JMcI : Ca m’influença beaucoup, parce que, étant enfant, je déménageais souvent et qu’il faut longtemps pour se faire des amis. Donc, j’ai passé énormément de temps à lire parce que j’ai traversé de longues périodes sans aucun ami, et je m’évadais dans les livres, ce qui fut la plus grosse influence sur mes lectures. Je suis en quelque sorte tombé amoureux des livres et du fait de raconter des histoires.
-A part les écrivains que vous avez déjà cité, quelques autres furent pour vous très influents en termes
de lecture et d’écriture ?
-JMcI : Beaucoup, beaucoup : chaque jour, j’avais une liste différente ! Fitzgerald m’a beaucoup influencé, mais aussi les Beats : ils étaient très intéressants à mes yeux parce qu’ils introduisaient de nouveaux sujets de discussion, de débat en Amérique, comme le sexe, la drogue ou le jazz et ils ont brisé les régles et ouvert la littérature à ce nouveau type d’expériences. Cela prit un bon moment pour leurs écrits d’être absorbé, fondus en une culture, je pense, et même lorsque mon premier roman a été publié, on trouvait bon nombre de critiques qui sentaient que les textes de chansons n’avaient pas leur place dans un roman ‘sérieux ‘ comme d’ailleurs la drogue, mais Kerouac, Burroughs ont été pour moi très libérateurs. J’ai aussi été très influencé par le livre d’ Hunter Thompson, ‘Las Vegas parano’, qui est vraiment merveilleux : je ne sais pas si c’est un roman, ou un genre d’essai, qui sait ce que ça peut être, mais c’est tellement fou, la prose en est si sauvage qu’elle avait l’air de briser toutes les règles et pour moi ce fut un bouquin très libérateur. Un autre auteur d’importance à une certaine époque fut Céline, pour les mêmes raisons, car je crois Céline et Thompson très proches d’une certaine façon, même si je ne suis pas d’accord avec ses idées politiques, mais sa prose était, même lue bien sur en traduction, pleine d’une incroyable énergie et il n’avait pas l’air de l’air, mais c’est pourtant ce qu’il faisait, il était si puissant, et la façon dont il parlait de certaines expériences personnelles était presque tabou, on avait jamais vu ça en littérature auparavant. Je devrais le relire, ça fait sacrément longtemps ! J’adore Céline mais ce ne sont là que quelques uns des auteurs que j’admire. Lorsque j’avais vingt et un, vingt deux ans, celui qui eut la plus grande influence sur moi fut Raymond Carver, auteur de nouvelles, et il devint en quelque sorte mon mentor, nous devînmes amis, et il devint aussi mon professeur durant plusieurs années.
-Revenons au livre : ce titre : ‘How it ended’, peut il être considéré, au point de vue personnel, mais aussi un constat artistique et politique ?
-JMcI : Eh bien, je préfère de beaucoup le titre français (‘La fin de tout’), qui est différent du titre anglais, mais aujourd’hui je sens plutôt la fin d’une certaine pureté, en particulier à New York, après le onze septembre 2001, je sens bien que le temps à propos duquel j’écrivais est loin derrière nous. C’est difficile de dire de quelle façon dont nous avons changé, mais nous avons changé, et les années 80 et 90 sont à des années lumière derrière nous. Je pense que les années 60 et 70 étaient vraiment en quelque sorte mixées, imbriquées l’une dans l’autre et je crois que les années 80 et 90 aussi, mais la vie à New York va être un peu différente à présent, à cause des changements dus au 11 septembre. Bien sur, les choses changent, les décades changent, certains siècles changent, mais on ne sait jamais vraiment à quel moment apparaît une nouvelle conscience, un nouveau bilan qui commence et je pense que c’est aujourd’hui, à New York en tous cas : nous expérimentons actuellement une modification de l’esprit du siècle.
-New York est omniprésent dans vos livres : un personnage essentiel ?
-JMcI : Oui, c’est mon chez moi, l’endroit où j’ai choisi de vivre. Certains reçoivent un foyer, certains sont nés quelque part, y ont grandi et se sentent connectés à ces endroits, mais je n’ai jamais senti cette connexion nulle part ailleurs avant que j’arrive à New York, et j’ai senti que ma place était là, ça me semblait le centre du monde et je pense que ça m’inspire en tant qu’écrivain. L’énergie des gens y est présente, par-delà la vénalité et les mauvais comportements, le glamour et les conditions de vie sordide, je crois que tout ça
représente un sujet puissant.
-Avez vous le sentiment, d’une certaine façon, à travers vos livres, d’accomplir la même chose que Martin Scorcese fait avec le cinéma : une sorte d’écriture de l’histoire de New york à travers les âges ?
-JMcI : Je l’espère et je le pense : pour moi, l’un des plus grands auteurs est Balzac, et parfois, lorsque je lis ce qu’il a écrit sur le Paris du 19è siècle, ça me semble très similaire d’une certaine façon à New York. Nous n’avons pas de système de classe ni d’aristocratie, mais ce genre de quête sociale et cette soif de devenir riches. J’adore la façon dont il a écrit l’histoire de Paris au cours des temps, ces personnages qui vont et qui viennent, et j’ai tenté de faire quelque chose comme ça.
-Avez vous eu la même idée pour vos livres, comme pour la ‘Comédie humaine’, de bâtir une telle oeuvre?
-JMcI : Oui, aujourd’hui oui, et mon nouveau livre, celui que j’écris en ce moment, possède les mêmes personnages que mes premiers romans, certains reviennent donc. Je n’avais jamais fait ça auparavant, mais à présent je pense que j’essaye d’écrire une certaine histoire de New York. New York est trop vaste, personne ne peut en écrire l’Histoire, mais d’autres écrivains écrivent sur d’autres endroits différents de New York, comme Paul Auster, Jonathan Franzen, Brett Easton Ellis, mais c’est tellement grand que nous avons tous nos endroits ! Ce sont aussi des écrivains que j’admire aujourd’hui.
-Ce livre, ‘La fin de tout’ a été publié en Anglais en 2000 : placiez vous, comme beaucoup de gens au vingtième siècle, de l’espoir envers ce nouveau millenium, un genre de magie ou autre chose, mais exceptionnel?
-JMcI : J’ai toujours pensé que les décades se terminaient, pas dans le temps, comme elles sont supposées le faire, et les siècles de même : la seule chose que j’attendais était que tous les ordinateurs se plantent ! Mais pour les Américains, le changement s’est effectué en 2001. On ne pouvait pas le savoir avant, pas au premier janvier 200, mais il y aurait bien eu un moment où nous nous serions dit que nous avions bifurqué, maintenant nous avons changé, et pour nous en Amérique, à présent nous avons notre date. Les gens parlent du moment où les sixties ont fini, certains disent qu’Altamont (concert mythique des Rolling stones en Californie lors duquel des incidents avec les Hells Angels survinrent et qui virent la mort de spectateurs sous les yeux du groupe. Voir le film ‘Gimme shelter’ ndlr) a enterré les sixties, ou peut être les sixties ont elles duré jusqu’au milieu des seventies, je ne sais pas, mais ce titre me semble particulièrement intéressant aujourd’hui, je n’en savais rien à l’époque. Dans dix ans , nous aurons le sens de ce que fut cette décade, ce qui n’est pas très clair actuellement, car de grands changements se mettent en place. En Amérique, politiquement, tout est devenu très très difficile : les années Clinton étaient très calme en un sens, nous étions prospères, c’était une époque tranquille, mais à présent la politique est devenue plus pesante, plus sérieuse. Dans les bonnes périodes, les Américains ne pensent pas tant que ça à la politique, mais ce n’est pas une bonne période lorsque tu as une guerre, une mauvaise économie, et un gouvernement de droite qui tente de changer la nature même de l’Amérique, ce qui nous met très en colère, et donc je pense que ce sera une décade très particulière !
-L’année prochaine, il y aura des élections?
-JMcI : Oui, l’année prochaine. Il y a six mois, on aurait que la classe moyenne voulait réélire Bush, même si tout le monde sait bien qu’il n’a pas gagné les élections la dernière fois, ce qui est important à rappeler, il n’a pas gagné, vraiment, je ne pense pas. Maintenant, les gens comme moi ne voteraient jamais pour Bush mais ceux dont nous devons nous préoccuper sont les gens du centre, les employés et les ouvriers et peut être tous les gens qui sont moins éduqués, tous ceux qui composent la majorité, et pour qui, , il y a six mois, Bush était une sorte de héros, mais aujourd’hui, à cause d’une mauvaise économie et l’Irak qui ressemble au Vietnam et des soldats Américains sont tués tous les jours, aussi je crois que les gens qui ont supporté Bush commencent à devenir sceptiques, et je suis très heureux de dire que je pense que nous aurons du changement l’année prochaine, peut être un président démocrate, ce qui fera une grosse différence, pas seulement pour nous mais pour le monde, et je crois que ces gens aujourd’hui, à Washington, se foutent de l’opinion internationale, se foutent des traités et des Nations Unies, et hélas ce n’est pas un problème qui nous est propre, c’est aussi un problème pour vous ! Mais je suis très confiant dans le fait que Bush va perdre ses supporters. Je ne pense pas que Bush soit le Mal lui-même, parce qu’il n’est pas très intelligent, mais les gens qui l’influencent sont mauvais, parce qu’il n’est pas très futé ni très bien élevé mais je pense qu’il a des gens autour de lui qui sont des idéologues de droite et qui l’influencent. Son père était moins dangereux, c’était un homme assez cultivé qui avait une expérience internationale et qui était plus sophistiqué. Il a grandi dans une petite ville du Texas, un endroit terrible nommé Midland, Texas, et c’est un genre de cow boy. Les Européens oublient qu’un tas d’Américains pensent de la même façon.
-On ne se connaît pas vraiment les uns les autres, et c’est difficile pour chaque peuple de connaître la situation exacte de l’autre, parce qu’on ne reçoit l’information qu’au travers des journaux et de la télé, ce qui est souvent assez surréaliste...
-JMcI : C’est vrai, et certaines personnes en Amérique sont persuadées que les Français sont contre eux ! Je ne connais pas de tels gens mais je pense qu’il y en a un paquet. Mais quelque chose dont il faut se souvenir, c’est que New York est un pays différent, et la plupart des Américains haïssent New York ; ils pensent que nous sommes fous, athées, radicaux et lourds, vénaux, que nous n’avons aucune manière : une part de ça est sans doute vraie, mais New York reste une portion unique des USA.
-A propos de politique, qu’avez vous pensé de la récente élection d’Arnold Schwarzenegger en Californie ?
-JMcI : En fait, je crois que personne ne le connait vraiment sauf en tant qu’acteur, ce qui est pour moi la chose la plus effrayante. Il se peut qu’il soit très bien, mais élire quelqu’un n’ayant ni passé politique ni position... IL est possible qu’un acteur puisse aussi être un bon politicien, mais on en sait rien à propos de Schwarzenneger Cette élection arriva très rapidement, deux mois à tout casser, et il n’a pas beaucoup parlé, et c’est terrible à dire mais il y a quelque chose de très Américain là dedans, le faire de voter pour une image. L’autre chose à dire à propos de Schwarzenegger est que c’était une démocratie en Californie, c’est ce que les gens voulaient, mais je trouve que cela met en valeur nos plus mauvaises qualités en tant qu’Américains : c’est comme une blague, et au moins, il n’est pas président, il est juste en Californie. Donc, pour moi, en tant que New Yorkais, je peux en rire. Il ne peut pas vous faire de mal, en Europe !
-Seulement dans les cinémas ! Et c’est la troisième fois que la chose arrive : Ronald Reagan, et Clint Eastwood aussi, mais seulement en tant que maire de sa ville...
-JMcI : Oui. Malheureusement, le pouvoir des images et le culte de la célébrité sont devenues nos grandes religions, la religion catholique avait des saints, mais dorénavant nous avons de stars de cinéma ! Ce sont les nouvelles icônes, et je suppose que c’est donc très logique que Schwarzenegger arrive et soit élu, c’est une extension logique des choses qui arrivent aux USA. Triste mais vrai. C’est de quoi parle mon livre, de ce culte de la célébrité, de ce gars qui est un journaliste people et qui écrit sur des gens n’ayant aucun contenu, sans opinions, sans intellect, ce sont des icônes à deux dimensions, comme ils disent, et c’est ce genre de gens qui retiennent toute notre attention : on rêve de Ben Affleck ou Jennifer Lopez : qui s’en fout, en fait ? Mais tout le monde a l’air de s’en préoccuper. On dirait que ce sont nos amis!
-Que pensez vous de Michael Moore ?
-JMcI : J’aime beaucoup Michael Moore mis à part le fait que nous avons eu une grosse divergence l’année dernière parce qu’il supportait Ralph Nader pour l’élection présidentielle, et Ralph Nader a reçu un tas de votes qui auraient dû aller à Al Gore. Et si Ralph Nader ne s’était pas présenté aux élections, alors Georges Bush ne serait pas président parce que Ralph Nader a reçu 3% des votes, et tous ces votes auraient du aller à Al Gore. Michael Moore disait qu’il tenait bon pour le principe, et je lui ai dit qu’il tenait peut être pour le principe mais que maintenant nous avions un républicain fou qui voulait supprimer l’avortement, rendre leurs impôts aux riches, etc. Généralement, c’est une super personne, mais nous avons eu un désagrément tactique. Mais nous sommes veinards d’avoir Michael Moore, c’est un grand porte-parole de la gauche et quelqu’un de rare en Amérique. Je l’admire et je pense qu’il a en général une influence utile sur le débat politique en Amérique.
-Revenons à votre livre : quel est, à votre sens, le point commun, le lien entre toutes ces nouvelles ?
-JMcI : Les nouvelles contrairement aux romans, sont toujours, ou plutôt souvent basées sur des individus, le contexte social n’est pas évident et la plupart de ces personnages recherchent quelque chose pour se définir eux-mêmes, que ce soit en amour ou dans des choses plus politiques, comme cet homme qui travaille pour un politicien : il veut avoir un héros qu’il peut admirer et dont il peut endosser les idéaux. La plupart de ces gens sont des romantiques, mais la majorité de ces histoires parle de pertes, de cassures. Ils sont tous en quête de quelque chose et la plupart finissent déçus. Mais je crois que la majorité de mes personnages gardent l’espoir, peut être la prochaine fois, contrairement à Houellebecq ou Brett Easton Ellis, ils gardent une part d’optimisme et ils sont persuadés qu’ils finiront par trouver ce qu’ils cherchent. Ce ne sont pas des nihilistes, même si les histoires sont plutôt sombres, et je crois que c’est là une grande différence d’avec mes contemporains. Brett (Easton Ellis, ndlr) est un bon ami à moi, j’admire son travail mais pour moi ça reste très différent. De plus nous avons une approche différente en tant qu’écrivains : Je pense que j’essaie de séduire mes lecteurs, Ellis tente de se les aliéner! Une approche totalement différente ! J’adore ‘American psycho’ , c’est un grand livre et une brillante idée. Je pense qu’il est l’un des plus grands écrivains de mon groupe. J’ai de la chance qu’il y ait aussi, dans les années 90, de nouveaux bons auteurs ayant émergé ; pendant un moment, j’avais pensé qu’il était le seul jeune auteur dont j’aimais particulièrement le travail, mais aujourd’hui, il existe une nouvelle génération très intéressante d’auteurs comme Jonathan Franzen, Jeffrey Eugenides, ‘Middlesex’ est un grand livre. Je pense que la fiction américaine tient la forme : le pays part en couille, mais la littérature est en grande forme !
-Regardez la musique californienne : si tout le monde est heureux et paresseux, la musique est de la merde, et le contraire aussi, ce qui est également valable pour le cinéma et la littérature...
-JMcI : C’est vrai !
-Pourrait on dire que le personnage principal, au nom différent, que l’on voit dans ‘Glamour attitude’ et ‘Bright light, big city’, pourrait être un cousin de Patrick Bateman, en moins extrême ?
-JMcI : Mes personnages principaux sont en fait des romantiques, qui croient en quelque chose. J’aime cette imagination, mais ce n’est pas mon terrain, c’est hors de mes propres expériences, et tous ces personnages, mes personnages, reflètent certains aspects de mes expériences et de mes croyances, car ils en possèdent, contrairement à Bateman : ils croient en l’ art, en la litterature, en l’amour...
-Car Bateman ne croit qu’en la musique pourrie et les vêtements chics !
-JMcI : Oui ! C’est ça !!
-Pour finir en musique, quels sont vos goûts en la matière ?
-JMcI : J’ai toujours eu une passion pour le blues, celui de Chicago et celui du delta du Mississipi, et aussi, lorsque je suis arrivé à New York, j’ai terriblement accroché à toute cette nouvelle scène des Ramones, Blondie, Television, ces groupes punk, et les Sex Pistols, Elvis Costello. Je ne suis pas un expert en musique, mais j’ai toujours été un fan de rock’n’roll. Récemment, j’ai découvert The Strokes, The Rapture, The White Stripes, et j’aime beaucoup aussi Eminem. Je préfère Nine Inch Nails à Manson, je pense que Trent Reznor est un auteur et compositeur plus talentueux. J’aime le jazz aussi, mais le blues et le rock sont mes deux grandes passions.
Propos recueillis le 16 octobre 2003 à Paris.
Merci à Marie Laure pour son aide.
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