-Comment as-tu eu l'idée de fonder un groupe ?
-A cause de ma passion pour le metal. J'ai décidé de former Melechesh en 93 parce que j'étais obsédé par cet album de Bathory, "Bathory - the return", mais j'ai aussi ajouté des percussions méditerranéennes.
-Qu'écoutais-tu à l'époque ? Seulement du black metal?
- Non, au départ, j'écoutais du heavy metal, comme Motley Crüe, j'étais très jeune (j'ai 26 ans maintenant). Je trouvais que l'intro de "Shout at the devil" était géniale. (rires)
-Le black metal et le metal en général ne sont pas très bien vus à Jérusalem : avais-tu prévu les conséquences de la création d'un tel groupe?
- J'étais une anomalie là-bas. C'est déjà excentrique d'y écouter du metal, et c'était avant l'histoire de Melechesh. Mais on veut seulement faire ce dont on a envie. Je n'avais pas prévu les conséquences, ce n'était pas facile.
-As-tu été confronté à la censure et la répression ?
- La répression, oui, mais ils ne pouvaient pas nous censurer, parce que le disque sortait à l'étranger et que c'était underground. Le marché underground est cool. On a donné notre premier concert black metal à Jérusalem et c'était super. Il y avait eu beaucoup de bouche à oreille. En ce qui concerne l'oppression, je viens d'une famille arménienne-assyrienne, je ne suis pas israélite, nous sommes orthodoxes, c'est-à-dire pas très religieux, mais tout de même… Moloch, mon guitariste, a aussi eu des problèmes, des prêtres sont venus le voir et lui ont dit que ce qu'il faisait était très mal. (rires) Des trucs idiots comme ça.
J'ai toujours aimé ce qui est sombre, notre côté obscur est toujours là.
-Y a-t-il une scène metal dans votre pays et comment est-elle?
- Personne ne connaît le black metal. Un jour quelqu'un nous a demandé quelle musique nous jouions, j'ai dit du black metal. Il a répondu: Oh, comme Bodycount? (rires) C'est comme ça qu'ils l'interprètent. Il y avait une scène avant la scène death metal, mais elle a disparu. Ensuite, on a donné notre premier concert, et les gens connaissaient soudain le black metal. Mais depuis 3 ou 4 ans, il existe une scène metal assez importante, bien qu'elle ne soit pas connue. Il y a beaucoup de jeunes groupes, et des magazines comme Metal Hammer. C'est toujours réduit, en raison de la taille de la population et des mentalités.
-Au début, Melechesh était un projet solo, puis vous avez été 3, et enfin 4: comment cette évolution s'est-elle produite?
- Au début, j'ai acheté une guitare et je voulais tout faire moi-même. Je ne voulais intégrer personne d'autre, car je ne connaissais personne correspondant à mon "attitude", personne ne savait ce que je voulais. Tout le monde aimait les trucs commerciaux. En 94, j'ai eu 2 membres, dont le guitariste, Moloch, c'est la meilleure décision que j'aie prise. Nous avons répété ensemble et ils ont adopté mon approche. En 95, on a enregistré la démo, avec le line-up complet. En 96, on a sorti l'EP, puis le premier album.
-Pourquoi choisir les Pays-Bas pour un nouveau commencement?
- J'ai quitté Israël pour de nombreuses raisons. C'était difficile pour moi, j'y ai beaucoup d'amis, j'aime sa culture. Mais je crois que le gouvernement est rétrograde. J'en ai eu assez des problèmes. Le groupe ne progressait plus.
- Aimerais-tu aller en Norvège?
- Non, ils n'ont rien de commun avec nous. Nous sommes méditerranéens, nous venons du sud. Jaime les groupes norvégiens, ainsi que la mythologie et la culture. En ce qui concerne l'enregistrement et les aspects techniques, ce serait super, mais on ne pourrait pas nous y installer et y faire carrière. Nous sommes ouverts à tous les endroits, tant que le studio est bon. Il y a aussi beaucoup de bons groupes que nous aimerions rencontrer.
-Votre approche à l'association de metal et d'éléments anciens tels que les contes et les instruments traditionnels peut-elle être comparée à celle de groupes tels que Nile aux USA, par exemple?
- Non, c'est totalement différent, parce que tout ce qu'ils font est jouer du death metal, mais les textes sont à propos de l'Egypte au lieu de gore, ce qui est très cool. Ils sont plutôt influencés par un concept en termes de paroles et quelques samplings, mais la structure des chansons correspond à un death metal intelligent et brutal. En revanche, nous inventons une structure musicale, avec des techniques de guitare et de percussion.
-Croyez-vous en ces cultes et mythes anciens?
- Oui, mais j'ai ma propre conception de la croyance, j'aime les énergies sombres, c'est difficile de les nommer. Je me base sur mon héritage ancestral.
-J'ai entendu parler d'une nouvelle vidéo...
- Oui, on a tourné un clip à Amsterdam. Il est chouette. On avait un vautour et un faucon et leurs serres me rentraient dans les mains! (rires) C'était une grande expérience. Elle sera probablement disponible sur les chaînes qui passent du metal.
-Il paraît que vous allez ressortir votre premier lp avec des morceaux supplémentaires
- Oui, quelqu'un aimerait le ressortir. Il sera en digipack, avec une nouvelle couverture, et initialement disponible sur les marchés espagnols et sud-américains. On a remasterisé le son, pour qu'il soit plus puissant. On a ajouté un titre bonus. Il y aura aussi une plage CD-ROM avec une vidéo, un documentaire sur nos débuts et beaucoup d'images. Il devrait sortir cet été.
-Quels sont vos souhaits pour l'avenir ?
- On espère que l'album sera bien reçu et compris. Ensuite, on travaillera et on expérimentera.
Propos recueillis par Mr. X et JP Coillard


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