-Peux tu nous présenter ‘The Antidote’ ?
-Mike : Je pense que ‘The antidote’ est un grand projet, en terme artistique, pour lequel nous avons essayé de réunir différents angles, de la littérature à l’aspect visuel, la video et aussi le contenu des textes et des histoires, ce mélange de beauté et d’horreur que nous avons essayé d’introduire dans ‘The antidote’, c’est tout cela qui constitue les plus grandes différences avec ‘Darkness and hope’, et cette expérience et la confiance en soi que nous y avons gagné en faisant un album comme celui là nous a fait sentir encore plus à l’aise pour créer quelque chose de plus complexe comme ce nouvel album.
-Cette fois çi, vous avez un nouveau membre, Niclas Etelavuori, d’Amorphis, à la basse : comment cela s’est il fait et fait il partie définitivement de Moonspell ?
-Mike : Nous avons rencontré Niclas la première fois en tournant avec Amorphis, en 2000 aux Etats Unis et nous avons vraiment pris du bon temps ensemble, et, eux étant un groupe Finlandais, nous nous sommes aperçus que nous avions envie de découvrir leur pays, leur scène musicale et leurs producteurs, et nous fumes ravis de nous sentir comme chez nous là bas, surtout avec le producteur Hiili Hiilesma, et meme lorsque nous avons enregistré ‘Darkness and hope’, les gars d’ Amorphis étaient toujours prets à nous aider avec le matériel, nous emmenant le soir quand on avait besoin, s’occupant de nous en studio aussi. Aussi, lorsque nous avons eu des problèmes avec notre bassiste, Sergio, nous primes la décision la plus sensée qui collerait à la musique du groupe, et aussi au niveau personnel, qui est que l’on travaille mieux avec quelqu’un que l’on connait, et tourner donne ce sentiment : c’est dur de fuir quand on est dans un tour bus! Niclas a accompli un super boulot, il s’y était bien préparé, nous lui avions envoyé les démos avant de partir pour la Finlande et le tout ne prit que dix heures à enregistrer. C’était juste en fait pour l’album, aussi pour l’instant nous avons un bassiste de session pour les concerts, qui vit au Portugal et qui vient d’horizons différents car il a une vrai passion pour le metal. Je pense que c’est très bon d’avoir quelqu’un avec une énergie nouvelle jouant sur scène avec Moonspell. Quant au futur avec Niclas, je n’en sais rien : pour l’instant, nous avons quatre membres stables de Moonspell, et, au sujet de la basse, nous avons toujours eu des problèmes avec, je ne sais pas pourquoi. En tous cas, aujourd’hui, on est très bien comme ça.
-Quelque chose d’essentiel pour cet album fut la collaboration avec le jeune auteur Portugais Jose Luis Peixoto : comment vous etes vous rencontrés et qu’apprécies tu dans son travail?
-Mike : C’est un personnage très intéressant, trés populaire en ce moment au Portugal parce qu’il y représente la nouvelle génération d’auteurs et qu’il est très prometteur. Il connait également un succès international, et, lorsque nous découvrimes qu’il était également fan de Moonspell, nous fumes très surpris qu’il ait écrit un tas de choses en nous écoutant et en étant inspiré par nos textes et notre musique. Ses sujets de prédilection sont la mort, l’amour, la haine, l’étrange, il est très...ailleurs : ses livres peuvent te rendre malade ou te donner un sentiment de bien être, il crée de superbes paysages dans ta tête, et c’est vraiment super de parcourir ses oeuvres. When we found out that he was a Moonspell fan, we got to know him better and researching to switch material : Quand nous avons donc découvert qu’il était un fan de Moonspell, nous avons voulu lieux le connaitre, il nous a donné des livres et nous l’avons invité en répétition en studio, tout s’est très bien passé. Parfois, il a même l’air d’être un membre de Moonspell ! Son seul problème est qu’il ne sait jouer de rien ! Il a tenté de jouer de la basse, mais c’était juste une blague entre nous. « On ne sait jamais, disait il, peut être que dans cinq ans... » ! Nous pensions que c’était un super concept que d’avoir un album que l’on pouvait aussi lire, et que lui soit aussi fan et nous comprenais si bien était incroyable pour nous.
Il amena son propre matériel dans nos morceaux et créea de petites histoires pour chacun, ce qui te transporte dans une autre dimension quand tu peux écouter le morceau, lire le texte mais aussi accéder à un pays imaginaire au travers du livre. On pense que c’est primordial pour chacun d’avoir un accès facile, alors, sur l’album, tu trouveras un cd multimédia avec un digi book traduit en Anglais par Richard Zenna, qui a déjà traduit Fernando Pessoa et des livres très célèbres : je l’ai relu en Anglais et c’est très effrayant. En Portugais c’est aussi très bon mais en Anglais, c’est plus direct et plus facile à comprendre. Le livre sortira aussi en Portugais, dans sa propre maison d’édition, il sera en librairie, et donc imagine que tu ailles dans une FNAC et que tu trouves un livre de Moonspell, qui sera appelé ‘The antidote’, ! C’est très cool pour nos fans, car nous avons toujours eu un bon contact avec la littérature au travers de notre musique, surtout avec Fernando qui est un fan des grands auteurs et de leur philosophie, et peut être cela ouvrira-t-il l’esprit aux jeunes générations parce qu’à cause des ordinateurs et tout ça, ils n’ont plus accès à l’imagination !
-Les textes étaient ils déjà écrits ou l’a-t-il fait pour ce disque ?
-Mike : Les textes et les morceaux étaient déjà écrits et nous avons donné tout ce matériel à Jose Luis, afin qu’il puisse écrire les histoires à sa façon. Bien sur, il les envoya ensuite à Fernando, qui put les lire et parfois, il se pouvait qu’il n’approuve pas certaines petites choses, dans le but de les faire avancer : c’est toujours comme ça, ils veulent le meilleur l’un de l’autre, et c’est aussi pourquoi il possède des amis comme nous parce que nous lui disons la vérité, et c’est parfois ce que tu as vraiment besoin d’entendre, même si tu ne le veux pas. Tout ça rend le matériau de travail meilleur, et meme pour nous, il est venu en Finlande pour le mix final et du coup il sait ce que c’est un peu que d’être musicien, d’être dans un studio et ne pas savoir à quoi s’attendre lorsqu’un morceau émerge du mixage. Si tu as déjà été en studio, tu connais cette sensation des musiciens qui sont nerveux dans l’attente de ce que sera la réaction. Donc, il était là et pouvait sentir tout ça, ce qui l’aida aussi dans son travail d’écriture pour le recréer.
-Et sur scène, jouerez vous les morceaux dans l’ordre, comme sur l’album, l’histoire complète ou juste une sélection
-Mike : Je pense que les morceaux ont entre eux une très forte connection, cette dualité de l’amour et de la haine, mais c’est difficile de les jouer tous parce que nous avons beaucoup de bon morceaux, et si l’on commence à jouer seulement ce disque, les gens seront déçus. Mais je pense qu’il est très important que l’album soit représenté autant que possible, et la première partie du concert devrait etre en grande partie ce nouveau disque, mais tout ce qui peut tomber juste des anciens morceaux trouvera sa place et nous le ferons. Chaque fois que nous sortons un nouvel albums, nous redécouvrons nos anciens morceaux et quelque part les ramenons à la vie d’une manière plus mature. Comme je l’ai dit, tout ce qui est spécial dans la vie, comme le bon vin, prend du temps, et c’est agréable de pouvoir combiner tout ce qui fait notre show, et Moonspell est bien davantage que huit albums, c’est lui du début à la fin, nous devons respecter et honorer tout ce que nous avons fait et ne pas en avoir honte.
-Vous avez déjà adpaté et furent influencés par divers auteurs, comme Patrick Suskind ou Fernando
Pessoa : es tu toi meme un gros lecteur?
-Mike : J’ai lu autant que la moyenne des gens au cours des deux dernières années, mais c’est un exercice très difficile pour moi qui ait tant d’énergie ! Je préfère faire les choses moi meme et meme au début, les ordinateurs me faisaient un peu peur. Bien sur, aujourd’hui j’en ai un, parce que le travail avec Moonspell me tient beaucoup en contact avec le monde, mais dernièrement, surtout avec ces nouvelles découvertes de Moonspell en littérature, j’ai eu tendance à lire davantage, et j’ai redécouvert beaucoup de choses. Autrefois, je cherchais toujours de nouveaux albums et des nouvelles formes de musique, mais maintenant je cherche aussi des livres, ce qui me fascine moi meme beaucoup.
Les deux derniers que j’ai lu sont ‘American psycho’, de Brett Eaton Ellis. J’ai une bonne connaissance des USA parce que j’y suis né et je suis venu au Portugal lorsque j’avais douze ans, mais j’ai encore des frères qui vivent là bas, meme un à New York, et quand je lisais le livre j’étais parfois effrayé parce que c’est une situation que j’avais ressenti sans meme la lire. Et, en ce moment, je lis ‘Stupid white men’ de Michael Moore, qui est aussi très brutal ! Je lis aussi ‘The dark house’ de Jose Luis Peixoto, son dernier roman et aussi un livre merveilleux : je me rappelle que parfois, en le lisant, certaines situations me donnaient envie de vomir parce que j’étais affreusement dégouté par ce qu’il recréait. Il a beaucoup de talent et devrait etre plus connu dans le monde, au moins par tous les gens qui apprécient le gothique et l’horreur.
-A propos de la production de 'The antidote', comment le choix s’est il porté sur Hiili Hiilesma (Him, Sentenced)?
-Mike : Tout a commençé avec 'Darkness and hope', c’était la première fois que nous bossions avec lui, nous sommes allés en Finlande et c’était aussi la première fois que nous allions dans ce studio, aussi nous ne savions pas à quoi nous attendre. Et je crois que nous avons tellement apprécié, nous étions tellement relax que nous nous devions de répéter dette expérience avec Hiili. C’est un immense talent qui possède bon nombre d’expériences avec des groupes comme Him, Sentenced, Apocalyptica, et il a son propre groupe, plus d’un en fait, dont l’un d’eux s’appelle 'Scrapers' qui fait une sorte de porno rock et dont il est le chanteur : il ressemble au type des Cramps avec des talons hauts et des fringues en pvc ! Aussi, un gars avec des talents pareils n’a aucun problème pour exprimer ce qui lui arrive et sait comment nous mettre en confiance et à l’aise pour faire tout ce qu’on voulait faire : si on était en studio et que l’on voulait crier, on criait, si on voulait pleurer, on pleurait, c’était super de se sentir comme à la maison, sans inhibition, et je pense qu’il est essentiel de tirer le meilleur d’un artiste. Avec cet album nous avons aussi retrouvé notre ancien producteur, Waldemar Sorytcha, ce qui était une bonne idée parce qu’Hiili n’avait pas le temps de venir pour la pré production, et notre manager suggéra Waldemar, qui était également intéressé pour retravailler avec nous.
Alors nous l’avons avec nous dans notre studio au Portugal pendant une semaine, et c’était une très bonne expérience que de se retrouver avec quelqu’un nous connaissant si bien d’avant, bien qu’en meme temps nous étions restés éloignés pendant des années. Il a apporté une bonne dose de la magie cool et du mysticisme que Moonspell possédait pour son premier album et il nous a rappelé comment nous étions à nos débuts, comme nous étions jeunes et combien il était excitant de voir arriver toutes ces nouvelles expériences musicales au travers de nouveaux pays, et ensuite tout ce travail accompli avec de grands professionnels comme Waldemar pour l’emmener jusqu’en Finlande pour retravailler avec Hiili, ce qui au début fut plutot étrange parce qu’Hiili n’était pas autant plongé dans notre musique que l’était Waldemar, parce qu’il n’était pas avec nous auparavant, mais ce fut rapide : un ou deux jours seulement et il était dans le bain. Tout était sous controle, et nous ne mimes que trois semaines pour enregistrer 'The antidote', on avait pas vraiment le temps de glander ailleurs, ce qui je pense est plus motivant quand tu sais que tu ne peux pas rester là éternellement et que tu dois donner le meilleur de toi pour cet album. Moi meme, je n’ai pris qu’un jour et demi pour les parties de batterie, ce qui est nouveau mais qui est arrivé parce que tout se déroulait très bien. Sinon, le temps normal aurait été de quatre ou cinq jours, mais, tu sais, c’est comme ça : nous étions tellement excités, tellement préparés que nous avons fait tout ça comme si ça avait été un concert. Et donc nous lui faisions énormément confiance pour faire aller les choses comme elles le devaient. Je pense qu’il existe une forte probabilité pour que nous travaillions avec lui sur le prochain album. Tout peut arriver dans les prochaines années, mais je pense qu’Hiili est quelqu’un que j’aurai toujours plaisir à rencontrer et avec qui travailler, ce qui est aussi le cas pour Waldemar, qui amena avec lui tant de super souvenirs. Mais qui sait ce que l’avenir réserve à Moonspell ?
-Quelle est la situation de la scène musicale au Portugal ? Votre succès a-t-il provoqué l’émergence de nouveaux groupes ?
-Mike : En retournant en arrière, je me rappelle du temps des démos sur cassette et il y avait déjà pas mal de nouveaux groupes, mais la plupart d’entre eux n’avaient guère de succès et donc peu d’opportunité de continuer, ce qui est aussi du aux conditions que nous avons au Portugal, où les instruments sont très chers et où l’on ne trouve pas beaucoup de salles pour des shows de qualité. Et puis aussi, un fait important est que les artistes Portuguais trouvent que s’ils ont du succès au Portugal, ce sera pareil et facile dans les autres pays, mais, à l’étranger, tu dois toujours repartir de zéro, et cela dépend en plus des pays, il y a donc un gros travail de la part des groupes pour comprendre cette part du boulot. Quand je discute avec des groupes Portugais, ils accusent toujours le label ou leur manager, mais les labels et les managers ne font pas de miracles, c’est la qualité de la musique et la compréhension des groupes qui doivent jouer. Je pense que plus tu es informé, dans toutes les directions possibles, le marché, les affaires, la musique, plus il te sera facile de survivre, parce que tu es plus près des choses de ce monde. Quand tu te crois au sommet, jette un coup d’oeil à tes ventes de disques et tu te tais immédiatement, tu sais où est ta place et tu dois respecter ça. Mais nous avons beaucoup de bons groupes, qui ont tendance à croitre, surtout dans le milieux gothic metal, et je voudrais aussi qu’il y ait plus de clubs, plus de restaurants, tout ça, pour que les gens embrassent davantage cette société, meme au travers du shopping : si quelqu’un aime porter des fringues gothiques, il doit aller dans un magasin spécial, et j’aimerais que les choses évoluent un peu plus vite. Je sais que Moonspell porte une grande responsabilité dans la propagation de ce style, parce que nous sommes le seul groupe à tourner en dehors du Portugal, ce qui est très connu. D’autres groupes sont connus, mais ils n’ont pas les opportunités que nous avons. Nous y pensons beaucoup et essayons autant que nous pouvons d’apporter un semblant d’éducation pour les scènes gothique et metal au Portugal.
-Le site web du groupe est il important à tes yeux ?
-Mike : Je pense que le site de Moonspell est la chose la plus importante que nous ayons : il est dirigé par notre webmaster Adriano, la meme personne responsable du design de l’album et du digibook, et qui a une merveilleuse façon de travailler, et d’ailleurs tout le monde l’a complimenté. Lorsque tout a commençé, à nos débuts, il y a avait très peu de sites web, les gens ne savaient meme pas ce que c’était, et les fans, dont Adriano, nous on demandé si l’on voulait un site Internet. Nous avons répondu : ‘Oui, mais qu’est ce que c’est ?’ C’était notre réponse ! Nous avons démarré là dessus comme ça et nous gardons des liens très proches avec depuis. Le site web est quelque chose vers qui on peut dire aux gens d’aller, pour avoir toutes sortes d’infos et meme nous contacter : sur la web page avec les E-mails, je poste quelquefois mes propres réponses et celles des autres membres, et Fernando tient une important section où il répond à des questions plus personnelles, et tout ce qui a trait à nous, comme les news et tout ce dont il est bon d’informer les fans, c’est la qu’on peut avoir la primeur des choses, et, en cemoment, nous y avons meme mis un morceau qui n’est pas sur le single. La video va se trouver sur le CD multi media, et c’est quelque chose dont nous sommes très fiers : pour la diriger nous avons eu Tiago Guetz, qui avait aussi dirigé celle de 'Nocturne' et nous avons été émerveillés par la qualité de la cinématographie qu’il y a mis avec cette texture spéciale, ces couleurs, ce visule qu’il a fait sortir de nous, le groupe et les acteurs, et spécialement le décor : je pense que c’est très important de créer un décor à la chose plutot qu’une pièce toute noire, ce qui apporte une grande dynamique et s’avère bien plus intéressant. Après cette video, tout s’est précipité, il a le projet de faire un film d’horreur de série B, un classique avec toutes sortes de scènes clichés de ces films que nous allions tous voir mais à sa façon. Il y a meme une scène dans laquelle Moonspell sort de terre, comme dans un film de Carpenter, et ce fut très excitant et drole d’etre capable de le faire .Quand je vis la video, j’étais époustouflé : ça a vraiment l’air de quand tu te trouves dans un cinéma et que le film va démarrer, mais c’est une autre étape pour les fans, qui peuvent à la fois avoir l’image d’un film, lire un livre et écouter un disque, et du coup recréer une grande part d’imaginaire autour de ça, ce qui est plutot cool. Je sais qu’on en serait pas là s’il ne s’était pas donné tout ce mal parce qu’on ne pouvait se permettre une video comme celle là, mais c’est un projet global qui lui tenait vraiment à coeur. Il avait rassemblé près de trente personnes pour y travailler pendant deux ou trois jours, tous travaillant pour rien, juste parce qu’ils croyaient en ce metteur en scène et en ce qu’il faisait.
-Avez vous l’intention d’augmenter la partie scénique visuelle du show, avec un film derrière vous, ou des photos,... ?
-Mike : Quand on évoque la question de la scène, nous y passons tellement de temps à jouer qu’il est essentiel pour nous de nous y sentir à l’aise comme à la maison, ou en studio, où nous avons toutes nos propres petites choses nous rappelant qui nous sommes. L’aspect live, nous y avons beaucoup investi depuis 'Darkness and hope' , de l’argent, des techniques et des accessoires theatraux comme les bougies et les symboles de Moonspell, et les flammes à la Tim Burton que nous avons sur scèneflames,tout cela crée un aspect plus visuel au show, comme d’aller au theatre et d’y voir un groupe jouer , et meme pour nous, c’est vraiment super d’etre au milieu de tout ça, avec toutes ces belles choses autour de nous. Je pense que pour ce nouvel album, nous allons adapter cette partie de la scénographie, mais en l’amenant à un niveau supérieur : avoir des images derrière nous est quelque chose à laquelle nous avons déjà pensé, mais ce serait assez couteux et nous ne sommes pas encore tout à fait surs de ce que nous voulons faire. Tu peux néanmoins t’attendre à quelque chose de spécial et de différent parce que ce sont de nouveaux morceaux et nous voulons leur donner autant d’impact que possible. Mais nous investissons énormément aussi dans la relation personnelle, et parfois un concert n’est pas juste ce que tu y mets : mon technicien de batterie est comme mon meilleur ami, nous avons été à l’école ensemble, et je peux compter sur lui pour tout. Notre ingé son est un de nos meilleurs amis, on travaille toujours avec lui, on sort ensemble, je connais sa famille, et c’est surtout cela quand Moonspelle part en tournée, on essaie de recréer une petite famille autour de nous tous qui croyons au projet et voulons le faire aboutir le mieux possible.
-Sortirez vous un DVD un jour?
-Mike : Beaucoup de gens nous le demandent, et bien sur, ce serait une super idée, pourquoi pas ? Cette année, nous fetons nos dix ans, nous avons sorti notre première démo en 93 et les gens nous demandent de sortir un DVD à cette occasion mais pour nous, la meilleure façon de célébrer cet anniversaire et de sortir un nouvel album qui montre que nous sommes toujours pleins d’idées, que nous sommes toujours là avec plein d’energie à déverser, et un DVD est quelque chose que nous voudrions enregistrer lors d’un concert récent. Je pense que nous allons tourner vers la fin de l’année, un co headlining tour avec Lacuna Coil en décembre et janvier à travers l’Europe et ce serait une bonne idée à ce moment là de filmer des trucs et d’enregistrer un concert qu’on pourrait mettre sur un DVD. Nous avons aussi beaucoup d’enregistrements personnels, beaucoup de concerts, et que nous aimerions mettre sur un seul DVD, alors les gens verraient le bon et le moins bon de Moonspell, et ce serait très important, surtout pour les gens vivant dans des régions où il leur est difficile de voir des concerts : ils peuvent commander par Internet et c’est toujours quelque chose de sympa de pouvoir avoir sous la main.
-Si Moonspell était un film, lequel pourrais ce etre ?
-Mike: Le film que j’ai vu, ainsi que sa video, qui m’a donné l’envie d’écrire un livre sur son réalisateur, de réunir tous ses acteurs et en fait faire un film est : 'Vampires' de John Carpenter, qui fut très important pour notre video : je pense que c’est quelque chose, ce genre de films d’action, dans lequel nous pouvons nous fondre totalement. Toute l’excitation, les meurtres et le sexe est quelque chose qui nous titille vraiment de faire, mais d’une façon plus élégante, pas si gore, parce que le film de Carpenter est très gore et plein de sang, plutot une version similaire mais moins chaotique et plus angoissante.
-Peux tu citer quelques disques ayant changé ta vie?
-Mike : 'Aenima' deTool fut très important dans ma vie, et aussi 'Shout at the devil' de Motley Crue, mais j’étais plus jeune, et le ‘Black album’ de Metallica, ainsi que Massive Attack : leur dernier album 'Hundred windows' est très bon, mais leur précédent, 'Mezzanine' est un de mes disques favoris : Ils veulent transmettre quelque chose à leur public durant le show et la façon dont tu le ressens et quelque chose qui m’excite beaucoup. Je les ai vu jouer au Coliseum de Lisbonne, et c’était fascinant : ils avaient ce grand mur d’images derrière eux, diffusant tout un tas d’informations, des choses très choquantes à propos du monde, et puis il y avait la musique et cela melé à cette musique qu’ils produisent si bien t’élève vraiment à un niveau supérieur.
-Après ces dix années, comment juges tu la carrière de Moonspell ? Es tu satisfait de la façon dont on évolué les choses ?
-Mike : Je pense que l’on espérait tout et rien en meme temps, on voulait juste arriver à faire de disques avec un relati succès lorsque nous fumes signés par Century Media. Je crois que c’est ce genre de sentiments dont on devrait se rappeler et tenir au chaud. Parfois, nous nous sentons un peu perdus par la pub et les médias parce que l’on a gagné un genre de concours et qu’on nous fait tout un tas de compliments, d’un coup tu te trouves super spécial, mais quand tu te trouves paumé un peu trop dans ce monde, il n’y a pas trop de retour parce qu’il y a quelque chose de bidon dans ton attitude et tes relations avec les autres, et nous devons rester aussi près de ce qui nous a fait pour rester nous memes. Pour cet album, j’utilise toujours le mot ‘organique’, ce qui est très proche de ce que nous sommes et nous pensons, nos instruments étant une extension de cela, et à travers eux nous sommes entendus, et c’est cruciail de ressentir cela. Pour chaque instrument, tu peux dire s’il est bien joué ou non, si la personne est excitée ou s’il désire se tuer, et c’est quelque chose que Moonspell a bien réussi à faire : tout ce que nous avons accompli durant notre carrière fut fait parce que nous y croyions. Nous avons emprunté beaucoup de chemins et fait pas mal de détours, et meme en termes de styles musicaux : je pense qu’il était très important pour nous d’apprendre qui nous étions et de savoir jusqu’à quel point nous pouvions aller en tant que musiciens et artistes, et c’est pourquoi nous avons sorti des disques aussi divers que 'Butterfly effect' ou 'Sin/peccado' qui vint juste après 'Irreligious'; 'Sin/ Peccado' est un album qui signifia auprès des gens un changement. Je me rappelle qu’il a énormément marché en France et que les gens l’ont beaucoup apprécié. Bien sur, 'Butterfly' fut un coup de poing parce qu’il était très brut et très aggressif. Je pense que sur le moment, à cause de ce que tu traverses, ainsi qu’au niveau personnel, les choses qui nous arrivèrent, ainsi que le changement de producteur et de pays eurent aussi leur influence. D’un certain point de vue, ce pourrait etre mauvais en termes de vente, ce le fut, mais en terme d’expérienc enrichissante, je pense que nous n’aurions jamais produit d’albums comme 'Darness and hope' ou 'Antidote' si nous n’en étions pas passés par là, comme marcher sur un pont et n’avoir pas eu peur de tomber...
Propos recueillis en septembre 2OO3 à Paris par Jean Paul Coillard
Trad : JP et Marie Lecocq.
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