PAIN : THE BOOK END


Pain est Peter Tagtgren, et Peter Tagtgren est Pain, projet d’un seul home, side project d’Hypocrisy fondé en 96, après que le fameux guitariste, chanteur et producteur de death et de black metal ( Celtic Frost, Immortal, Dimmu Borgir, Bloodbath etc) découvre l’ordinateur. Il s’aperçoit qu’il peut alors mettre sur disque tout ce qui lui passe par l’oreille et qui ne trouve pas de place au sein de son groupe principal. Electronica, heavy metal, industriel, tout ce qu’il peut écrire, jouer, enregistrer et produire lui même, dans la solitude du studio. Cette fois, cependant, il trouve l’aide de quelques amis, comme Alexi Lahio de Children of Bodom et Mikkey Dee, batteur de Motorhead ainsi que le bassiste d’In Flames, Peter Iwers, sur quelques titres. Quatre ans après son dernier album, Pain est de retour, et c’est toujours un plaisir. Peter lui meme est là pour nous en parler.



© Jean-Paul Coillard


-Le nouvel album de Pain va sortir le mois prochain: comment le définirais tu par rapport au precedent?

-PT: J’en suis très content! Cet album est plus dynamique, plus ironique, pas vraiment un mur du son mais avec plein de variations, et je pense qu’il est plus ‘large d’esprit’ parce qu’on peut y trouver plus de styles différents, pas seulement le style typique de Pain mais un peu de tout. Pareil pour les parties vocales : je les ai beaucoup travaillées pour obtenir quelque chose de varié, parfois très heavy et parfois très ‘clean’. C’est donc un album plus aéré que le précédent…et j’espère avec de meilleurs morceaux !


-On peut trouver une reprise de Bjork, ‘Play Dead’, sur cet album: es tu fan et pourquoi ce choix?

-PT: J’aime vraiment beaucoup Bjork, et je ne ferais aucune reprise parce que quelqu’un m’aurait dit que je pourrais vendre advantage. Je l’ai faite parce que j’aime ce morceau. Je bossais sur un album de reprises, juste pour me sortir d’Universal, et, une fois que ça a été terminé, j’ai pu me concentrer sur un nouvel album. J’avais de plus quatre ou cinq reprises non utilisées, et celle là sonnait si bien que j’ai voulu la mettre sur le disque.


-A propos des textes, peut on y trouver quelque histoire d’extra terrestre?

-PT: Non, parce que la vie elle même est une extra terrestre! Pain n’a jamais eu de texte parlant de ça, on en trouve plutôt chez Hypocrisy stuff. Pain jongle avec plus de choses, comme le sarcasme ou les films de zombie, ou bien où s’en va le monde, quand tu as ta peau brûlée et que tu chope le cancer, où vont nos enfants, tout un tas de choses très différentes, et chaque morceau possède sa propre histoire.


-C’est le premier album de Pain pour Roadrunner, en tant que licence: comment s’est opéré ce choix?

-PT: C’est une licence pour moi mais ils sont le label principal. On avait parlé depuis longtemps du fait de trouver un nouveau label, parce qu’Universal a ses Robbie Williams et autres et, quand tu sors un album, ils s’en contrefoutent. Tu n’as aucune priorité comparé à

Eminem ou Bon Jovi! Mais là, tous les artistes sont une priorité pour Roadrunner, ce qui est super. En Scandinavie, Pain a été très important, a eu beaucoup de succès parce qu’aussi bien bossé en Suède et en Finlande, et là, quand tu vas en Allemagne ou en France, ils s’occupent vraiment de toi. Aujourd’hui, en France, c’est le premier jour de promo hors Scandinavie et

Je peux déjà voir la différence, tout s’annonce très bien, et c’est vraiment un label pour le metal.

-Il y a quelques années, tu as pris la décision de fermer partiellement tes studios Abyss, sauf pour toi même et quelques groupes qui te sont chers: as tu plus tard regretté ce choix ?

-PT: Non. Je suis plus flexible aujourd’hui, et je continuerai totalement à produire des groupes, mais seulement les groupes avec lesquels je peux me donner à fond. Je ne veux pas faire ça pour payer les factures, et ça devrait toujours être comme ça. Quand je fais quelque chose, je le fais à fond ou pas du tout. J’aime produire comme un défi, parce que j’aime le groupe ou parce que je trouve leur musique intéressante ou que je peux leur apporter quelque chose.


-Quels sont tes prochains projets en ce sens?

-PT: En fait, je pense produire le nouvel album de Die Krupps album, si je peux. Ils veulent que je les aide à écrire des morceaux et à les produire. On verra bien.



-Penses tu produire le prochain album de Celtic Frost?

-PT: S’ils veulent de moi, oui, bien sûr! Mais n’est rien encore prévu, je n’ai pas entendu parler de quoi que ce soit. Mais je suis partant !


-En parlant de ça, que penses tu d’eux et comment s’est déroulée votre collaboration sur ‘Monotheist’?

-PT: C’était très dure pour moi, parce que j’étais en train de divorcer, que mon grand père est décédé et tout ça est arrivé pendant que nous faisions le disque. C’était aussi un grand défi parce que j’avais une idée de la direction que Celtif Frost devrait prendre et ils en avaient une autre, on se bouffait le nez tout le temps, mais je pense qu’au bout du compte c’est un chef d’œuvre. J’ai commencé à les écouter vers 83, avant qu’ils soient Celtic Frost, avec Hellhammer. Les morceaux étaient super heavy, un mélange de Black Sabbath et d’une autre dimension, quelque chose que je n’avais jamais entendu. C’était si sombre et si malsain, tellement au-delà de tout…


-Pourrais tu citer un album sur lequel tu aurais rêvé de jouer?

-PT: Je n’en sais rien, il y en a beaucoup, mais je dirais ‘Destroyer’ de Kiss , ça aurait été cool ! Mais il est sorti en 76…et j’étais très jeune !


-J’ai entendu que tu étais un fan de Kiss et de Slayer: ne t’ont ils jamais demandé de les produire?

PT: j’aurais adoré, mais je suis trop petit pour eux! Je ne sais même pas s’ils savant que j’existe…mais moi je sais qui ils sont!


-Quelles ont été tes plus grandes joies et déceptions après toutes ces années dans la musique?

-PT: Je change souvent d’humeur lorsqu’il s’agit de moi, je le sais. Tout tourne autour de la création artistique, parfois c’est très facile, parfois c’est très dur. Le plus dur est curieusement ce qui vient le plus facilement. C’est une grande récompense quand le travail est fait et que tu as ton album entre les mains, parce que je fais tout dans Pain, je n’ai pas de producteur ou quelqu’un me faisant le son ou autre chose, il n’y a que moi. Et donc, au bout du compte, quand tout est fait, c’est une grande récompense, mais quand je bosse, c’est le chaos!

-Peux tu citer quelques disques dont tu es particulièrement fier?

-PT: Definitivement le nouvel album de Pain. En tant que producteur, ‘Monotheist’ de Celtic Frost, et Immortal, les trois que j’ai produit : ensemble, on a élevé Immmortal à un autre niveau en bossant ensemble. J’en suis très heureux, et ce sont aussi des amis. Et puis Dimmu Borgir: leur ‘Enthrone Darkness Triumphant’ a troué le cul de tout le monde, et c’était cool d’en faire partie. Nous avons ensemble fait la nouvelle version de ‘Stormblast’ qui prit trois semaines en tout, enregistrement, mixage et mastering compris. Mais c’était une chose un peu mineure, qu’ils faisaient en attendant de s’attaquer au nouvel album. Ils voulaient le réenregistrer et, vu le temps qu’on y a passé, tout a vraiment bien roulé.

-Aujourd’hui, l’alternance de Pain, Hypocrisy et la production t’apporte-t-elle une balance? As tu besoin de ces trois activités en rotation?

-PT: Oui, parce qu’un jour tu te réveilles et a plutôt envie de faire des trucs dingues avec plein de technologies alors que le jour suivant tu veux faire des choses plus rapides et brutales. La meilleure récompense est aussi quand tu pars en tournée ensuite, joue ces morceaux et vois la réponse des kids et des gens qui te disent que c’est super : c’est sans prix ! Aucun argent ne peut égaler cette sensation.


-Qu’as tu récemment découvert en musique qui t’a vraiment époustouflé?

-PT: J’adore Gojira.Ils sont très intéressants et je pense qu’ils iront très loin. Quand j’y pense, il y a toujours quelque chose de nouveau qui sort un jour, et si c’est le bon groupe au bon moment, je m’en occuperai !

-Quand te verra-t-on sur scène à Paris?

-PT: Sûrement en septembre ou octobre, mais je veux vraiment venir avant, pour une tournée des clubs ou autre chose. En ce moment, dans Pain on peut trouver Andrea, le bassiste de Clawfinger, David, le batteur avec qui je bosse depuis quelques années maintenant, et un autre gars nommé Michael, qui joue aussi dans Eighth Sin. Pain est encore un nouveau groupe, on a donné que deux shows ensemble mais tout est dingue sur scène, les guitares et la basse volent dans les airs. C’est le chaos. C’est fun.

Participez à notre grand concours Pain!

Propos recueillis par JP Coillard à Paris le 19 mars 2007

Merci au staff Roadrunner, Karine, Mathilde, Sabrina, pour leur aide.




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