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-Le nouvel album
de Pain va sortir le mois prochain: comment le définirais tu
par rapport au precedent?
-PT: J’en
suis très content! Cet album est plus dynamique, plus
ironique, pas vraiment un mur du son mais avec plein de variations,
et je pense qu’il est plus ‘large d’esprit’ parce qu’on
peut y trouver plus de styles différents, pas seulement le
style typique de Pain mais un peu de tout. Pareil pour les parties
vocales : je les ai beaucoup travaillées pour obtenir
quelque chose de varié, parfois très heavy et parfois
très ‘clean’. C’est donc un album plus aéré
que le précédent…et j’espère avec de
meilleurs morceaux !
-On peut trouver une
reprise de Bjork, ‘Play Dead’, sur cet album: es tu fan et
pourquoi ce choix?
-PT: J’aime
vraiment beaucoup Bjork, et je ne ferais aucune reprise parce que
quelqu’un m’aurait dit que je pourrais vendre advantage. Je l’ai
faite parce que j’aime ce morceau. Je bossais sur un album
de reprises, juste pour me sortir d’Universal, et, une fois que ça
a été terminé, j’ai pu me concentrer sur un
nouvel album. J’avais de plus quatre ou cinq reprises non
utilisées, et celle là sonnait si bien que j’ai voulu
la mettre sur le disque.
-A propos des textes, peut on y
trouver quelque histoire d’extra terrestre?
-PT: Non, parce que la vie elle
même est une extra terrestre! Pain n’a jamais eu de texte
parlant de ça, on en trouve plutôt chez Hypocrisy stuff.
Pain jongle avec plus de choses, comme le sarcasme ou les films de
zombie, ou bien où s’en va le monde, quand tu as ta peau
brûlée et que tu chope le cancer, où vont nos
enfants, tout un tas de choses très différentes, et
chaque morceau possède sa propre histoire.
-C’est le premier album de Pain
pour Roadrunner, en tant que licence: comment s’est opéré
ce choix?
-PT: C’est une licence pour
moi mais ils sont le label principal. On avait parlé depuis
longtemps du fait de trouver un nouveau label, parce qu’Universal a
ses Robbie Williams et autres et, quand tu sors un album, ils s’en
contrefoutent. Tu n’as aucune priorité
comparé à
Eminem ou Bon Jovi! Mais là,
tous les artistes sont une priorité pour Roadrunner, ce qui
est super. En Scandinavie, Pain a été très
important, a eu beaucoup de succès parce qu’aussi bien bossé
en Suède et en Finlande, et là, quand tu vas en
Allemagne ou en France, ils s’occupent vraiment de toi.
Aujourd’hui, en France, c’est le premier jour de promo hors
Scandinavie et
Je peux déjà voir la
différence, tout s’annonce très bien, et c’est
vraiment un label pour le metal.
-Il y a quelques années, tu
as pris la décision de fermer partiellement tes studios Abyss,
sauf pour toi même et quelques groupes qui te sont chers: as tu
plus tard regretté ce choix ?
-PT: Non. Je
suis plus flexible aujourd’hui, et je continuerai totalement à
produire des groupes, mais seulement les groupes avec lesquels je
peux me donner à fond. Je ne veux pas faire ça pour
payer les factures, et ça devrait toujours être comme
ça. Quand je fais quelque chose, je le fais à fond ou
pas du tout. J’aime produire comme un défi, parce que j’aime
le groupe ou parce que je trouve leur musique intéressante ou
que je peux leur apporter quelque chose.
-Quels sont tes prochains projets en
ce sens?
-PT: En fait, je pense produire
le nouvel album de Die Krupps album, si je peux. Ils veulent que je
les aide à écrire des morceaux et à les
produire. On verra bien.
-Penses tu produire le prochain
album de Celtic Frost?
-PT: S’ils veulent de moi,
oui, bien sûr! Mais n’est rien encore prévu, je n’ai
pas entendu parler de quoi que ce soit. Mais je
suis partant !
-En parlant de ça, que penses
tu d’eux et comment s’est déroulée votre
collaboration sur ‘Monotheist’?
-PT: C’était très
dure pour moi, parce que j’étais en train de divorcer, que
mon grand père est décédé et tout ça
est arrivé pendant que nous faisions le disque. C’était
aussi un grand défi parce que j’avais une idée de la
direction que Celtif Frost devrait prendre et ils en avaient une
autre, on se bouffait le nez tout le temps, mais je pense qu’au
bout du compte c’est un chef d’œuvre. J’ai commencé à
les écouter vers 83, avant qu’ils soient Celtic Frost, avec
Hellhammer. Les morceaux étaient super heavy, un mélange
de Black Sabbath et d’une autre dimension, quelque chose que je
n’avais jamais entendu. C’était si sombre et si malsain,
tellement au-delà de tout…
-Pourrais tu citer un album sur
lequel tu aurais rêvé de jouer?
-PT: Je n’en sais rien, il y
en a beaucoup, mais je dirais ‘Destroyer’ de Kiss , ça
aurait été cool ! Mais il est sorti en 76…et
j’étais très jeune !
-J’ai entendu que tu étais
un fan de Kiss et de Slayer: ne t’ont ils jamais demandé de
les produire?
PT: j’aurais adoré,
mais je suis trop petit pour eux! Je ne sais même pas s’ils
savant que j’existe…mais moi je sais qui ils sont!
-Quelles ont été tes
plus grandes joies et déceptions après toutes ces
années dans la musique?
-PT: Je change souvent d’humeur
lorsqu’il s’agit de moi, je le sais. Tout tourne autour de la
création artistique, parfois c’est très facile,
parfois c’est très dur. Le plus dur est curieusement ce qui
vient le plus facilement. C’est une grande récompense quand
le travail est fait et que tu as ton album entre les mains, parce que
je fais tout dans Pain, je n’ai pas de producteur ou quelqu’un me
faisant le son ou autre chose, il n’y a que moi. Et donc, au bout
du compte, quand tout est fait, c’est une grande récompense,
mais quand je bosse, c’est le chaos!
-Peux tu citer quelques disques dont
tu es particulièrement fier?
-PT: Definitivement le nouvel
album de Pain. En tant que producteur, ‘Monotheist’ de Celtic
Frost, et Immortal, les trois que j’ai produit : ensemble, on
a élevé Immmortal à un autre niveau en bossant
ensemble. J’en suis très heureux, et ce sont aussi des amis.
Et puis Dimmu Borgir: leur ‘Enthrone Darkness
Triumphant’ a troué le cul de tout le monde, et c’était
cool d’en faire partie. Nous avons ensemble fait la nouvelle
version de ‘Stormblast’ qui prit trois semaines en tout,
enregistrement, mixage et mastering compris. Mais c’était
une chose un peu mineure, qu’ils faisaient en attendant de
s’attaquer au nouvel album. Ils voulaient le réenregistrer
et, vu le temps qu’on y a passé, tout a vraiment bien roulé.
-Aujourd’hui,
l’alternance de Pain, Hypocrisy et la production t’apporte-t-elle
une balance? As tu besoin de ces trois activités en rotation?
-PT: Oui, parce qu’un jour tu
te réveilles et a plutôt envie de faire des trucs
dingues avec plein de technologies alors que le jour suivant tu veux
faire des choses plus rapides et brutales. La meilleure récompense
est aussi quand tu pars en tournée ensuite, joue ces morceaux
et vois la réponse des kids et des gens qui te disent que
c’est super : c’est sans prix ! Aucun argent ne peut
égaler cette sensation.
-Qu’as tu récemment
découvert en musique qui t’a vraiment époustouflé?
-PT: J’adore Gojira.Ils sont
très intéressants et je pense qu’ils iront très
loin. Quand j’y pense, il y a toujours quelque chose de nouveau qui
sort un jour, et si c’est le bon groupe au bon moment, je m’en
occuperai !
-Quand te verra-t-on sur scène
à Paris?
-PT: Sûrement en septembre
ou octobre, mais je veux vraiment venir avant, pour une tournée
des clubs ou autre chose. En ce moment, dans Pain on peut trouver
Andrea, le bassiste de Clawfinger, David, le batteur avec qui je
bosse depuis quelques années maintenant, et un autre gars
nommé Michael, qui joue aussi dans Eighth Sin. Pain est encore
un nouveau groupe, on a donné que deux shows ensemble mais
tout est dingue sur scène, les guitares et la basse volent
dans les airs. C’est le chaos. C’est fun.
Participez à notre grand concours Pain!
Propos recueillis par JP Coillard à Paris le
19 mars 2007
Merci au staff Roadrunner, Karine,
Mathilde, Sabrina, pour leur aide.


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