Satyricon : The Nerotic Outsiders


Décembre voit la fin de la tournée ‘The Age of Nero’ pour Satyricon: après les Etats-Unis, ce sera l’Europe, avec un concert parisien au Trabendo, accompagné de Shining et de Dark Fortress. Mais, pour Frost, 2009 aura également vu la sortie du nouvel album de 1349, coproduit par Tom Warrior, l’âme sombre de Celtic Frost et à présent de Triptykon. Le batteur nous parle de tout cela, avant de prendre un repos bien mérité dans ses terres lointaines et glacées.



 


-1 : Satyricon vient de conclure sa dernière tournée américaine: quels souvenirs en gardes tu?

-Frost: Cette tournée a eu un démarrage quelque peu difficile, avec quelques concerts annulés, mais elle a fini vraiment d’une façon superbe. C’était une tournée en tête d’affiche pour ‘The Age of Nero’,  et c’était génial de constater combine le nouveau matériel a fonctionné. Les morceaux ont été reçus comme s’ils étaient déjà des classiques, comme si les gens les connaissaient depuis dix ans. Ca c’est passé un peu comme ça en Europe aussi, on nous jouer à nouveau très bientôt, pour ainsi conclure ce cycle de tournées pour ‘the Age of Nero’.

-2: Quelle a été l’accueil de l’album de par la monde?

- Honnêtement, fantastique, bien meilleure que ce à quoi on aurait pu s’attendre. On a eu de superbes chroniques, mais le plus important à nos yeux a été la réponse des fans, qui ont réagi comme si c’était déjà des classiques du groupe, dès les premières écoutes. J’ai rarement constaté un pareil enthousiasme des fans pour des nouveaux morceaux, et ça signifie beaucoup plus pour nous que de bonnes critiques dans la presse, cette façon dont ils ont honoré l’album, plus que quiconque aurait pu le faire.

-3: Il y a quelques mois, Victor Brandt a quitté le groupe: as tu un commentaire à ce propos?

-Il ne partageait tout simplement pas nos ambitions par rapport au groupe, et ne comprenait pas la dose d’implication et de dur travail pour faire partie d’un groupe comme Satyricon. Mais je sais bien également ce qu’il peut ressentir à n’être qu’un musicien de scène et que son job s’arrêtait là. Je crois que ça l’a démotivé, et qu’il a préféré s’en aller voguer en solitaire, le seul travail sur scène ne le satisfaisant pas. Nous lui avons proposé de continuer malgré tout, mais il ne pouvait pas assumer les problèmes venant de deux côtés à la fois. Il a fait un super boulot pour le groupe, nous l’aimons beaucoup, et nous aurons toujours beaucoup de plaisir à retravailler avec lui.

-4: Satyricon a hérité l’année dernière d’un nouveau membre, le français Gildas Lepape: qu’apporte-t-il au groupe?

- Gildas a été dans l’entourage de Satyricon pendant un bon moment, et nous voulions depuis longtemps qu’il devienne notre guitariste de tournée. Son apport est celui d’un excellent musicien, avec un long passé et de plus, c’est quelqu’un de super, en tant que personne. De plus, il a apporté son expérience scénique, ce qui est une bénédiction. Nous allions prendre quelqu’un d’autre, mais il s’est révélé ne pas être notre home, et nous l’avons appelé et il a répondu présent, se mettant au boulot immédiatement. Il a énormément progressé au cours des ans, et il est vraiment impliqué dans Satyricon, ce qui est aussi le cas pour Anders (Odden), un type super doublé d’un grand musicien.

-5: Tu officies donc au sein de deux groups, Satyricon et 1349: je suppose que le plaisir pour toi réside dans leurs différences ?

-Oui, absolument, ça m’aide à développer différents aspects de mon jeu de batterie. C’est plus gratifiant et j’en tire un bénéfice profond, je me sentirais pauvre, sans cela. Avec 1349, je bosse sur un style très violent, agressif, et d’une certaine façon a fait évoluer mon travail avec Satyricon, surtout pour nos trois derniers albums. J’arrive à un bon équilibre entre eux deux et donc, d’une certaine façon, je crois que j’ai besoin de ces deux groupes!

-6: Tom Warrior a coproduit ce dernier album de 1349, ‘Revelations of the Black Flame’: que peux tu nous en dire, ainsi que Celtic Frost?

-Ravn avait le rôle de ‘chef superviseur’, au niveau de la production, mais Tom a été pratiquement tout le temps avec nous, pour l’enregistrement et pour le mixage, tout au long du processus en vérité. Nous l’avions voulu pour plusieurs raisons, la première étant l’énorme respect que nous éprouvons pour Celtic Frost, son influence et sa signification dans le monde du black metal. Tom possède une très forte intégrité, un regard unique sur à la fois le côté spirituel et technique de la production. L’avoir à nos côtés au cours de ce processus nous fut très utile avec ses conseils, parce qu’il nous a fait nous questionner sur propres priorités, notre message, et parfois nous a fait changer et penser différemment. Il a, de plus, apporté son expérience avec Celtic Frost, comme il a déjà beaucoup produit et que nous, nous nous produisons quasiment nous-mêmes. A un certain point, nous avons vraiment eu besoin d’un regard extérieur, et il nous a, de fait, apporté de nouvelles idées. En fait, il a ajouté quelque chose à l’atmosphère, quelque chose de particulièrement motivant, créant du coup un bon esprit de travail!

-7: Bientôt, Satyricon va tourner à travers l’Europe, avec Shiing et Dark Fortress: que peux-tu nous dire d’eux?

-Pour dire toute la vérité, je ne leur ai pas encore parlé! Mais ces deux groupes ont quelque chose en eux, et ça va être un plaisir de tourner en leur compagnie. C’est toujours super d’avoir un package fort pour une tournée : ça doit être quelque chose de spécial, à la fois pour nous motiver jour après jour, mais aussi pour motiver les fans.

-8: J’ai vu sur le net, que Satyricon proposait une méthode pour apprendre aux gens à jouer les morceaux du groupe, par le biais de vidéos: d’où est venue cette idée

-Ha! Je suppose que c’était nécessaire! Par exemple, nous avons, au cours de notre carrière, mené une infinité d’auditions pour recruter des musiciens, et force est de constater que même un paquet de musiciens chevronnés passait totalement à côté de l’esprit de Satyricon et comment ses morceaux devaient être joués, ce qui est toujours super déprimant. Ca peut sembler bizarre, mais je pense qu’il vaut mieux montrer comment les choses se passent plutôt que de balancer bêtement des tablatures, parce que les gens les interprèteront sans doute d’une manière erronée.

-Un dernier mot, peut être?

-Je dirais simplement que j’espère que beaucoup de monde viendra nous voir à Paris, vu que les précédents concerts nous ont laissé une forte impression, et j’espère que ce sera la même chose pour ‘The Age of Nero’!

 

Propos recueillis par téléphone le 17 novembre 2009.

Merci à Chris, de Roadrunner France.

Photo : dr





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