‘Stabbing the drama’ est le titre du nouvel album de Soilwork, une galette réjouissante en forme de retour aux sources du groupe né de l’influence décisive de la super nova At The Gates qui créea le joli monde du death suédois, mélodique ou pas. Nos gaillards, après quelques albums plus expérimentaux, freinent des quatres fers et nous reviennent en grande forme avec ce disque en forme de coup de poing
Rencontre avec Bjorn, chanteur ayant trouvé sa voie et sa voix, en plein promo tour européen.
-Que cache le titre de ton nouvel album ‘Stabbing the drama’ ?
-Bjorn : Avec ce titre, on voudrait déclarer notre intention de mettre à mal le ‘drame musical’, parce que tout est tellement sur dramatisé, avec les genres et toutes ces sortes de trucs, ce qui est in, ce qui est dans le coup, par exemple ‘Auparavant ça sonnait comme le son de Goteborg et aujourd’hui c’est de la new wave of American heavy metal’ . Nous voulons vraiment montrer aux gens que nous n’avons besoin d’aucune béquille de cette sorte et que nous avaons autre chose à dire que juste faire partie d’un genre ou d’une quelconque attitude.
-Quelles sont à tes yeux les principales différences d’avec ‘Figure number five’ ?
-Bjorn : Au point de vue de l’inspiration, nous avons beaucoup tourné ces deux dernières années, et donc je pense que notre inspiration vient de ce fait de jouer live et de ce qui fonctionne sur scène, mais je pense aussi que nous avons réalisé que tout ne devait pas être absolument si technique ; tu peux faire de bons morceaux avec moins de technicité à l’intérieur et néanmoins les rendre très intenses. Ce nouvel album est, d’une certaine façon, très orienté live, le guitares sont très mises en avant et parfois sonnent également très acoustiques. C’est catchy, mais pas aussi policé qu’auparavant avec les claviers mis en avant et les guitares très atmosphèriques. C’est ce que nous voulions faire avec cet album : la production est un peu différente, mais tu peux toujours te rendre compte que c’est bien du Soilwork, parce que nous avons toujours développé notre son d’album en album et que nous n’aimons pas nous répéter.
-Les vocaux ont aussi progressé depuis le dernier disque...
-Bjorn : Oui, je pense que je me suis amélioré en tant que chanteur, merci à nouveau aux tournées, parce que les cordes vocales se sont habituées à cette façon de chanter, en passant du chant hurlé au chant clair, et donc je suis bien plus confiant, j’ai plus écrit récemment que les trois dernières années, je dirais ! Avec cet album, je voulais que les gens puissent vraiment entendre ma voix actuelle sans y ajouter un tas d’harmonies : tu peux entendre la forme de ma voix, c’est très en avant aussi, mais sans trop d’effets. Et je dirais que c’est plus catchy d’une certaine façon que d’avoir une seule ligne mélodique au lieu d’une tonne d’harmonies et d’overdubs.
-Vous avez à nouveau travaillé avec Daniel Bergstrand : est il le meilleurs producteur pour Soilwork ?
-Bjorn : Il est probablement le meilleur producteur pour Soilwork en Suède en ce moment, et on voulait l’amener dans différents studios, où l’on ne trouverait pas le ‘son typique’ de Daniel ; je veux dire qu’on l’aime bien mais on voulait essayer quelque chose d’autre, et c’était vraiment un challenge pour tous les gens impliqués, y compris le groupe et le producteur, parce qu’ils n’ont jamais été dans ces studios et ne connaissaient donc pas le matériel, qui était très bon, mais je crois que, tous ensemble, le résultat a été excellent.
-J’ai noté qu’ Orjan Ornkloo, du défunt Misery Love Company, a co-produit l’album
-Bjorn : Oui, il est, depuis cinq ans à peu près, l’assistant de Daniel. Il est extra au point de vue des claviers et des arrangements, tandis que Sven s’occupait du reste. Orjan a de très bonnes idées, je pense que c’est parce qu’il vient du milieu de l’indus, ce qui est très cool.
-Soilwork envisagerait il de produite lui même un futur album un jour ?
-Bjorn : Probablement oui, mais pas dans trois studios différents : si nous nous produisions nous mêmes, ce serait en tant qu’unité, tout le monde au même endroit, pour ne pas s’éparpiller. On verra bien !
-A propos de Dirk Verbeuren (le batteur Français de Scarve) : lui as tu trouvé un remplaçant ?
-Bjorn : En fait, on voudrait qu’il reste dans le groupe, mais il a le sien, Scarve, et ne veux pas le quitter. Mais, tôt ou tard, la tournée va démarrer et il voudrait en être aussi. IL va donc tourner avec nous aux USA, et après on verra, il faudra trouver une solution. Personne n’aurait pu jouer sur l’album comme il l’a fait
-On peut trouver deux morceaux en bonus, un pour l’édition limitée digipack, (‘Wherever thorns may grow’) et un autre spécialement pour l’édition Japonaise (‘Killed by ignition’) : peux tu nous en dire deux mots?
-Bjorn : On a pas choisi ces morceaux avant d’entrer en studio, on a juste tout enregistré, et ces morceaux nous ont semblé être davantage destinés à devenir des bonus. Mais ce sont de bons morceaux quand même !
-
-Y a-t-il un thème fort dans ‘Stabbing the drama’, certains sujets ou certains textes, ou plutôt une
inspiration générale ?
-Bjorn : Je dirais que le thème serait de mettre à mal ce ‘drame musical’, et, personnellement, d’anéantir ce drame mental que j’ai traversé pendant quelques années plutôt dures : il y a un tas de choses que je désire laisser en arrière, et pour moi c’est donc également une déclaration du fait que mon propre drame personnel est anéanti. C’est donc quelque chose d’assez fort.
-Quelque chose de très different : à propos de la mort récente de Dimebag Darrell, quelle a été ta réaction ?
Les gens doivent ils avoir peur de monter sur scène maintenant, parce qu’un zozo n’aimera plus sa musique ou sa coupe de cheveux ?
-Bjorn : C’est effrayant d’une certaine façon mais on ne peut pas être effrayé en permanence, je dirais que ce n’est pas très sain. Bien sûr, j’ai un peu une appréhension de tourner aux Etats Unis, mais je pense que la sécurité sera renforcée, et donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Des gens comme ça existent, et pas seulement là bas ! Mais ils ont ces lois à propos des armes et ça perturbe tout le processus. C’est stupide, de toutes façons : si tu admire quelqu’un autant et que tu déclares que Dimebag t’as piqué tes textes, tu écoutes la musique d’une mauvaise manière, tu ne captes pas vraiment ce qu’elle veut te dire.
-Que penses tu de l’Internet ?
-Bjorn : C’est très utile aujourd’hui, et un tas de gamins y sont scotchés toute la journée, parcourant les sites. On peut y trouver tout un tas d’informations, et un tas de conneries aussi, mais, si tu vas sur les sites sérieux, tu peux vraiment y trouver ton compte. Parfois, tu as l’info en premier, avant les magazines.
-Si tu étais encore ado, que tu découvres la musique, irais tu plutôt vers les magazines ou vers le Net ?
-Bjorn : Je regarde beaucoup plus le Net que les magazines, mais leur combinaison est nécessaire. Je pense qu’acheter un magazine a un côté cool, rester à le lire et ne pas être hypnotisé par l’ordinateur, c’est quand même plus relaxant.
-Comptes tu sortir une video pour cet album, et pourquoi pas un DVD mélangeant live et vidéo?
-Bjorn : On a enregistré une vidéo pour l’album, pour ‘Stabbing the drama’, et il sortira probablement un mois avant l’album, sur un single, mais seulement en Scandinavie! On prévoit de sortir un l’année prochaine ce qui correspondra plus ou moins au dixième anniversaire du groupe, et on fera sans doute un concert cool pour l’occasion, au cours de prochaines tournées. Mais on ajoutera un paquet et matériel backstage et de home movies que l’on a rassemblé au cours des années : on en a des tonnes !
-Si Soilwork était un film ?
Bjorn : Je dirais un mix de ‘Scarface’, ‘The doors’ et ‘Eyes wide shut’ !
-Vous verra-t-on bientôt en France ?
-Bjorn : Pas avant un moment, c’est prévu pour novembre. Mais on fera un tas de festivals, avant, donc...
Interview réalisée le 18 janvier 2005 par Jean Paul Coillard.
Trad : JP et Marie.
Photo : DR et JP.
Merci à Valérie Reux pour sa gentillesse efficace.
Visitez le site de Soilwork : www.soilwork.com.
Stabbing the drama’ est disponible à partir du 28 février sur Nuclear Blast.


|