Méconnu sur nos rivages, ce qui est un grand dommage qui devrait bientôt se réparer avec la sortie française de leur deuxième album, ‘We’ll be dead tomorrow’, on peut dire que Raging Speedhorn revient de loin. En effet, après un gros succès outre Manche suite à la sortie en 2001 de leur Lp :’
Rencontre avec les frères Laughlin, John et Tony, respectivement chanteur et guitariste de Raging Speedhorn.
-L’an dernier, le groupe était au bord de la séparation à cause de problèmes dus à des différents avec votre management d’alors : aujourd’hui, vous possédez un nouveau management et avez sorti un superbe nouvel album. Mais on peut dire que Raging Speedhorn a eut chaud?
-Tony : Il y a eut beaucoup de confusion avec notre ancien management, on ne savait plus où on en était, tout était très confus au point que nous ne savions plus du tout où nous en étions en tant que groupe : c’était comme une lutte, mais nous avons surmonté tout cela et aujourd’hui nous avons le meilleur management que nous ayons jamais eu, le meilleur disque que l’on ait sorti, on ne sent mieux que jamais : à présent, tout est un million de fois meilleur pour certaines choses.
-John : Ce furent des périodes très dures, parce que, aux alentours de Noël, nous n’avions aucun argent, pas de boulot, on ne pouvait vraiment rien faire et on ne pouvait qu’essayer de s’en tirer.
-Tony : Aujourd’hui nous sommes plus forts, plus ensemble et plus concentrés sur le groupe. Avant, on était juste content de se trainer, en quelque sorte, mais maintenant on sait que l’on veut sortir de bon disques, que chaque concert soit super, alors qu’avant on faisait parfois des concerts pas terribles en se disant qu’après tout...Mais aujourd’hui c’est notre boulot : on est beaucoup plus au courant que ce qu’on ne l’avairt jamais été, à cause de tout ces choses et ce temps perdus, sans doute plus qu’on aurait voulu, mais assez en tous cas pour nous inciter fortement à être bons tout le temps, que tous nos concerts et nos disques le soient.
-Ainsi, vous êtes deux frères, mais peut on dire que Raging Speedhorn fonctionne comme une famille, une communauté qui fait front ensemble?
-John : Oui, Tony et moi on se cherche toujours des noises, mais c’est pareil pour le reste du groupe, on se cherche tous des noises tout le temps !
-Tony : On a été si souvent ensemble, ces quatre dernières années, que c’est comme d’être dans un groupe avec cinq frères : il y a tant de sujets de discussion stupides qu’après coup, tu penses que ça n’a pas vraiment d’importance.
Chacun est si proche de l’autre dans cette bande, mais sans vouloir l’admettre, qu’il fait gaffe aux autres comme à ses propres frères, et tout le monde fait gaffe aux autres dans ce groupe. Les discordes que nous avons ne sont jamais sérieuses, elles sont idiotes : elles ont l’air énorme sur le moment, mais elle n’en sont pas, et c’est exactement ce qui arrive dans une famille, même je suppose dans une famillle adoptive, et même à présent que c’est notre boulot, qui est probablement différent de tous les boulots sur Terre, nous sommes très proches les uns des autres.
-Tony vit à présent à Londres et Gareth à Stockholm : est ce désormais plus difficile pour Raging Speedhorn de se réunir ?
-Tony : Non, pas du tout.
-John : Il faut juste s’arranger un peu plus.
-Tony : On trainait ensemble, mais pas plus que maintenant, on doit faire nos propres trucs, parce que se voir trop les uns les autres n’est pas très bon, on se rend mutuellement malades, et c’est ce qu’on ne veut pas. C’est bien que les personnes d’un groupe se voient durant une tournée : on est, du moins excités, sinon content de se revoir, et c’est bien mieux.
-John : On a plus de choses à se raconter !
-Tony : C’est comme revoir de vieux amis. Mais quand tu es tout le temps ensemble, la denière chose que tu veuille est de partir en tournée avec ces gens là que tu as vu pendant les quatre dernières semaines. Et puis, ce n’est pas comme si nous vivions à un million de miles les uns des autres, aller de Londres à Stockholm ne prend pas tant de temps.
-Parlons un peu de ‘We’ll be dead tomorrow’ : quelles sont à vos yeux les principales différences avec votre premier LP?
-John : Le son est bon ! !
-Tony : Ca sonne comme un bon album bien heavy, et on en est très fiers. Au point des textes, je pense qu’ils sont plus matures, et musicalement, je crois que tout à progressé et muri de même : on a appris à mieux jouer de nos instruments et on fait bien davantage attention au son sur disque à présent : la batterie, les guitares, la basse, les vocaux. Même la pochette est mieux !
-John: Le premier album était plutôt l’idée de notre manager de l’époque.
-Tony: En fait, on s’en foutait, et on s’est pas trop investis dedans. On a juste rouspété un peu quand il est sorti.
-A propos de la production, votre premier album le fut par John Fryer, de Nine Inch Nails
: comment cela s’est il passé?
-Tony : C’est une drôle d’histoire : deux types qu’on connaissait à l’époque le connaissaient en tant que producteur. On a pensé qu’il pourrait être bien pour nous, qu’il était ce dont on avait besoin, et donc le premier album était super à nos yeux, sur le moment : nous en sommes très fiers, nous l’adorons. Mais pour le second album, on avait besoin d’évoluer et on le savait. Si tu fais toujours la même chose, ça ne présente plus aucun intérêt. Le second album sonne differemment, non seulement parce que les producteurs (membres de Biohazard, ndlr) sont différents, mais parce que nous avons changé aussi. C’est une progression.
-Alors, on peut parler d’une évolution personnelle autant que d’une progression musicale en même temps ?
-John : Quand le premier album est sorti, on a tourné à peu près un an. Ce disque a été fait en même temps que la tournée, et deux ans et demi de tournées par là dessus. Chaque fois que tu tournes, tu te retrouves avec un groupe différent, avec lequel tu aprendras de nouvelles choses. Tourner est un apprentissage.
-Je vous ai vu sur scène avec with Amen à Paris, il y a 2 ans, et Raging Speedhorn faisait l’effet d’une formidable machine de combat : mais vous sentez vous plus à l’aise sur scène ou en studio?
-Tony and John : En scène ! ! !
-Tony : La scène est un million de fois supérieure.
-John : J’ai horreur de ce foutu studio!
-Tony : La période en studio est très dure pour nous parce que, quand on est sur scène et qu’on fait des erreurs, ça fait partie du tout, comme dans la vie, mais si on fait des erreurs en studio, on crée quelque chose que les gens écouteront des années après, alors on a pas le droit de se tromper. Qu’on le veuille ou non, il faut refaire et refaire les choses, et non seulement le groupe mais aussi le producteur doivent en être satisfaits. C’est un long processus que celui du studio, c’est fatiguant, même si l’on y est pas si souvent que ça, et je préfère être sur une scène. Nous sommes un live band de toutes façons, et le son d’un groupe a beaucoup à voir avec ça. Je ne pense pas que l’on pourrait complètement capturer ça en studio, ce qui n’est pas une mauvaise chose, parce que les gens viennent voir nos shows !
-Rencontrez vous des fans aux concerts ?
-Tony : Oui.
-John : Alors que la plupart des groupes restent vautrés dans les loges après le concert, on sort avec les gens pour discuter et se fendre la poire. Quand le concert est fini, on s’asseoit backstage, on se rafraîchit, on boit un coup et ensuite on y va direct.
-Tony : Ce n’est pas localisé, c’est partout dans le monde : quand on va au Japon, les gens sont superbement enthousiastes, ils nous apportent des cadeaux. C’est merveilleux quand on peut se sentir bien, ça veut dire beaucoup de choses pour nous.
-John : C’est génial que les gens respectent ce que tu fais.
-Tony : On se nourrit de ça, et plus les gens viennent à nos concerts, plus on s’en nourrit, parce que c’est une chose tellement émotionnelle que les gens aiment notre musique et viennent nous voir ensuite. Nous ne sommes pas les Beatles, ni Metallica, on est pas un groupe planétaire, et le fait que tout le monde s’intéresse à nous représente à nos yeux quelque chose d’énorme.
-John : Je sais que ça sonne cliché, mais c’est comme une putain de drogue : tu ne peux pas y rester à l’écart...
-Que pensez vous qui attire les gens vers vos concerts et pour acheter vos disques ? Sont ils touchés par votre style direct et votre simplicité, votre absence de pose ?
-Tony : On est plutôt honnêtes, au point d’être vraiment honnêtes et aggressifs parfois, par vraiment agressifs, mais assez agressifs, surtout Franck à qui il arrive d’être offensif sans trop de raisons. C’est un type vraiment super au fond, mais des fois les kids le comprennent vraiment de travers et l’entrainent où ils ne devraient pas.
-John : Certains lui disent : "Qu’est ce que tu veux dire quand tu dis ça ou ça ?", et Franck leur dit, pour les calmer, que c’était juste pour avoir du fun !
-Tony : On désire le mieux , on est juste nous mêmes : si tu me cherches, je te répondrai, si tu es sympa avec moi, je serai sympa avec toi, on ne veut pas d’embrouilles parce que, comme je l’ai dit, nous sommes émerveillés par le simple fait que tout le monde veuille acheter notre disque et viennent nous voir en concert, et ça me surprend toujours quand le concert est complet, mais que ce soit pour dix, cent ou mille personnes, c’est toujours un super feeling de jouer devant des gens qui sont venus là et veulent entendre ta musique.
-John : Si tu es vraiment un trou du cul, on te dira juste d’aller te faire foutre !
-Tony : On adore juste le fait que les gens aiment notre musique.
-J’ai entendu dire que vous collectionnez tout un tas de vieux vinyls, I’ve heard that you were collecting a lot of old vinyl records, Led Zep, Black Sab et autres, ce qui est plutôt surprenant venant de jeunes d’aujourd’hui...
-Tony : Je ne les collectionne pas autant que Franck, Darren et Gareth, ils en ont des tonnes et je n’en ai pas la moitié autant, mais ce qui m’a poussé à écouter des vieux disques fut de lire les chroniques des disques de Nirvana, Guns 'n' roses, Pantera, des groupes de ce genre, et de lire leurs interviews, dans lesquelles ils disaient qu’ils étaient fortement influençés par Black Flag, Husker Dü, The Pixies, Black Sabbath, Led Zeppelin, Thin Lizzy, eux mêmes influençés par des groupes qui étaient là dix ans avant eux, et ça m’a donné envie de les écouter tous, et, si ce n’avait pas été Nirvana citant en interview les Pixies, Husker Du, Mudhoney et d’autres, je n’aurais jamais entendu parler d’eux. Ces groupes m’ont amené à d’autres groupes, juste en les mentionnant et en disant qu’ils furent influençés par eux.
-Peux tu citer quelques disques qui on changé ta vie?
-Tony : Probablement ‘Nevermind’ de Nirvana ; ‘Appetite for destruction’ de Guns’n’roses, le premier album d’Iron Monkey’, ‘Back in black’ d’AC/DC, celui là aussi : J’adore ces disques et je pourrais les écouter en boucle, encore et encore, aussi quand je me dis ça, je dirais bien que ces disques ont changé ma vie, parce que je me sens très fortement connecté à eux.
-Qu’écoutez vous aujourd’hui ?
-John : Beaucoup de choses très différentes : ça va du premier album de Led Zeppelin à celui Dillinger Escape plan.
-Tony : Je suis un très gros fan de Nirvana, j’adore Mudhoney, Pearl Jam, des trucs comme ça, la vieille scène grunge, mais tout le monde dans le groupe n’aime pas ça : Darren préfère Judas Priest. Judas est cool, mais je n’en suis pas plus fan que ça. Par contre, tout le monde dans le groupe est fan des quatre mêmes : Led Zeppelin, AC/DC, Black Sabbath, Thin Lizzy.
-John : James Brown, Barry White, Marvin Gaye et un tas de trucs de la Motown...
-Et le punk Anglais ?And what about the English punk rock ?
-Tony : Je préfère nettement le punk Américain : Black Flag, Ramones, je n’aime pas trop 999 ou les Uk Subs et la scène Oï, je préfère Bad Religion.
-A propos de Black Flag, connaissez vous ‘Rise above’ la compilation de reprises de Black Flag? Et participeriez vous à un album de ce type ?
-Tony : Oui, à propos des trois de Memphis... Eh bien, en fait on a enregistré un titre de Black Flag, ‘My war’, pour cet album mais il serviea de face b. C’est un très bon album, et le titre de Mike Patton,‘Six pack’, est particulièrement bon. On ne l’a jamais rencontré mais il a l’air un tantinet bargeot !
-C’est dommage parce qu’il est sorti sur Sanctuary, mais n’est pas importé en France...
-Tony : Ma copine bosse chez Sanctuary !
-John : C’est comme au Japon, les imports sont moins chers que les sorties locales, c’est pour ça qu’on y ajoute des morceaux supplémentaires ! ‘My war’ est le morceau de ce genre pour le Japon, mais à la base on l’avait fait pour être une face b, comme ‘Gipsy’ de Uriah Heep.
-Avez vous l’intention de sortir un dvd avec vos videos et peut être du live ?
-Tony : J’espère que bientôt, nous sortirons effectivement un DVD, parce qu’on a emmagasiné des heures et des heures d’images de nous en train de déconner, casser des trucs et être nous mêmes ( !), mais rien à voir avec le home video de Pantera, par exemple : on est pas si riches, on a pas tant d’argent. Ce sera juste nous en train de vivre, sur et hors de scène. On veut y inclure des choses qui nous représentent. Mais je ne sais pas quand ça sortira.
-Si Raging Speedhorn était un film?
-Tony : Lord of the rings !
-John : Battle Royale ! Je serais le dernier survivant !
-Tony : Tu connais ce film, ‘Scum’ ? Il nous décrit vachement bien. (rires)
-Le site web du groupe (www.ragingspeedhorn.co.uk) est il important ?
-Tony : Il va le devenir : on vourdait passer à la vitesse supérieure avec le site. On l’a démarré il y a longtemps et on ne l’a pas vraiment mis à jour régulièrement par le passé, mais très bientôt, on pourra y trouver beaucoup de nouvelles photos et des choses interactives. On reçoit pas mal de suggestions de la part des fans, qui pourront de cette façon devenir beaucoup plus interactifs avec nous en temps que groupe, entre autres, ca va arriver quand on aura tout mis au point. C’est sympa pour l’instant, c’est un bon site, on y trouve un message board très actif notamment. On désirerait être plus proches des gens à travers ce site parce qu’il y passent du temps en y venant, discutant et argumentant à propos de choses et d’autres. C’est dur pour nous d’être vraiment en contact avec eux quand on est en tournée parce qu’on a pas toujours l’opportunité de se trouver à portée d’un ordinateur. Mais chaque fois qu’on peut, on va y faire un tour pour voir ce qui s’y passe, car on voudrait le tenir le plus à jour possible.
-Etes vous de grands utilisateurs d’Internet ?
-John : Je m’en sers pas mal : je vais dans les cyber cafés, mais ca devient un peu ruineux !
-Tony : J’y vais de temps en temps, quand je peux, mais sans plus.
-Qu’est qui est meilleur que la musique, la bière et le sexe ? Raging Speedhorn ?
-Tony : Raging Speedhorn est bien meilleur que la bière. Le sexe vient juste derrière. is way better than beer. Sex comes close second. Raging Speedhorn n’est pas mieux que le sexe, mais meilleur que la masturbation !
-Comptez vous bientôt venir en France?
-Le 20 février, avec Ministry.
Quelque chose à ajouter pour les fans français?
-John : Venez, on a vos adresses, vous feriez mieux d’être là !
-Tony : J’ai de grands chiens méchants !
-John : J’ai de grands poings méchants ! ! !
(Propos recueillis à Paris en décembre 2002)
Trad : Jean Paul Coillard et Marie Lecocq)


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