- Au début, vous vous appeliez simplement Static, d'où vient le X?
- Ken: "Static" n'a pas de vraie signification. En ce qui concerne le X, on a dû changer de nom ou y ajouter quelque chose parce que beaucoup d'autres groupes s'appelaient Static aux USA. L'un de nos amis-managers a dit: "Pourquoi vous ne choisissez pas Static-X, comme Racer-X?" Tu sais, il y a tellement de groupes de merde comme Blink 182, qui ont dû trouver un numéro parce qu'ils sont sans aucune originalité. En plus, ce sont des connards.
- Votre nouvel album, "Machine", est beaucoup plus brutal et orienté guitares que "Wisconsin Death Trip", est-ce dû au fait que vous avez beaucoup tourné entre-temps?
- Tony: En partie. Lorsqu'on est revenues à la maison, on en avait vraiment marre de tourner et, pendant les 2 derniers mois, on ouvrait pour Pantera, ça a dû déteindre sur nous.
- Ken: Si tu ne deviens pas vraiment heavy après avoir tourné avec Pantera, ton cas est désespéré.
- Tony: C'est un peu le son qu'on avait lorsqu'on a commencé à programmer. Pour le premier album, on ne s'est pas dit, "faisons un album de pop metal", c'est juste ce que nous étions à l'époque. C'est la même chose pour celui-ci. On était en colère.
- Comment avez-vous vécu l'énorme succès de "Wisconsin…" et votre disque de platine?
- Ken: On était choqués. On ne s'y attendait pas du tout. On espérait juste vendre assez de disques pour faire plaisir à la maison de disques et pouvoir en enregistrer un autre. Recevoir un disque de platine, c'était de la science-fiction.
- "Wisconsin…" était basé sur un vieux livre de photos, y a-t-il un concept derrière "Machine"?
- Ken: Wayne a proposé "Machine" parce qu'on voulait faire un album plus dur et rigide, comme une machine. Il a un groove, mais il est différent de Wisconsin. A part cela, il n'y a pas vraiment de concept.
- Tony: Ce n'est pas comme "Operation: mindcrime" de Queensrÿche. (rires)
- Ken: Seuls quelques groupes ont pu faire des concepts albums sans se rendre ridicules. Ils sont souvent voués à l'échec.
- Ca nous a un peu rappelé "Digimortal" de Fear Factory…
- Ken: Oui, Fear Factory peut se le permettre, leurs albums sont très bien pensés et racontent vraiment une histoire. Notre capacité de concentration pour la musique se limite à 3 ou 4 minutes... (rires) Je ne crois pas que nous serions capables de faire un concept album.
- D'où est venue l'inspiration pour cet album?
- Ken: Tourner pendant 2 ans. (rires) Les concerts étaient toujours super, mais pour tout le reste… Les gens ont une vision très glamour de la vie en tournée, la réalité n'est pas comme ça.
- Tony: Essaie de vivre dans un tour bus, c'est vraiment glamour.
- Ken: Nous avons évacué beaucoup de colère dans cet album.
- Pourquoi choisir Ulrich Wild comme producteur pour les deux albums?
- Ken: Pour le premier, on l'a choisi parce que, lorsqu'on a commence à chercher des producteurs, notre choix était Terry Dave, mais il était trop cher. Or, Ulrich avait été son assistant sur tous les albums que nous adorions, Pantera, White Zombie, etc.
- Tony: Il a fait un travail génial et c'est très agréable de travailler avec lui, alors c'était naturel de faire encore appel à lui pour le nouvel album.
- Le considérez-vous comme une sorte de 5e membre?
- Tony: Oui, totalement. Surtout sur cet album, il nous a beaucoup aidés pour les parties de claviers et une partie de la programmation.
- Avez-vous déjà envisagé d'avoir réellement un 5e membre sur scène, pour faire des samples, etc?
- Ken: Non, ce n'est pas pour nous, mais ça fonctionne pour d'autres.
- Parlez-nous du nouveau membre, Tripp Eisen?
- Ken: Tripp était dans un groupe appelé Dope, avec qui nous avons tourné. Lorsque Koichi a finalement eu les couilles de nous dire qu'il partait, on s'est dit, "merde, si Tripp n'était pas dans Dope, il pourrait être notre guitariste". Une semaine plus tard, il nous téléphone pour dire qu'il a quitté Dope ! Il s'intègre parfaitement, c'est le 4e membre que nous cherchions.
- Tony: Il s'intègre beaucoup mieux que Koichi. Il restait toujours dans son coin, il ne parlait jamais ni ne se mêlait à nous.
- Ken: En plus, il ne travaillait jamais. Le groupe représentait notre vie, on a tout parié dessus, aucun de nous n'a de diplôme universitaire, on faisait des boulots affreux, aucun d'entre nous n'est riche. Si le groupe n'avait pas fonctionné, on aurait toujours les mêmes jobs. On a travaillé très dur, pas Koichi. Pour lui, c'était un hobby, il n'a jamais vraiment dû travailler. Il vient d'une famille très riche…
- Tony: Je suis allé le voir environ une semaine avant de partir en tournée pour reprendre l'un de nos systèmes sans fil et je lui ai demandé ce qu'il faisait. Il a répondu : "Oh rien, je me repose"… Comme s'il avait une longue et fructueuse carrière derrière lui. "J'ai travaillé pendant 2 ans, alors maintenant, je peux me reposer". (hurlements de rire)
- Ken: Vu qu'il vient d'une famille riche, ça n'a jamais été une question de vie ou de mort pour lui.
- Il avait déjà quitté le groupe avant…
- Tony: Dans notre 3e ou 4e année d'existence, il nous a rejoint alors qu'on expérimentait toujours différents sons pour trouver l'identité de Static-X. Au bout de 6 mois, il a voulu partir parce qu'il n'aimait pas ce qu'on faisait. A l'époque, on faisait des reprises punk, comme Black Flag. Ensuite, il a rejoint un autre groupe, qui a commencé à faire du punk-hardcore…
- Ken: Il disait ne pas aimer le punk, alors il a rejoint ce groupe indé. Deux semaines plus tard, ils ont décidé de faire du punk, alors il les a quitté aussi. En fait, on terminait juste les concerts par ces deux reprises, la plupart du temps on expérimentait avec la programmation et c'était très heavy. On est finalement devenus Static-X. Une semaine avant de conclure un contrat avec le management, toutes les chansons du premier album étaient écrites, sauf 2, et il s'est contenté d'y ajouter des claviers.
- Vous avez sorti un DVD, mais il est très difficile à trouver…
- Ken: Oui, il est seulement sorti à 600 exemplaires. Il y a eu des problèmes juridiques, alors on ne sait pas comment ça va évoluer.
- Tony: Je n'en ai même pas un.
- Ken: On a réussi à obtenir une programmation limitée dans les cinémas de 6 villes. Les critiques ne l'ont pas compris, ils ont dit qu'il était évident qu'on n'avait pas utilisé de scénariste, mais c'est un documentaire, évidemment qu'on n'allait pas utiliser de scénariste. On veut que les fans nous connaissent mieux, parce qu'on ne peut pas parler avec eux tous. On ne tire pas profit des DVD, c'est vraiment un cadeau pour les fans. Alors, ces histoires de problèmes juridiques, c'est vraiment pénible.
- Qui a dessiné la jaquette ?
- Ken: On a organise un concours sur le site Web. C'était le gagnant, un mec de l'Ohio qui vient de sortir de l'école. Il a fait un travail génial. Il travaillera encore probablement pour nous.
- Vous avez un site Web, le considérez-vous comme un outil très important pour communiquer avec vos fans, fournir des informations, etc?
- Ken: Oui, je crois que c'est très bien pour nous d'y placer des informations. C'est difficile d'aller sur le site et de commencer à répondre aux e-mails, je le fais de temps en temps. Mais les gens s'énervent, ils pensent qu'on devrait passer notre temps à lire les e-mails et à faire du chat, mais si on fait ça, on ne peut plus passer de temps avec eux aux concerts. Je me suis engueulé avec un gamin à Atlanta qui était en colère parce que je ne répondais pas aux e-mails. Je lui ai dit : "Ecoute, tu es en train de me parler. Si je passais autant de temps que tu le voudrais sur Internet, je ne serais pas là avec toi." C'est important de garder le contact, mais on doit aussi garder un peu de temps pour soi. Mais Internet est un extraordinaire outil de promotion, il est très bon marché. Il permet d'élargir notre public.
- Quel est votre prochain défi?
- Tony: Achever cette semaine et rentrer à la maison. (rires)
- Ken: O fait tout petit à petit. On termine la tournée ici, puis c'est de retour aux USA. Après ça, qui sait ? C'est l'industrie du disque, tout peut être fini demain… Mais, ce sera intéressant d'avoir Tripp pour l'écriture du 3e album.
Interview réalisée à Paris par Marie Lecocq et JP Coillard
Voir également l'interview par Stéphane Hervé


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