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A close shave
Après les ‘Noces Funèbres’
et la ‘Planète des singes, Tim Burton nous propose à
nouveau la résolution du problème amoureux : après
le futur, une autre planète, un monde d’animation, nous
voilà plongé dans le Londres du 19è siècle,
celui de Dickens et de Jack L’éventreur, superbement habillé
par Darius Wolski sous la direction du grand Dante Feretti. Un
Londres noir, gothique en diable, ténébreux, humide, au
coeur duquel le barbier Barker, autrefois injustement condamné
par le juge Turpin qui avait des vues sur sa femme, revient pour se
venger, sous le nom d’emprunt de Sweeney Todd. C’est une fois de
plus le fidèle Johnny Deep qui incarne le barbier en colère,
devenant tueur en série pour se refaire la main dans son
échoppe, aux côtés de Miss Lovett (Helena
Bonham-Carter), reine de la tourte londonienne poussiéreuse et
immangeable. Le couple expérimente alors une nouvelle façon
de renouveler, en quelque sorte, sa clientèle. La tourte aux
pigeons marche du feu de Dieu, jusqu’à ce jour où les
routes de Todd et de son juge (Alan Rickman) se croisent à
nouveau, par l’intermédiaire d’un barbier concurrent, faux
italien mais vrai rival (Sacha Baron Cohen). Le vase déborde
quand Todd se rend compte que Turpin retient sa fille prisonnière,
et tout cela finit dans un bain de sang digne de Mario Bava, surtout
que Miss Lovett, pour préserver son nouvel amour, est vraiment
prête à tout, jusqu’à faire un four à
elle toute seule.
Excité par le challenge de
transposer à l’écran la comédie musicale de
Stephen Sondheim de 79, qui signe donc la musique, en lieu et place
de Danny Elfman, Tim Burton, qui en avait le projet depuis les années
80, regagne ici totalement ses galons de maître du macabre
onirique avec cette fable cruelle, avec vingt six chansons en rouge
et noir. Un véritable director’s cut, assurément !
Razor’s back !
Jean Paul Coillard
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