Sweeney Todd


de Tim Burton, avec Johnny Depp, Helena Bonham-Carter, Alan Rickman, Sacha Baron Cohen,

Musique: Stephen Sondheim. Photo: Darius Wolski. Direction, artistique: Dante Feretti.

USA, 2007, couleurs, 1H45.



A close shave

Après les ‘Noces Funèbres’ et la ‘Planète des singes, Tim Burton nous propose à nouveau la résolution du problème amoureux : après le futur, une autre planète, un monde d’animation, nous voilà plongé dans le Londres du 19è siècle, celui de Dickens et de Jack L’éventreur, superbement habillé par Darius Wolski sous la direction du grand Dante Feretti. Un Londres noir, gothique en diable, ténébreux, humide, au coeur duquel le barbier Barker, autrefois injustement condamné par le juge Turpin qui avait des vues sur sa femme, revient pour se venger, sous le nom d’emprunt de Sweeney Todd. C’est une fois de plus le fidèle Johnny Deep qui incarne le barbier en colère, devenant tueur en série pour se refaire la main dans son échoppe, aux côtés de Miss Lovett (Helena Bonham-Carter), reine de la tourte londonienne poussiéreuse et immangeable. Le couple expérimente alors une nouvelle façon de renouveler, en quelque sorte, sa clientèle. La tourte aux pigeons marche du feu de Dieu, jusqu’à ce jour où les routes de Todd et de son juge (Alan Rickman) se croisent à nouveau, par l’intermédiaire d’un barbier concurrent, faux italien mais vrai rival (Sacha Baron Cohen). Le vase déborde quand Todd se rend compte que Turpin retient sa fille prisonnière, et tout cela finit dans un bain de sang digne de Mario Bava, surtout que Miss Lovett, pour préserver son nouvel amour, est vraiment prête à tout, jusqu’à faire un four à elle toute seule.

Excité par le challenge de transposer à l’écran la comédie musicale de Stephen Sondheim de 79, qui signe donc la musique, en lieu et place de Danny Elfman, Tim Burton, qui en avait le projet depuis les années 80, regagne ici totalement ses galons de maître du macabre onirique avec cette fable cruelle, avec vingt six chansons en rouge et noir. Un véritable director’s cut, assurément ! Razor’s back !


Jean Paul Coillard






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