--Still Remains est né du split de deux groupes de metal core : Shades of Amber et Ignition, mais quels sont les groupes t’ayant donné envie d’en fonder un toi même ?
-TJ : J’ai vu Pearl Jam play en 1988, et tout de suite, j’ai su que je devais être un jour sur scène. Ce fut l’une des choses les plus fantastiques que j’ai vu dans ma vie ! Comme le reste du groupe, j’adore Soilwork, In Flames, the Cure, des groupes comme ça qui nous ont vraiment influencés et donner envie de faire de la musique, je pense.
-Comment vous partagez vous la tâche, au sein du groupe ?
-TJ : J’ écris tous les textes, Georges et Zak écrivent le gros de la musique et on apporte tous ensuite notre grain de
sel...
-‘Of love and lunacy’, est votre premier album pour Roadrunner : comment cela est-il arrivé?
-TJ : On avait d’abord sorti ce EP, ‘If love was born to die’. On l’a enregistré l’année et on voulait le vendre aux gens, mais l’une des raisons principales de cet enregistrement était d’attirer l’attention des labels. Roadrunner Records était une blague que nous nous faisions entre nous, du genre ‘Roadrunner nous aime !’, et on plaisantait là dessus parce qu’on savait bien que jamais Roadrunner ne pourrait nous aimer. Mais nous avons reçu une offre de quelqu’un que notre manager connaissait là bas, ils ont commençé à parler, et l’affaire fut conclue.
-Parle nous de cet actuel Road rage tour...
-TJ : J’adore tourner avec Three Inches of Blood et Trivium, et c’est une bénédiction que de se balader autour du monde, parce qu’on ne l’avons jamais fait auparavant. La tournée se déroule très bien, on prend tous du bon temps, et chaque concert jusqu’ici a vraiment été super, les fans de chaque endroit ont été très cool. Hier soir, les gens de Kerrang étaient à notre show de Londres, et on s’est bien marré à traîner avec eux. Ils sont très supportifs de Still Remains et le coin est définitivement un super endroit.
-Pour cet album, vous avez bossé avec le fameux GG Garth Richardson : de quels albums qu’il a produit es tu le plus fan ?
-TJ : On avait quelques producteurs en tête avec qui nous voulions travailler, mais Garth était notre premier choix, on le voulait vraiment, et il est advenu que notre A&R chez Roadrunner le connaissait parce qu’ils avaient déjà bossé ensemble. Il a donc essayer de le convaincre, et ça a marché, et tout a vraiment été super parce que c’était le choix du groupe mais aussi celui de Roadrunner. La raison principale de le vouloir lui est qu’il fait un boulot incroyable sur les vocaux, il les fait vraiment ressortir et briller, et il a tendance à produire des sons de guitare géants, c’est pourquoi on le voulait si fort sur le disque.
-Still Remains a été comparé à In Flames et Soilwork : es tu vraiment fan de la scène nord européenne ?
-TJ : Oui, la plupart de ces groupes sont nos plus grosses influences : In Flames, Soilwork, nous adorons ces deux groupes, on voudrait tourner avec eux ; lorsque Still Remains était un tout jeune groupe, ont écrivait des trucs très orientés heavy, mais quand on a découvert Soilwork et In Flames, on a su que c’était ce qu’on voulait faire, ce qu’on avait besoin de faire !
-Votre premier LP, ‘If love was born to die’, et vos premiers EP auto produits, seront ils réedités ?
-TJ : Non, parce que nous avons déjà ré-enregistré deux de ces morceaux pour cet album : ‘I can’t revive’ était le morceau qui nous parlait le plus, et nous adorions ‘Recovered’ mais le chant n’était pas terrible à l’origine, et on a pensé que ce serait lui rendre justice que de l’enregistrer à nouveau pour ce nouvel album.
-Le mot ‘love’ apparaît sur le titres de vos deux albums : est ce le principal sujet d’inspiration pour toi ?
-TJ : Parfois ! On a décidé d’inclure le mot ‘love’ dans le titre de cet album parce qu’on avons pensé que c’est quelque chose avec quoi nous n’en avons pas fini, que nous avons déjà fait, mais qui n’appartient pas au passé. On a pensé qu’il y avait encore pas mal à faire avec sur ce nouvel album, et donc on l’a également inclus dans le titre.
-Y trouve-t-on d’autres sujets, plus sociaux ou politiques ?
-TJ : Oui, on y trouve des sujets profonds, pas vraiment parce que nous somme des gens plutôt apolitiques : on est pas forcément des fans de notre président, mais je ne veux pas en parler. Ici et là, par contre, on y trouve nos croyances et nos idées, des références au suicide, au désespoir, au coeur brisé, au fait de perdre les gens qu’on aime, des trucs différents, des luttes personnelles, pourrait on dire.
-Peut tu citer quelques albums ayant changé ta vie ?
-TJ : L’album ‘Ten’ de Pearl Jam a changé ma vie, et leur autres disques aussi. Puis, quand j’ai entendu Nirvana pour la première fois, je ne savais pas ce qui se passait : le premier morceau que j’ai entendu était ‘Smell like teen spirit’, et ça m’a vraiment fait aimer le rock, ainsi que ‘The fragile’ et ‘Downward spiral’ de Nine Inch Nails, qui furent également de grandes inspirations pour moi.
-As tu de futur projets ?
-TJ : On travaille sur quelques nouveaux trucs, on écrit pas vraiment, en ce moment, mais on a déjà quelques idées plutôt cool. J’ai déjà écrit pas mal de textes, mais on se concentre sur la tournée et cet album qui vient de sortir. On va beaucoup tourner cette année et on espère revenir bientôt.
-Still Remains tourne pour la première fois hors des USA : ce périple, ces nouveaux endroits, ces nouvelles personnes vont elles influencer ton écriture future ?
-TJ : Oui, je le pense : les gens, les endroits, les expériences, j’adore écrire et j’écrirais à propos de tout ça !
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Trivium : Exorcist, Part two.
(Matt, guitare)
-Parle nous de la génèse de Trivium, à travers ses multiples changements de line up et du label Lifeforce jusqu’à Roadrunner.
-Matt : Le groupe a surtout démarré avec Travis, qui avait rassemblé des gens pour un concours de groupes à la fac. Matt y est venu et le groupe a commençé à faire des concerts mais le chanteur de l’époque est parti, aussi Matt a pris sa place. Il s’est ensuite passé presque deux ans avant que Matt et Travis prennent sérieusement les choses en main : ils ont enregistré un CD de démos, qui a attiré l’attention de Lifeforce. Après le disque sur Lifeforce, ‘Emver to inferno’, j’ai rejoint le groupe et ensuite l’album a à son tour attiré l’attention de Roadrunner. Ce fut comme un rêve que de se retrouver sur ce label en même pas un an !
-Comment se déroule le Roadrage tour pour toi ?
-Matt : Jusqu’à présent, on a démarré la tournée aux USA, et on a pris l’avion et entamé la partie européenne du Roadrage tour en Angleterre : c’était incroyable, la réactions des gens, les fans étaient vraiment surréalistes : comment peut on nous connaître, alors que nous ne sommes jamais venus ? L’Angleterre était très bien, et donc j’espère que le reste de l’Europe sera tout aussi dingue !
-Quelques groupes d’influence ?
-Matt : Metallica, Slayer, Pantera, Megadeth, Iron Maiden, du trash metal des 80’s old school comme Testament. Overkill aussi, mais ils sont arrivés plus tard.
-Quelques albums favoris ?
-Matt : Megadeth : ‘Rust in Peace’, ‘Master of puppets’, Iron Maiden : ‘ Seventh son of the seventh son’, ‘Vulgar display of power’ de Pantera , Testament’s ‘New order’ et pratiquement tous les albums de Megadeth.
-Quelles différences vois tu d’avec ‘Ember to Inferno’ ?
-Matt : On a sorti ‘Ember to inferno’, et nous nous sommes mis immédiatement à écrire, nous savions déjà à peu près ce que nous voulions faire. D’abord, nous avons commencé par parler de la façon dont l’album devrait sonner, et qui devait être la prochaine étape naturelle à franchir pour le groupe. Nous avions cette idée bien ancrée sur comment ce son devrait être, et les morceaux devenaient comme leur propre bête, ils se créeaient tout seuls, et donc ainsi fut fait l’ album, que l’on voulait meilleurs que le précédent. On a le sentiment que nous avons su arriver à ça. On a rassemblé toutes nos idées, on a bossé dessus et essayé de tout rendre mieux, plus accompli et avec davantage de musicalité de notre part.
-Quels sont les themes développés dans cet album ?
-Matt : On peut y trouver des textes à fondement social ainsi que des choses plus personnelles que Matt a écrit à propos de choses qu’il a traversé, et aussi quelques morceaux parlant des abus domestiques et sexuels, de l’égalité des droits pour tous, quelque soit le sexe ou la race, et d’autres traitant du suicide : on y trouve des morceaux plutôt positifs et d’autres plutôt désabusés. Mais ce n’est pas notre truc de devenir ouvertement politiques, et je n’adore pas vraiment entendre un groupe parlant du gouvernement ou de choses comme ça. J’ai envie de leur dire : ‘Jouez, et... fermez la !’ Si tu veux parler politique, devient politicien. Quelques groupes ont la science pour faire ça, c’est vrai, mais je crois que la musique ne devrait pas se prendre autant au sérieux : la musique peut être sérieuse, bien sûr, mais c’est aussi un divertissement et je ne pense pas que ce soit très fun d’aborder des sujets trop épineux, qui titillent les nerfs des gens !
-L’album est produit par Jason Suecof, qui a produit tout ce que vous ayez jamais enregistré : est il votre producteur pour toujours ?
-Matt : Pratiquement, oui, Jason a enregistré tout ce que le groupe a jamais fait, les grandes sorties aussi bien que les démos pourries, il y a des années de cela. C’est un génie musical avec tout un tas d’idées, et c’est aussi un musicien extraordinaire. On a beaucoup appris avec lui, et il nous a aidé dans toutes sortes d’aspects liés à l’enregistrement et à la production : c’est donc totalement notre cinquième membre. On a toujours bossé ensemble comme ça, et même s’il y a un morceau qu’il n’aime pas, on se sent à l’aise avec lui. Il vit et travaille tout près de chez nous, et du coup on a pas à se taper d’énormes trajets, ce qui est vraiment très pratique. On est vraiment tous très bons amis, et c’est un environnement très aisé pour travailler, au lieu de quelqu’un que l’on a jamais rencontré et avec qui il va falloir tenter de recréer une ambiance. Alors, je ne vois pas pourquoi on ne bosserait plus avec lui : c’est notre homme, et définitivement notre producteur.
-Comment avez vous choisi Andy Sneap pour le mix ?
-Matt : Andy Sneap est LE mec ! Chaque disque qu’il a réalisé sonne merveilleusement. Le premier que j’ai entendu était celui de Nevermore, ‘Dead heart and dead world’, et c’était super puissant. Il y a aussi les albums d’Arch Enemy, de Kreator et de Killswitch Engage : chaque disque qu’il a fait sonne tellement massif et heavy ! On l’a donc contacté et il était partant pour le faire, ce qui nous a rendus très heureux. Le boulot qu’il a effectué sur l’album est merveilleux.
-Pour la pochette, vous avez choisi Paul Romano, connu pour son boulot avec Mastodon, mais aussi The Red Chord : comment l’avez vous rencontré ?
-Matt : Eh bien, c’est la même chose qu’avec Andy Sneap : quand on a fini d’enregistrer l’album, Roadrunner nous a donné le choix pour faire une liste d’artistes en vue de réaliser la pochette. J’adorais le style et les dessins des pochettes de Mastodon covers ; on ne voulait pas n’utilisant que photoshop, ou du digital, on voulait une peinture vraiment organique, comme il l’a fait pour Mastodon, et donc Paul Romano était en tête de notre liste. On lui a envoyé un E-mail, et lui aussi était intéressé. On lui a ensuite envoyé le concept, les textes et la musique et aussi les idées que nous avions en tête à propos de ce à quoi l’album devait ressembler. Il nous a envoyé un croquis, et c’était exactement ce que nous cherchions. Alors, il l’a peint, et c’est merveilleux de voir la façon qu’il a de rendre les choses.
-Le nom de Trivium vient d’un mot latin, un croisement entre trois écoles de savoir : la grammaire, la rhétorique et la logique. A partir de là, et au delà de la musique, quelles sont tes ambitions pour Trivium ?
Devenir, comme on a pu le lire, le nouveau Metallica ?
-Matt : Nous avons des buts assez élevés, et c’est comme nous modeler sur le même moule avec lequel Metallica a démarré. Ils étaient vraiment très jeunes, comme nous et ils ont fait ce qu’ils ont voulu, finissant par devenir le plus grand groupe de metal au monde. On ne veut pas vraiment devenir énorme au sens où l’est Metallica, mais casser les pieds à tout le monde et le faire à notre façon. Nous avons des buts élevés et je ne veux pas être dans un demi groupe, qui ne le fait pas. Des buts élevés pour nous mêmes nous aident à bosser dur tout le temps pour atteindre, un jour, le but suprême.
-Si Trivium ou ta propre vie étaient un film ?
-Matt : Un truc de taré ! ‘Dumb and dumber’, ou en tous cas ce genre de truc que tu peux regarder en rigolant et sans trop te prendre la tête !
-A ton avis, l’appellation trash metal colle-t-elle vraiment le mieux à la musique de Trivium ?
-Matt : On préfèrerait que les gens nous qualifient de groupe de metal, parce que nous avons beaucoup d’influences très diverses, et un morceau peut renfermer un feeling proche du metal Suédois alors qu’une autre partie ira plus vers Iron Maiden. Nous avons été très influençés par le trash metal, mais aussi par de nouvelles choses ici et là, et il serait donc préférable d’appeler le genre entier ‘Metal’ et de nous y mettre à l’intérieur, comme ça, tu as cette liberté d’écrire sans être obligé d’être ceci ou celà ou ce qu’on attend de toi, et on essaye de rendre ce qu’on fait intéressant.
Propos recueillis à Paris, le mai 2005, par JP Coillard et Mister X.
Merci à Sabrina et Karine, de Roadrunner.


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