TC Boyle


Depuis une vingtaine d'années, Thomas Coraghessan Boyle écrit des histoires uniques, dans une langue furieuse et débridée. De "Water Music" à "25 histoires d'amour", en passant par "Riven Rock" et "Aux bons soins du Dr. Kellogg", il a donné vie à d'innombrables personnages excentriques, déments, porteurs d'une vision cruellement lucide de l'existence et du monde. TC Boyle s'est rendu à Paris pour présenter son nouveau recueil de nouvelles, "25 histoires d'amour", nettement plus riche en folie, étrangetés et déviances qu'en fleurs bleues et petits oiseaux.


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© Carlos


- Vous venez de sortir en France une collection de nouvelles, "25 histoires d'amour", reflètent-elles correctement votre travail et vos thèmes favoris ?
- Oui et non. Ce livre est exclusif à la France. Il y a deux ans, aux USA, j'ai sorti un recueil de nouvelles de 700 pages. Pour m'amuser, je l'ai divisé en 3 sections : l'amour, la mort et tout le reste. Pour Grasset, nous avons décidé de sortir 3 volumes. L'année prochaine sortira la traduction française, à laquelle Robert Pépin travaille, d'un nouveau roman, "Un ami de la terre", concernant le mouvement écologiste et situé en 2025. L'année suivante, le 2e volume, "Histoires de la mort", sortira, puis deux ans plus tard le dernier volume, "Histoires bizarres". Nous aurons environ 75 histoires au total et ce livre est unique à la France car il contient des nouvelles de mes recueils ainsi que des histoires exclusives qui paraîtront aux USA l'année prochaine dans un nouveau volume. C'est très amusant pour moi, car c'est un livre tout neuf plutôt qu'une simple traduction d'un livre existant. C'est pourquoi les nouvelles proviennent de différentes époques. Il en sera de même pour les histoires de la mort.
- Comment voyez-vous les anciennes nouvelles aujourd'hui ?
- Elles sont totalement folles ! (rires) Elles reposent essentiellement sur des idées, poussées à leur extrême, les personnages n'y occupent pas une place très importante. Elles sont également très baroques et leur écriture très foisonnante. Les deux premières histoires de ce recueil sont totalement nouvelles et je crois que leurs personnages sont plus riches, mais je travaille toujours sur le langage et ce type de réalité absurde et répugnant. Je n'abandonne pas cet aspect !
- Vos premières histoires comportent beaucoup d'animaux...
- Oui, mon tout premier livre en anglais s'appelait "Descent of man" ("Les origines de l'homme"), ce qui était le titre exact du livre de Darwin. Je suis toujours intéressé par le côté animal de l'homme, que nous essayons toujours de dissimuler, mais qui est indéniable. C'est pourquoi il y a toujours beaucoup d'animaux et de singes dans mes histoires, notamment le nouveau roman, "Un ami de la terre".
- Ce n'est pas votre premier recueil de nouvelles. Préférez-vous écrire des histoires courtes ou de longs romans ?
- Il n'y a aucune différence pour moi. C'est toujours une histoire, qu'elle fasse 5 ou 500 pages. Evidemment, l'histoire d'un roman est plus complexe et son développement prend plus de temps. Je viens de terminer une période d'écriture d'histoires et je viens de livrer à l'éditeur mon 14e livre, le recueil dont j'ai déjà parlé. Il s'intitule "After the plague" et sortira l'année prochaine aux USA, mais il ne sera jamais publié en France car les nouvelles qui le composent seront intégrées dans les trois volumes d'histoires.
- Les femmes ont souvent le mauvais rôle dans vos histoires : comment votre femme réagit-elle lorsqu'elle les lit ?
- Ma femme ? Comme je l'ai dit hier à la TV (N.d.E. : Nulle part ailleurs, Canal +), je suis son esclave sexuel, alors elle ne fait pas attention à moi. Elle est contente que mes livres se vendent, que je gagne de l'argent et que je paie les factures, mais elle ne se préoccupe pas de genre de choses. La dernière histoire du nouveau livre, que j'aurais dû inclure dans le volume des histoires d'amour, mais il est trop tard, est la seule histoire qui ne l'a pas fait tomber endormie, parce qu'elle s'intitule "My widow" ("Ma veuve"). La nouvelle se déroule dans 30 ans, elle en est l'héroïne et c'est totalement diabolique. Mais je suppose que, puisque l'amour et la mort sont identiques, j'intégrerai cette nouvelle dans les histoires de la mort. Elle aime mon travail, elle sait que je suis un artiste et j'ai toujours été intéressé par les femmes fortes et autoritaires. Je suppose que c'est l'image de ces femmes que vous voyez dans les nouvelles.
- Est-ce difficile de vivre en couple lorsque vous en donnez une image aussi horrible dans vos écrits ?
- Non, je crois que c'est plus facile pour moi en étant l'esclave d'une femme, parce que je n'ai aucune autre opportunité. Je nettoie la maison, je paie les factures, je lui fais l'amour et c'est tout. Je crois que cela me donne la stabilité nécessaire pour écrire ces histoires et imaginer ces scénarios, dont certains découlent de mon expérience personnelle, mais plus fréquemment de mon imagination ou de l'expérience de mes amis. La plupart de mes amis sont célibataires et j'écris sur leur vie amoureuse. C'est le véritable test de l'amitié, parce que ces histoires ne les montrent pas toujours sous un jour favorable. (rires)
- Dans une histoire comme "Water Music", vous revoyez l'histoire et l'intégrez à votre propre expérience, en mêlant réalité et fiction. Est-ce ce qui vous intéresse en tant qu'écrivain ?
- Oui, non seulement dans "Water Music", mais également plusieurs autres livres. C'est bien de se baser sur une histoire réelle. "Aux bons soins du Dr. Kellogg" est basé sur des faits réels en ce qui concerne les traitements bizarres, les lavements, la nourriture, etc., mais ces faits en eux-mêmes ne signifient rien ! Je les fais vivre en inventant des personnages qui s'y rapportent. Le Dr. Kellogg, tel que je le représente ici, en tant que caricature, était vraiment comme ça. Evidemment, j'ai exagéré et, dans l'intérêt du roman, j'ai inventé des personnages entrant en collision avec lui. Le livre le plus proche de la réalité est "Riven Rock", tout est vrai, même si j'ai évidemment inventé les dialogues, etc. "Water Music" était basé sur les voyages de Mungo Park. J'ai lu son livre et l'ai suivi, mais j'ai inventé Johnson à partir d'un personnage réel, ainsi que tous les autres.
- Pouvez-vous me parler davantage de ce roman extraordinaire ?
- C'était mon premier roman. Je ne savais pas si j'étais capable d'en écrire un, j'avais rédigé environ 40 nouvelles et publié un recueil avant d'entamer le roman. En fait, il faut écrire pour savoir si on en est capable. Finalement, j'avais 104 chapitres, constituant chacun une petite histoire, et j'ai compris que l'écriture d'un roman et d'une nouvelle étaient semblables, seul le volume différait. Je suis arrivé au point où je ne pouvais plus m'arrêter car j'avais tant de choses à dire.
- Qu'est-ce qui vous a d'abord attiré dans le personnage de Mungo Park ?
- J'étais en train d'étudier pour mes examens de doctorat en anglais. Je lisais John Ruskin, qui évoquait brièvement Mungo Park, dont je n'avais jamais entendu parler. Il disait ceci : "C'était un grand explorateur et un héros de l'empire britannique, mais regardez ce qu'il a fait à sa femme et ses enfants...". Je me suis dit, "mais qu'a-t-il fait à sa femme et ses enfants ?". Très peu de choses avaient été écrites sur lui, mais ses voyages étaient extraordinaires. Ils ont suscité ma fascination et j'étais également intéressé par l'idée de l'impérialisme culturel, qui est l'un des sujets abordés par le livre, tout comme l'Afrique littéraire et cinématographique. Le nouveau roman pour lequel j'effectue des recherches se déroule en Alaska. Je suis sûr qu'il sera rempli de références à Jack London et de saloperies, de malheurs, de mort et de gel, mais je n'ai encore aucune idée de l'histoire. Elle aura probablement lieu il y a 30 ans, pendant la période hippie, lorsque tout le monde voulait revenir à la nature et j'aimerais confronter cette conception naïve de la vie à ce dernier bastion de la nature sauvage. Mais il ne s'agit encore que d'idées vagues.
- Si le couple est souvent synonyme de prison dans vos romans, le véritable enfermement est également présent dans "Riven Rock" et "Aux bons soins du Dr. Kellogg". Est-ce un sujet important pour vous et que pensez-vous des médecins en général ?
- C'est une bonne question. On ne connaît jamais ses thèmes de prédilection avant d'écrire à leur sujet, en particulier, après avoir écrit plusieurs livres, on peut voir les liens entre eux. Dans mes derniers romans, je me suis penché sur de petites communautés isolées, constituant des microcosmes du monde réel. Il s'agit par exemple, comme vous l'avez dit, du sanatorium ou du domaine McCormick avec Stanley enfermé à l'intérieur. Dans le nouveau roman, "Un ami de la terre", le héros a 75 ans et son travail consiste à s'occuper des animaux d'une rock star dans sa propriété en Californie. C'est également une petite communauté isolée. Je crois que j'essaie de réduire ce monde énorme et fou à une plus petite échelle pour pouvoir l'étudier.
- Dans "Water Music", c'est le contraire, Mungo Park voyage beaucoup, il est probablement plus libre...
- Oui, c'est vrai, je n'y avais pas pensé non plus. Ensuite, nous passons à "La belle affaire", où les personnages sont à l'extérieur, mais ils ne peuvent quitter leur maison à cause de la paranoïa engendrée par la police, etc.
- Pour des personnages tels que Stanley McCormick ou Will Lightbody, l'enfermement est-il davantage un remède ou une protection du monde extérieur ?
- Probablement les deux. Mais je me méfie énormément de gens comme le Dr. Kellogg ou le psychiatre dans le livre sur McCormick, ces gens qui se croient experts et veulent nous dire comment mener notre vie. A ce sujet, j'adore un passage de "Bruit de fond" de Don DeLillo dans lequel la femme donne des cours pour apprendre à marcher et respirer. (éclats de rires) C'est le comble de l'absurdité ! Nous avons besoin d'experts pour nous dire comment nous habiller, baiser, être heureux,... Je me méfie toujours des gens qui essaient de contrôler la vie des autres. Beaucoup d'histoires comprennent également des "experts", notamment la nouvelle "Filthy with things", qui paraîtra probablement dans les histoires bizarres. Un couple, dont la femme est une collectionneuse, voit sa maison tellement encombrée de choses que plus personne ne peut y entrer. Ils engagent alors une organisatrice professionnelle - ces gens existent vraiment. Elle arrive, jette tout et leur envoie une facture de plusieurs milliers de dollars. (rires) On doit prendre sa vie en mains.
- Beaucoup de vos histoires traitent du contrôle...
- Oui, je suis très intéressé par cette idée, l'opposition libre arbitre/déterminisme, comme dans "Au bout du monde". D'ailleurs, je crois que ce thème circule dans mes nouvelles et romans d'une façon dont je n'étais auparavant pas conscient et tout est lié.
- De nombreux écrivains américains se plaignent du manque d'intérêt de leurs compatriotes pour les livres, en comparaison aux Européens...
- C'est vrai, mais bien que le pourcentage d'intellectuels soit plus élevé en France et en Allemagne, la population des USA est numériquement plus importante et j'ai donc de nombreux lecteurs enthousiastes. Mais je crois qu'en général, c'est probablement vrai. Si je fais si souvent des tournées et des émissions TV, c'est pour attirer une partie du public qui ne lit pas beaucoup. Evidemment, mes collègues écrivains m'en veulent, ils voudraient me tuer et me couper en rondelles, tout ça parce que je me sens à l'aise à la TV et pendant des interviews et que l'on m'accorde tant d'attention. Alors ils me voient dans les journaux et se disent : "Oh non, pas ce fils de pute. Tuons-le." (rires) Lorsque "America" a été publié aux USA, j'ai reçu des tonnes d'insultes, mais ce fut, et c'est toujours, mon roman le plus populaire.
- Que pensez-vous de l'adaptation à l'écran de "Aux bons soins du Dr. Kellogg" ?
- Dans toute l'histoire d'Hollywood, je suis le seul à avoir apprécié la version cinématographique de son livre. Je l'ai adoré. Je sais que les critiques ne l'ont pas apprécié, mais je le trouve génial. J'aime beaucoup Alan Parker et je lui souhaité bonne chance lorsqu'il a acheté les droits. Je crois que les critiques n'ont pas perçu l'humour, c'est un film très européen, après tout, il est anglais. C'était presque comme un film de Fellini, bizarre et hilarant. Je crois qu'il aurait dû être plus long, je pense que les studios l'ont coupé et cela le rend trop frénétique, on n'a pas le temps de respirer.
- Que pensez-vous du casting ? Etait-il proche de votre conception des personnages ?
- Non, pas du tout, mais c'est très excitant de voir une version de votre travail créée par quelqu'un d'autre. Les acteurs lisent souvent mes textes en public et j'aime beaucoup entendre des interprétations différentes. Trois films ont été réalisés à partir de mes textes, dont un seul long métrage. Un autre est en cours chez Columbia, c'est Peter Cattaneo (Full Monty), qui adapte "La belle affaire". Mais deux courts métrages ont aussi été réalisés, "The big garage" et "Greasy leg". Ils sont extraordinaires. Jusqu'à présent, j'ai été assez satisfaits de mes adaptations au cinéma.
- Avez-vous eu d'autres propositions d'adaptation ?
- Personne n'a acheté les droits de "Riven Rock" et j'en suis déçu. Je crois que quelqu'un finira par le faire. J'aimerais voir "Riven Rock" au cinéma, ce serait vraiment génial.
- Avez-vous un réalisateur en tête ?
- Non, je vis dans la communauté du cinéma, mais j'essaie de m'en tenir éloigné. Mon boulot est d'écrire des livres et non des films. Je ne veux pas écrire de scénario, ni travailler dans le cinéma, c'est une question de contrôle. J'ai beaucoup de respect pour les réalisateurs, je ne sais pas comment ils arrivent à rester sains d'esprit, parce qu'ils se font tellement emmerder et doivent dépendre de tant de gens. Dans mon travail, je ne dois rendre de comptes à personne ni faire de compromis.
- Que vous apporte l'enseignement aux niveaux personnel et artistique ?
- J'ai toujours été prof et je veux continuer, même si je n'en ai plus besoin financièrement. J'aime ce foisonnement de jeunes talents. Beaucoup de mentors m'ont aidé et inspiré et je veux faire la même chose. J'essaie d'aider la nouvelle génération de lecteurs et d'écrivains à émerger.
- Quel est votre rythme, travaillez-vous tous les jours ?
- Oui, je travaille 7 jours sur 7, mais pas aujourd'hui bien sûr. (rires) Lorsque je ne travaille pas, j'ai des activités physiques.
- A vos débuts, l'écriture a-t-elle représenté une sorte de rédemption ?
- Bien sûr. Sans l'écriture, je serais mort à l'heure actuelle. Je vivais à New York, j'étais héroïnomane, j'étais cinglé et je fréquentais des dégénérés. Mais contrairement aux autres dégénérés, je lisais et j'ai commencé à écrire des histoires parce que j'adore la littérature. J'ai commencé à les publier, ce qui m'a donné la confiance nécessaire pour m'inscrire à l'atelier d'écriture de l'Iowa. J'ai mis ma petite amie et mon chien dans la voiture et je suis allé m'installer dans l'Iowa. C'était merveilleux, je suis devenu un bon élève et j'ai rencontré des gens extraordinaires. Cela a sauvé ma vie.
- Vous avez un passé de musicien...
- Oui, je voulais d'abord être musicien et, étant jeune, je jouais du jazz (clarinette et saxophone). Ensuite, j'ai découvert le rock'n'roll et j'ai joué de la batterie dans le groupe de ma petite amie. Je me suis alors rendu compte que la seule chose que je savais bien faire était chanter. J'ai donc chanté dans quelques groupes. C'était amusant, mais je savais que je deviendrais écrivain. Je ne crois pas que l'on puisse faire deux choses. Aujourd'hui, je ne joue plus du tout de musique, bien que j'en écoute beaucoup. Je ne veux rien faire à moitié. Je ne fais pas de sport parce que je ne veux pas perdre. Je ne veux me mesurer aux autres que dans un domaine, l'écriture.
- Vous avez des projets d'émission TV.
- Oui, la Fox m'a proposé une émission TV pour l'automne prochain. Elle durera une heure, avec 2 courts métrages tirés de mes nouvelles par semaine. Je présenterai l'émission et dirai quelques mots. Fox, l'a achetée, mais on n'est jamais sûr de rien avec la télévision et je n'ai aucun contrôle dans ce domaine.
- Quels sont vos goûts musicaux ?
- Quand je travaille, j'écoute du classique et du jazz. Le reste du temps, j'écoute du rock. J'aime les Smashing Pumpkins, Rage against the machine, Rancid, etc.
- Que lisez-vous ?
- Pour le moment, je lis "Going to extremes" de Joe McGuinniss, qui est un superbe compte-rendu journalistique d'un voyage en Alaska en 1980. Le dernier ouvrage de fiction que j'ai lu était "Close Range" de Annie Proulx, qui est magnifique. J'ai aussi lu "Jesus' son" de Denis Johnson environ 10 fois, c'est l'un des meilleurs livres de tous les temps.
- Etes-vous un faux cynique ou un vrai romantique ?
- Je crois que je suis cynique à de nombreux égards, mais je pense que les histoires ne peuvent fonctionner que si elles ont un certain fond optimiste. Certaines histoires sont cyniques, d'autres sont des cauchemars, mais certaines sont de véritables histoires d'amour, comme "Ike et Nina". Il serait trop simple d'écrire un seul type d'histoire d'amour, beaucoup d'entre elles sont dérangeantes et inhabituelles. J'essaie d'écrire pratiquement des anti-histoires d'amour ou de bouleverser les conventions des histoires d'amour. Ces histoires abordent également d'autres thèmes que l'amour.
- Bientôt, ce sera la St Valentin. Ce livre est-il un cadeau parfait pour un amant ou un célibataire satisfait ?
- (rires) En fait, je voulais être ici pour la St Valentin, mais mon agenda ne me le permettait pas. Chaque année, j'offre à ma femme plusieurs livres que j'ai follement envie de lire. N'est-ce pas romantique ? Je crois que c'est un merveilleux cadeau. Les gens cyniques et amers peuvent rire et pleurer en le lisant. C'est sexy, de nombreux types d'amour y sont représentés et c'est drôle. Je crois qu'à la base, la littérature doit être distrayante.

JP Coillard


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Vous pouvez commander les titres suivants :

25 histoires d'amour
America
Riven Rock
Water Music
L'Orient, c'est l'Orient
Histoires sans héros
Si le fleuve était whisky
Aux bons soins du Dr. Kellogg
Au bout du monde
La belle affaire

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