
Poppy Z. Brite - Blood Runner

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"Le corps exquis" est un livre étonnant, refusé par tous ses éditeurs frappés d'une frilosité soudaine.
Moins qu'une énième réflexion sur la violence, il dissèque le plaisir que l'on peut y trouver, en tant
que lecteur ou écrivain. Se défendant bien d'un quelconque militantisme, l'auteur gothique de "Sang
d'encre", d'"Ames perdues", des "contes de la fée verte" et de la biographie consacrée à la compagne
de Kurt Cobain livre ici ses réflexions sur le sexe, la violence, Courtney Love, la Nouvelle Orléans,
etc. Découvrir la beauté dans 1'horrible reste le credo d'un petit bout de femme qui ne ressemble définitivement
pas à ses contes extrêmes. Jadis consommatrice polyvalente de substances illicites ("Les champignons
sont bien plus marrants que le LSD...") et de films ultra violents qui lui donnèrent le goût du sang,
Poppy Brite vit toujours à la Nouvelle Orléans avec 10 chiens, trois chats et un serpent.
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- Il est très rare de voir des femmes écrivant sur des héros masculins plutôt que féminins. Pourquoi
ce choix ?
- PB: Je me suis toujours identifiée aux homosexuels, je trouve leur acte sexuel très
érotique et intriguant. C'est difficile pour moi de 1'analyser davantage.
- D'où vous vient
cette attirance pour les vampires ?
- En fait, ce n'était pas mon but d'écrire des histoires de
vampires. Je voulais explorer la sous-culture gothique qui m'attirait à 1'époque et dont je faisais
partie. Les vampires sont inhérents à cette culture, aussi ils se sont imposés d'eux-mêmes. Je connaissais
les personnages avant de savoir qu'ils avaient des crocs ! Pour être honnête, je n'ai jamais aimé les
histoires de vampires!
- Et pourquoi des personnages et des couples presque exclusivement homosexuels
mâles ?
- Pendant une période, j'ai voulu écrire des histoires érotiques, ce qui est toujours
le cas dans une certaine mesure et un auteur d'écrits érotiques doit traiter de ce qui l'excite. J'ai
beaucoup d'amies lesbiennes, mais ça ne m'excite pas! Mon obsession première de la sexualité masculine
achevée, je vais essayer d'aller voir ailleurs !
- On assiste avec "Le corps exquis" à une évolution
vers davantage de violence, de cannibalisme et de nécrophilie...
- La nécrophilie et le cannibalisme
véhiculent 1'idée d'une forme d'intimité extrême. J'ai toujours été intéressée par les sentiments extrêmes
de mes personnages, et j'ai atteint un pic avec "Le corps exquis", aussi, à présent, je voudrais tenter
autre chose de totalement différent, libérée de mes obsessions.
- Est-ce plus facile pour vous
d'aborder certains sujets dé1icats par le biais de la fiction ?
- Depuis deux ans seulement, j'ai
pu commencer à écrire des choses plus personnelle, alors qu'auparavant, outre la fiction, je ne pouvais
écrire que des articles basés sur des recherches concernant, par exemple, la décadence dans la littérature,
mais je ne pouvais rien écrire de trop personnel jusqu'il y a peu et je ne suis pas encore très sûre
d'être douée pour ça. Oui, c'est sûrement plus facile de s'exprimer par la fiction, mais je ne pense
pas que mes écrits soient autobiographiques, ou alors vraiment en profondeur, 1'autobiographie me rend
assez nerveuse (rires). Mais je ne pense pas que les Américains lisent beaucoup en général, alors on
peut penser qu'il vaut mieux lire de la fiction que rien du tout...
- La Nouvelle Orléans est
omniprésente, d'une façon organique dans vos histoires. Que représente-t-elle pour vous et pourquoi
y situez-vous la plupart de vos récits?
- La Nouvelle Orléans est la juxtaposition de la beauté
extrême et de la décadence la plus totale : les cimetières sont surélevés parce que l'eau monte très
haut. C'est très beau mais ils ne sont pas bien entretenus et parfois tout s'effondre et les os foutent
le camp des tombes. Pour moi, c'est très symbolique de N-Orléans, cette beauté incroyable avec toute
cette pourriture à 1'intérieur. Ca m'intrigue toujours. J'y suis née, j'y ai grandi, c'est pourquoi
mes histoires s'y passent en majorité, sauf quelques-unes en Caroline du Nord (dans la ville imaginaire
de Missing Mile), à Calcutta, en Chine, à Londres. Le roman que je suis en train d'écrire se passe entièrement
à New York, il n'a pas encore de titre.
- Comment êtes-vous perçue aux USA par rapport à des écrivains
comme Anne Rice ?
- On me voit plus excessive et expérimentale. Ca m'ennuie qu'on me compare
à Anne Rice car je ne l'admire pas du tout et je pense qu'elle n'écrit pas très bien, mais la comparaison
est inévitable parce que nous avons toutes deux écrit des histoires érotiques de vampires se déroulant
à la Nouvelle-Orléans. Par contre, cela ne me dérange d'être comparée à Stephen King, que j'apprécie,
mais cela est nettement plus rare. Ca ne m'affecte ni moi ni ce que j'écris, mais je préférerais être
comparée à des gens qui m'ont réellement influencée, à Stephen King, Dennis Cooper ou Baudelaire. Et
puis, comparer un jeune auteur à un écrivain connu, c'est facile pour un éditeur : vous avez aimé X,
vous aimerez Y. C'est un peu feignant, mais ça marche au niveau des ventes!
- Comment avez-vous
rencontré Courtney Love et comment s'est décidée l'idée de cette biographie ?
- Courtney m'a appelée
quand je vivais dans le quartier français de la Nouvelle Orléans. Elle pensait y acheter une maison
et voulait y rencontrer des gens. Elle a lu "Ames perdues", mon premier roman, l'a aimé et m'a contactée
par le biais de mon éditeur. Nous sommes devenues amies, et elle parlait tout le temps de ses biographies
écrites par des gens qu'elle détestait et qui ne la connaissaient pas. Je lui ai demandé si elle aimerait
que j'en écrive une avec sa collaboration. Elle ne voulait pas participer mais m'a fait contacter bon
nombre de ses amis, de ses anciennes connaissances, des gens que je n'aurais jamais pu rencontrer autrement.
Des extraits de ses journaux, de ses lettres, des photos. Je n'aurais jamais pu écrire le livre sans
la connaître. C'est un personnage fascinant.
- Qu'est-ce qui vous a séduite dans le personnage
de Courtney ?
- Elle est si dingue et si forte à la fois, très ambitieuse, elle sait toujours
tout à fait ce qu'elle veut, ce que j'admire. Elle a toujours su qu'elle allait devenir quelqu'un et
n'a jamais rien laissé 1'arrêter. Elle est très intéressante, a beaucoup plus de choses à dire que les
portraits médiatiques que 1'on a d'elle.
- Etait-ce le but d'obtenir une biographie écrite par
un auteur de fiction ?
- C'était mon idée mais elle n'était pas contre. Elle aimait ma fiction
et pouvait se retrouver dans mes personnages. Elle pensait que je pouvais dépeindre sa vie sans la juger,
ce qui serait une première. Moi, la drogue et le sexe ne me choquent pas...
- Courtney love est
heureusement toujours vivante, ce qui signifie que la biographie n'a pas de fin contrairement à la fiction.
Etait-ce plus facile ou plus difficile d'écrire une histoire "sans fin"?
- La recherche fut beaucoup
plus difficile. Le plus dur fut de parler aux gens, leur poser des questions auxquelles ils n'avaient
pas forcément envie de répondre. Ce fut très dur pour moi, je ne pourrais pas être journaliste ! Par
contre, 1'écriture, contrairement à la fiction, fut beaucoup plus simple, les faits étant là et s'imbriquant
les uns aux autres sans que je me demande ce qui allait pouvoir arriver à la page suivante. Comme Courtney
est vivante, jeune, active, le seul problème fut de m'arrêter. Quelqu'un d'autre devra écrire la suite!
- En quoi Courtney et Kurt se rapprocheraient-ils de personnages tels que Jay ou Andrew Compton ?
- Kurt et Courtney étaient des personnages évidents pour moi : leurs obsessions, leurs préoccupations,
leur art, leurs priorités, leurs similitudes avec mes personnages étaient aussi évidents pour Courtney.
C'est la classique histoire tragique de celui qui doit mourir pour que 1'autre vive. Il y a Jay et Andrew,
Luke et Tran, mais Kurt et Courtney prouvent que la vie rattrape parfois la fiction.
- On vous
retrouve davantage ces temps-ci dans la nouvelle (Millenium, Disco 2000) ou cette biographie. Est-ce
un plaisir plus grand que celui du roman ?
- Mon amour va plutôt à la nouvelle, et je m'y trouve
meilleure que dans le roman. La nouvelle possède un potentiel de perfection, ce qui ne veut pas dire
que les miennes soient parfaites ! Mais elles peuvent être si compactes, comme de petits diamants parfaits.
Dans le roman, on a le temps de se perdre. Ca peut être super, on peut approfondir les choses, mais
je préfère le fini précis de la nouvelle. Chaque mot compte, comme dans une chanson.
- Et au
niveau des comic books : Crow, Drawing Blood ... ?
- "Crow" n'est pas un comic, c'est un roman
basé sur le concept du comics Crow et des films, mais j'essaie de m'éloigner du train-train du mort qui
revient se venger, ce qui a été fait mille fois. Je raconte 1'histoire d'un photographe qui prend des
clichés extrêmement violents de bondage et SM. Il est emprisonné pour le meurtre de son jeune amant et
de quelques autres aussi. Il est tué en prison mais revient donc se venger. Le personnage féminin est
la soeur du jeune amant, qui aide le photographe dans sa quête. J'aime beaucoup le comic underground,
surtout ceux de Crumb, et je trouve que c'est une forme d'art très sous-estimée, venant d'artistes qui
sont là depuis des décennies et malgré tout pauvres comme le premier jour. J'ai écrit un script pour
un comic dans l'anthologie "Weird business", intitulé "Becoming a monster". C'est encore une histoire
de serial killers. C'est très différent et passionnant de travailler avec un dessinateur, de voir comment
il interpréterait mon texte.
- A propos de "Millenium" : qui en eu l'idée et qui a décidé qui
ferait quoi à l'intérieur ?
- Au départ, ce fut l'idée de Doug Winter, l'éditeur. Chacun de nous
a choisi une décennie, et nous avons choisi les années 30. Nous avons été les derniers à rejoindre la
troupe. Je ne pensait pas en avoir le temps, travaillant sur "Le corps exquis", mais je pensais que
c'était un projet merveilleux et je voulais à tout prix en faire partie. J'ai proposé mon duo avec Christa,
et il ne restait que les années 30, 70 et 90. Les 70's me rendent malade rien que d'y penser, les années
90 ne donnaient pas assez de champ à notre imagination, et nous voulions faire quelque chose de nouveau.
- Vous avez écrit votre nouvelle, "Triads", avec Christa Faust, une ancienne dominatrice. Comment
est née cette association ?
- Notre rencontre eut lieu il y a quelques années, par des amis communs
dans les cercles "horrifiques". Nous sommes devenues amies et nous sommes aperçues que nos forces, en
tant qu'écrivains, étaient très complémentaires. Elle est très forte pour les histoires rapides avec
beaucoup d'action, alors que je m'attache davantage au développement du caractère des personnages et
des descriptions. On a tout de suite très bien collé. J'ai adoré ça et on devrait recommencer bientôt.
J'ai aussi une histoire avec un musicien, David Ferguson, pour une anthologie sur les fées destinée
... aux homosexuels : une sorte de chat homo et son conte de fée ! C'était super ! Je suis très ouverte
aux collaborations, mais on doit vraiment faire confiance, et c'est très dur de se livrer comme ça à
quelqu'un. Il n'y a pas tant de gens en qui j'ai cette confiance...
- Quels sont ou furent vos
écrivains favoris ?
- En premier lieu, les "sudistes" : Flannery O'Connor, Carson Mc Cullers,
Faulkner, Tennessee Williams, Truman Capote; puis Stephen King et Ramsey Campbell, Peter Straub, Burroughs.
Burroughs a été une grande influence pour moi, il s'est même retrouvé dans une de mes nouvelles une
semaine avant sa mort. Il était très vieux, mais son décès m'a surprise : il semblait comme éternel.
Les junkies sont censés mourir jeunes. Je suis sûre qu'il est dans un monde meilleur, qu'il plane tout
le temps et qu'il a tout plein de jeunes garçons, d'armes, de chats et tout ce qu'il aime ! Dan Simmons,
Harian Ellison, Clive Barker, Dylan Thomas, Poe, Dennis Cooper récemment, Harry Crews, Joe Lansdale.
- Vous sentez-vous proche de quelqu'un comme Gregg Araki, qui a mis en scène "Doom generation" et
"Nowhere" ?
- Son 2e film, "The living end", a eu une influence capitale sur "Le corps exquis"
avec le personnage de Luke. C'est mon film préféré de lui. J'adorerais qu'il mette en scène l'un de
mes écrits, mais il possède déjà la vision de son oeuvre, qu'il écrit seul, aussi je pense que ça n'arrivera
jamais...
- Vous adorez Kali, la déesse ?
- Kali est une présence qui me hante depuis la
lecture du "Chant de Kali" de Dan Simmons. Je la connaissais déjà pour avoir beaucoup lu sur la culture
indienne, mais la lecture de ce roman, le meilleur bouquin que j'aie lu depuis longtemps, m'a laissée
sans voix. La 1ère fois que j'ai rencontré Dan Simmons, je lui ai parlé de mon amour pour son livre.
Il m'a demandé, en plaisantant, si j'irais à Calcutta. J'ai répondu oui, et je crois avoir été la première
! C'est à cause de ça qu'il s'est intéressé à moi. Kali est la créatrice et la destructrice en même
temps. Je m'intéresse moins à son aspect déesse et mère, je préfère le côté maléfique, "search and destroy",
de sa personnalité!
- Quels sont vos goûts musicaux ?
- En ce moment, je n'écoute que
les Beatles. La mort de Lennon, quand j'étais adolescente, m'a beaucoup touchée, ainsi que sa couverture
médiatique. Tout cela a beaucoup activé mon imagination. Je ne sais pas pourquoi ils ont recommencé
à m'obséder autant. La musique affecte toujours ce que j'écris. Le gothique en général, Tom Waits,
Julee Cruise, les premiers REM, du vieux jazz, blues, country comme Hank Williams. Dans "Le corps exquis",
la musique est plus dure, coupante, collant avec les personnages et 1'histoire. En écrivant "Sang d'encre",
j'écoutais constamment "Pretty hate machine" ; même s'il n'est pas mentionné dans le livre, c'en est
le soundtrack. La musique crée 1'état d'esprit. J'en avais vraiment besoin pour écrire, mais à présent,
je préfère le silence...
- "Le corps exquis" représente une évolution dans votre œuvre et un abandon
des thèmes fantastiques (vampires, maisons hantées) au profit d'un sujet plus "réaliste" et effrayant
: les serial killers. Ce type de fiction est-il plus proche de ce que vous souhaitez faire à l'avenir
?
- C'est ce que je pensais à l'époque, mais je n'en suis plus si sûre. Après "Le corps exquis",
j'ai écrit "THE LAZARUS HEART", qui est totalement surnaturel et je suis en train d'envisager une idée
de roman qui devrait l'être également. Je ne fais pas vraiment de distinction entre le surnaturel et
le "réalisme" - j'écris seulement ce que j'ai à écrire.
- "Le corps exquis" et certaines de vos
nouvelles (ex., Self-made man) sont inspirés par d'authentiques psychopathes tels que Jeffrey Dahmer.
Etes-vous fascinée par les biographies de serial killers et aimeriez-vous en écrire une ?
- J'ai
toujours aimé lire des récits de crimes, mais je ne pense pas avoir l'intention d'en écrire un. Les serial
killers sont généralement beaucoup plus intéressants et complexes dans la fiction que dans la réalité.
- Vous avez eu beaucoup de problèmes avec la censure, en particulier aux USA, trouvez-vous cela
agaçant ou plutôt stimulant ?
- C'est drôle que vous disiez cela, car je n'ai pas l'impression
d'avoir beaucoup de problèmes avec la censure. Mes éditeurs américains et anglais ont refusé de publier
"Le corps exquis" parce qu'ils trouvaient sa violence injustifiable, mais je ne considère pas cela comme
de la censure, c'est du business. Ca s'est d'ailleurs avéré être une décision commerciale assez mauvaise,
car le livre s'est assez bien vendu, mais ils ont respecté leurs engagements contractuels. La seule véritable
censure dont j'ai été la victime a été l'élimination de mon anthologie "LOVE IN VEIN 2" de quatre nouvelles
que mon éditeur trouvait obscènes. C'était très ennuyeux, mais je ne pouvais rien y faire, à part annuler
le livre et rendre l'avance, ce qui aurait blessé les auteurs participant à l'anthologie bien davantage
que l'éditeur, j'ai donc dû me taire.
- Vous avez écrit des nouvelles avec Christa Faust. Pensez-vous
pouvoir écrire un roman complet en collaboration avec quelqu'un ?
- Je ne suis pas prête à essayer.
Je peux abandonner le contrôle total pour la durée d'une nouvelle, mais pour un roman ? J'aime trop être
Dieu.
- Dans "Are You Loathsome...", certaines nouvelles comportent des personnages historiques.
Vous avez toujours avoué votre fascination pour Joe Orton, mais comment avez-vous eu l'idée de rassembler
Mussolini, l'archiduc François-Ferdinand et le serial killer "the Axeman" dans une seule histoire ?
- J'essayais d'expliquer les meurtres de "the Axeman, qui n'ont jamais été résolus, tout en incorporant
des éléments (apparitions, mages) de l'univers de la maison d'édition américaine White Wolf, dans la
mesure où l'histoire était écrite pour l'une de leurs anthologies. Le thème en était que les loups blancs
avaient changé le cours de l'histoire d'une cer taine manière, d'où l'intégration de la première guerre
mondiale et des personnages historiques. Je crois que l'explication que j'ai inventée était assez tirée
par les cheveux, mais c'était marrant !
- "Are You Loathsome..." vous a permis d'explorer d'autres
genres, comme le conte de fées ou la fiction historique. Souhaiteriez-vous écrire quelque chose de plus
long dans ce style ?
- "Triads," la novelle co-écrite avec Christa Faust, se passe dans les années
1930 à Hong Kong et Shanghai. J'ai adoré l'écrire, mais je dois admettre que Christa s'est chargée de
la majeure partie des recherches historiques, car j'étais en train de terminer "Le corps exquis". Pour
l'instant, je travaille à une nouvelle située principalement en Angleterre dans les années 60. C'est
difficile de prévoir le type de romans que j'écrirai à l'avenir, car j'ai tendance à me servir de mes
obsessions du moment, mais je n'exclus pas quelque chose d'historique.
- Plusieurs nouvelles mettent
en scène des personnages déjà apparus dans vos premiers romans. Avez-vous créé une sorte de monde fictif
cohérent peuplé de personnages récurrents ? Pensez-vous les faire apparaître à nouveau à l'avenir ?
- Effectivement, c'est tout à fait un monde fictif et j'espère qu'il est cohérent ! Je garde la trace
de certains personnages depuis de nombreuses années (Steve, Ghost, Trevor, Zach), et j'espère encore
écrire à leur sujet à l'avenir. Je pense toutefois qu'il ne s'agit pas de les "faire" apparaître, mais
de savoir s'ils le "veulent" !
- Vous avez déjà évoqué votre intérêt envers la musique. Le cinéma
vous influence-t-il ? Aimeriez-vous réaliser un film ou vous exprimer dans d'autres domaines artistiques
?
- Je crois être beaucoup moins influencée par le cinéma que la plupart des autres écrivains
de ma génération. J'adore certains films, mais en tant que forme, le film ne m'intéresse pas ni ne capture
mon imagination de la même manière que la littérature et la musique. Je ne vais pas souvent au cinéma
et je ne suis pas très intéressée par l'écriture de scénarios ni une implication dans ce média. J'ai
écrit des scénarios pour des BD, ce que j'ai apprécié et aimerais recommencer et je dessine parfois,
mais relativement mal.
JP Coillard & M Lecocq
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