
Glassjaw : Fear the jawbreakers

Ne vous fiez pas au titre trompeusement rassurant de leur premier album : "Everything you ever wanted
to know about silence " : le quintet New Yorkais frappe fort, et très fort, comme ils le prouvent lors
de cette première venue européenne en première partie de Deftones conquérants. Pris sous l'aile généreuse
d'un Ross Robinson conquis et qui n'en est pas à son coup d'essai (Slipknot, Machine Head, " Roots "
de Sepultura, Korn, etc, etc...), le groupe a su conjuger ses origines hard core et ses penchants pour
le metal lourd et straight edge mais également pour une certaine sorte d'indé toute européenne, comme
le montrera ce qui suit. Entretien en en verre et contre tous avec un Daryl Palumbo spartiate mais
détendu, chanteur du combo de Long Island et en attente de deux mois de rallonge supplémentaire avec
les heureux papas de " White pony ". Pan dans les dents.
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- D'où vient le nom Glassjaw ? -Daryl : En fait, mon père était boxeur, "glassjaw" ("mâchoire de verre")
est un terme de boxe. Nous avions essayé beaucoup de noms et aucun ne convenait, celui-ci est assez explicite...
-Votre premier LP, " Everything you ever wanted to know about silence " vient de sortir : le considérez-vous
comme une sorte d'exorcisme de votre expérience passée ? -Daryl : Oui, c'est sa raison d'être : nous
l'avons utilisé comme catharsis de nos expériences, et j'ai ainis réussi à exorciser tous mes démons.
-Les femmes sont souvent représentées comme des démons ou des salopes dans tes textes : comment les
considères-tu en général ? -Daryl : En fait, je n'ai jamais prononcé le mot "démon" sur l'album, ni
"salope", mais j'ai dit "cunt" ("con", dans tous les sens du terme), "whore" ("pute"), mais je ne m'en
prends pas aux femmes ou aux hommes en particulier, mais aux individus, hommes ou femmes, qui foutent
ta vie en l'air : t'as déjà été foutu en l'air par quelqu'un ?
-Oh oui ! Qu'en est-il de Godzilla,
qui marque ce Lp de son empreinte : est-tu un fan ? -Daryl : Oui, c'est ce qui me rend le plus heureux
au monde : j'ai tous les films, dans toutes les langues et tous les formats, des milliers de figurines,
des centaines de modèles. Les films japonais sont de loin les meilleurs, la version américaine est à
chier ! Je viens de le voir et je trouve que c'est de la merde.
-Ross Robinson : les choses se
sont-elles passées très vite ? -Daryl : Oui, il m'a appelé chez moi, il voulait nous rencontrer. Une
fois fait, il a dit : " Pas de problème, je veux vous produire" et ça s'est passé comme ça.
-Etait-il
votre producteur préféré ? -Daryl : Je n'ai jamais pensé à ça: nous aimons faire des remixes et des
faces B avec beaucoup de gens que nous connaissons, mais pour l'album, Ross a fait le meilleur travail
possible et il produira évidemment le prochain.
-Vous veenz de la scène hardcore new-yorkaise,
mais vous semblez très appréciés par la scène metal : qu'en pensez-vous ? -Daryl : En fait, on n'a
jamais été un groupe hardcore, mais on a fait beaucoup de concerts harcore, donc on n'a jamais été associé
à un certain type de public, on a toujours essayé de faire de la musique intime à laquelle les gens pouvaient
s'identifier.
-Tu es un grand fan de Morrissey / Elvis Costello : en quoi cela influence-t-il
tes textes ? -Daryl : Oui, je suis un très très très grand fan de Morrissey, Elvis Costello, Depeche
mode, Cure, et ils m'influencent énormément : je ressens profondément leurs texte, comme Squeeze, Tori
Amos, Robert Smith, Steven Marcy...
-J'ai entendu dire que tu souffrais de la maladie de Crohn
: quelle influence cela a-t-il sur tes composition, ton écriture et ton chant ? -Daryl : Elle me rend
fou et intense, c'est pourquoi je chante comme ça : elle a changé ma vie et m'a amené à profiter de chaque
seconde de ma vie. Elle fait partie intégrante de ma personnalité : elle me rend parfois malheureux,
triste, même suicidaire.
-Te sens-tu proche des groupes straight edge? -Daryl : Oui, j'aime
ces groupes, je suis straight edge et je le serai toujours. J'aime les gens qui chantent comme ça. Je
ne le fais pas beaucoup, on peut parfois trover des références au straight edge dans certains de mes
textes, mais je ne veux pas faire la morale. J'aime que les groupes soient sincères à ce propos !
-Comment se passe votre tournée avec les Deftones ? -Daryl : C'est génial ! Hier, à Paris c'était
la dernière date de la tournée europénne, et demain, nous partons pour une tournée américaine de 2 mois.
-C'est votre première tournée européenne : commetn avez-vous trouvé le public européen ? -Daryl
: Super ! C'était notre première véritable tournée ; les kids ont adoré et c'était génial de voir des
milliers de fans sauter dans tous les sens tous les soirs.
-En tant que jeune groupe, quels sont
vos souhaits et ambitions pour l'avenir ? -Daryl : Etre heureux. Je ne veux rien de plus que continuer
à faire de la musique et être heureux. La musique me rend heureux. Ca peut paraître égoïste, mais je
m'en fous, je veux juste être heureux ! ! !
(Entretien réalisé à Paris le 12 juin 2000 par JP
COILLARD et Mister X) (Photos : JP COILLARD)
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