Misery Loves Co.


Il y a trois ans, Patrik et Orjan, sous le nom de Misery loves co., nous ont livré un album puissant, sombre et surprenant, "Not like them", avec des textes aussi affûtés qu'une lame de rasoir et une musique telle un mur du son explosant toutes les oreilles alentour. Metal ? Indus ? Quoi qu'il en soit, le duo a laissé son empreinte sur nos mémoires et nous attendions désespérément une suite. Les années ont passé et aujourd'hui, le duo est devenu quatuor, de retour avec un superbe nouvel album, "Your vision was never mine to share". Les suivons-nous ou apprécions-nous seulement le premier véritablement grand album de l'an 2000 ? Quoi qu'il en soit, lisez, écoutiez et appréciez.

Paroles : Jean-Paul Coillard, images : Christophe Valette.


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© Christophe Valette


- Vous venez de sortir un nouvel album, "Your vision was never mine to share", en quoi est-il différent de "Not like them" ?
- Patrik : Je crois que cet album est davantage orienté vers les chansons que le précédent, qui se concentrait plutôt sur les harmonies, par exemple, les vocaux s'éloignent du type de cris que nous avions sur le précédent album, mais c'est difficile pour nous de juger cela, c'est plutôt à toi de le dire... Peut-être que les titres sont plus sombres que les textes, mais ils restent dramatiques, j'espère que nous avons beaucoup progressé depuis le dernier album et que nous avons de meilleures chansons et un meilleur son. C'était très bien de travailler avec Daniel, nous avons beaucoup avancé avec lui et il est très bon pour les percussions et bien d'autres choses...
- Vous avez passé 4 mois en studio pour "Not like them" et vous aviez alors trouvé cela beaucoup trop long. Comment était-ce cette fois ?
- Patrik : C'était plus court, environ 6 semaines, alors c'était un travail très intense. L'enregistrement s'est beaucoup mieux passé que pour le dernier album, nous avions eu beaucoup de problèmes à trouver le son juste pour la batterie, les guitares. Ici, nous avons trouvé le son que nous souhaitions assez rapidement.
- Orjan : Nous sommes peut-être aussi plus habitués aux possibilités offertes par le studio, mais le travail avec Daniel était aussi fondamental.
- Patrik : Le producteur était différent aussi et c'est très important.
- Etes-vous satisfaits du résultat ?
- Orjan : Oui, je crois que c'est un très bon album, mais c'est encore difficile pour nous de juger, nous l'avons achevé il y a 2 mois seulement et nous n'avons pas encore le recul nécessaire. Mais j'espère que lors de notre prochaine rencontre, je penserai toujours que c'est un bon album !
- Est-ce que vous préférez être en studio, que vous aviez qualifié de "seconde maison", écrire des chansons ou jouer live et partir en tournée ?
- Patrik : C'est totalement différent et les deux sont complémentaires, lorsque nous avons créé le groupe, c'était véritablement un projet studio, nous étions à deux et voulions juste écrire des chansons ensemble. Mais les concerts sont devenus une partie importante de ce que nous faisons et j'aime beaucoup cela. C'est très différent du travail en studio, c'est direct et le public ne donne pas de seconde chance !
- Orjan : C'est super de jouer devant des gens et c'est devenu nécessaire. Mais c'est également très agréable de composer une chanson, c'est très satisfaisant.
- Vous avez déclaré que le courrier des fans était très important pour vous. Est-ce que l'opinion des fans influence vos compos ?
- Patrik : Peut-être lorsqu'on joue live, mais absolument pas pendant la composition de morceaux, ce serait malhonnête de faire quelque chose uniquement pour plaire à quelqu'un. Ils aiment ce que nous essayons de faire en étant honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes. J'espère qu'ils aimeront aussi le nouvel album.
- Orjan : On fait de la musique essentiellement pour soi-même.
- Avec votre EP, "Happy", vous avez été le premier groupe métal à inclure un CD-ROM sur un disque : êtes-vous intéressés par des technologies comme Internet ?
- Patrik : Je crois qu'il est assez difficile de faire des vidéos comme on le souhaite, car quelqu'un d'autre est toujours chargé du boulot. Si on a de la chance, sa vision est proche de la nôtre...
- Orjan : Nous n'avons encore rien fait de ce genre, mais si quelqu'un a une bonne idée, cela pourrait être intéressant.
- Patrik : Nous en avons déjà parlé, mais pour le CD-ROM, tout le monde semble faire ce genre de choses aujourd'hui.
- Orjan : La maison de disques nous a dit que nous étions le premier groupe métal à le faire. Je n'en sais rien, mais ça doit être vrai !
- La Suède est célèbre pour ses groupes de death et de black metal, que pensez-vous de ce type de musique ?
- Orjan : J'aime certains groupes, mais je n'en écoute pas beaucoup. Par exemple, j'aime Dark Funeral, mais je crois que le black metal est plus populaire en Norvège qu'en Suède, ce n'est pas une très scène très importante chez nous, la Suède est plus axée death, ou du moins l'était. Tous ces groupes sont célèbres en Europe, mais parfois assez inconnus en Suède. Evidemment, je peux apprécier l'énergie et l'agressivité des groupes death, mais je crois que c'est assez limité, essentiellement pour les vocalistes et je comprends qu'ils souhaitent évoluer. Je ne pense pas qu'on puisse faire quelque chose d'original en étant influencé par une seule catégorie de musique.
- Est-ce que Misery loves co. restera un duo avec d'autres membres occasionnels ou intégrerez-vous d'autres membres à l'avenir ?
- Orjan : Nous sommes quatre maintenant, les deux autres font partie intégrante du groupe.
- Patrik : Nous en parlions depuis longtemps, parce que séparer les tournées et le studio est devenu assez ennuyeux : l'atmosphère au sein du groupe est meilleure aujourd'hui en tournée et tout le monde se concentre sur la promotion de l'album. Je ne pense pas que nous étions très bien entourés jusqu'à présent.
- Orjan : Nous avions d'autres guitaristes, batteurs et bassistes, mais les membres actuels sont avec nous depuis un bon moment et beaucoup plus impliqués dans le groupe et la musique.
- Patrik : Les compos viennent plus ou moins d'Orjan et moi, mais les deux autres membres ont été impliqués dans l'enregistrement de l'album et contribueront au travail d'écriture à l'avenir. C'est difficile d'arriver dans le groupe alors que nous écrivons des morceaux à deux depuis un bon moment, mais j'espère que les autres apporteront des idées pour les prochains albums...
- "Fellow sufferers make pain easier to bear", est-ce le concept de votre musique: rassembler les gens ou faire de Misery lives co. leur ami lorsqu'ils écoutent vos albums ?
- Patrik : Je n'ai pas vraiment de réponse, nous essayons d'être très personnels et honnêtes dans ce que nous faisons. J'espère que pour certains, nous représentons davantage qu'un morceau à la radio. Lorsque nous écrivons des chansons, nous ne les analysons pas ni ne pensons à la façon dont les gens vont y réagir...
- Vous avez repris une chanson de XTC, "Complicated game", souhaitez-vous faire davantage de reprises à l'avenir ?
- Patrik : Il y en a une sur le nouvel album, "The drowning man", de l'album "Faith". Mais nous préférons écrire de bonnes chansons plutôt qu'enregistrer des reprises.
- Orjan : On nous a proposé de participer à un album de reprises de groupes métal suédois par d'autres groupes métal suédois, mais nous avons dû refuser car nous étions en train d'enregistrer le dernier album. C'est difficile, car généralement, les originaux sont très bons, pourquoi essayer de les faire sonner comme vos propres morceaux ?
- Quels étaient vos albums préférés de 1999 et vos découvertes musicales ?
- Patrik : Je dirais Atari Teenage Riot, ils jouaient en première partie de NIN et j'ai été époustouflé par leur énergie et leur agressivité ! C'était la grande surprise de l'année pour moi...
- Orjan : Le nouveau NIN, "The Fragile", évidemment. Je ne pense à aucun nouveau groupe.
- Comment voyez-vous l'avenir de Misery loves co ?
- Patrik : Nous ferons autant de tournées que possible, je ne peux pas vraiment aller plus loin, nous n'avons pas fait de plan de carrière sur 5 ans !




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