
Out : Qui est in, qui est out ?

1999 a été une année riche pour les Français de Out, dont l'album "X position" a connu un franc succès
et dont les concerts ont semé le délire même (eh oui) en Angleterre, où l'on réserve rarement tel accueil
à des froggies. Ajoutez à cela Meathook Seed, le très prometteur side project du chanteur Christophe
Lamouret, et vous saurez pourquoi Out est indéniablement in. Rencontre avec Thibault Gheysens (claviers)
et Etienne Fauquet (guitares), deux hommes heureux.
- Comment s'est passée cette année 99 depuis
la sortie d'"X position" et quel bilan tirez vous de son succès ? - Thibault - C'était une année riche
en émotion, en énergie. On a fait une centaine de concerts, dans plein de pays, notamment en Angleterre.
C'était une sorte de consécration parce qu'on nous attendait à l'entrée des salles pour signer des autographes,
alors qu'on n'y croyait même pas. Il y avait autant de public pour Pulkas que pour Out, avec des gens
qui connaissaient les chansons et qui se déchaînaient. - Etienne - D'un point de vue plus général,
c'est vrai que suite à la sortie de l'album, on a eu beaucoup de tournées. - Thibault - A part cela,
il y a eu aussi les grands festivals dont le Dynamo, c'était grand, positivement violent.
- Sens-tu
que le succès de cet album a fait bouger les choses en France ? - Thibault - On peut se dire qu'il
y a du public en France et aussi de très bons groupes, ce qui manque, c'est les intermédiaires, les maisons
de disques, les moyens, la volonté de financer de genre de choses. Quand tu vois qu'il n'y aucune émission
télé, à part ARTE, où tu peux écouter du metal... On peut saluer l'utilisation par des fanzines de nouveaux
médias comme Internet pour diffuser l'information. En France, il y a un potentiel énorme, mais personne
n'y croit ou ne veut y croire. Le metal fait toujours peur : le piercing, les tatouages, la remise en
question du système établi, etc.
- L'exemple de longévité d'un groupe comme Loudblast a-t-il aidé
Out à persévérer dans la voie du metal ? - Thibault - On connaît bien Loudblast, ils ont apporté une
première pierre à un édifice et on s'est nourri de ce genre de choses. On espère aussi que notre chemin
donnera naissance à une évolution. Mais on les aime plus qu'on les prend comme exemples, c'est plus des
copains que des exemples à suivre. Chaque groupe a son propre chemin à parcourir. Mais notre région est
aussi très particulière : Lille a un public très metal et Loudblast n'est pas un cas isolé.
-
La reconnaissance internationale due à l'album et à vos tournées vous ont elle donné envie de vous expatrier
? - Etienne - Non, l'intérêt de tourner, c'est d'aller voir ce qui se passe ailleurs. Pour l'instant,
on travaille bien dans notre petit local. - Thibault - De toute façon, où que tu sois, l'important
c'est qui tu es. Même à Miami dans une Ferrari, si tu es un blaireau, tu le resteras. - Etienne -
C'est vrai que notre rêve, c'était de bouger avec le groupe, de faire des concerts partout. Les USA,
c'était aussi un rêve.
- Avez-vous déjà des idées pour le prochain album ? - Thibault - On
y travaille un peu. Rien n'est encore très abouti, mais on sait que tout sera plus extrême et plus poussé.
- Comment s'est passée la collaboration avec Colin Richardson ? - Thibault - C'est un mec hyper
précis, méticuleux, il relâche jamais la pression. - Etienne - L'avoir pour l'enregistrement, c'était
vraiment inespéré. - Thibault - Il se concentrait vraiment sur le son, et c'est ça qu'on espérait.
- Vos disques de l'année ? - Thibault - Je dirais le dernier NIN, le dernier Filter, j'aime aussi
beaucoup Meathook Seed. J'ai aussi aimé Slayer, Slipknot, qui sont assez controversés, mais tout même
quand on les écoute, c'est bien violent. Coal Chamber était pas mal non plus.
Eh bien, Thibault,
rendez-vous la semaine prochaine pour connaître notre palmarès personnel, si le bug ne nous a pas eu
entre-temps.
JP Coillard et Mr. X
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