
Roots ?




RAMSAY MIDWOOD : "Shout out at the ok chinese restaurant" (Glitterhouse)
Du fin fond du bayou
nous arrive un étonnant bonhomme, l'hirsute et intrigant Ramsay Midwood. Cet inconnu aux chansons divines
et qui fait partie de ce que l'on nomme l "'Americana", musique au carrefour du folk et du country, est
une sacrée révélation dont les compositions possèdent cette qualité rare de ne point porter les marques
de la terrible épreuve du temps, les "Chicago", "Esther" et autres "Grass'll grow" ont la grâce des chansons
éternelles et hors d'âge. Digne héritier de Robert Johnson et de Creedence Clearwater Revival, contemporain
de Tom Waits et de Johnny Dowd, Midwood vient d'écrire une page importante de l'histoire américaine avec
ce premier album précieux, entre tradition et modernité : une découverte, en d'autres mots.
MISTER
X
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Sandy Dillon - Electric Chair (One little indian/Labels)
Après avoir roulé sa bosse (jazz/classique
au conservatoire, piano bars new yorkais, une comédie musicale où elle a interprété les rôles de Janis
Joplin et Wendy O' Williams (??!??), deux albums pour Elektra, jamais sortis, dont l'un produit par Mick
Ronson et Dieter Meier de Yello (re-??!??), la bostonienne Sandy Dillon nous livre un "premier" album
étonnant, dont les arrangements chaotiques et étranges ne sont pas sans rappeler Tom Waits ou Captain
Beefheart. Sa voix, rauque et lourde de passé, évoque celle de Diamanda Galas sur ses albums blues et
déchire comme une lame de rasoir des arrangements minimalistes, bandes-son pour bayous où l'on imagine
ramper le crocodile, prêt à happer le promeneur imprudent dans ses cruelles mâchoires. Du charme vénéneux
de "Black Widow" aux rythmes vaudou de "Too Ruff", qui pourrait être hurlé par un Screamin' Jay Hawkins
du fond de sa tombe encore fraîche, en passant par le très "waitsien" "Float", Sandy Dillon se révèle
comme une sorte de "PJ Harvey blues" et confirme, après Emiliana Torrini, les capacités de découvreur
de talents féminins de One little Indian.
Marie Lecocq
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16 Horsepower - Secret South (Glitterhouse)
Revoici la troupe de David Eugene Edwards avec un
troisième album flamboyant : toujours cette violence acoustique, ces complaintes déchirantes, ces textes
faulknériens en diable, ces banjos et guitares slide sauvages, ce n'est pas demain la veille qu'on les
verra se trémousser en T-shirt fluo sur des boîtes à rythmes et c'est tant mieux. Contrairement à beaucoup,
ils ont forgé, avec Sackcloth 'n' Ashes et Low Estate, un style reconnaissable entre mille, à mi-chemin
entre Gun Club et Nick Cave, country traditionnelle et rock rageur. Les titres s'enchaînent toujours
avec autant d'aisance, avec une mention particulière pour les brûlants Clogger, Cinder Alley, Silver
Saddle et Splinters. Le temps d'une ballade, 'Cept You, Edwards abandonne toutefois un instant ses visions
torturées de péché mortel et de Sud profond pour une déclaration d'amour presque sereine. 16 Horsepower
vit dans un monde intemporel, hanté par le fantôme de Jeffrey Lee Pierce et les personnages de Cormack
McCarthy et Flannery O'Connor. Mon frère, verse-toi un bon verre de Jack Daniel's avant de rejoindre
la horde sauvage.
Marie Lecocq
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