Satyricon - The Gods in the Machine


Pétrone écrit le "Satyricon", suite de saynètes dépeignant cruauté, débauche et poésie dans la Rome antique, bien avant la tournée des rois mages précurseurs de ZZ top.
1970 - Frederico Fellini adapte ledit ouvrage au cinéma.
1999-2000 : Satyricon, groupe de black metal norvégien à la pointe du progrès sonore et pictural, qui n'a en fait rien à voir avec les susnommés, et sort son nouvel album : "Rebel Extravaganza", est choisi par Phil Anselmo himself  pour assurer la première partie de Pantera à travers l'Europe. Rencontre speed mais efficace narrée ci-après avec Satyr, chanteur / leader, peu avant l'ultime concert de la tournée, à Paris, au Zénith, histoire de revenir sur le passé, le présent, le futur, et le parallèle que représentent Eibon le groupe et Moonfog le label.


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© Christophe Valette

- Le titre de votre dernier album, " Rebel extravaganza ", illustre-t-il bien votre personnalité ?
-Satyr : Oui, le titre de l'album est en soi une sorte de réflexion sur son concept dans tous ses aspects.

-Comment considérez-vous la scène black metal aujourd'hui, étant donné que vous la connaissez depuis le début ?
-Satyr : J'espère qu'elle ira dans une direction plus extrême et nous essayons de contribuer à cette évolution en sortant " Rebel extravaganza " comme nous l'avons fait, avec un son plus moderne et plus agressif. Pour moi, cela doit être extrême, aller dans de nouvelles directions et atteindre de nouvelles dimensions. Nous sommes un groupe influent, nous essayons de servir d'exemple aux autres et espérons qu'ils suivront nos traces.

- Dimmu Borgir et Kovenant ont reçu des récompenses en Norvège, qu'en pensez-vous ?
-Satyr : Ils ne m'intéressent pas et je ne les considère pas comme des groupes de black metal, seulement comme des produits de consommation. Changeons de sujet, ça ne m'intéresse pas du tout !

-Le maquillage est-il très important pour vos live shows ?
-Satyr : C'est une part importante de Satyricon live. Il n'y a pas seulemnt la musique, mais la lumière, le maquillage, le look, le son en font partie. Tout doit être fait très sérieusement.

- Vous préoccupez-vous également de l'esthétique des pochettes, qui sont très belles ?
-Satyr : Merci ! Nous avons toujours été très attentifs à ce que nous faisions, nous n'avons jamais laissé une maison de disque décider à notre place. Nous travaillons avec plusieurs personnes, notamment Union Design, qui est notre concepteur graphique depuis plusieurs années et dont je respecte beaucoup le talent et les idées.

-Parle-moi du label Moonfog, dont les choix sont très aventureux...
-Satyr : C'est un label que j'ai fondé avec plusieurs personnes et que je dirige avec un autre mec depuis sept ans. Darkthrone, Gehenna, Dødheimsgard et Eibon y seront, car je suis un grand fan de Darkthrone et Pantera. Nous nous concentrons sur les groupes que nous aimons et non sur les souhaits du grand public : Dimmu Borgir, Arcturus et de nombreux groupes voulaient être signés par Moonfog, mais on s'en fout, on préfère la qualité à la quantité, c'est pourquoi nous ne sortons que quelques albums par an, tous très bons.

-Vous avez commencé à utiliser des machines dans votre musique : êtes-vous des fans d'indus ?
-Satyr : Je ne suis pas un grand fan d'indus, j'aime les trucs plus durs, comme Throbbing Gristle, mais j'aime aussi ceux qui mélangent les éléments mécaniques avec du metal, comme Ministry ou Laibach, dont je ne partage toutefois pas les idées, qui ne sont pas très cool...

-Que pensez-vous des remix en général ?
-Satyr : Cela peut être intéressant, l'album de remix d'Arcturus l'était. Les remix sont très nouveaux dans le black metal, l'avenir dira si l'idée est bonne. Pourquoi pas ?

-Parle-nous d'Eibon, ton side-project avec Phil Anselmo, Maniac de Mayhem et Fenriz de Darkthrone.
-Satyr : Maniac n'en fait plus partie, mais nous avons beaucoup écrit à quatre et nous avons aussi composé pendant cette tournée. Ce soir, c'est la dernière date de la tournée : après ça, je reviens chez moi pendant dix jours, puis je vais passer une semaine chez Phil aux USA pour travailler sur ce que nous avons écrit et continuer à composer. Ensuite, nous enregistrerons.

-A propos, comment se passe votre tournée avec Pantera ? Etiez-vous fans du groupe ?
-Satyr : C'est génial. Phil est un grand fan de Satyricon et j'adore Pantera. Nous avosn fait beaucoup de choses avec eux et l'équipe, ils nous ont pris au sérieux. Aujourd'hui, il y aura beaucoup de bordel parce que c'est le dernier concert de la tournée, je crois qu'ils vont faire les cons pendant notre show. Ils nous ont très bien traités, ils avaient beaucoup de respect pour nous...

-J'ai entendu parler d'une vidéo long format sur Moonfog...
-Satyr : Nous avons fait quatre tournées européennes cette année, en janvier, mars, avril et maintenant, ainsi qu'une tournée américaine et nous avons tout filmé. On va aussi inclure des trucs plus anciens pour en faire une home video de Satyricon. On voudrait aussi faire un documentaire sur Moonfog à l'avenir.

-Est-ce que le nom Satyricon est lié au livre ou au film ?
-Satyr : Absolument pas. C'est une longue histoire : la nom "satyre" vient du dieu Pan de la mythologie grecque, mais c'est notre ancien guitariste qui a trouvé le nom. Nous l'avons accepté, mais il ne voulait pas en parler. Il y a beaucoup d'histoires autour du nom Satyricon, mais pas de véritable explication...

-Quels sont vos prochains projets ?
-Satyr : Le dernier show ce soir, à la maison pendant 10 jours, quelques festivals en Scandinavie, puis le travail sur le nouvel album, pour lequel nous avons déjà beaucoup écrit, pusi l'enregistrement de l'album et du LP d'Eibon.

(Propos recueillis par Jean Paul Coillard et Mister X, backstage au Zénith, Paris, le 18 MAI 2000 pendant la tournée Pantera ; photos : Christophe Valette et dr.)


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Sites non officiels sur Satyricon :

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Symphony of the Night

© Marcel Lelienhof



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