Primary Slave - The Coming of the Flesh Heaters


C'est dans le nord est de Londres, à Islington, entre la gare de King's Cross et le quartier plus chic du Garage, par un dimanche soir plutôt frisquet de mars, que ça se passe. L'endroit se nomme le Red Eye, un pub qui abrite en son sein une petite salle de concert : pratique pour les débutants, mais aussi pour tous ces indépendants que boudent, tant qu'ils ne deviennent pas "grands" et donc "intéressants", les promoteurs du centre ville et des salles excentrées mais prestigieuses comme le Brixton Academy. Petit prix, public enthousiaste et qui ne boude pas son plaisir malgré les trois premières parties pas forcément utiles, venu pour la promo du premier et superbe album de Primary Slave, "Data Plague", dont les démos ont déjà avec succès franchi la Manche pour des chroniques aussi élogieuses que celles que lui ont servi sur un plateau Terrorizer, Kerrang et autres Metal Hammer dans leur propre pays. Courte prestation, du coup, quarante petites minutes, vu l'heure tardive, preview et promesse de futurs grands concerts en perspective. Auparavant, ambiance détendue au pub... d'à côté avec les membres de l'Esclave Primaire au grand complet, excepté David Palser, retenu à Birmingham par ses activités de directeur de la Royal Shakespeare Company, rien que ça, et remplacé au pied levé par un autre bassiste, intérimaire lui aussi, son suppléant de ce soir étant présent également, ledit bassiste ne pouvant assurer son service pour raison médicales. Vous suivez ? Bon. Il y avait en outre Mickey, à présent clavier permanent du groupe. Donc, beaucoup de monde autour de la table, et plusieurs tournées aussi, ce qui, pour un gig unique, est plutôt un comble... Mais laissons parler les Maîtres....


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- Parlez-nous du projet Lilith ?
- Au début, il s'agissait d'un side project black metal, avec Paul Allender à la guitare, Mark Royce au clavier et David Palser à la basse. Ils m'ont demandé de les rejoindre pour quelques sessions et finalement d'enregistrer un album. C'était juste un projet studio, sans tournée planifiée. Mark est arrivé pour assurer le chant, nous avons commencé à écrire de meilleures chansons et à progresser, et à la fin, le projet était devenu Primary Slave. Initialement, c'était censé être du black metal, mais cela a beaucoup évolué.
- Paul Allender a quitté le groupe : son passé avec Cradle of Filth était-il une bonne ou une mauvaise chose pour le groupe ?
- Lorsque Paul faisait partie du groupe, Lilith à l'époque, c'était plutôt bien évidemment, car Cradle of Filth est un groupe de black metal. Lorsque nous sommes devenus Primary Slave, nous ne faisions plus de black metal et sa présence a commencé à nous faire plus de tort que de bien. Les gens supposaient que nous ferions du black metal uniquement à cause de l'influence de Paul. Mais même quand il était dans le groupe, ce n'était pas du Cradle of Filth.
- Aviez-vous peur de n'être considérés que comme un side project de C.O.F ?
- Oui, tout à fait.
- Mark Royce a également quitté le groupe : avez-vous l'intention d'utiliser un clavier à plein temps ?
- Oui, nous avons Mickey maintenant, il ne joue pas sur l'album, mais nous espérons qu'il participera au prochain.
- Quels groupes vous ont influencés à vos débuts ?
- Nous avons tous commencé à jouer à des époques très différentes et nos influences sont très diverses. Chaque personne est très différente et c'est ce qui a fait de l'album ce qu'il est. Différentes influences se sont rassemblées dans chaque morceau et je crois que c'est positif. C'est très sain de mélanger plusieurs influences dans le groupe, sinon nous risquerions de sonner comme un grupe ou l'autre. On a qualifié notre musique de "cybermetal", est-ce que tu sais ce que cela veut dire ?
- Quels sont vos groupes préférés aujourd'hui ?
- Slipknot, sans hésiter. Beaucoup de bons groupes émergent pour l'instant. Staind est très bon. J'ai vu The Deadlights et je les ai trouvés fantastiques.
- Vous avez enregistré votre album seuls : était-ce un défi de réussir entièrement par vous-mêmes ?
- C'était juste une difficulté, nous n'avions pas d'argent, mais cela a contribué au son particulier de l'album. Il n'y avait aucun producteur pour intervenir et essayer de manipuler le son de l'album pour le rendre plus commercial ou quoi que ce soit.
- Etait-ce également un défi de vous éloigner du black metal et du "vrai" metal à la Pantera, dont les structures sont assez rigides ?
- Il n'y a aucune règle. Qui sait comment sera le prochain album, il sera peut-être totalement différent. En ce qui me concerne, chacun fait ce dont il a envie. Vous pouvez utiliser n'importe quel élément tant que cela fonctionne. Nous étions libres de faire ce que nous voulions, nous n'avons été manipulés par personne et nous espérons que cette situation ne changera pas. Apparemment, les critiques ont été bonnes jusqu'à présent, mais même si l'album est un succès commercial, nous savons que nous ne voudrons plus faire quelque chose de semblable. Le dernier album fait partie du passé et nous aborderons le prochain avec un esprit neuf. Il sera tout aussi unique. Des groupes comme les Stones font des albums des sixties depuis 35 et cela ne nous intéresse pas.
- D'où vient votre originalité ? Des claviers ? Du travail sur la voix et le chant ?
- Je crois que cela vient de l'auto-production. C'est de la musique basée sur des guitares, mais, contrairement à la plupart des groupes, nous n'avons pas laissé les claviers à l'arrière-plan. Quant à la voix, elle peut être utilisée de nombreuses manières, on ne doit pas nécessairement hurler sans arrêt. Tout cela contribue à la musique. L'agression est présente, mais c'est également mélodique, on peut le chanter sous la douche, si on peut chanter aussi haut (rires) !
- Souhaitez-vous apporter un aspect plus visuel ou théâtral à vos shows ou voulez-vous faire les choses de façon totalement différente ?
- Nous sommes un groupe assez visuel, on bouge beaucoup, mais nous n'utilisons pas de maquillage ni de costumes excentriques. On doit se sentir à l'aise sur scène. Non, pour la prochaine tournée, robes roses et talons aiguilles pour tout le monde (hurlements de rire).
- Il n'y a pas de maître sans esclave et vice versa : vous sentez-vous plutôt maîtres ou esclaves ?
- On est toujours l'esclave de quelqu'un. Nous sommes de toute façon les esclaves des maisons de disques.
- Vous avez également réalisé une vidéo pour "Rewire", voulez-vous en faire d'autres à l'avenir ?
- Absolument, si on a l'argent nécessaire.
- Comment se sent-on lorsque l'on est élu "meilleur nouveau groupe de metal depuis des années" ?
- C'est drôle et c'est bien, ça nous donne une raison d'être fiers. Il devient assez difficile de créer quelque chose de nouveau et d'original ces derniers temps. Nous n'avons pas réfléchi à cela, nous avons juste fait ce que nous avions à faire. Toutes ces bonnes critiques ont été une grande surprise.
- En tant que nouveau groupe, quels sont vos souhaits pour l'avenir et vos ambitions ?
- La domination du monde, l'argent et vivre heureux pour toujours (rires). Nous espérons que le prochain album sera bon. Nous avons commencé à l'écrire.
- Vous avez déclaré être avant tout un groupe live : vous allez donc nous épater ce soir ?
- C'est le but du jeu, non ? On monte sur scène et on le fait. On va t'exploser les oreilles, mec... Le show live ne se limite pas à jouer l'album. Pendant l'enregistrement, on doit être très clinique, parce qu'une fois produit, on ne peut plus rien y changer. Un concert est juste un instant. Nous devons créer une sorte de magie pendant cet instant.
- Comment voyez-vous l'avenir de Primary Slave : les chaînes ou le fouet ?
- Le fouet, sans aucun doute.

Safety in bondage ? No way : Spartacus rides again, and he's here to slay ! ! !

Jean-Paul Coillard
PS : Dave Palser a depuis quitté le groupe pour se consacrer à ses autres activités.


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